mardi 25 novembre 2014

Des courses, des russes, du cyber


Trois thématiques qui se retrouvent en certaines circonstances en une seule de par l'évolution de la technologie présente sur les véhicules, et qui ressort de cette évolution nommée Internet des objets (concept un peu fourre-tout que j'explicite au sein d'un chapitre de mon ouvrage Cyberstratégies économiques et financières), dépassant déjà le concept d'électronique embarquée. Mais aussi par le truchement d'une implication plus poussée des investisseurs russes dans le sport automobile, débarrassé il est vrai de la gangue idéologique qui voulait sous l'Union Soviétique que l'on ne s'adonne pas à des sport bourgeois [1]. Rapide tout d'horizon.

L'analogie entre le monde automobile et celui de l'informatique est souvent de mise. Il est ainsi souvent évoqué la vitesse du processeur et de la mémoire vive, la puissance de la carte graphique (GPU) et de la nécessité de procéder à un entretien régulier du matériel (même s'il n'y a pas encore de contrôle technique pour l'informatique, quoique les audits...). Des chevaux aux mégas octets, des km/h (miles per hour pour nos amis anglo-saxons) aux mégas hertz : l'on peut relever ici et là quelques similitudes. Bien sûr, les simulations automobiles, de plus en plus époustouflantes pour le réalisme et la modélisation des circuits comme des véhicules est le pont le plus évident entre les deux univers. Mais ce n'est pas le seul...
Ainsi, premier exemple, il existe la Hacker de chez 999 Motorsports, petit monstre de la piste doté d'un moteur turbo de 176 chevaux pour moins de 800 kilos tout tassé et qui donne lieu à des compétitions informelles et plus formelles, telle la Hacker Cup. Mais le raccourci est par trop facile, alors évoquons David Heinemeier Hansson. Ce programmeur danois a été élu en 2005 par Google et la O'Reilly Open Source Convention hacker de l'année! Mais il fut déjà connu auparavant pour être le développeur de la structure logicielle Ruby on Rails. Quel est le rapport avec la course automobile? Très simple : il est depuis 2012 engagé dans la compétition d'endurance WEC, championnat dont le point d'orgue sont les réputées 24 Heures du Mans. Épaulé il est vrai par Kristian Poulsen, un vieux briscard compatriote. Et tout récemment, il y a une semaine, les deux scandinaves ont été sacrés champions du monde 2014 de leur catégorie (GTE AM) sur leur ronflante Aston Martin Vantage emportée par un V8 à la sonorité si caractéristiquement ronflante. 

Toutefois, pour en revenir aux appétits russes pour tout ce qui concerne un volant et des pneus, j'avais voici peu évoqué le cas récent de Nikolaï Smolenski et sa vraie-fausse reprise du constructeur TVR. Un gâchis fruit d'un caprice d'enfant gâté... L'on pourrait aussi citer le cas de Marussia, manufacturier de supercars (la B1 et la B2) mais dont la campagne en Formule 1 vient de se terminer abruptement par liquidation judiciaire. Il est vrai que Marussia Motorsports, la maison-mère, avait été elle-même victime de son ardoise conséquente en avril 2014 après sept années seulement d'existence.
Toutefois, des exemples plus heureux peuvent être cités : celui de l'engagement multi-victorieux des écuries SMP-Racing et G-Drive en Endurance (WEC une fois encore) en P2 et dont la victoire finale sera russe quoiqu'il advienne lors de la dernière manche au Brésil. Toujours Endurance, mentionnons l'arrivée prochaine par l'entremise du magnat Boris Rotenberg (déjà détenteur de SMP-Racing) du prototype BR de chez BR Engineering qui concourra en 2015 avec un bolide catégorie P2, le tout avec le concours de l'ingénieur Paolo Catone qui fut responsable du projet Peugeot 908 HDi FAP, excusez du peu! Autre discipline, le WTCC avec les Lada Granta et la dextérité de Rob Huff qui l'emporta par deux fois cette saison dans un contexte très concurrentiel avec les Jose Maria Lopez, Ivan Muller et Sébastien Loeb sur le bitume. Lada Granta qui tirent leur révérence au sortir de la saison pour laisser place à la nouvelle Lada Vesta dévoilée en août dernier (cf image illustrative).

Enfin, et pour revenir de l'autre côté du Channel, l'écurie de Formule 1 Caterham a réussi in-extremis à sauver sa place pour le Grand Prix d'Abou Dhabi en faisant appel... au financement participatif. Et de dépasser l'objectif initial de 2,350 millions de livres sterling (soit la bagatelle de 2,96 millions d'euros) sur le site spécialisé Crowdcube. Ce qui ne chasse pas les sombres nuages pour la saison 2015 mais permettra au moins à l'équipe de terminer 2014.
Au passage, l'un de ses sponsors venant d'injecter quelques fonds bienvenus est Kantox, une plate-forme d'opérations de changes (devises) en ligne : comme quoi le numérique n'est plus jamais très loin et que celui-ci ramène de plus en plus vers le monde de la vitesse (qui a dit publicité Numéricable?)...



Dernier exemple : le cas Brabham sur IndieGogo. Afin de ressusciter l'écurie de l'australien Jack Brabham qui connut de grandes heures de gloire dans les années 1960, son fils a décidé de recourir au financement participatif. Toutefois le but est différent de celui de Caterham puisqu'il ne s'agit non plus de voir à court terme mais à plus long terme : l'objectif est clairement de refonder une nouvelle entité avec toute une chaîne d'étapes : plan d'études, ingénierie, montage, compétition sous l'égide d'une plate-forme collaborative. La première étape de 250 000 livres sterling a été franchie pour la mise en place du portail (ce qui est tout de même à mon sens relativement onéreux même en misant sur des serveurs solides), les autres étapes se situant à 500 000 £, 2,5 millions £ puis 8 millions £. L'aboutissement d'un prototype pouvant être lancée en P2 est encore loin mais le projet se doit d'être mentionné, ne serait-ce que pour la confiance qui se dégage dans les outils numériques. 
Tout reste à faire mais tout devient possible...
 


[1] Ce qui n'empêcha pas quelques courageux dont le pilote lituanien Stasys Brundza de produire au début des années 1980 un monstre mécanique, la Lada VFTS, gonflée à quelques 300 chevaux!) et très populaire dans les pays de l'Est. Principalement en Hongrie où quelques exemplaires sont encore capables de donner le frisson aux spectateurs.

PS : En me replongeant dans les notes de mon dernier ouvrage, je me suis rendu compte que je n'avais pas traité de la Nissan GT Academy. Loin de n'être qu'une banale école de pilotage et de formation de futurs pilotes, celle-ci se caractère par le fait que les heureux élus sont issus de qualifications multiples sur la simulation console Gran Turismo (dont on peut apercevoir la publicité sur des épreuves comme le VLN).
Ceux sélectionnés sont ensuite soumis à un entraînement rigoureux jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un ou quelques pilotes estimés à même de maîtriser et porter vers la victoire un bolide nommé Nissan GT-R.
Lu sur le site officiel
La GT Academy est un programme de découverte et de d'entraînement de pilote qui a démarré en 2008 grâce à une collaboration entre Gran Turismo et Nissan. Des qualifications en ligne se déroulent dans le jeu Gran Turismo, et les meilleurs joueurs sont invités à des finales nationales dans chaque pays participant. Ceux qui remportent ces finales participent ensuite à un ""Race Camp"" à Silverstone, au Royaume-Uni, pour une dernière sélection. Le vainqueur entamera alors un programme intensif d'entraînement au pilotage conçu par Nissan, et participera à des courses partout dans le monde en tant que pilote professionnel.
La GT Academy revient en 2014 pour sa 6e édition. Les qualifications en ligne commenceront le 21 avril dans Gran Turismo 6, exclusivement sur PlayStation 3. Nous espérons vous voir participer !

PS bis : J'ai appris récemment que le circuit japonais Tokachi Speedway, hôte de courses d'endurance sur l'archipel,  avait été mis en liquidation judiciaire en 2009 pour être finalement sauvé en 2010 par MSF Corporation : une société spécialisé dans les applications ludiques pour mobiles.

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