mardi 4 août 2015

Le Brésil sur la grille de départ de l'automobile sportive



Le Brésil. Ses plages dorées, sa forêt luxuriante, son majestueux fleuve Amazone, son Corcovado... et son industrie automobile!

Ah bon serait-on tenté de dire. Certes, les amateurs de Formule 1 et d'Endurance connaissent le très somptueux circuit d'Interlagos mais bien peu au final sur le monde sportif automobile du pays.

Pourtant celui-ci vit, ou plutôt roule. Et est le reflet de la pénétrations d'acteurs tiers et de particularités locales. Ainsi, a-t-on pu découvrir, au salon de Bologne de décembre 2014, l'apparition d'un étrange modèle d'automobile qui n'est pourtant pas sans nous rappeler des traits familiers. Tirant sur les formes de la fameuse bête chérie de Jean Rédélé : l'Alpine A110.
Le nom d'office lève un bout du voile : Willys AW 380 Berlinetta.
Rien à voir avec la renaissance d'Alpine et sa Célébration mais bien une conception proche de l'originale, avec l'appoint du carrossier Viotti. Le tout mû par... 610 chevaux pour 830 Nm! 

Le nom de Willys peut intriguer car il renvoie directement aux célèbres jeeps (Willys MB) de la seconde guerre mondiale. Pourtant, Willys a aussi essaimé ailleurs qu'aux États-Unis, et n'a pas concocté que des 4X4, exemple des Aero et surtout des Americar. Pour le Brésil, ce fut la filiale Willys-Overland qui prit pied sur le territoire et tenta d'assurer la vente de ses modèles. Avec le temps, l'actionnariat nord-américain se dilua au profit des investisseurs sud-américains tandis que l'ingénieux dieppois Jean Rédélé négocia intelligemment avec Willys une licence pour son Alpine A108. Laquelle fut renommée Willys Interlagos. Celle-ci eut une carrière sportive remplie sur le continent sud-américain, permettant à de futurs pilotes locaux de s'exercer avec une voiture maniable et nerveuse, et un tantinet joueuse.

Pour plus d'informations générales sur l'Alpine A108, veuillez vous rendre sur le site de l'Automobile Sportive qui consacre même un petit encart à l'Interlagos (en annonçant 822 exemplaires de vendus).

Et pour faire tourner ces belles mécaniques, rien ne vaut un beau circuit. Ou plutôt de beaux circuits. Interlagos déjà cité a été remanié au fil du temps pour aboutir à la version contemporaine de 4,309 km. Une version qui a le mérite d'être moins tordue que celle qui prévalait jusqu'en 1989, laquelle infligeait de sévères pressions sur les vertèbres des pilotes. Le tracé actuel bien que plus court de quelques trois kilomètres offre des voies de dépassement et la possibilité de quelques accélérations, le rendant de fait viable pour des courses haletantes, y compris d'endurance. 
Celui de Londrina, dans l'État de Parana, est très singulier en étant vallonné et proposant une succession de lignes rapides et de courbes serrées. Idéal pour éprouver ses talents de pilotage.
Enfin, l'un des derniers venus, situé dans l'État de São Paulo, Velo Città, est sublime pour ses dénivelés et son harmonieux tracé. En raison de sa construction récente, 2010-2011, le circuit propose plusieurs configurations, offrant ainsi un degré de difficulté de pilotage variable. Curiosité inédite : les panneaux d'annonce de virage imminent sont illustrés... par des singes se masquant progressivement les yeux!

Côté pilotes, sans lesquels rien ne serait, tout le monde se souvient d'Ayrton Senna (1960-1994), grand champion de Formule 1. Mais s'y cantonner ce serait occulter les vedettes passées et contemporaines que sont : Felipe Massa toujours sur Formule 1 et dont la période faste remonte à 2006-2008 chez Ferrari ; Nelson Piquet, trois fois champion du monde sur Formule 1 ; Emerson Fittipaldi vainqueur à la fois du championnat de Formule 1, et ce à deux reprises, et de l'Indianapolis 500, la plus célèbre manche des Indy Cars, là aussi à deux reprises ; Lucas di Grassi, pilote de Formule 3 et d'Endurance, sous les couleurs d'Audi, et ayant joué les premiers rôles en Formule-E lors de la saison inaugurale ; Valdeno Brito, en Blancpain GT Series et Stock Car Brasil et enfin Ingo Hoffmann, multiple vainqueur en Stock Car Brasil et du Mil Milhas Brasileiras, une célèbre épreuve d'endurance locale.

Pour situer tout de même le dynamisme de l'automobile au Brésil, sachez que selon l'OICA, la fédération des constructeurs automobiles dans le monde, ce pays a produit quelques 3 146 118 véhicules en 2014. Soit un chiffre le plaçant devant le Royaume-Uni et la France réunis! Chiffre non fantaisiste car la majeure partie des marques du secteur y disposent d'installations. Ainsi, la Renault Sandero inondant le marché sud-américain est fabriquée à Curitiba, dont une version sportive, la RS, sera disponible courant 2016. Tous les produits des constructeurs mondiaux n'ont pas vocation à traverser le Pacifique ou l'Atlantique, ainsi par exemple le Volkswagen Gol, inconnu en Europe par exemple, est une compacte destinée uniquement à cette région du monde.
Mentionnons tout de même quelques manufacturiers locaux, tels Marco Polo S.A. (principalement des autobus), Troller Veículos Especiais (uniquement des véhicules tout-terrain) et Obvio! (une gamme de micro-cars dont une partie s'oriente désormais vers la motorisation hybride).

Enfin, pour ceux qui souhaiteraient s'initier virtuellement à quelques circuits et véhicules de course propres au Brésil, ils peuvent télécharger gratuitement un simulateur : Copa Petrobras de Marcas. Par le studio de développement brésilien, claro, Reiza. 6 circuits, 4 marques en compétition et une physique très travaillée (sur base du moteur rFactor). Indiquons que Reiza Studios produit un simulateur commercial, Game Stock Car Extreme, où plusieurs championnats sont disponibles de la Copersucar à la Formula Vee en passant par la saison 2013 de Stock Car brésilien avec de nombreux circuits nationaux et même quelques tracés tiers historiques (comme celui de Kyalami).
Le site officiel : http://www.gamemarcas.com.br/

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