Space Engine : l'émerveillement de l'infini


Autrefois explorer l'univers pour le béotien nécessitait de s'offrir un téléscope, d'ouvrir une carte du ciel et de laisser vagabonder l'imagination.
Certains illustrateurs achevaient d'offrir un décor fantasmé de la surface de certains astres (de préférence les planètes telluriques) possédant un voire deux soleils.

La réalité rattrape désormais la fiction, voire la dépasse en certaines occasions par la prodigieuse masse d'informations recueillis ces dernières décennies.

Songeons qu'il y a seulement trente ans le simple fait de penser à ce que l'eau liquide puisse être présent sur un astre ressortait du domaine de la déraison. Dorénavant nous en venons à conjecturer la présence d'eau sous forme non seulement gazeuse ou solide mais bien liquide (la lune Encelade est un candidat sérieux, et Europe promet aussi énormément sur ce point).
Songeons de la même manière à la découverte indirecte puis surtout directe d'exoplanètes - astre susceptible d'accueillir de la vie - depuis les années 1990.

Avec l'essor des données astronomiques, l'informatique a permis dans un premier lieu de compiler les données en tant que système de stockage pour des études plus exhaustives selon la connaissance du moment puis de leur actualisation au fil des découvertes.
Dans les années 1990 puis 2000, les cartes graphiques puis 3D ainsi que l'ergonomie facilitée par l'usage de la souris ont donné lieu à plusieurs outils de visualisation assez aboutis en leur genre.
Les années 2010 ont fait apparaître la datamasse et l'intelligence artificielle (même basique) qui permettent la création de mondes procéduraux (non calculés préalablement) sur la base données recueillies et arrangées pour être crédibles scientifiquement.

C'est ainsi que sont nés plusieurs simulateurs et explorateurs spatiaux reconnus : Celestia, Stellarium, Universe Image Creator ou encore Orbiter. Mention spéciale à Universe Sandbox ² qui est, comme son nom l'indique, un bac à sable où il vous est possible d'interagir avec un univers donné (le système solaire par exemple) ou créé de toutes pièces.

C'est toutefois un tout autre logiciel dont je souhaite vous entretenir : un planétarium du nom de Space Engine.
Celui-ci est l'oeuvre d'un  seul homme au départ, Vladimir Romanyuk. Un russe de Saint Pétersbourg, astronome et programmeur, qui désira offrir à tous la possibilité d'explorer les confins de l'univers connus et compléter ce qui n'avait pas été encore visualisé par la création d'un rendu de paysages généré de façon procédurale.

Il est possible bien entendu de progresser dans le système solaire ainsi que d'accélérer ou ralentir le temps. Mais surtout c'est de s'en extraire qui est le plus enthousiasmant pour partir à la conquête spatiale de nouveaux horizons. Car paradoxalement, et en attendant la prochaine version qui constituera un bond en ce sens, les planètes du système solaire disposent d'une résolution assez grossière car non en haute définition.
Il en va tout autrement lorsque l'on s'approche d'autres ensembles solaires : des planètes, des lunes, des astéroïdes forment un tout incroyablement stupéfiant de réalisme. Avec le cycle jour/nuit et des mouvements d'atmosphère saisissants! Les autres phénomènes cosmiques ne sont pas oubliés comme les trous noirs (les jets des trous noirs super massifs seront ajoutés lors de la prochaine mise à jour), les nébuleuses, les amas globulaires et quelques comètes. La présence de planètes isolées - appelées aussi objet libre de masse planétaire voire planémo, plus agréable à l'oreille, détachées de tout effet de gravitation avec un astre plasmatique - sont aussi reproduits.

Inutile de rentrer dans une énumération de ce que propose ce logiciel : sa puissance est de vous faire visiter des contrées inconnues et de plonger dans l'atmosphère des différents corps célestes avec une résolution extrêmement poussées. Les images ci-dessous en attestent, avec un sens de l'onirisme consommé.

Pour les esprits chagrins qui souhaiteraient disposer d'un simulateur spatial, Space Engine dispose d'un module d'origine permettant de piloter justement des engins spatiaux très divers, le tout en respectant les éléments de l'astrophysique actuelle.

De plus, Space Engine est facilement modifiable dans sa base de données mais peut se voir adjoindre des ajouts substantiels allant de galaxies supplémentaires à des ambiances musicales.

Sur le plan graphique vous aurez affaire à une débauche d'effets spéciaux qui sauront magnifier l'ambiance. Il est bien sûr possible de les désactiver tout ou partiellement afin d'accélérer le rendu de la simulation.

Aucun souci pour la navigation dans l'espace, vous disposerez là encore de tout un ensemble d'aides, y compris en représentation vectorielle afin de mieux vous situer et établir de la manière la plus appropriée votre prochaine destination.

Si le logiciel dépend encore des dons pour l'heure - n'hésitez pas à verser votre obole car le titre en vaut vraiment la peine - il devrait être proposé sur la plate-forme payante Steam à terme (début 2019) avec des ajouts substantiels comme des textures revues à la hausse, des phénomènes cosmiques ajoutés ou mieux détaillés ainsi qu'une ergonomie des outils internes améliorée.
Profitez encore de sa gratuité en sa version actuelle, très jouable, même sur des configurations de plus de deux ans.


Le site officiel de Space Engine :

Association Française d'Astronomie :

Chaîne du Youtubeur Hugo Lisoir :




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