jeudi 30 mai 2013

Journée d'études sur les frontières du cyberespace par les écoles Saint-Cyr le 4 juin 2013


Le 4 juin 2013, le pôle Action globale et forces terrestres du Centre de recherche des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan organise, avec le soutien de la Chaire de Cyberdéfense et Cybersécurité Saint-Cyr Sogeti Thales, une journée d'études sur le thème des  « frontières et du Cyberespace ».
Cette journée se déroulera au Musée des Transmissions, Espace Ferrié à Cesson-Sévigné (6 avenue de la Boulaie).

Qu’est-ce qu’un territoire dans le cyberespace ? Comment se dessinent les contours des territoires, des États ? Quels en sont les marqueurs ? Y a-t-il un territoire « État » dans le cyberespace ?

C’est à ces questions que s’attachera la journée d’études du mardi 4 juin en les abordant tout d’abord sous l’angle de la définition de la notion de cyberespace et de la caractérisation de ses frontières, puis de la problématique de la protection des frontières traditionnelles et des nouvelles frontières propres au cyberespace, et enfin de la nécessité pour les Nations d’affirmer leur maîtrise de ce nouvel espace stratégique.

Cette journée d’études fera suite au colloque du 3 juin 2013 organisé à Rennes par l’École des Transmissions de l’armée de Terre sur la « Cybersécurité : un enjeu mondial, une priorité nationale, des réponses régionales » 

J'interviendrai dans le cadre de la table ronde consacrée à « La réaffirmation du national sur le cyberespace » où je viendrai apporter dans le temps qui me sera imparti quelques éclairages sur la Russie en son espace informationnel.

Lien officiel :
Inscription :
cyberdefense@st-cyr.terre-net.defense.gouv.fr


lundi 27 mai 2013

ABM américain : une pomme de discorde entre la Russie et la Roumanie


Article de Gaïané Khanova paru sur La Voix de la Russie le 27 mai 2013

Le problème du déploiement de missiles intercepteurs en Roumanie a été une nouvelle fois soulevé au cours de la conférence internationale sur la sécurité européenne à Moscou. Il a été dit que la mise en place de la deuxième étape du bouclier antimissile, notamment de son élément roumain, a cessé d'être à l'ordre du jour. Néanmoins il est tout à fait évident que l'ABM américain demeure une pomme de discorde dans les relations russo-roumaines, selon le directeur du quatrième département européen du ministère des Affaires étrangères de Russie, Andreï Maslov interrogé par La Voix de la Russie :

« La mise en place du bouclier antimissile américain en Europe lèse directement les intérêts fondamentaux de la sécurité de Russie. Nos préoccupations et arguments à cet égard ont été plusieurs fois exposés d'une façon circonstanciée dans les formats les plus différents, notamment dans des contacts bilatéraux avec nos partenaires roumains. A notre regret, le dialogue à ce sujet reste sur le point mort. Dans ce contexte, la participation active de Bucarest à la réalisation de ce projet devient un point de discorde complémentaire dans les relations russo-roumaines. »

L'ambassadeur de Russie à Bucarest, Oleg Malguinov, a récemment évoqué l'éventualité de la transformation des éléments du bouclier en « cibles » pour la Fédération de Russie. La presse roumaine a vivement réagi et certains analystes se sont mis à affirmer que « de fait, la Russie menaçait d'une guerre à la Roumanie ». Lors de la dernière réunion du Conseil OTAN-Russie la question a été spécialement discutée par les chefs des diplomaties des deux pays. « L'incompréhension » (misunderstanding), selon le ministre russe Sergueï Lavrov, a, paraît-il, été levée. Son homologue, Titus Corlatean, a une nouvelle fois certifié que « le système d'ABM sur lequel nous travaillons revêt un caractère défensif. Il ne doit susciter aucune préoccupation d'une autre partie ». Andreï Maslov est convaincu :

« L'affirmation sur le caractère défensif du bouclier mis en place ne peut pas lever nos préoccupations car il existe un lien indestructible entre les systèmes défensifs et offensifs stratégiques. A termes, la mise en oeuvre du projet aura un impact sur l'efficacité du potentiel russe de dissuasion nucléaire. C'est pourquoi la défense antimissile sous sa version intégrale sans garanties juridiques demandées par la Russie est considéré comme un défi demandant une réaction adéquate. »

La politique extérieure de Russie ne cesse d'être vivement critiquée par l'entourage du président de Roumanie, Traian Basescu. Quelles en sont les retombées sur les rapports entre les deux pays ? Quelle est l'attitude de la diplomatie russe envers les appels à intervenir dans la crise politique en Moldavie faites depuis Bucarest ? Moscou par quelles considérations s'est-elle inspirée, politiques ou économiques, en traçant le gazoduc South Stream hors le territoire roumain ? Autant de questions dont les réponses seront prochainement données à La Voix de la Russie par Andreï Maslov, directeur du quatrième département européen du ministère des Affaires étrangères de Russie.

MAJ : Je tiens à ajouter en complément de cet article que le fameux bouclier (qui n'a de bouclier que le nom puisqu'il s'agit principalement de contre-mesures à l'efficacité aléatoire, même si le taux de succès peut être singulièrement élevé comme le système Iron Dome en Israël) empoisonne les relations tchéco-russes et polono-russes de la même manière qu'avec la Roumanie.

mercredi 22 mai 2013

La cyberstratégie russe : quelles spécificités ? Entretien pour le compte de l'IRIS


Chers visiteurs,

J'avais déjà eu l'occasion de participer aux réflexions menées par l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) à l'invitation de l'Observatoire Géostratégique de l'Information . Je réitère avec cet entretien relatif aux enjeux du cyberespace et publié sur le site Affaires Stratégiques, consacré au cyberespace en général et à la cyberstratégie russe en particulier. J'en profite aussi pour évoquer la cyberstratégie économique et financière.

En vous en souhaitant bonne lecture.

Je tiens aussi à remercier tous ceux qui se sont déplacés lors de la conférence donnée à Strasbourg dans le cadre de la table ronde consacrée à la cyberstratégie comparée. Les échanges furent nombreux, de qualité et prospectifs. Merci à vous tous.

Ce faisant j'en profite pour vous annoncer ma participation aux travaux de la Chaire de cyberdéfense et cybersécurité Saint-Cyr Sogeti Thales tenue par M. Daniel Ventre (une fiche sur le cyber russe sera diffusée à cet effet) et ma venue le 4 juin prochain à Rennes dans le cadre de la journée d'études Frontières et du Cyberespace. Évènement sur lequel je ferai une annonce très prochainement.


dimanche 19 mai 2013

Jason et les Argonautes, chef d'oeuvre littéraire intemporel magnifié par Harryhausen


Dans les années 1960, il n'y avait ni imagerie de synthèse ni Peter Jackson, en revanche il y avait Ray Harryhausen considéré comme le grand maître des effets spéciaux de cette époque et qui le restera bien après son dernier grand oeuvre en 1981. Date à laquelle il prit une retraite bien méritée.

Passé de rigueur puisque l'individu est décédé le 7 mai 2013 à l'âge de 92 ans. Sa filmographie désormais définitive est éloquente : le merveilleux et le mystérieux s'y côtoient de 1942 à 1981. Le Choc des Titans en 1981 fut un dernier hommage à sa passion comme à ses (nombreux) admirateurs. Le métrage marqua tellement son époque qu'il eut droit à sa reprise en 2010, le réalisateur Louis Leterrier y fera une allusion fugace mais remarquée avec l'apparition d'une chouette mécanique. Les années 1980 plaçaient déjà une autre génération de faiseurs d'artifices représentés par La guerre des étoiles, Indiana Jones ou encore Blade Runner. Cependant le côté kitsch des oeuvres de l'américain ne prête aucunement à sourire mais plutôt à ravir, même près de cinquante ans après leur première diffusion.

Cinquante ans en effet car en 1963 fut monté l'un des films les plus ambitieux qu'il fut : porter à l'écran l'incroyable fresque de Jason et ses Argonautes. Une fresque mythologique n'ayant que peu à envier, si ce n'est rien à part une meilleure popularité, à l'Odyssée ou l'Illiade. Tout part de l'histoire d'un homme, Jason, spolié de ses titres et chassé de ses terres par Pélias, le demi-frère de son père. L'usurpateur n'avait rien à craindre si ce n'est selon l'oracle d'un jeune homme ne portant qu'une seule sandale à ses pieds. Élément singulier qui en serait resté à une prédiction sans lendemain si le jeune héros lors de son retour vers sa patrie après plusieurs années d'absence (et sous la garde du centaure Chiron) ne fut aidé dans la reconquête de son trône par Héra, déesse et femme de Zeus. Pélias effrayé par le souvenir des mots de l'oracle accepta de rendre le trône en imposant une condition : que Jason retrouve en la lointaine contrée de Colchide (actuelle Géorgie) la toison d'un bélier ayant la particularité d'être en or comme gardée par un dragon. Ce sera le point de départ d'une aventure riche en rebondissements qu'il serait par trop long de conter dans le détail, d'autant que les versions nous étant parvenues ne s'accordent pas toutes entre elles (auteurs grecs et latins apportèrent certaines variantes comme par exemple la présence ou l'absence d'Atalante comme de Thésée et des divergences dans la conduite du récit).

Le mot Argonaute désigne les compagnons acceptant de se joindre à l'expédition menée par Jason, et tire son nom d'Argo, le navire censé amener transporter les volontaires vers la gloire... ou la mort.
Car justement cette quête est riche de rebondissements, mêlée de sombres évènements et de joies imprévues. Ce qui confère au texte une complexité et richesse plus qu'appréciable. Ainsi, Heracles (Hercule) est du voyage, ayant décidé de mettre entre parenthèse ses douze travaux au moment à dessein de s'engager au côté du jeune prétendant, et voué à devenir un personnage majeur durant toute l'oeuvre (sa renommée est déjà établie), il n'en sera cependant rien pour une raison que je préfère vous laisser découvrir par vous même mais qui est symptomatique d'une histoire qu'il convient de bien suivre dans son cheminement pour ne rien perdre de son évolution. Certains de ces individus seront même amenés à jouer un grand rôle personnellement ou par leur descendance : ainsi Télamon cité par la majeure partie des versions connues est le père du futur Ajax qui se distinguera lors du siège de Troie.
L'aventure ne s'arrêtera d'ailleurs pas à la seule capture de la fameuse toison dans le jardin d'Arès, le retour sera tout aussi épique, et fera la part belle à de nouvelles aventures dont la rencontre avec le géant de bronze Talos si bien immortalisée par les prouesses techniques de Harryhausen.Tout comme la rencontre devenue proverbiale avec Charybde et Scylla, les deux monstres marins vivant à proximité d'un détroit (qui seront de nouveau à l'honneur avec Ulysse de l'Odyssée).

La fin de l'histoire diffère comme pour son déroulement selon les versions, de la plus optimiste à la plus pessimiste.

Cette latitude dans le choix des versions est appréciable car elle rend compte d'un empilement d'histoires transmises par la tradition orale puis écrite. Se fondant sur un socle commun pour varier dans les détails, ajoutant, retranchant, modifiant le cas échéant. Une fresque qui au final n'a rien à envier aux plus contemporains de nos scénarios épiques sur divers supports. Et qui donne au demi-dieu une aura de sincérité par une vulnérabilité et perméabilité aux failles de ses semblables avec l'appoint de Dieux de l'Olympe tellement humains dans leurs tourments et passions et finalement si proches des hommes qu'ils aiment, aident et rejettent au gré de leurs sentiments. En outre, c'est cet appel de l'aventure qui sommeille en chacun de nous qui rejaillit dans cette épopée faite d'amitié, d'amour, de dépassement, d'épreuves morales et physiques.

Si un téléfilm en deux parties a été tourné en 2000 pour le compte de la télévision britannique et méritait de couler dans le Styx, le principal métrage sur le sujet reste celui de 1963 que je vous invite à visionner pour votre plus grand plaisir car la patine du temps n'a en rien altéré le plaisir de suivre les pérégrinations de toute cette troupe parée pour réaliser l'impossible. Une postérité due très largement au talent d'Harryhausen aux commandes des effets spéciaux. Si l'on pourrait regretter quelques différences avec le récit original (ex. ce n'est pas une hydre qui garde la toison mais un dragon), n'oublions pas que les sources sont plurielles et qu'au fond le XXème siècle ne fait que rajouter une couche à cette tradition populaire. Ce qui est remarquable de transmission dans le temps, l'espace et les moyens d'expression.
Une nouvelle version plus ambitieuse que la 2000 serait toutefois très appréciable à la condition de conserver toute la puissance narratrice de l'oeuvre (ou plus des oeuvres) originale(s).

Ouvrage récent sur le sujet que je recommande chaudement tant pour la mise au point des différentes versions que pour les illustrations intégrées : Neil Smith, Jason and the Argonauts, Osprey Publishing ,2013.
Sites de référence :
Alex Bernardini, http://www.alex-bernardini.fr/mythologie/jason-et-les-argonautes.php
Histoire.fr : http://www.histoire-fr.com/mythologie_grecque_mythes_2.htm
Quant à vous plonger dans le texte si vous êtes helléniste et/ou latiniste, les principaux auteurs principaux antiques reconnus sur le sujet sont Apollonios de Rhodes et Valerius Flaccus.

Illustration : Jose Daniel Cabrera Pena


vendredi 10 mai 2013

Terres rares : une offre supérieure à la demande en Russie



Article de Vlad Grinkevitch paru sur La voix de la Russie le 26 avril 2013

Le groupe public Rostekh et le groupe IST investiront au moins un milliard de dollars dans la création d’un holding d’extraction et de transformation des terres rares, rapportent les médias russes.

Ce marché est actuellement entièrement dominé par la Chine et les consommateurs dans le monde sont très intéressés à diversifier les sources d’approvisionnement.

Le holding se chargera d’exploiter le gisement de terres rares de Tomtor en Yakoutie. La construction de l’usine d’extraction et de traitement doit commencer en 2013. L’entreprise entrera en service en 2017 et tournera à plein rendement en 2018.

L’économie devient de plus en plus réceptive aux technologies innovantes et la demande de métaux rares est en progression. Or, 95% de la production des terres rares sont concentrés en Chine qui limite les exportations et manipule les prix. Nikolaï Sosnovski, analyste de la société d’investissement VTB capital explique les raisons du monopole chinois :

« C’est en partie lié à la géologie puisque les gros gisements exploitables sont rares dans le monde. Un autre atout chinois est la main-d’oeuvre bon marché et la permissivité des réglementations en matière d’environnement. En fait, les pays développés, plus soucieux de leur environnement, sont parfois réticents à tolérer une production métallurgique polluante. La Chine a ainsi réussi à concentrer pratiquement toute la production et à influer sérieusement sur les livraisons et les cours mondiaux ».

Mais les gros acteurs sont de plus en plus mécontents de la domination de la Chine. En effet, en cas de conflit commercial ou autre, l’empire du Milieu peut porter un coup sérieux aux secteurs hautement technologiques et stratégiques de ses concurrents. C’est pour cette raison que la Russie, les États-Unis, l’Inde, le Brésil et d’autres essaient de mettre en place leur propre production.

Selon les estimations des experts, la Russie possède jusqu’à 20% des gisements mondiaux de terres rares, mais sa part dans la production mondiale n’est guère supérieure à 2%. C’est que l’industrie russe n’a pas vraiment besoin de ces métaux. De plus, fait remarquer l’analyste du secteur métallurgique de la banque d’investissement Renaissance capital le pays manque encore de capacités de transformation :

« Dans l’espace postsoviétique, il n’existe pas de capacités de traitement capables de transformer les oxydes en métaux rares. Nous perdons de ce fait une partie considérable de la marge et la valeur ajoutée est créée à l’extérieur de la Russie. Je pense que nous aurons finalement les secteurs consommant les métaux rares mais pas avant 5 à 7 ans ».

Les dirigeants russes ont plus d’une fois insisté sur la nécessité de développer la production des secteurs innovants qui ont besoin de métaux rares. Les experts estiment cependant que si la production de métaux rares est lancée avant l’apparition d’une demande intérieure stable, il ne restera plus qu’à exporter les matières premières précieuses. D’ailleurs, la diversification de la production de matières premières est également importante pour réduire la dépendance envers le pétrole et le gaz. En même temps, la demande mondiale de terres rares ne cessera de progresser de toute évidence.

Infographie : Le Figaro

jeudi 2 mai 2013

Cyberstratégie comparée, table ronde le 13 mai 2013


À Strasbourg, le 13 mai 2013 de 17 à 19h au Cercle Militaire (17 place Broglie, en face du palais du gouverneur militaire), j'aurai le plaisir de me produire sur le thème « Cyberstratégie comparée » en compagnie d'Olivier Kempf et de Stéphane Dossé.
Comme vous le constaterez, trois membres de l'Alliance GéoStratégique qui ont contribué à l'ouvrage remarqué « Stratégies dans le cyberespace », Éditions du Livre, 2011.

Je viendrai bien évidemment traiter de cyberstratégie russe, ainsi que m'entretenir avec ceux qui le souhaitent et opérerai une séance de dédicaces (livres à commander sur le site des éditions NUVIS ou sur Amazon).

Programme :
- 17h : Accueil des participants.
- 17h10 : Introduction par S. Dossé.
- 17h20 : “Différents modèles de cyberstratégie” par O. Kempf.
- 17h40 “Cyber stratégie : le cas russe” par Y. Harrel.
- 18h00 Questions-réponses avec la salle.
- 18h40 Conclusion par S. Dossé.
- A l’issue dialogue direct entre l’assistance et les auteurs.
Les auteurs présents sont prêts à dédicacer leur ouvrage (pas de vente sur place).




Le nombre de place étant limité, veuillez il est vous est prié de vous inscrire préalablement en ligne :
http://www.inscription-facile.com/form/8s0JayTr2q3F50nelKVw

En outre, le Club Participation et Progrès très en pointe sur les problématiques contemporaines en général et sur le cyberespace en particulier, organise aussi le 27 mai à Paris un colloque « Stratégie et réseaux » de 13h45 à 18h00 à l'amphithéâtre Desvallières, Ecole militaire, 1 place Joffre.