Altamira de Hugh Hudson


Altamira est un parfait représentant du cinéma ibérique contemporain, lequel semble avoir trouvé un souffle certain avec quelques perles trop peu connues du public francophone (El hombre de las mil caras ; La isla minima ; Oro ; El método ; Órbita 9 ; Autómata ; Silencio en la nieve ; El laberinto del fauno ; Agora ; REC etc.).

Altamira a réussi lui à passer entre les mailles du filet intimiste certainement grâce à la présence d'Antonio Banderas et de Rupert Everett. Mais le public français sera heureux de retrouver le fort talentueux Pierre Niney.

Le scénario repose sur une histoire vraie, celle de la découverte en région Cantabrique (nord de l'Espagne) d'une grotte aux peintures intérieures toutes aussi richement pigmentées qu'anciennes. La fille du juriste et archéologue amateur Marcelino Sanz de Sautuola fut la première à entrevoir la première ces témoignages du passé.

C'est précisément dans un contexte d'effervescence scientifique mais aussi d'imprégnation religieuse des esprits que la nouvelle se répand en ne manquant pas de bouleverser la vie de la famille de l'archéologue mais aussi de la communauté religieuse et scientifique. Car l'art pariétal du néolithique vient à peine de naître et l'enthousiasme du départ se heurte aux contrefaçons d'individus peu scrupuleux et avides de gloire ainsi qu'à la crainte de l'Église de devoir revisiter l'histoire de la création de l'univers telle qu'enseignée dans les textes.

C'est ce qui est conté dans Altamira, film éponyme de la grotte aux trésors cachés depuis des milliers d'années. L'histoire se confond avec l'Histoire, ou plutôt la préhistoire et éclaire la vision que nous avons de nos ancêtres, moins frustes et malhabiles que nous ne pourrions les considérer du haut de notre évolution.

Altamira impose un tempo relativement lent mais ce défaut prend justement le sceau de la qualité en nous offrant le temps de poser les personnages, le lieu, le contexte et le bouleversement dans les têtes, mêmes bien faites, de 1879. Sans tomber dans le documentaire, le long métrage sait être didactique et se fait même parfois onirique. À plus de 80 ans, le réalisateur britannique Hugh Hudson (oui, celui de Greystoke, la légende de Tarzan), prouve qu'il sait encore manier la caméra et les émotions.

Véritable plongée dans les balbutiements d'une science qui se cherchait en une époque où les éléments concrets manquaient et où les interrogations planaient, Altamira réussit à captiver sur un sujet pourtant atypique tout comme à réunir un panel d'acteurs et d'actrices talentueux endossant à merveille leur rôle réciproque. À visionner pour ne pas oublier de qui nous sommes les descendants.


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