jeudi 2 octobre 2014

Mémoire d'intelligence financière : mode d'emploi

Dans le cadre d'un encadrement d'étudiants en quatrième année, je souhaitais développer l'intérêt et la méthodologie en matière d'intelligence financière.

Premier point : qu'est-ce que l'intelligence financière?
C'est l'intelligence économique appliquée à la sphère financière.
Mais encore?
C'est l'acquisition,  l'exploitation et la protection d'informations utiles à même de servir une stratégie relative au monde de la finance. Elle concerne tout à la fois son environnement (proche/lointain), ses acteurs (privés/publics) et ses processus (humains/automatisés). Elle doit permettre à celui qui commandite la mission d'avoir une vision globale de la situation (stable, en évolution ou en crise), des forces et faiblesses des acteurs (alliés ou concurrents) et des ressorts qu'il est possible d'activer ou de désactiver selon les schémas préconisés.
Ce qui suppose déjà : 1) de savoir ce qu'est une information dite utile dans son activité 2) de procéder par hiérarchisation de toutes les informations que l'on considère comme utiles 3) de regrouper plusieurs sources pour chaque information dans la mesure du possible en privilégiant les officielles et les travaux reconnus.

Second point :  il ne faut pas oublier que nous sommes en face d'un exercice qui réclame une stratégie, c'est à dire qui actionne une dynamique. Ainsi dans le sujet choisi, il faut impérativement qu'une problématique soit dégagée. Ce qui implique que cette dynamique doit rejaillir en lisant la problématique : le sujet ne se meut pas par lui-même mais par la mise en perspective. Ou si l'on préfère : pas de problématique, pas de stratégie.
Il est hors de question de recourir à un travail purement descriptif : ce qui est demandé n'est pas d'établir une somme sur un sujet donné mais d'étudier un phénomène, de dévoiler les ressorts de celui-ci et de proposer une suite d'opérations qui seraient à même d'améliorer ou de résoudre les obstacles rencontrés. Il n'est d'aucun intérêt de retranscrire ce que d'autres ont déjà relaté, la plus-value se situant dans l'apport personnel, qu'il soit totalement novateur ou par la compilation et l'articulation de données déjà existantes.
L'intelligence financière ne réclame pas une approche de copiste mais d'analyste.

Troisième point : la problématique.
C'est un questionnement qui meut le sujet. Le verbe mouvoir prend toute son importance car il insiste sur une volonté de donner au mémoire un axe dynamique.
Pour faire synthétique, c'est :
  • un questionnement
  • contemporain
  • relatif à la sphère financière

L'introduction se décompose de la manière suivante : 
  • l'amorce du sujet (citation, rappel historique, évènement récent etc.)
  • la problématique énoncée, suscitant l'intérêt du jury par sa pertinence et sa dynamique
  • l'étalage des définitions pour bien être certain que l'étudiant a compris le sujet et qu'il ne va pas s'engager dans une voie erronée qu'il sera quasiment impossible à recorriger ultérieurement
  • le développement du plan choisi

L'introduction est une invitation adressée au jury à se plonger plus en avant dans le mémoire. Plus elle est travaillée, plus elle incite à amorcer positivement le développement mais elle permet d'ores et déjà de savoir si l'étudiant est dans le bon axe ou a quitté les rails du sujet initial.

Plusieurs plans sont possibles.
Le plan historique est à bannir dans le cas présent puisqu'il ne s'agit pas d'un travail de recherche historique mais bien d'une analyse circonstanciée plongée dans le présent avec, si les éléments le permettent et sans faire de futurologie, des répercussions sur l'avenir proche ou lointain. Cela ne signifie pas qu'un rappel historique est prohibé mais il ne doit pas devenir la clef de voûte du plan.
Le plan thèse/antithèse/synthèse est tout à fait possible du moment qu'il soit correctement employé et qu'il réponde concrètement au sujet et à sa problématique. Il a l'avantage de donner une vision panoptique de la situation et des solutions possibles. Si c'est le plan le plus simple, en revanche sa mise en application réclame une certaine discipline et un gros travail en amont pour la recherche et la classification.
Le plan dynamique est plus ardu à mettre en oeuvre mais est de ce fait plus apprécié par le jury puisqu'il est celui qui répond justement à cette volonté de mise en perspective. Il est généralement scindé en deux parties. L'erreur souvent commise est de penser que la seconde partie répond à la première alors qu'en réalité ce n'est pas le cas : elle approfondit la première partie en approfondissant les éléments avancés. Grosso modo, le I pose la règle générale et le II les limites et/ou les extensions. Toute la difficulté de ce plan est qu'il réclame une réelle pertinence dans le développement puisque le II doit impérativement prouver sa plus-value en exposant une argumentation solide et étayée par des faits/chiffres/études etc.

La conclusion est quant à elle un miroir de l'introduction tout en étant plus courte puisqu'elle ne contient pas la partie axée sur les définitions : 
  • le rappel du sujet
  • le rappel de la problématique suivi de sa réponse
  • une ou des ouverture(s)
Tout comme l'introduction, la conclusion est scrutée avec attention par le jury parce qu'elle doit permettre de s'assurer que l'étudiant ne s'est pas fourvoyé. Elle doit être une photographie fidèle, bien que d'une résolution inférieure, du développement et du lien qui l'unit à l'introduction. Toutefois, elle ne se termine pas abruptement mais doit justement ouvrir vers un autre horizon. Pluriel possible si l'étudiant a décelé qu'il y avait plusieurs axes nouveaux d'analyse. L'ouverture n'est pas à négliger : elle prouve que l'étudiant est capable de prévoir à l'avance de nouvelles implications de la problématique initiale que son travail lors du développement a rendu prégnant.

Pour approfondir le sujet, et plus particulièrement dans ses rapports avec les technologies de l'information et de la communication, le cyberespace de façon plus générale, rappelons l'existence du mémento Cyberstratégies économiques et financières paru aux éditions Nuvis en 2014. Disponible sur les principaux magasins en ligne (Amazon, Decitre, FNAC etc.).


Aucun commentaire: