samedi 27 avril 2013

L'Allemagne, notre meilleur ennemi?


Mon tropisme sur les questions cyberstratégiques et russes, pour prenant qu'il soit et avec tout le coeur et le cerveau que j'y mets, ne m'a jamais cantonné à rester monomaniaque, enfin duomaniaque ou diptomanique. Notamment les rapports franco-allemands dont j'eus à m'étendre sur ce même blogue comme en la Revue de Défense Nationale [1].

Les récentes déclarations du président de l'Assemblée Nationale n'auront pas manqué de confirmer le climat de crise endémique au sein de l'Union Européenne. Même si cet éclat n'est que le dernier d'une longue litanie (cf le concept de tension amicale de la part du président Hollande ou les sorties du ministre du redressement productif Arnaud Montebourg qui a cependant révisé sa position de façon plus matoise ces dernières semaines en demandant la revalorisation salariale des employés allemands).
Alors que l'on aurait pu croire qu'un premier ministre ancien professeur de langue allemande puisse améliorer d'un cran la compréhension et le rapprochement entre France et Allemagne, l'on a constaté qu'il n'en était paradoxalement rien. Pour rappel : «
Le troisième personnage de l'Etat affirme, dans un entretien au journal Le Monde, que la France est "la mieux placée pour tous ceux qui estiment que l'Europe ne peut pas être que la rigueur", incarnée selon lui par la chancelière Angela Merkel. "(François Hollande) appelle ça la 'tension amicale', pour moi c'est la tension tout court et, s'il le faut, la confrontation", estime-t-il dans cet entretien qui reprend des thèmes de la gauche du PS et du Front de gauche. » [2].
Le premier ministre français s'est activé par la suite pour lénifier les propos précédents, abreuvant son fil twitter d'appel à la raison et à la nécessité de ne pas distendre le lien unissant les deux entités, y compris en langue tudesque :
« L'amitié franco-allemande est indispensable pour redonner un nouvel élan au projet européen et trouver les voies du retour de la croissance... Um dem europäischen Projekt neuen Schwung zu geben und den Weg zurück zum Wachstum zu finden ist die deutsch-franz. Freundschaft zentral. Ohne einen intensiven und ehrlichen Dialog zwischen Deutschland und Frankreich werden wir die Probleme Europas nicht lösen. ».
Si le fond du propos est juste en ce sens qu'une politique d'austérité en plein marasme économique serait comme faire ingurgiter de la vitamine D à un virus déjà virulent tout en relevant que l'Allemagne risque effectivement de se retrouver à son tour prise dans le marais de la croissance molle par asséchement économique et financier de ses partenaires européens, en revanche viser le premier partenaire commercial de la France (1er client et 1er fournisseur rappelons-le selon les chiffres 2011 fournis par Comtrade) n'est pas tout à fait anodin. Mais aussi et surtout, est injuste en ce sens que 1) ce ne sont pas les règles de l'Allemagne qui plombent le dynamisme français mais le tricotage institutionnel européen qui n'a eu de cesse que de limiter au possible les possibilités de croissance de la zone Euro (qui est la zone économique mondiale la plus faible selon les chiffres du FMI [3]), or les derniers traités étaient censés assurer une croissance forte, alors n'y a-t-il pas pluralité de fautifs, à savoir les signataires de tels accords? 2) les allemands subissent eux-aussi la crise même si d'extérieur l'on peut se refuser à voir la réalité, ainsi la précarité est réelle depuis les lois Hartz (notamment la IV) où le modèle social rhénan a été passablement ébranlé par la compétitivité salariale imposée 3) les allemands ne sont eux-mêmes pas dupes de la situation qui les frappent et du ressentiment à leur égard d'une frange de plus en plus conséquente des populations européennes, et réagissent loin du cliché de peuple soumis à l'autorité que l'on a souvent tendance à faire accroire, ainsi peut être signalée l'initiative politique Alternative für Deustchland [4] proposant ni plus ni moins que la réévaluation du modèle de la monnaie unique (et envisageant fort judicieusement un panier de devises nationales, soit une monnaie commune) et supporté par un contingent d'éminentes personnalités du monde universitaire, professionnel et politique.

Cette relation bilatérale est-elle perdue ou significativement endommagée? Non, car pour qui se souvient des débuts de Nicolas Sarkozy avec son homologue allemande, le contact fut particulièrement glacial. La faute à une mauvaise connaissance des moeurs à la fois du pays hôte et de la personnalité des dirigeants de celui-ci. Le lien se réchauffa cependant sur la durée, au point même que l'on put lire ici et là le terme de couple Merkozy [5]!

Un fait perdure cependant, l'altération négative des relations de l'Allemagne avec d'autres membres de l'Union Européenne, à commencer par la Grèce où la dernière visite de la chancelière fut particulièrement agitée si l'on veut manier l'euphémisme. Serpent de mer amplifié depuis ces dernières années de crise, la Grèce n'a dès lors de cesse de demander réparation pour les crimes de guerre perpétrés durant l'occupation nazie de son territoire [6]. Fait tragico-comique : la seule exception où la Banque de Grèce fut prêteuse de fonds, ce le fut au profit de la Banque du Reich. Si les juristes sont dubitatifs quant au succès d'une telle demande et que les autorités allemandes opposent une fin de non-recevoir, c'est le contexte européen qu'il est surtout utile d'extrapoler à partir de cet exemple et le raidissement français (qui en cachent bien d'autres qui se contiennent, encore que les peuples excédés par les mesures successives et l'absence de tout espoir deviennent plus... diserts lors des manifestations).
L'économiste Jacques Sapir n'a pas manqué de relever et traduire les propos d'Oskar Lafontaine, ancien Ministre-Président de la Sarre et ex-Ministre Fédéral des Finances quant au fait que l'Allemagne subira tôt ou tard la rebuffade d'anciens partenaires une fois que la France aura basculé du côté des pays du sud. Ce politicien allemand ayant brisé le tabou d'une sortie de l'Euro à des fins de prévention.
« Il suffit de sortir de l’Euro et de dévaluer notre monnaie retrouvée. Cette solution peut d’ailleurs être appliquée par l’ensemble des pays de l’Europe du Sud. Il est intéressant de savoir que le fondateur de l’équivalent du Front de Gauche en Allemagne, Die Linke, Oskar Lafontaine, vient de se rallier spectaculairement à cette option. Les raisons pour lesquelles celui qui fut, en tant que dirigeant du SPD, un des plus fervents promoteurs de l’Euro à pris une telle décision sont les mêmes que celles que nous avons exposées ici : la compréhension des limites intrinsèques de la monnaie unique et la volonté de trouver une solution sans violence. Voici donc quel devrait être le débat sur la politique du gouvernement allemand et les réponses que la logique nous dicte. Mais, pour cela, il faudra rompre avec les postures, les impostures et les effets de manche, et cesser de considérer que nous vivons dans le monde des bisounours. Vaste programme aurait dit quelqu’un... » [7].
Ce qu'Oskar Lafontaine redoute, comme il l'exprime distinctement, c'est une coalition d'États soudés par leur réprobation d'une position allemande jugée attentatoire à leurs propres intérêts. Où comment l'Europe parlerait allemand selon le mot de Volker Kauder (Président du groupe CDU/CSU au Bundestag) en novembre 2011. Un bouleversement géopolitique d'envergure qui serait à même de saper la confiance décomplexée de l'Allemagne. Et que peut conforter la convergence de vues réaffirmée récemment entre Wolfgang Schäuble, Ministre Fédéral des finances et Herman Van Rompuy, Président du Conseil Européen qui pressèrent les autorités Françaises d'entamer des réformes structurelles d'envergure.

Il est nécessaire que la France ne soit pas isolée sur le plan diplomatique et économique face à une crise qui est bien plus large que le seul secteur financier puisqu'elle est désormais économique... et civilisationnelle. S'il est désespérant de constater que nombre de dirigeants européens ne connaissent qu'une seule politique à appliquer (et qui plus laquelle semble être altérée dans sa démonstration [8] ), n'omettons pas aussi de reporter sur eux la responsabilité de la situation actuelle tant par leur cécité que leur incompétence, leur dogmatisme et leur imprévisibilité. L'Allemagne est perçue non sans raison comme relativement brusque dans les orientations à choisir, mais c'est une caractéristique de ses habitants qui y voient de la franchise envers leurs partenaires, non sans défendre leurs propres intérêts nationaux là où d'autres dirigeants paient l'impéritie et l'absence de vision stratégique depuis près de vingt ou trente ans selon l'État concerné. Il y a à la fois une puissance retrouvée pour un pays qui n'était plus habitué à celle-ci ni prêt à en hériter, et à la fois un ressentiment mal placé attisé par des errements sur le plan interne et une construction Européenne qui n'en finit pas de se construire... mal.
Quant au couple ou moteur franco-allemand, défions-nous des approches simplistes : nous pouvons avoir des orientations différentes sans pour autant qu'elles soient contraires, devenant même le cas échéant complémentaires... Nous tromper d'ennemi peut nous valoir la perte d'alliés là où l'on penserait qu'ils ne s'y trouvent pas.


[2] Reuters France, Bartolone prône une "confrontation" avec l'Allemagne, 25 avril 2013.
[6] Wall Street Journal, Greece Wants Germany to Pay War Reparations, 24 avril 2013.
[7] http://russeurope.hypotheses.org/1198
http://russeurope.hypotheses.org/1186
[8] Le Monde, Erreur dans une étude sur l'austérité : "ça fait désordre", 19 avril 2013
« L'affaire prend des airs de scandale. Les conclusions d'un article, "Croissance en période de dette" ("Growth in a Time of Debt"), publié en 2010 par deux économistes réputés de Harvard et ancien cadres du FMI, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff ("R & R"), ont été remises en question par un trio de l'Université du Massachusetts (UMass) Amherst – ce qui est loin d'être rare, comme le rappelle le New York Times. L'article original démontrait que le taux de croissance d'un pays est corrélé négativement à son endettement public, dès lors que celui-ci dépasse la barre des 90 % du PIB. Or, leurs confrères de l'UMass Amherst, Thomas Herndon, Michael Ash et Robert Pollin parviennent, avec les mêmes données, à un résultat différent : le seuil des 90 % n'a dans leurs conclusions aucune signification particulière, et ils ne trouvent qu'une très faible corrélation entre croissance du PIB et endettement. »
http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/18/polemique-autour-d-une-etude-sur-l-austerite-ca-fait-un-peu-desordre_3161742_3234.html
« Or une équipe d'économistes est récemment parvenue à répliquer cette étude, et il s'avère que leurs conclusions diffèrent largement de celles de Reinhart et Rogoff. Et pour cause, ces derniers ont fait passer à la trappe cinq pays (Australie, Autriche, Canada, Danemark et Belgique) dans leur panel, ont utilisé une méthode jugée contestable de pondération des pays entre eux et, plus original, le tableur Excel utilisé comme support de l'étude comportait une erreur de formule. »
http://economieamericaine.blog.lemonde.fr/2013/04/17/une-erreur-dans-une-etude-sur-lausterite-degomme-les-idees-recues/

Lire en complément cet article relatif à l'envers du décor d'une Allemagne trop souvent présentée comme prospère, sans que l'on n'évoque une réalité un peu moins proche de ce stéréotype :
« Peter Hartz, «Doktor Hartz» ainsi appelé par toute l’Allemagne, a également instauré dans cette réforme deux nouveautés : les mini-jobs et les 1 euro-jobs.
Un mini-job est un travail payés 400-450 euros par mois, sans cotisation et donc sans assurance. Du coup, bon nombre d’employeurs ont massivement recours à ce type de contrat, qui leur permet de payer moins de charges sociales que pour un contrat d'emploi traditionnel. Selon les statistiques, plus de 7 millions d’Allemands auraient un mini-job...
Les 1 euro-jobs sont tout aussi redoutés sinon plus… car là aussi, il est indispensable d’accepter le travail proposé si on ne veut pas perdre son droit aux allocations de chômage. Un 1 euro-job, c’est un travail, payé 1 euro de l’heure (parfois deux à l’heure actuelle), dans le secteur public ou dans le caritatif. »
http://trends.levif.be/economie/actualite/politique-economique/il-ne-fait-pas-bon-etre-chomeur-en-allemagne/article-4000284980886.htm

Propos tenus par Oskar Lafontaine et traduits par Stathis Kouvélakis :
« Les Allemands n’ont pas encore pris conscience que les Européens du sud, y compris la France, seront du fait de la paupérisation économique, forcés de riposter, tôt ou tard, à l’hégémonie allemande. Ils sont plus particulièrement soumis à la pression du dumping salarial pratiqué par l’Allemagne en violation des traités européens depuis le début de l’union monétaire. Merkel se réveillera de son sommeil du juste quand les pays qui souffrent du dumping salarial allemand se mettront d’accord pour imposer un changement de politique de gestion de la crise aux dépens des exportations allemandes...
Si des réajustements [salariaux] réels à la hausse ou à la baisse ne sont pas possibles de cette façon, il devient nécessaire d’abandonner la monnaie unique et de revenir à un système qui rende possible les dévaluations et les réévaluations, comme c’était le cas avec le prédécesseur de la monnaie unique, le Système Monétaire Européen (SME). Il s’agit fondamentalement de rendre de nouveau possibles des dévaluations et des réévalutions à travers un système de change contrôlé par l’Union Européenne. Dans ce but, de stricts contrôles des capitaux seraient l’inévitable première mesure, afin de contrôler les mouvements de capitaux. Après tout, l’Europe a déjà mis en place cette première mesure à Chypre. »

Crédit photo : Robert Rousso et Henning Studte

mercredi 24 avril 2013

Vostotchny, le nouveau cosmodrome russe


Article de Polina Tchernitsa et Lada Korotoune paru sur La Voix de la Russie le 12 avril 2013

Le développement du potentiel spatial restera l’une des priorités de la politique de l’Etat russe, a déclaré vendredi Vladimir Poutine, qui a participé à une réunion consacré au développement du secteur spatial russe à Blagovechensk dans la région de l’Amour (Extrême-Orient). C’est là que se trouve le plus grand chantier spatial de Russie, le cosmodrome Vostotchny destiné au lancement des missions vers la Lune et Mars.

La construction du cosmodrome Vostotchny, qui deviendra le principal site de lancement russe, devra être achevée en 2020. Mais dès 2015 les tirs des vaisseaux Soyouz-2 devront commencer.

La Russie est troisième, après les Etats-Unis et l’Europe, en termes de fonds alloués au développement du programme spatial. Mais en termes de hausse annuelle moyenne des financements, les Russes sont bien en première position. Le secteur a besoin d’être incité au développement innovant, a insisté le président.

« Pendant longtemps nous avons privilégié des missions habitées en dépensant entre 40 et 50 % de fonds alloués, souvent au préjudice des autres directions. Résultat : nous sommes aujourd’hui en retard par rapport au reste du monde. C’est notamment le cas des équipements de sondage de la Terre à distance, des systèmes de communication personnelle par satellite, des systèmes de détection et de sauvetage des objets en détresse, etc. Bien évidemment, nous devons préserver ce que nous avons réussi à faire dans le domaine des missions habitées, mais nous devons aussi nous rattraper dans d’autres directions que je viens de mentionner ».

L’objectif clé est de créer des fusées-porteuses et des moteurs spatiaux dont la puissance excède la puissance de ceux déjà existants. Parmi d’autres priorités on retrouve le renforcement du groupement de satellites et la construction d’une base scientifique sur la Lune.

En parlant de la réorganisation, les participants de la réunion à Blagovechensk étaient unanimes concernant une chose : elle est impossible sans nouveaux cadres. Les travailleurs du secteur verront leur salaire augmenter. Un système de subventions et d’autres mesures seront par ailleurs mis en place.

vendredi 19 avril 2013

Pour qui sonne le glas de l'auto-entreprise ?


Naguère je m'étais fendu d'un article, L'auto-entrepreneur à la conquête de l'e-commerce, sur la naissance, ou plutôt la refonte intelligente du régime de micro-entreprise sous la forme de ce que l'on a nommé l'auto-entrepreneur (avec une similitude relative à la parabole issue d'une fable de Jean de La Fontaine « Aide toi  et le ciel t'aidera »).

Ce statut a depuis sa création connu un essor et un succès continus. Ce que confirme Julien Tardy le responsable de Freelancer.com « En janvier 2013, alors que les chiffres du chômage atteignaient (presque) le record de 1997, on aurait compté + 25 % de création d’entreprises et + 4,9 % hors régime d’auto-entrepreneur… » [1].
Bref, l'auto-entrepreneur dope la création d'entreprises, et ce quand bien même si les revenus restent relativement modestes car comme le rappelait l'INSEE [2], En 2009, 328 000 personnes ont créé une auto-entreprise, dont la moitié exerce une activité économique effective. Ces auto-entrepreneurs actifs sont proches des créateurs d’entreprises « classiques » par leurs caractéristiques, mais ils tirent de leur activité un revenu très inférieur : en moyenne, 4 300 euros de revenu annualisé la première année, soit trois fois moins que les créateurs classiques. Ils exercent souvent en parallèle une activité salariée. Deux ans plus tard, fin 2011, 102 000 sont toujours actifs économiquement, mais seuls 79 000 ont pu dégager un revenu positif de façon continue sur les trois ans. En moyenne, le revenu qu’ils tirent de leur activité a progressé, mais pour neuf sur dix, il demeure inférieur au Smic. Si une petite moitié a pérennisé son activité en développant son chiffre d’affaires, moins d’un sur dix perçoit un revenu comparable à celui des autres non-salariés de son secteur. Peu ont quitté l’auto-entrepreneuriat pour rejoindre le régime non salarié classique.

Toutefois ce statut a rapidement fait l'objet d'acrimonie de la part notamment des chambres de métiers et de l'artisanat au motif qu'il générait une concurrence déloyale en tirant les prix de leurs prestations vers le bas. De même qu'était argué le fait que certains métiers nécessitaient une qualification particulière. Ces réserves méritaient attention et corrections éventuelles où les faits seraient attestés. Pour autant, les artisans, et plus particulièrement ceux oeuvrant dans les métiers de la restauration seraient bien avisés de ne pas trop attirer l'attention sur eux en retour en raison de la mansuétude dont ils ont bénéficié par le passé [3]. Du reste, plutôt que d'opposer deux catégories de travailleurs, pourquoi ne pas plutôt exiger une modification de chaque régime au lieu de rogner/annihiler celui d'en face ? La stratégie choisie apparait particulièrement pernicieuse et contre-productive.

Malgré tout, contre cette concurrence estimée déloyale, et alors que la crise frappait déjà le pays France, le projet de loi de finances 2013 imposa une égalisation des taux d'imposition selon le type de prestation effectuée. Cette mesure considérée comme plus juste avait néanmoins un grave défaut d'appréciation : les revenus tirés de l'exploitation n'étaient en aucune mesure identiques à ceux de professionnels dégageant un chiffre d'affaires autrement plus conséquent. En outre il entaillait déjà conséquemment le régime qui était calibré pour justement bénéficier d'avantages contrebalancés par des inconvénients (ex. un plafond limité au-delà duquel il est nécessaire de procéder à une régularisation en optant pour un statut plus classique d'entreprise ; la franchise de TVA qui implique pour l'auto-entrepreneur de ne pas facturer certes la TVA mais de ne pas non plus en bénéficier d'autre part lors d'achats de matériel ou de fourniture par exemple). La solidarité face à la crise avait été avancée pour imposer cette modification du régime, alors que paradoxalement la population visée était précaire et subissait justement la crise plus durement que les autres du fait qu'elle ne dégageait pas de bénéfices supérieurs au plafond fixé.

Cela ne suffisait décidément toujours pas, alors le Ministre de l'Artisanat, Mme Pinel, entreprit de commander un rapport à l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales) et l'IGF (Inspection générale des finances) [4]. Rapport technique, touffu mais prospectif et intelligent, prenant acte à la fois de la nécessité de mieux protéger socialement les auto-entrepreneurs et de mieux les accompagner en les faisant entrer dans les réseaux d'entreprises, préconisant une intégration de la CFE (Contribution Foncière des Entreprises, ex-Taxe Professionnelle) dans les cotisations à verser et la nécessité d'améliorer l'enquête de l'INSEE par une étude complémentaire en vue de cerner le profil et les revenus de l'auto-entrepreneur type. Las, la Ministre décida peu après la remise du rapport et à la surprise de tous... de limiter dans le temps la durée de l'auto-entreprise entre un et cinq ans (sic!) : une annonce qui n'appellerait nullement à commentaire si la raison était la chose la mieux partagée du pays France et de ses dirigeants. Encore plus savoureux : l'une des recommandations du rapport, la numéro 10 (Ne pas limiter dans la durée le bénéfice du régime et ne pas modifier les règles de radiation du régime) énonçait clairement tout le contraire de la proposition du Ministre : si ce n'est pas un désaveu et/ou une déficience en français, ça y ressemble très fortement.
Encore plus incroyable : une exception serait cependant envisagée quant à cette contrainte rédhibitoire pour les auto-entrepreneurs à destination de ceux l'exerçant à titre complémentaire! Ce qui en somme favoriserait ceux qui bénéficient déjà d'un revenu principal au détriment de ceux pour qui c'est une question de survie élémentaire. L'incongruité de la mesure semble avoir clairement échappé à une personne pourtant en charge d'un maroquin ministériel, et qui de ce fait se devrait d'être avisée quant aux orientations choisies et annoncées médiatiquement. L'on souhaiterait briser ce statut que l'on ne s'y prendrait pas autrement...

Il ne faudrait cependant pas penser que cette charge soit menée uniquement par des personnalités de gauche, des élus de droite participent aussi activement à la curée : preuve en est de la proposition de loi émanant de 24 députés du parti de l'UMP pour limiter la durée du statut à... 18 mois [5]! Qui dit mieux?

Le problème qui va se constituer par cette décision potentielle peu opportune se pose sur trois plans : au nom soit-disant d'une concurrence faussée (difficilement vérifiable dans le cadre des services et plus encore dans le secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication où l'innovation est de mise) : 1) il va être décidé tout simplement que la lame de la guillotine s'abattra après x mois d'activité, risquant d'alourdir la charge fiscale du corps social en voyant affluer nombre de demandeurs d'emplois, en favorisant une recrudescence du travail illégal, en enregistrant une perte sèche pour l'État de revenus dégagés par les contributions même modestes des auto-entrepreneurs et en acceptant par avance une hausse significative des bénéficiaires de revenus sociaux. 2) l'esprit d'entreprise bridé par une mesure démotivante supplémentaire 3) le risque d'une accélération de l'effet de crise en déstabilisant le secteur privé d'une partie de son dynamisme et apport.
[3]Pour rappel, la TVA dans la restauration a été baissée significativement de 19,6% à 5,5% en juillet 2009, puis fut relevée à 7% au 1er janvier 2013. Controversée, la mesure coûterait près de 3 milliards d'euros par an à l'État, une niche fiscale estimée comme la deuxième la plus onéreuse, après celle pour les travaux de rénovation dans les logements
[5]Proposition de loi n°325 du 24 octobre 2012.

lundi 15 avril 2013

Condensé de lectures numériques d'avril 2013

Chers visiteurs, je vous propose ci-dessous un condensé d'informations récoltées ces derniers jours que je ne m'interdis pas de reprendre pour en tirer des analyses circonstanciées dans une période future.
Nonobstant cette annonce, je reviendrai très prochainement sur la question de la refonte du statut (et non du régime comme je le lis trop souvent) de l'auto-entrepreneur annoncé par le Ministre de l'Artisanat et qui m'apparaît comporter de lourdes menaces pour la création et l'innovation, y compris et même surtout, dans le cadre des technologies de l'information et de la communication.
En attendant je vous souhaite de bonnes lectures.

La CNIL et l’INRIA s’interrogent sur la protection des données personnelles au sein des applications mobiles :
Ainsi, la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) et l’INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique) ont pu mener un projet expérimental baptisé Mobilitics qui consiste à analyser en profondeur les données personnelles enregistrées, stockées et diffusées par un smartphone...
Mobilitics s’appuie, quant à lui, sur une expérience dite « in vivo » au travers l’analyse des résultats d’un outil développé par l’INRIA capable de détecter et d’enregistrer les accès à des données personnelles par des applications mobiles ou des programmes internes. Cet outil a été installé sur 6 iPhones prêtés à des volontaires de la CNIL qui les ont utilisés comme s’ils leur appartenaient. On note que cette étude porte exclusivement sur des smartphones Apple...
Il ressort de cette expérimentation que sur un total de 189 applications utilisées pendant la phase de test, 176 d’entre elles, soit 93% accèdent au réseau Internet ce qui n’est pas toujours justifié notamment pour les jeux vidéo. 46% des applications installées sur les iPhone de l’étude accèdent à l’identifiant unique Apple ce qui représente 87 applications utilisées et dont 33 l’ont transmis en clair, sans aucun moyen de cryptage ou de sécurité spécifique et 31% utilisent la géolocalisation. 16% accèdent au nom de l’appareil et 10% font appel à des comptes.

http://www.lemondenumerique.com/article-29899-la-cnil-et-l-inria-s-interrogent-sur-la-protection-des-donnees-personnelles-au-sein-des-applications-mobiles.html

La bulle du Bitcoin a éclaté :
La bulle Bitcoin a éclaté. Coûtant à peine un millième de dollar à son apparition en 2009, cette monnaie virtuelle avait vu le cours de son change exploser au cours des dernières semaines jusqu'à atteindre la somme de 266 dollars aux alentours du 10 avril. Mais depuis, c'est la débandade, puisqu'elle a reperdu plus de 70% de sa valeur pour tomber en dessous de la barre des 80 dollars...
Unique en son genre, le Bitcoin est né de la volonté de créer une monnaie indépendante de toute banque ou tout autre établissement monétaire. Avec une masse monétaire plafonnée à 21 millions d'unités (seulement 11 millions environ sont pour le moment en circulation), la monnaie électronique s'achète via des sites web faisant office de véritables bureaux de change, tels que Mt. Gox, le site japonais le plus utilisé, ou encore Bitcoin-central en France.

http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/la-bulle-du-bitcoin-a-eclate_379987.html

Colonialisme numérique :
La maîtrise de l’information en masse donne aujourd’hui à celui qui la possède la promesse de l’ultra-domination politique et économique. On imagine encore très mal l’ampleur des bouleversements à venir. C’est l’une des explications de l’inertie de la vieille Europe. Placée sous dépendance américaine, dépourvue de la chaîne industrielle adéquate, la colonie numérique européenne a oublié qu’il fallait une vision et une stratégie pour être citoyen à part entière de ce nouveau monde dont on ne devine encore que les fondations...
La colonie numérique européenne peut-elle encore reprendre son destin en main ? Il faudrait d’abord que l’énoncé du sujet fasse l’objet d’un vrai consensus chez les responsables politiques. Différents symptômes montrent que ce n’est pas le cas. Comme le “cloud souverain” français à 200 millions d’euros, par exemple. “C’est de l’argent public jeté par la fenêtre, regrette Gilles Babinet. Amazon à lui seul investit chaque années 1,4 milliard sur le sujet.” Autre exemple : le récent document du gouvernement sur le numérique. Cette prétendue feuille de route stratégique laisse Stéphane Grumbach perplexe : “Elle est surtout orientée vers des compétences bien établies, le haut débit, la culture, l’open data, pas vers nos points faibles, les nouveaux usages et les données personnelles, par sur les enjeux de la souveraineté numérique”, commente-t-il ...
“La maîtrise de la société de l’information donne une puissance que l’on soupçonne encore peu et qui dépasse de loin les secteurs de l’économie marchande”, estime Stéphane Grumbach, en citant l’exemple qu’il considère comme le plus frappant : “Google a dans ses mémoires numériques davantage d’informations sur la France que l’Insee.” La qualité de l’outil statistique à la disposition des gouvernants est un trait des Etats modernes les plus prospères or c’est une entreprise américaine qui possède aujourd’hui les milliards de données personnelles, géographiques, météorologiques, sanitaires, topographiques… dont on peut imaginer pouvoir extraire toutes sortes de modélisations des mouvements de la société française.

Cyberespace et guerre des idées : le retour du Léviathan :
Le rapport Mandiant, publié le 18 février par la société du même nom, en plus de souligner l’existence de cyber-conflits entre la Chine et les États-Unis (quelle clairvoyance), a fait les choux gras de la presse généraliste, jamais plus ravie de reprendre une information cyber que quand elle lui permet de faire croire qu’elle fait bien son travail. Pourtant, au-delà de la publication de nombreuses analyses plus souvent épidermiques qu’éclairées, ce rapport révèle les changements paradigmatiques à l’œuvre dans le cyberespace depuis une décennie...
Ces dernières années, il semble que nous soyons entrés dans une nouvelle phase : celle de la réaction réaliste. Les États, jusqu’alors complètement largués en matière de cyber au point de considérer complexe une attaque DDoS, ont vite compris l’intérêt stratégique de ce nouveau champ d’expression de leur volonté de puissance ; certains plus rapidement que d’autres il est vrai. Conséquence de cette prise de conscience : des moyens financiers en hausse continue et des politiques de recrutement de plus en plus ambitieuses.
Là où l’approche développée ici est intéressante, c’est que la doctrine réaliste cesse d’être descriptive pour devenir normative. Grosso modo et en matière de cyber, ce n’est plus “l’Etat est le seul acteur important sur le plan international”, mais “l’Etat doit être le seul acteur important sur le plan international”. Après la phase constructiviste des débuts et l’explosion libérale qui y a fait suite, place à la réaction réaliste et à la toute-puissance de l’Etat.

L’impôt des riches, l’impôt des pauvres : l’évitement du contrôle fiscal par les classes dominantes. Entretien avec Alexis Spire :
Les modalités du contrôle de l’impôt ont connu une véritable révolution depuis les années 1970 : pour le dire vite, on est passé d’un contrôle à la gomme et au crayon à une mise en réseau systématique de toutes les données dont dispose l’administration. Ce changement dépasse d’ailleurs largement le seul cas de l’administration fiscale : l’outil informatique a totalement bouleversé l’emprise de l’Etat sur les populations placées sous sa surveillance. Dans l’ouvrage, je montre que cette révolution technologique s’est accompagnée dans les années 1990 d’un redéploiement du contrôle sur les catégories populaires, à la faveur de deux évolutions concomitantes. D’un côté, la mise en accusation des « assistés », soupçonnés d’« abuser » des subsides de l’État, a mis à la mode le thème de la « fraude sociale ». De l’autre, les progrès de l’informatique ont démultiplié les capacités de surveillance des contribuables percevant des revenus facilement identifiables (salaires, retraites, allocations de chômage et indemnités journalières de maladie)...
En réalité, cette mise en réseau de toutes les administrations disposant d’informations sur les populations touchant des prestations sociales, s’est traduite par l’instauration d’un contrôle par capillarité auquel il est de plus en plus difficile d’échapper. Ce recentrage de l’Etat fiscal est davantage motivé par des raisons politiques que par des considérations budgétaires, les vérifications de comptabilité des entreprises restant de loin les contrôles aux résultats les plus importants.

De l'Union Soviétique à l'Union Européenne, justesse d'une comparaison ? :
Jacques Sapir : La comparaison entre l’URSS et l’Union Européenne est souvent faite. En réalité, l’URSS était la descendante de l’Empire tsariste, alors que l’UE se présente comme une nouvelle construction institutionnelle. Il est clair que l’on assiste à une multiplication des normes et des règlements, mais ceci est en partie inévitable, et en partie justifié car nous vivons dans une société de plus en plus complexe, et où la "densité sociale", soit la probabilité qu’une action non intentionnelle de l’un affecte un autre, augmente régulièrement.
Le véritable point sur lequel une comparaison porte c’est la nature toujours plus anti-démocratique de l’UE et bien entendu de l’URSS. En ce qui concerne l’UE, c’est par la tendance à transférer de la légitimité des États-Nations vers des instances supra-nationales qui ne sont ni élue ni responsable devant des élus, que se marque le caractère anti-démocratique. En fait, c’est la négation du principe de souveraineté, qui fonde celui de légitimité, qui est en cause.
L’UE voudrait définir ses actes uniquement du point de vue de la légalité, mais comment apprécier la justesse d’une loi ou d’un règlement ? C’est la raison de l’opposition de plus en plus grande que rencontre l’UE dans les différents pays qui la composent...
Jean-Robert Raviot : La logique bureaucratique domine, d’où les analogies avec certaines pratiques soviétiques : inflation normative, langue de bois des institutions... Il n’y a bien sûr ni police politique, ni norme idéologique officielle dans l’UE. Il n’empêche que le "déficit démocratique" est abyssal ! Récemment, un projet de la Commission européenne (révélé par le Daily Telegraph) consistant à financer des équipes de "trolls" pour contrer l’euroscepticisme dans les réseaux sociaux et influencer les opinions publiques pendant la campagne des élections de 2014, renseigne bien sur la conception que se font les technocrates de Bruxelles de la démocratie délibérative... L’analogie qui me paraît la plus remarquable entre l’UE de 2013 et l’URSS de 1990 est l’impuissance du politique, impuissance qui a pour effet d’accroître presque mécaniquement le pouvoir des bureaucraties. L’élaboration d’un consensus européen à 27 étant évidemment laborieux et difficile, les accords se font généralement en amont du politique, par la voie technocratique, dans la langue des technocrates, par les technocrates.

http://www.atlantico.fr/decryptage/union-europeenne-est-elle-dans-meme-etat-que-urss-en-1988-jacques-sapir-jean-robert-raviot-696844.html

A l'Assemblée, on débattra de l'îlot perdu de Tromelin :
Il était passé inaperçu au Sénat, l'îlot de Tromelin. Les sénateurs avaient ratifié sans débattre, en procédure simplifiée, un accord conclu en 2010, qui prévoit de partager une partie de l'administration de cette minuscule île française de l'océan Indien avec sa voisine, l'île Maurice, qui en revendique la souveraineté depuis son indépendance, en 1968...
L'Assemblée aurait probablement fait de même, jeudi 11 avril, n'était l'esprit retors de Philippe Folliot, député UDI (centre) du Tarn. Passionné de confettis d'empire et compatriote tarnais de l'explorateur Jean-Louis Etienne, Folliot a repéré le nom de l'îlot dans les feuilles vertes où l'Assemblée égrène ses ordres du jour. Il s'est indigné. Allait-on brader un pan du territoire national ? Le ferait-on sans que les représentants du peuple n'en débattent ?
Déjà, en 2009, on avait parlé de l'île à l'Assemblée, et de ses sœurs, les Eparses. Les budgets de la défense se réduisaient. L'armée voulait abandonner ces bouts de terre, qu'elle seule relie au monde. Elle y déploie quatorze militaires et un gendarme basés de façon permanente sur trois îles du canal du Mozambique (Glorieuses, Juan da Nova et Europa).

Guerre des deux Corées: quand l'impossible devient inévitable :
Le nouveau conflit militaro-politique qui oppose les deux Corées semble sans fin. Une guerre éventuelle sur la péninsule coréenne est-elle plausible? Quelles pourraient être ses conséquences? A quoi pourrait ressembler un conflit entre les deux Corées et quelle position pourraient adopter les Etats-Unis, la Chine et la Russie s’il éclatait?...
'après l'opinion majoritaire, il n'y aura pas de guerre. Personne n’en a besoin et surtout pas la Corée du Nord ou le Japon.
La Corée du Sud n'en a pas non plus besoin car il est moins rentable d'entrer en confrontation de contact en ayant une infrastructure complexe et une économie industrielle développée que d'apporter une aide humanitaire à la Corée du Nord.
Les Etats-Unis, enlisés en Afghanistan et au Proche-Orient, n’ont pas plus d’intérêt à voir éclater un tel conflit. Ce serait une épreuve trop lourde pour le système de sécurité internationale en Asie-Pacifique, surtout dans un contexte d'instabilité financière croissante.
La Russie fait partie du même lot: cette passe d’armes entre les deux Corées est, pour elle, plutôt une sorte de désagrément collant à éviter qu'une catastrophe nationale. Moscou est traditionnellement respecté à Pyongyang même si les relations entre les deux pays sont moins solides depuis les années 1990. Quant à la Corée du Sud, les Russes lui fournissent des armes et développent avec elle du matériel spatial et militaire. Cette guerre serait donc particulièrement désagréable pour la Russie, d’autant qu’elle ne pourrait l’influencer qu'indirectement...
En comparaison avec l'armée sud-coréenne, celle de Corée du Nord paraît nombreuse et belliqueuse mais elle est largement moins bien équipée. Les troupes du Nord sont supérieures en nombre, ont plus de canons d'artillerie et de chars.
Cependant, en regardant de plus près les véritables performances techniques ou encore l'état et les capacités logistiques en cours d’opération - avant tout le carburant pour l'aviation et les blindés - le tableau se renverse. La Corée du Nord peut, en réalité, faire avancer sur le champ de bataille un grand nombre de matériel obsolète mal entretenu. C’est encore pire pour l’aviation.
Une attaque frontale contre le Sud, vu sa supériorité en termes de transmissions, de renseignement et sa domination aérienne, entraînerait des pertes immenses pour le Nord.
Etant donné la supériorité de l'ennemi en mer, les flancs de la Corée du Nord seraient également ouverts à une opération tactique, voire un débarquement d'infanterie de marine - sans parler de l'aviation navale.

"Métro-surfing" : quand les jeunes Russes défient la mort dans le métro :
Depuis quelques années déjà, de nombreux adolescents s'adonnent à un nouveau sport extrême "made in Russia" : le métro-surfing. Le principe consiste à s'accrocher à l'arrière d'un métro ou entre deux wagons et à y rester agrippé alors que le train avance à toute vitesse. Certains grimpent même sur le toit du métro et se mettent debout afin de littéralement "surfer". Le tout avec une caméra fixée sur la tête pour capturer l'exploit, dans le but de poster la vidéo sur des réseaux sociaux, tels que YouTube et VKontakte (la version russe de Facebook).

From Russia With Bots: Finding The Source Of Cyber Attacks :
While media and government source continue to allude to China as the biggest source of cyber attacks hitting innocent servers on the Internet, recent evidence instead suggests it's actually the Russian Federation that's king of the cyber attack mountain.
The evidence comes from German telecommunications giant Deutsche Telekom (DT), which has set up a new portal to monitor real-time cyber attacks against its network. According to the data on the sicherheitstacho.eu (loosely translated as "security tachometer") site, Russia was responsible for 2.4 million attacks against DT last month.
The People's Republic of China, the current bugaboo of security mavens, ranked 12th on the same list, its 168,000 attacks coming in far behind nations like Germany, Ukraine and the United States. Curiously, it was Taiwan that held the number two slot, with 907,000 tracked cyber attacks, seemingly dispelling the notion that it's the Commies out to get Western corporate interests.

Entretien avec le responsable Israélien de la lutte contre la cybercriminalité :
Q.: Peut-on arriver à savoir qui nous attaque?
R.: L’une des caractéristiques des attaques cyber est qu’il est très difficile de les attribuer à une source spécifique. Les attaques sont répercutées de serveur en serveur. On ne peut localiser facilement que le serveur le plus proche. Lors de la cyber attaque sur la Bourse du diamant de Tel-Aviv et sur El Al il y a un an, par exemple, le serveur localisé le plus proche était situé en France. Cela signifie que la dernière “halte” de l’attaquant s’est trouvée en France, non que l’attaque soit partie de là. La plus grande partie de la circulation cybernétique dans le monde passe aujourd’hui par les serveurs situés aux Etats-Unis. Pour identifier les attaquants il faut mener des enquêtes internationales extrêmement compliquées...
Q.: Comment se prépare-t-on à de telles attaques?
R.: Cela exige un haut niveau de développement technologique et une coopération serrée entre de nombreux organismes. C’est le but du Bureau national de défense contre le cyber-terrorisme, que j’ai moi-même fondé lorsque j’étais conseiller du gouvernement. Il est chargé de coordonner la collaboration entre trois facteurs: le ministère de la Défense, qui a commencé à traiter de la question bien avant qu’elle ne parvienne à la conscience du grand public, l’université, où prennent naissance tous les projets qui seront développés par la suite, et les industries de haute technologie, robotique et technologie de l’information. Tout le travail de préparation a d’ailleurs été réalisé à partir de l’université de Tel-Aviv: installation de logiciels, construction de centres de réaction immédiate, mise au point de technologies capables de bloquer les cyber attaques etc. Israël est aujourd’hui l’un des pays les mieux protégés du monde contre ce type d’attaque. Il y a quelques semaines, McAfee, l’une des principales sociétés de logiciels anti-virus dans le monde, a réalisé un sondage sur la cyber protection des divers pays du monde: Israël est arrivé en première place, avec la Suède et la Finlande, avant les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, bien qu’elle essuie en moyenne 1 000 agressions à la minute.

Russia - a cyber threat? Conflict Studies Research Centre :

mercredi 10 avril 2013

Русская киберстратегия : первая книга на французском языке, посвященная российской киберстратегии.


21 марта во всех французских книжных магазинах появится первая книга на французском языке, посвященная российской киберстратегии. Ее автор, Янник Харрель, с 2007 года ведет блог Cyberstratégie Est-Ouest, где обсуждаются геополитические процессы в Евразии и проблемы киберпространства, а также некоторые другие темы.

Господин Харрель, не могли бы вы кратко рассказать о себе?

Вкратце, я выступаю в двух ипостасях, как эксперт по русскому миру и его ближнему зарубежью для федерации франкоязычных предпринимателей, и как преподаватель по экономической и финансовой киберстратегии в бизнес-школе. Добавлю, что с 2007 года я являюсь активным блогером и поэтому (что является обязательным условием для вступления) я ― член Alliance GéoStratégique, группы гражданских и военных профессионалов и ученых, предоставляющих свою аналитику в выбранных ими сферах.

Что побудило вас заинтересоваться русским миром?

Моя первая поездка состоялась в 1993 году, если быть точным, я был поражен невероятной жизненной силой этого мира, едва вышедшего из почти семидесяти лет коммунизма. Впоследствии я имел возможность учиться в Москве и Великом Новгороде, городе, где достаточно просто прислушаться, что почувствовать в шепоте ветра величайшие события русской истории. Я хотел бы также воздать должное Анри Труайя, члену Французской академии, с которым у меня был скромный эпистолярный обмен и который своей трилогией «Пока стоит земля» придал форму моему увлечению русским миром.

Почему вы стали писать о российской киберстратегии и что вы можете о ней сказать?

По настоятельной просьбе друга, Оливье Кемпфа, который сам размышлял о киберстратегии и недавно опубликовал свою книгу на эту тему, это он побудил меня высказаться о двух моих центрах интересов. С этого момента и до мая 2012 года я занимался исследованиями, переводами, анализом, прогнозами, затем начал писать на эту тему, которая оказалась щедрой на сюрпризы, что составило особую прелесть этой работы. Так, у россиян есть технологически нейтральный подход, в отличие от американского видения, который является относительно технократическим. Далее, россияне больше поддерживают и участвуют в работе международных и региональных учреждений, чем американцы, которые объединяются вокруг своего личного видения. Наконец, рыночный аспект, свойственный американским текстам, явно преуменьшен (но не отсутствует) в российских документах, которые больше ориентированы на то, что я называю цивилизационной основой. Существует очевидное намерение сохранить и передать будущим поколениям наследие, которое может быть подвергнуто внутренним или внешним угрозам. Россия знает, благодаря историческим потрясениям, насколько цивилизация смертна, если перефразировать мыслителя Поля Валери. Здесь речь не о конфигурации политического интриганства, но о поистине цивилизационном подходе, именно это меня особенно поразило при изучении текстов.

Есть и другой аспект, военный. Чувствуется, что некоторые действия осуществляются вслепую, но зато есть все более отчетливое желание интегрировать киберпространство (или информационное пространство) как новую стратегическую область. У россиян есть огромная способность учиться и адаптироваться к своему стратегическому окружению и даже проявлять новаторство, как это было в случае с оперативным искусством. Что было подчеркнуто несколько лет назад Жаком Сапиром, которого я благодарю за то, что он оказал мне честь, написав предисловие к моей книге.

Условно говоря, российская информационная стратегия исходит из четкой приверженности властей обеспечению суверенитета страны в киберпространстве в нескольких планах: физическом, логическом и познавательном. Достижение этой цели сталкивается с серьезными испытаниями, угрозы в киберпространстве мутируют, удивляя многих его активных участников, включая самых опытных. И все же у России есть огромное преимущество: качество ее потенциала. Насколько, что некоторые иностранные эксперты не стесняются просить поддержки российских IT-специалистов!

Ваша книга посвящена памяти инженер-полковника Анатолия Китова, почему?

Потому что этот человек, о котором нет никакой информации на французском языке, заслуживает признательности, поскольку он был гением информационных технологий, как и Сергей Лебедев.Отец советской кибернетики, он был провидцем, конкретные достижения которого не смогли, к сожалению, убедить его начальство принять решение о создании первой компьютерной сети, несмотря на серьезную поддержку адмирала Акселя Берга и знаменитого математика Алексея Ляпунова.

Кибернетика позднее была задушена брежневщиной, хотя Китов не прекратил своих исследований, предназначенных в первую очередь для производственного сектора, как, например, разработка автоматизированной системы управления промышленностью или создание алгоритмического языка АЛГЭМ для облегчения обработки экономической информации.

Когда ваша книга появится в продаже?

Официальное начало продаж запланировано на 21 марта 2013 года. Разумеется, будет бумажная версия, но также и электронная версия в формате ePUB. Эта электронная версия, благодаря определенной гибкости в редактировании и публикации в сжатые сроки, будет включать в себя дополнительные материалы, в ней также были безжалостно устранены несколько опечаток.


Мнение автора не обязательно совпадает с позицией редакции, автор не является сотрудником РИА-Новости.


Traduction russe en provenance du site URSA (Усадьба Урсы) par Urgolin le 13 mars 2013 lequel a effectué un remarquable travail de traduction sur un texte très technique, si ce n'est hermétique. Большое спасибо ему!

*****

L'entretien original par Alexandre Latsa pour RIA Novosti :

Le 21 mars sera disponible dans toutes les librairies françaises le premier ouvrage en français sur la cyberstratégie russe. L’auteur, Yannick Harrel, tient le blog Cyberstratégie Est-Ouest qui a pour vocation depuis 2007 de traiter des problématiques géopolitiques entre l'Ouest et l'Est du continent Eurasiatique ainsi que des enjeux du cyberespace, avec en quelques occasions des développements sur des sujets tiers.

Le premier ouvrage en français sur la cyberstratégie russe

M. Harrel, pouvez-vous vous présenter brièvement?

Succinctement, je travaille en portant deux «casquettes», la première en tant qu'expert agréé sur le monde russe et son proche étranger au profit notamment d'une fédération d'entrepreneurs francophones, la seconde en tant que chargé de cours en cyberstratégie économique et financière pour le compte d'une école de commerce.

J'ajoute à escient que je suis blogueur actif depuis 2007 et qu'à ce titre (c'est une condition impérative pour y entrer) je suis membre de l'Alliance GéoStratégique, un collectif de civils et de militaires, de professionnels et de chercheurs, délivrant leurs analyses dans leur(s) domaine(s) de prédilection.

Qu'est-ce qui vous a incité à vous intéresser au monde russe?

Mon premier voyage en 1993 pour être exact où j'ai été subjugué par l'incroyable vitalité de ce monde qui sortait à peine de près de soixante-dix ans de communisme. Par la suite, j'eus l'opportunité d'effectuer des études à Moscou puis à Veliky Novgorod, cette cité où il suffit de tendre l'oreille pour percevoir dans le murmure du vent les hauts faits de l'Histoire russe comme j'aime à l'écrire. Je tiens aussi à rendre hommage à feu Henri Troyat, de l'Académie Française, avec qui j'eus un humble échange épistolaire et qui a façonné mon attirance pour le monde russe avec sa suite romanesque, «Tant que la Terre durera».

Pourquoi avoir écrit sur la cyberstratégie russe et que pouvez-vous en dire?

C'est une demande expresse d'un ami, Olivier Kempf, ayant opéré une réflexion sur la cyberstratégie et qui a par ailleurs récemment publié son propre ouvrage sur le sujet, qui m'a incité à croiser mes réflexions sur mes deux centres d'intérêt. De là et depuis mai 2012 il en a résulté une activité soutenue de recherche, de traduction, d'analyse, de mise en perspective puis d'écriture sur le sujet. Lequel n'a pas été avare de surprises, et c'est tout le charme de tels travaux. Ainsi les russes ont une approche déjà très neutre technologiquement, tout au contraire de la vision américaine qui est relativement techniciste. Ensuite, l'appui et la participation aux travaux des institutions régionales et internationales sont autrement plus prononcés à travers la vision russe qu'américaine qui a tendance, cette dernière, à agréger personnellement autour de sa propre vision. Enfin, l'aspect marchand propre aux textes américains est clairement minoré (mais non absent) dans les documents russes, se focalisant davantage sur ce que j'appelle le substrat civilisationnel. Il y a une volonté expresse de préserver et de transmettre aux futures générations un héritage qui peut être menacé de l'intérieur ou de l'extérieur. La Russie sait de par les soubresauts de l'Histoire combien une civilisation est mortelle pour paraphraser le penseur Paul Valery. Nous ne sommes pas ici dans une configuration de politique politicienne mais véritablement dans une démarche civilisationnelle, et c'est ce qui m'a vraiment frappé de par l'étude des textes.

Ensuite, l'autre versant est militaire. Où l'on sent qu'il y a des tâtonnements sur la forme mais en revanche une volonté qui est de plus en plus claire et nette sur le fond à intégrer le cyberespace (ou espace informationnel) en tant que nouveau champ stratégique. Les russes ont une formidable capacité à apprendre puis s'adapter à leur environnement stratégique et même à innover comme ce fut le cas avec l'art opératif. Ce qui a été mis en exergue voici quelques années par M. Jacques Sapir, que je remercie par ailleurs de m'avoir accordé l'honneur de préfacer mon ouvrage.

En filigrane, la stratégie informationnelle russe procède d'une volonté appuyée par les autorités d'asseoir la souveraineté du pays dans le cyberespace sur plusieurs plans: physique, logique et cognitif. La poursuite de cet objectif est mise à rude épreuve car les menaces dans le cyberespace mutent et surprennent les nombreux acteurs qui s'y trouvent, y compris parfois les plus chevronnés. Il n'empêche que la Russie a un avantage énorme : la qualité de son potentiel humain. Au point que certains spécialistes étrangers n'hésitent même plus à recommander l'appui d'informaticiens russes !

Votre ouvrage est dédié à la mémoire du colonel ingénieur Anatoli Kitov, pourquoi?

Parce que cet individu n'ayant bénéficié d'aucun éclairage en langue française méritait au moins un hommage appuyé pour avoir été un génie de l'informatique au même titre que Sergueï Lebedev. Père de la cybernétique soviétique, il fut un esprit clairvoyant dont les réalisations concrètes n'ont malheureusement pas réussi à emporter la décision au sein de sa hiérarchie de créer le premier maillage intelligent de terminaux informatiques malgré des appuis aussi sérieux que l'amiral Axel Berg ou le célèbre mathématicien Alexeï Lyapunov. La cybernétique fut ensuite étouffée par la brejnévisation même si Kitov ne cessa pas ses recherches, destinées principalement au secteur productif, comme l'élaboration d'un système de gestion automatisé industriel ou encore un langage informatique, l'ALGEM, ayant vocation à faciliter le traitement des informations à caractère économique.

Quand l'ouvrage sera-t-il disponible?

Le lancement officiel est prévu le 21 mars 2013. Il y aura une version papier bien évidemment mais aussi une version numérique, au format ePUB. Cette dernière en raison d'une certaine souplesse d'édition et de délais de publication moins serrés, intègre quelques développements complémentaires moins quelques coquilles éliminées impitoyablement.

lundi 8 avril 2013

Un fournisseur d'accès internet russe sur le marché africain


Article de Natalia Kovalenko paru sur La Voix de la Russie le 30 mars 2013

La société de télécommunications russe Akado se prépare à s’implanter sur le marché africain. Avec l’opérateur local de téléphonie mobile « Afritel », elle lancera l’accès à internet grand débit en Afrique du Sud et au Mozambique. Les parties ont signé une déclaration d’intention pendant le sommet du BRICS à Durban.

Les sociétés russes sont bien connues en Afrique. Gazprom, Rusal, Nornickel, Alrosa, Renova et d’autres ont investi des milliards de dollars dans des projets au sud du Sahara. La société Akado, la fille de Renova, entend proposer un internet à grand débit aux utilisateurs sud-africains. Ce projet est assez prometteur, note Denis Rytchka qui représente Akado.

Les sociétés russes sont bien connues en Afrique. Gazprom, Rusal, Nornickel, Alrosa, Renova et d’autres ont investi des milliards de dollars dans des projets au sud du Sahara. La société Akado, la fille de Renova, entend proposer un internet à grand débit aux utilisateurs sud-africains. Ce projet est assez prometteur, note Denis Rytchka qui représente Akado.

« L'Afrique du Sud fait partie du BRICS. Ce sont les pays ayant les rythmes de développement économique les plus élevés. Nous espérons évidemment que l’économie sud-africaine poursuivra sa croissance qui sera encore boostée par l’accès à un internet à grand débit. Tous les pays du BRICS à l’exception de l'Afrique du Sud font partie du top dix des pays ayant accès à internet grand débit. Cela signifie que les perspectives sont bonnes ».

Par d’ailleurs les experts en télécommunications doutent de la faisabilité des plans d’Akado. C’est que ses affaires en Russie ne marchent pas très bien ces derniers temps et elle aurait dû balayer devant sa porte avant d’aller à l’étranger, estime le PDG de Telecom Daily Denis Kouskov :

« Akado opère depuis longtemps à Moscou où elle possède beaucoup d’abonnés comme fournisseur d’accès à internet grand débit et à la télévision câblée. Elle a également des actifs à Saint-Pétersbourg et Ekaterinbourg. Mais le nombre de ses abonnés stagne à Moscou depuis 2 à 3 ans. C’est pour cette raison qu’à mon avis elle devrait plutôt investir en Russie où elle connaît mieux la situation économique ».

N’oublions pas cependant qu’Akado a derrière elle le groupe Renova, dirigé par Victor Vekselberg, depuis longtemps présent en Afrique où il est florissant et que pendant le sommet du BRICS, le groupe a signé 4 accords de partenariat stratégique avec l'Afrique du Sud en matière de sources d’énergie alternatives, de télécommunications, de constructions portuaires et d’industrie minière . Par conséquent, s’il a décidé de donner un coup de pouce à sa succursale en Afrique du Sud, il est sûr de pouvoir rentabiliser ses investissements plus vite qu’en Russie, selon Irina Abramova, experet de l’Institut de l’Institut de l’Afrique :

« Il faut absolument avoir des représentants permanents pour faire les affaires en Afrique. C’est ainsi que le groupe Renova a ouvert son bureau de représentation en RSA. Il compte 4 personnes qui restent en permanence en contact le gouvernement et les hommes d’affaires locaux. C’est très important parce que la spécificité africaine suppose qu’il faut s’orienter sur les contacts personnels et savoir à quelle porte frapper ».

Akado préfère pour l’instant ne pas dévoiler le montant de ses investissements dans le projet africain et sa part dans la société qu’elle se propose de créer. Le business plan doit être fin prêt pour le mois d’avril et c’est alors que tous les détails seront largement diffusés.

jeudi 4 avril 2013

Légendes, géostratégie, faits militaires et Russie : sélection de blogues




Je commencerai le blogue le plus surprenant de par son angle d'intérêt.
C'est suffisamment rare pour justement être signalé, car le sujet est trop peu évoqué alors qu'il recèle une vraie richesse d'analyses (au pluriel) : l'histoire légendaire.
Les légendes contiennent souvent une part de vérité, permettent de comprendre les schèmes de pensée du peuple dont elles sont issues et aident à retracer évènements et lieux. L'archéologue Heinrich Schliemann en étant l'exemple le plus emblématique.
Seul regret, le manque d'analyses de fond : le texte invitant principalement à visionner des documents vidéos. Lesquels sont généralement bien tournés, bénéficiant souvent de l'apport des techniques d'imagerie de synthèse.



Second blogue, Études Géostratégiques. Là nous lorgnons vers un style et un centre d'intérêt plus académique sans pour autant être synonyme d'aridité. Les thèmes sont divers et relativement bien traités avec ici et là quelques fiches de lectures bien senties. De bonnes et roboratives lectures en perspective. Le site semble être l'émanation de responsables et participants au Master II d'histoire militaire des Sciences Poliitiques d'Aix en Provence.



Enfin, je tiens à mentionner la naissance récente d'un troisième blogue, L'autre côté de la colline qui est le fruit d'une association entre trois bloguistes, David François, Communisme, violences et conflits, Adrien Fontanellaz, Militum Historia et l'allié Stéphane Mantoux, Historicoblog.
Le contenu s'étoffe de semaine en semaine et permet de découvrir et de parcourir des conflits ou même des tranches de conflit peu connues et pourtant dignes d'intérêt pour tout amateur du fait militaire. Du reste, le site n'est pas fermé à ces seuls auteurs, et ceux qui désireraient faire partager leur envie et savoir peuvent s'y employer en se rendant sur les conditions de publication de leurs oeuvres.


Pour terminer, sur la Russie, mentionnons l'existence de Tribulations d'un Français à Moscou. Laurent Brayard, historien de formation et amateur de produits viticoles, vit et travaille au sein de la capitale Russe, et oeuvre en tant que rédacteur en chef de La Voix de la Russie dont je reprends certains articles le cas échéant. Loin de n'être qu'un bloc-notes de ses tribulations, le blogue recèle plusieurs analyses d'ordre historique.

http://tribulationsmoscou.blogspot.ru