lundi 30 mars 2015

La ville du futur : les trois scenarii pour 2050 selon le Forum Économique de Davos



C'est un article du Huffington Post que je vous invite à lire car à mon sens ciblant très justement ce que pourraient (le conditionnel s'applique car il ne s'agit que de projections) être les villes du futur à l'aube des années 2050. Lequel se base sur les travaux du Forum Économique Mondial se déroulant à Davos (Suisse).

L'exercice est toujours compliqué, périlleux et enclin à tomber dans les oubliettes des élucubrations de futurologues. Cependant, au vu de la tendance actuelle, à savoir une massification des populations dans et autour des métropoles, entraînant de fait une césure avec le reste du pays (l'hinterland) et en prenant en considération l'essor des technologies de la communication et de l'information à ce jour, le propos est plausible.

Trois visions sont offertes : 
* Le retour des cités-État
* e1984
* L'avènement des multinationales garantes du nouvel ordre

Pour le retour des cités-État, rien d'impossible en ce sens que voici déjà plusieurs années que la tendance mondiale est claire avec une migration interne et externe vers les villes les plus dynamiques, les plus connectées et les plus tournées vers l'économie-monde. Ces villes seraient interconnectées par des corridors spéciaux faisant fi de toute autorité centrale, avec des régimes et des spécialisations diverses : l'appartenance des citoyens reviendrait à l'acception première du terme, c'est à dire l'habitant de la cité, obéissant à ses règles et s'adaptant à ses moeurs.
Pour l'e1984, c'est le scénario que l'on retrouve aussi dans l'ouvrage de Jean-Christophe Rufin, malheureusement trop souvent oublié, Globalia. Des cités fonctionnant en bulles fermées et parées pour résister à l'extérieur source de menaces, au prix cependant de règles draconiennes et d'une aliénation de certaines libertés pour atteindre les objectifs de sécurité. Avec l'émergence d'un Intranet hyper protégé charriant une datamasse conséquente mais délimité au niveau d'un territoire donné. Un gouvernement technocratique en somme.
Pour les multinationales, le propos est moins ridicule qu'il ne pourrait y paraître en raison de la puissance financière et des poussées d'innovation exercées par celles-ci. De plus, il est déjà patent que certaines d'entre elles arrivent à tenir tête à plusieurs États, y compris européens, voire même à jouer les uns contre les autres à leur profit. En projection pour le futur, ces sociétés tentaculaires rassembleraient autour d'elles des communautés échangeant et tâchant de s'améliorer et d'améliorer l'existant avec une forte emprise de l'individualisme cependant au détriment du collectif (ce qui repose sur la théorie où les actions individuelles peuvent bénéficier au corps social).

Vraisemblables, ces conjectures ont le mérite de stimuler l'imagination et la réflexion car plusieurs éléments confortent que les pistes sont déjà tracées : datamasse, urbanisation massive, multinationales défiant les États etc.
Le tout avec un constat de l'impact irréversible des technologies nées du numérique par le Huffington Post : 
L'irruption du numérique ne sera surtout pas cantonnée à la phase électorale de la vie politique. En accélérant la propagation de l'information, les technologies digitales incitent les citoyens à exiger d'avantage de transparence et d'efficacité de la part de leur administration. "La technologie avance très vite là où la démocratie avance très lentement. C'est pourquoi nous devons repenser nos institutions. Nous devons avoir une mentalité de hacker à leur égard", prévenait l'entrepreneur Jorge Soto au forum mondial de Davos...
Ce "hacking citoyen" ouvrira la voie à la "gouvernance ouverte", doctrine visant à favoriser la transparence et la participation directe des populations dans le processus de décision politique... 
Longtemps, les partis politiques se sont octroyé le monopole de la fabrique des candidats. Encore aujourd'hui, il est quasiment impossible de se faire élire sans le soutien d'un appareil politique. La démocratisation des réseaux sociaux et l'émergence des primaires ouvertes signent toutefois la fin de ce monopole.

Plus que l'espace dans lequel chaque individu sera appelé à évoluer, c'est aussi le choix d'un régime et d'une politique qui se devra d'être tranchée dans un avenir proche.
Ce qui ne devrait cependant pas se dérouler sans bouleverser les rentes de situation de partis politiques voire de certaines personnalités. Ni sans prendre en considération l'évolution sociodémographique des villes d'importance : la migration de populations vers la ville et l'émigration d'autres en dehors.

Lien vers le site du Forum de Davos (en anglais) : http://www.weforum.org/content/pages/future-government


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