vendredi 11 novembre 2016

Donald Trump, un futur président américain populiste pragmatique?



Il y aurait volontiers à gloser sur la victoire du candidat républicain lors des dernières élections aux États-Unis. Nombre d'experts et de rédactions journalistiques ne se sont pas privés de le faire, avec même pour certains une sincère contrition pour avoir été si péremptoires durant toute cette campagne sans avoir jamais perçu la force et l'intensité de la vague populiste. L'aveuglement et le mépris antérieurs au dénouement par les urnes et l'hystérie postérieure à celui-ci ne manqueront pas de conforter l'existence d'une réelle déchirure entre le monde rêvé par certains et la réalité vécue par tous les autres. Tous les anathèmes ne suffiront à tordre la réalité : le populisme est une réaction à un ordre du monde qui ne fonctionne plus et qui n'emporte plus l'adhésion des masses. C'est un phénomène historique cyclique. Je renvoie mes lecteurs à l'écriture d'un billet circonstancié d'avril 2016 : 
En outre, Bernie Sanders, le populiste démocrate, s'est fendu récemment d'un message où tout en rappelant ses différences de position avec le futur président des États-Unis, il n'en partageait pas moins certaines préoccupations similaires et un même rejet de l'establishment.

Il est essentiel d'écouter à nouveau le discours de victoire de Donald Trump car c'est celui d'une certaine Amérique, celle qui se dépasse et qui croit en son destin exceptionnel. Cette Amérique qui veut à nouveau rêver, et fédérer tous ceux qui ont soif de nouveaux défis.

Je ne puis à cet effet que vous renvoyer à mon analyse parue sur Diploweb en début d'année : Le concept Américain de nouvelle frontière : de la conquête de l'Ouest au cyberespace. Au regard du discours du prochain président américain, il n'y a rien à y retoucher.

La défense d'une Amérique réindustrialisée a joué un certain rôle auprès des électeurs de la Rust Belt. Moins d'interventions extérieures, plus de projets intérieurs : tel est en substance le programme du candidat républicain.

Enfin, et contrairement à ce que certains s'efforcent de faire accroire, Donald Trump n'a pas l'intention de se coucher devant Vladimir Poutine. Il entend défendre prioritairement les intérêts américains, et si ceux-ci sont tributaires d'une relation bilatérale apaisée avec les autorités russes, alors oui une nouvelle ère de coopération s'ouvrira après les tensions de ces derniers mois. Et les européens suivront bien évidemment cette nouvelle donne, malgré les mines déconfites de certains dirigeants. Contrairement à plusieurs analystes décrivant Trump comme un être inculte, il apparait tout au contraire très au fait des réalités du vieux continent et lié à celui-ci par de lointaines origines (germaniques) qu'il n'a pas manqué de rappeler. Cependant, comme le mentionnait le chef de l'État russe, la normalisation des liens russo-américains sera de longue haleine.

Rappelons en outre que Barack Obama restera en charge de l'administration du pays jusqu'en janvier 2017.

Aucun commentaire: