mardi 14 avril 2015

Le financement participatif : lorsque les collectivités territoriales françaises franchissent le pas

Le financement participatif a le vent en poupe depuis de nombreuses années aux États-Unis et poursuit sa croissance insolente en Europe, faisant fi de la crise des investissements récurrente depuis 2008.

Les chiffres prodigués par Financement Participatif France sont assez éloquents, que je vous relate à travers le diagramme suivant (cliquez pour agrandir l'image et prendre connaissance de tous les éléments). Pour rappel, 78,3 millions d'euros de fonds soulevés en 2013 et 152 millions d'euros en 2014. 2015 ne devrait pas faillir, et la levée de fonds devrait être au pire égale à la somme mais plus vraisemblablement supérieure...


Pour autant, est-ce la solution miracle au défaut de financement de projets innovants et ambitieux?

Non. Car le financement participatif, qui rappelons-le n'est pas un tout monolithique mais un ensemble de trois familles (contrepartie, capital et prêt) se doit de respecter certaines règles juridiques, fiscale... et marketing. De plus, il impose de bien comprendre la logique de ce système qui a une genèse, un public et un canevas spécifiques.

De fait, lorsque certaines collectivités territoriales ont été intéressées par ce créneau, il y avait tout lieu d'être dubitatifs. Pour deux raisons : la présence de fonds publics à destination d'un service qui empiète sur l'activité de sociétés fonctionnant sur fonds uniquement privés ; la territorialisation d'une activité numérique dont l'intérêt est justement de toucher le plus large public.

Si Proximea attend encore d'être lancé dans le Grand Ouest français (le site est encore en travaux mais les ambitions sont affichées), Alsace Innovation a en revanche étrenné son service depuis quelques mois pour un bilan... très contrasté comme le mentionne Rue89 (quatre projets en ligne seulement dont trois financés) avec même une procédure peu finaude et loyale consistant à abaisser unilatéralement le seuil de départ :


Voir dans le financement participatif une banale cash machine est le meilleur moyen d'échouer lamentablement car les rouages de tels mécanismes ne sauraient profiter aux novices, aux pressés et aux esprits cupides. Il est là aussi question de stratégie, donc de planification, d'ajustement des objectifs en fonction des moyens et de gestion optimale des ressources.

Le financement participatif a deux principaux écueils à éviter pour les années à venir : les arnaques de grande ampleur (non respect contractuel par les porteurs de projet faisant fi de la réalité et de l'honnêteté) et la surabondance d'offres médiocres et purement opportunistes par des acteurs mus par le seul appât du gain.

Baromètre Financement Participatif France : http://financeparticipative.org/barometres/annee-2014/
Proximea : http://www.proximea.net/
Alsace Innovation Crowdfunding : https://www.crowdfunding-alsaceinnovation.com/fr/projects

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