jeudi 25 mai 2017

L'ePrix de Paris cachait une révolution en cours





Ainsi que je l'évoquais dans mon ouvrage et lors d'un article précédent, les compétitions sportives vont bientôt accueillir en leur sein des épreuves où l'intelligence artificielle sera centrale.

Ainsi lors du dernier ePrix de Formule E à Paris aux Invalides, lequel attesta de la main mise experte du pilote helvétique Sébastien Buemi sur le championnat, fut lancée la première Roborace de l'Histoire. Une course de monoplaces futuristes basée sur un modèle unique (pour le moment) où s'affrontèrent... des intelligences artificielles. Ce que les amateurs de simulations automobiles connaissent depuis plusieurs années (rFactor, GTR2, Grid etc.) est devenu une réalité tangible.

 Les esprits chagrins n'ont pas manqué pour fustiger pareille tentative, sur des fondements plus ou moins fallacieux. Le premier et plus important d'entre eux est l'absence d'intérêt de regarder s'affronter des bolides sans pilotes humains. Or tout est une question de mise en perspective. Je ne tiens pas à biaiser le propos critique de départ, juste à replacer où se situe réellement la performance : le but n'est pas de reproduire, singer si l'on préfère, le comportement de pilotes, mais d'offrir à terme du spectacle de haute volée avec une prise de risque supérieure à celle de compétitions actuelles doublé d'un défi technologique majeur. Comme je l'avais déjà signifié en diverses occasions, la compétition automobile est passée d'une période où les pilotes jouaient aux trompe-la-mort lorsque chaque course se résumait à une séance de roulette russe à une période contemporaine où le pilote est tellement assisté où l'on se demande encore quelle est sa part d'implication dans la maîtrise du véhicule. En sus, la sécurisation-aseptisation des circuits a amené à rendre les courses de plus en plus soporifiques, comme l'atteste la désaffection du public pour la Formule 1.

Sur le fondement de ce constat, deux possibilités sont offertes : revenir à une conduite plus humaine, plus virile, plus tragique aussi pour ne pas se voiler la face ; s'engouffrer dans une nouvelle voie où le spectacle sera le fait d'un concours de programmation et de recherche technologique. Cette deuxième voie est celle de la Roborace.

Concrètement comment fonctionne la Roborace?
C'est une monoplace, de type Formule 1, mais sans habitacle, dessinée par Daniel Simon, célèbre styliste intervenus dans les décors de longs métrages (tel Tron : Legacy). Bardée de capteurs, de radars et de lidars, elle est guidée par des algorithmes dosant de très nombreux paramètres.
La Roboarce ne doit pas être confondue avec la DevBot qui est un prototype servant de bêta-test à l'interface logicielle et matérielle (software et hardware en d'autres termes).
De nombreux partenaires se sont associés à pour donner vie à ce projet de Denis Sverdlov : entre autres, l'équipementier Michelin, le fondeur nVidia, et le constructeur de camions électriques Charge (dont le directeur est... Denis Sverdlov).

Le test en situation réelle laissa sur sa faim les spectateurs présents puisque le véhicule de présentation n'effectua qu'un seul tour de circuit, soit 1,9 kilomètre, et ce à vitesse réduite.Cependant l'impact médiatique fut au rendez-vous et les réglages à venir sur les futurs circuits (à commencer par Berlin) vont se succéder pour aboutir à une compétition en bonne et due forme. Rendez-vous à Berlin le 10 juin pour la prochaine expérimentation. L'objectif d'une course animée par 100% de Robocars demeure encore assez éloignée, mais chaque tour de piste sur l'asphalte permet de se rapprocher de l'objectif visé.

Tiré du communiqué officiel suite à la démonstration effectuée à Paris :



Roborace today showed their self-driving Robocar on the city streets of Formula E’s Paris ePrix. The Robocar is the first driverless car on the streets of Paris.

The driverless race car performed a demonstration for the crowds at Les Invalides in the French capital and wowed the fans with a successful showcase of its autonomous capabilities. The demonstration saw the car negotiate its way around 14 turns of the 1.9km circuit without a human in the vehicle entirely self-driven by autonomous software.

Roborace CEO Denis Sverdlov said, “We are extremely proud and excited to see the Robocar perform this demonstration in front of all the fans in Paris. It is another major milestone on this incredible journey. The team has worked so hard to get us to this point in a short amount of time, the car is alive and it has emotion and its own personality already. Roborace is the only company in the world right now testing driverless technologies on city streets without a human in the car – this is something truly unique.” 


The Robocar is designed by Daniel Simon, the automotive futurist who creates vehicles for Hollywood sci-fi blockbusters including Tron Legacy and Oblivion, It weighs 1000kg and measures 4.8m long and 2m wide. It has 4 motors of 300kW each, a 540kW battery and is capable of speeds over 200mph. The car uses a number of technologies to ‘drive’ itself including 5 lidars, 2 radars, 18 ultrasonic sensors, 2 optical speed sensors, 6 AI cameras, GNSS positioning and is powered by Nvidia’s Drive PX2 brain, capable of up to 24 trillion A.I. operations per second to be programmed by teams’ software engineers using complex algorithms.

Pour rappel, Denis Sverdlov est le concepteur du premier mobile russe, le YotaPhone, et PDG de la société Kinetik (évoqué dans La cyberstratégie russe paru aux éditions Nuvis).

Pour plus d'informations, se rendre sur le site officiel :
http://roborace.com/



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