mardi 11 avril 2017

Génération numérique et gestion de l'espace de travail




De par mon expérience professionnelle et mes observations, j'ai été amené à observer combien certaines directions d'entreprises peinaient à comprendre les générations du numérique. Allant parfois jusqu'à les brider ou les faire fuir à plus ou moins longue échéance.

Les milleninials, ou génération Y, voire par effet de glissement temporel génération Z, sont très convoités par les sociétés pour leur enthousiasme, leurs compétences, leurs aptitudes et leur audace.

Seulement ces qualités se révèlent restreintes, voire tout simplement étouffées, dès lors qu'une direction entend les faire entrer au chausse-pied dans un cadre rigide et inadapté. Provoquant ce faisant une démotivation pour le personnel recruté et une perte de valeur pour l'entreprise. Quoi de plus improductif qu'un cadre compacté dans un environnement inadéquat? Or si les anciennes générations acceptaient sans mot dire (ou maudire) leur espace et outils de travail, les nouvelles sont bien plus rétives à cette imposition unilatérale. Une planche, deux trétaux, une chaise avec deux collègues à gauche et deux autres à droite ne donnent plus envie à ces nouveaux employés.

Or, repenser l'espace de façon plus intelligente et plus accueillante sans perte de superficie est désormais une activité lucrative dans laquelle se sont engouffrées les sociétés spécialisées dans le coworking. Loin des emplacements très rustiques du début, désormais il s'agit d'une phénomène qui prend de l'ampleur depuis plusieurs années, et qui pour séduire entend bouleverser les règles et codes d'entreprise, épousant en cela l'air du temps et les attentes de toute une génération au travail.

Cosy, trendy ou arty, l'espace de travail se réinvente mais plus encore, épouse totalement les besoins temporels des entreprises modernes qui ont compris que le présentéisme n'était aucunement gage de productivité. Le coworking répond à cette demande puisqu'il est désormais possible de louer à l'heure, à la journée, à la semaine, au mois et à l'année. Pour une entreprise en pleine phase de croissance, cette réponse structurelle est idéale. Pour quelle raison? Parce que la nouvelle génération est liée aux technologies de l'information et de la communication, et non pas uniquement dans les activités tertiaires, et qu'elle fait corps avec elles d'où une distorsion du temps et de l'espace.

Croire que l'on peut tirer le meilleur du personnel en appliquant des méthodes d'un autre siècle c'est le plus sûr et rapide chemin pour aboutir à un gâchis du potentiel humain à disposition.

Ce sera aux décideurs de se demander s'ils conçoivent de se priver de talents par le simple fait de s'arc-bouter sur des schémas d'organisation surannés, ou s'ils entendent répondre judicieusement aux attentes d'un personnel nouveau sur le marché du travail et sans lequel les entreprises ne peuvent désormais espérer prospérer sans leur apport.


Crédit illustration : Inflexia

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