jeudi 31 janvier 2013

La bataille de Varsovie 1920 : la route de l'incendie mondial passe sur le cadavre de la Pologne


Article paru sur Alliance GéoStratégique le 1er février 2013

J'avais déjà mentionné par le passé le réalisateur Jerzy Hoffman, notamment pour son Stara baśń. Kiedy : słońce było bogie très mal « francisé » (sic) en With fire and sword (re-sic). Grand réalisateur ne renonçant pas aux fresques épiques de son pays, à l'heure où d'autres mûs par une contrition maladive tentent vigoureusement de les cacher, son Bataille de Varsovie (1920 Bitwa warszawska en langue originale) attirera d'autant plus le cinéphile amateur d'histoire comme de guerre en ce sens qu'il est focalisé sur une évènement ayant eu peu d'écho en Europe de l'Ouest.

Les évènements de 1919-1921 (les dates encadrant le conflit plus large de la guerre soviéto-polonaise) prennent cadre dans un univers géopolitique très mouvementé. L'on est au sortir de la Première Guerre Mondiale, et les scories encore rougeoyantes du terrible conflit ne sont pas éteintes partout. La guerre conventionnelle est terminée mais la misère et la rancoeur sont sorties de leur lit, submergeant l'Allemagne et la Russie tandis que les vainqueurs, exsangues, peinent à panser leurs plaies. Les deux aigles impériaux sont jetés à bas : bolcheviques en Russie, spartakistes en Allemagne. Les mouvements révolutionnaires initiés par des marins loin du front donnent le signal de départ des troubles puis participent aux troubles (Kiel en Allemagne, Pétrograd en Russie [1]). Dans ce fatras de pleurs, de haine et de jouissance brutale, de jeunes nations naissent, et surtout renaissent s'agissant de la Finlande et la Pologne.

La Pologne historique fut en effet dépecée en trois actes durant la seconde moitié du XVIIIème siècle (1772 - 1793 - 1795) puis une éphémère résurgence appuyé par l'Empereur Napoléon en tant que Duché de Varsovie (1807-1815) avant d'être refondue en un Royaume du Congrès sans réelle autonomie politique. Le pays tiraillé durant le dernier conflit, ayant eu des unités combattantes à la fois du côté Russe, Autrichien et Allemand, savoure à peine sa liberté et son unité retrouvées qu'elle doit remettre la baïonnette au fusil et protéger son indépendance fraîchement démoulée. D'une part envers les Corps-Francs qui appuient par les armes les revendications des populations Allemandes de Silésie de ne pas être séparée du Vaterland et d'autre part envers une menace grandissante, l'instabilité née de la guerre civile Russe et la victoire des bolcheviques qui ne cachent guère leur intention d'une révolution mondiale. C'est dans ce contexte que le général Józef Piłsudski à la tête du pays renforce les liens avec les alliés et plus particulièrement la France, et ce en dépit d'accords préalables avec la Triple Alliance qui visaient à donner une consistance politique à une Pologne d'après-guerre par l'entremise d'une Régence du Royaume de Pologne qui ne fut en définitive qu'une fumeuse promesse non tenue par les Empire centraux. Les autorités du nouvel État entendent déjà sécuriser les abords immédiats en déclenchant la guerre polono-ukrainienne. Une décision pragmatique en vue de contrer l'émergence de la République Populaire d'Ukraine Occidentale qui vient d'être proclamée. De novembre 1918 à juillet 1919, les combats furent sporadiques mais la ténacité Polonaise l'emporta in fine, s'arrogeant la Galicie comme extension territoriale avec Lviv (ex-Lemberg) comme joyau.

Cette victoire stratégique allait pourtant être minorée durant l'hiver 1919-1920 par les derniers soubresauts de la révolution civile russe et le reflux irrépressible des forces blanches dans la partie occidentale (Wrangel sauvant les vestiges de l'armée de Dénikine sur les bords de la Mer Noire et Koltchak étant exécuté par le soviet local d'Irkoutsk). Les tensions se font de jour plus en plus sur une ligne de front assez mal délimitée et le soulèvement des Pays Baltes réclamant leur part d'indépendance ne facilite en rien les opérations des deux parties. À ce stade, les deux belligérants vont jouer très gros : la Pologne, sa reconnaissance internationale et sa survie en tant que nation indépendante ; la Russie Bolchevique, sa crédibilité internationale auprès des ouvriers et l'ouverture d'une voie royale pour frapper en plein coeur du pays qui déclenchera la révolution mondiale, l'Allemagne. Dans ces conditions, il y avait de fortes probabilités pour que les deux puissances régionales s'affrontent. D'autant que le code des messages secrets employé par les forces Bolcheviques avait été « cassé » depuis plusieurs mois avant le début de la phase chaude des hostilités, et qu'ainsi informés, les Polonais se doutaient des belliqueuses intentions du nouveau pouvoir à Moscou à leur égard.

Aidé d'un appui local, à savoir les forces de l'ataman Simon Petlioura, les Polonais engagent l'offensive dite de Kiev, du nom de la ville éponyme. Les débuts prometteurs de la campagne seront confrontés à la capacité de réaction des forces Bolcheviques en Ukraine, territoire que ces dernières considèrent comme leur bien après avoir maté les derniers îlots de résistance en sa partie orientale. Les troupes Polonaises surprises à la fois par l'ampleur des forces opposées et l'élan révolutionnaire doivent céder du terrain, d'autant que les supplétifs Ukrainiens promis par l'allié Petlioura se sont faits discrets numériquement. En mai/juin 1920, la roue tourne et ce sont désormais les Rouges qui prennent l'offensive où s'illustrent des chefs capables comme Semion Boudienni ou Mikhaïl Toukhatchevski. Piłsudski comprend rapidement au vu des rapports qui lui sont transmis que les Bolcheviques ont entrepris un mouvement de masse visant à l'invasion du pays et non une contre-offensive limitée. Les Britanniques entrevoyant déjà l'effondrement proche de la jeune Pologne  s'empressèrent de proposer leurs bons offices aux dignitaires de la future Union Soviétique (elle ne sera proclamée qu'en 1922 pour rappel) afin de respecter plus ou moins une ligne de partage selon les territoires sous contrôle. Proposition rejetée par les intéressés, trop confiants en leur rapide victoire au vu de l'avancée foudroyante menée. Du côté Polonais, les forces se regroupent rapidement autour de la Vistule pour tenir et surtout empêcher la prise de Varsovie, centre politique et industriel majeur du pays. Si les renforts internationaux sont maigres, ils sont néanmoins réels comme le détachement de conseillers Français au sein de la mission militaire Française dont fera partie un certain de Gaulle qui n'hésitera pas à faire le coup de feu au sein de l'armée du général Józef Haller. Officier supérieur Polonais dont le transfert fut par ailleurs facilité par le gouvernement Français dès 1919 avec l'ensemble de l'armée bleue composée de soldats Polonais ayant combattu durant la Première Guerre Mondiale aux côtés de l'Entente sur le front de l'Ouest. Par un singulier raccourci de l'Histoire, le capitaine de Gaulle allait se voir opposé à un autre grand théoricien de l'art militaire du XXème siècle qu'il eut à connaître en captivité au fort d'Ingolstadt : Mikhaïl Toukhatchevski.

Lequel prononça le célèbre « La route de l'incendie mondial passe sur le cadavre de la Pologne ! ». La menace était claire et nombre d'observateurs étrangers étaient désormais convaincus que l'Armée Rouge aux portes de Varsovie allait « balayer » l'armée nationale Polonaise. Après une longue retraite depuis Kiev, soit près de 700 kilomètres, cette dernière n'avait plus d'autre choix que de devoir se regrouper, résister ou disparaître dos à la Vistule.

C'est alors que le général Piłsudski défia toutes les prévisions en ordonnant une manoeuvre osée. Profitant d'un trou béant dans le front adverse entre le sud et le centre des forces ennemies, corroboré par son service de renseignement, il initia un mouvement tournant des forces principales sous son commandement direct, menant une charge vigoureuse à l'affluent de la Vistule appelé Wieprz pour y surprendre et bousculer l'ennemi. La faiblesse de l'opposition, son éloignement de ses bases logistiques et l'absence d'appui de toute autre armée pouvant lui venir en aide donnèrent lieu à une victoire sans aucune contestation possible sur le front sud. Dès lors, les autres forces Bolcheviques ne pouvaient se risquer à poursuivre leurs assauts, à peine d'être débordés sur leur flanc gauche et pris en étau entre assiégés et assaillants. Du nord au sud, les unités de l'Armée Rouge piétinaient, n'ayant pu franchir la Vistule et encore moins s'emparer de Varsovie pourtant à portée de canon. Il est vrai que le pari avait été des plus risqués par le général Piłsudski, dont l'audace sera aidée sans le savoir par la désobéissance de Boudienni, avec l'aval de Joseph Staline faisant de la ville de Lviv (Lvov-Lemberg) une prise de guerre conséquente et prioritaire en lieu et place de Varsovie. Une brouille mâtinée de jalousie envers le jeune prodige Toukhatchevski qui eut une part conséquente dans l'échec des opérations sur la Vistule. Mobilisée bien plus au Sud-Est qu'elle ne l'aurait dû initialement, la redoutée 1ère Armée de Cavalerie de Boudienni s'empêtre dans une action de siège là où sa manoeuvrabilité et force de frappe auraient assuré une victoire irréversible de l'Armée Rouge en Pologne.

Le reste de la campagne ne fut plus qu'une succession de victoires Polonaises, dont les faits les plus marquants sont les batailles de Komarów et du Niémen, lesquelles consacrèrent une victoire totale de la Pologne sur les forces de l'Armée Rouge. Le traité de Riga du 18 mars 1921 authentifia à la fois le succès de la Pologne (quoique exténuée) sur son adversaire, son indépendance et un incroyable retournement stratégique. Et déplaça la frontière de 200 kilomètres environ à l'Est de la ligne Curzon, du nom du Ministre des Affaires Étrangères Britannique ayant envisagé cette ligne de démarcation entre les deux entités belligérantes.

C'est cet épisode connu sous le nom de « Miracle de la Vistule » que se propose de vous faire revivre ce long métrage.
Et dans le genre, l'on doit admettre que le réalisateur maîtrise le sujet et la portée épique de l'évènement. Les scènes de combat sont remarquables d'efficacité : le spectateur est pris dans la tourmente et les moyens mis dans la production se font ressentir par la véracité des épisodes de guerre et leur démesure.
En aparté de ces scènes d'action se joue une romance entre Ola, une actrice de cabaret et Jan, un officier de cavalerie. Le personnage de Jan permet de suivre l'offensive de Kiev, la retraite à travers l'Ukraine puis la bataille de Varsovie jusqu'à son dénouement tandis que l'héroïne Ola donne un aperçu de l'ambiance à l'arrière et de la mobilisation au fil de l'approche des communistes. Car Varsovie s'enivre de plaisirs propres aux années folles, tout en s'apprêtant à vivre une nouvelle épreuve à ses portes : l'on sent une progression dans le temps quant à l'insousciance, l'angoisse puis l'effervescence de la mobilisation patriotique au fur et à mesure que le conflit se profile à l'horizon.
L'on pouvait craindre un ajout scénaristique mielleux et artificiel grevant le propos : il n'en est rien fort heureusement et l'histoire se laisse regarder avec grand plaisir du début à la fin. Nos amis polonais auront eu en outre l'heureux privilège de la visionner en 3D, rajoutant au sentiment d'immersion.
L'aspect politique intérieure n'est pas omis, et l'on apprend de cette manière comment la paysannerie Polonaise fut mobilisée activement par l'appui de Wincenty Witos, responsable du parti paysan Polonais, lorsque ce dernier se vit offrir par calcul le poste de Premier Ministre par Piłsudski. 

Couchons malgré tout dans le registre des regrets une galerie de portraits Russes quelque peu caricaturaux : le soldat révolutionnaire est sale, maladif, laid, pervers et idiot. Le propos est par trop appuyé lors de certaines scènes, ce qui le décrédibilise, et aurait mérité d'être plus nuancé. À tout le moins est-il possible d'apercevoir des figures historiques rarement vues sur les écrans Français : Lénine, Staline, Toukhatchevski et Boudienni. 
Mentionnons aussi l'aspect très prévisible du prêtre partant à la guerre armé de sa seule croix en vue de faire face aux hordes de Bolchéviques athées. L'on peut comprendre combien effectivement le catholicisme a fusionné avec l'esprit de résistance Polonais mais point trop n'en faut dans la démonstration : une approche moins grossière aurait eu à mon sens plus d'écho sans rien retrancher à la fibre dramatique.

Ces critiques énoncées, le spectateur pourra profiter à plein d'un film grand spectacle qui mérite d'être relaté pour les conséquences historiques que l'épisode aura par la suite : l'indépendance affirmée de la Pologne par les armes ; la figure tutélaire du désormais maréchal Piłsudski indéboulonnable de la politique nationale ; l'abandon en dépit du traité avantageux de Riga du rêve d'une Fédération Międzymorze (assemblage de différents pays pour recréer la République des Deux Nations des XVIème et XVIIème siècle qui s'étendait sur deux mers, Baltique et Noire) ; l'échec d'une révolution mondiale et l'imposition de la politique de la révolution dans un seul pays ; l'analyse par Toukhatchevski de la campagne de Pologne pour en tirer des enseignements futurs sur l'art opératif ; la démonstration d'une guerre du mouvement avec combinaison interarmes même à très modeste échelle.
L'amateur d'unités militaires exotiques sera en outre  ravi d'observer l'utilisation des fameuses tachankas, ces attelages agrémentés de mitrailleuses utilisés par l'Armée Rouge comme par l'armée Polonaise.

Enfin, pour en revenir à l'époque contemporaine : lorsque Vladimir Poutine, encore Premier Ministre Russe, rendit en 2010 de concert avec son homologue Donald Tusk, hommage aux victimes de Katyn, l'homme d'État Russe ne manqua pas de souligner qu’il attendait par échange de réciprocité que toute la lumière soit faite sur la disparition des 32 000 (les chiffres restent l’objet d’âpres débats, une commission conjointe d’historiens des deux pays l’estimant plutôt entre 16 000 et 20 000) soldats soviétiques disparus dans les camps Polonais des suites de la guerre polono-russe de 1920. Il fut même prétexté que la dureté de Staline envers le cousin Polonais aurait pu trouver son substrat dans le fait de ces mauvais traitements, et plus prosaïquement le souvenir douloureux d'une défaite auquel il prit part. Les blessures de cette guerre relativement méconnue à l'Ouest perdurent des décennies après leur déroulement dont la cicatrisation est cependant en bonne voie.


[1] Ne surtout pas confondre avec la révolte de Kronstadt de 1921 qui fut une mutinerie de marins révolutionnaires réprimée par le pouvoir bolchevique.

Un ouvrage (en anglais) de référence sur le sujet : 
Norman Davies, White Eagle, Red Star: The Polish-Soviet War 1919-20, New Edition, 2003.
Ou plus généraliste et en français : 
Daniel Beauvois, La Pologne des origines à nos jours, Seuil, 2010.
Et pour ceux qui veulent se replonger de façon virtuelle dans le conflit, je leur recommande tout particulièrement le jeu d'AGEOD, Revolution under Siege, dont j'avais déjà fait recension au sein d'un article précédent.







mardi 22 janvier 2013

La Russie enverra des robots sur la Lune


Article de Svetlana Kalmykova paru le 17 janvier 2013 sur La Voix de la Russie

Trois appareils automatiques interplanétaires devraient être envoyés vers le satellite naturel de la Terre avant 2017. Ce projet permettra de démarrer un vaste programme lunaire russe.

La sonde Luna-Glob-1 sera la première à être envoyée vers la Lune. Son lancement est prévu pour 2015 depuis le cosmodrome Vostotchny, dont la construction est actuellement menée dans la région de l’Amour (Extrême-Orient de Russie). Cet engin spatial permettra d’étudier la surface lunaire. Il sera équipé de détecteurs d’eau et d’un appareil qui permet d’étudier la composition des échantillons du sol.

En 2016, le module orbital Luna-Glob-2 devrait être lancé. Il aura pour mission d’étudier l’espace autour de la Lune et choisir des zones qui conviennent le mieux pour les atterrisseurs des missions suivantes.

En 2017, l’atterrisseur lunaire lourd Luna-Ressours, développé en collaboration avec l'Agence spatiale indienne, devrait arriver jusqu’à la surface du satellite naturel de la Terre.

Le projet initial prévoyait en premier lieu le lancement de l’engin Luna-Ressours. Il devait être effectué en 2013. Mais après l’incident avec la sonde automatique Phobos-Grunt, les projets lunaires de l’Agence spatiale russe ont été revus. La direction de l’agence a pris la décision de ne pas se dépêcher. Le professeur Vladislav Chevtchenko, chef de l'Unité de recherche sur la Lune et les planètes de l’Institut d’astronomie russe considère qu’il est beaucoup plus important d’empêcher des avaries à répétition.

« C’est évidemment dommage que nos projets soient reportés. Mais d'un autre côté, tous les problèmes qu’a connus Phobos-Grunt étaient liés à l'équipement. Ces problèmes ne concernent pas nos programmes de recherche scientifique. Si nous nous dotons des technologies plus performantes, et corrigeons certains aspects techniques, laissés de côté pendant la préparation du premier projet, cela ne sera que pour notre mieux. Nous mettrons ainsi au point un appareil idéal avec lequel nous obtiendrons de meilleurs résultats ».

Les experts russes ont déjà choisi les points d’atterrissage pour la sonde lunaire russe. Il y en a six au total : trois se trouvent près du pôle Nord de la Lune, et les trois autres - à proximité du pôle Sud. Selon les chercheurs, il existe une probabilité d’y trouver l’eau et la glace, ce qui est l’un des objectifs principaux de ce programme. Selon l'académicien de l'Académie de l'astronautique russe Alexandre Jelezniakov, l’exploration de la Lune ouvrira la voie à l’exploration des autres planètes, notamment à l’exploration de Mars.

« La Lune est un terrain d'expérimentation exceptionnel qui nous permettra de tester et développer des technologies spatiales. Ensuite, la Lune pourrait devenir une base de recherche très précieuse, notamment pour l’étude de l’espace lointain. Ainsi, le fait de placer à sa surface le matériel astronomique et y construire un observatoire nous permettra d’avoir un regard nouveau sur les processus qui se produisent dans l'univers, et de mieux comprendre comment il a été créé. Enfin, ce n’est un secret pour personne que les ressources de notre planète s’épuiseront un jour. L'humanité devrait réfléchir aux réserves des minéraux qui sont nécessaires à son développement. Je pense que la Lune pourrait devenir une telle base. Ces trois facteurs expliquent pourquoi il faut s’intéresser davantage à la Lune et non pas à Mars ou à d’autres planètes ».

Selon les chercheurs, l’exploration de la Lune passera en phase active vers les années 2030-2040. Toutefois la Russie maintient son objectif stratégique d’effectuer un vol spatial vers Mars. L'Agence spatiale russe estime qu’une mission habitée vers la Planète Rouge pourrait être effectuée vers le milieu du XXIème siècle.

MAJ : en appui de cet article, RIA Novosti nous apprend l'existence d'un accord sur la mission ExoMars.
Le projet ExoMars prévoit le lancement d'une sonde vers Mars en 2016 et d'un véhicule martien vers 2018. Le rover martien sera équipé d'une installation capable de forer des puits de 2 mètres de profondeur.
La réalisation du projet ExoMars a été remise en question après que la NASA, qui devait lancer la sonde au moyen d'un lanceur Atlas V, a renoncé à ce tir en 2011, faute de financement. L'agence spatiale russe Roskosmos s'est déclarée prête à fournir une fusée-porteuse lourde Proton pour la mission ExoMars. En avril 2012, Roskosmos et ESA se sont entendues de réaliser conjointement le projet ExoMars après que la NASA s'est retirée du programme. Les deux agences entendent signer un accord de coopération ad hoc le 15 mars prochain à Paris
.
Tout en ajoutant qu'un test de forage grandeur nature pourrait avoir lieu durant l'une des prochaines missions lunaires russes.


vendredi 18 janvier 2013

Conférences sur le futur, le cyber et la Russie à venir en janvier/février 2013


Plusieurs conférences à vous faire part, outre celles déjà indiquées comme le FIC 2013 devant se tenir à Lille les 28-29 janvier prochains. J'interviendrai notamment au sein de l'une d'elle, pour le compte de l'INHESJ.

Les 24 et 25 janvier, La Revue de Défense Nationale et l'Agence Internationale Diplomatie et Opinion Publique vous invitent à ses journées d'étude sur le thème « Vers une nouvelle planète ». Présentation par l'ancien Ministre des Affaires Étrangères Hubert Védrine.
École Militaire, Amphithéâtre Louis, 5 place Joffre, Paris 7ème.
Téléphoner au 01 44 42 31 92 ou envoyer un courriel à mh@defnat.com
Pour de plus amples informations, cliquez sur l'image ci-dessous



Toujours à l'École Militaire, une conférence-débat sur un sujet qui ne manquera pas de passionner certains lecteurs de ce blogue : « Guerre électronique : l'art de la guerre revisité ».
Laquelle se déroulera le jeudi 31 janvier 2013 de 18h30 à 20h00 et organisée par l'IHEDN.
Elle prendra place comme annoncé au sein de l'École Militaire, à l'Amphithéâtre Lacoste, 1 place Joffre, Paris 7ème.
 
Animée par Olivier Terrien, ingénieur en systèmes électroniques pour la Défense et auteur du livre « Les 36 stratagèmes de la guerre électronique » que j'avais déjà relaté dans les livres cyber de l'année 2012. Membre de l’association française de guerre électronique Gerrelec, Olivier Terrien est auditeur de l’IHEDN (Institut des Hautes Études de la Défense Nationale).


Sur le thème de la Russie, un séminaire « Géopolitique de l’Énergie & Russie » se tiendra le 19 février.
Organisé par le Master 2 de Géopolitique Paris 1/ENS et RussoScopie.fr avec la participation de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et Évolution Énergie et qui se tiendra au sein de l’École Normale Supérieure. De 9h30-14h, Salle Dussane, 45 rue d'Ulm 75005 Paris.
Le lien vers le programme au format PDF : 
Pour de plus amples informations, utilisez l'adresse courriel suivante : 19fev13@russoscopie.fr


Enfin, pour clore ce billet mais sur une double thématique, à la fois sur la Russie et sur le cyber, j'interviendrai personnellement à l'INHESJ (Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice) le mardi 29 janvier, à l'École Militaire.
Dans le cadre du cycle Sécurité numérique dirigé par M. Arpagian que d'aucuns connaissent ne serait-ce que pour ses ouvrages sur la cyberguerre ou la cybersécurité, j'y présenterai notamment les spécificités de la cyberstratégie russe. 
Prélude à la sortie prochaine aux éditions NUVIS de mon ouvrage sur, vous l'avez deviné, la cyberstratégie russe. Publication qui fera pour sa part l'objet d'un billet dédié.



dimanche 13 janvier 2013

Gérard Depardieu dans son dernier rôle : Un nouveau russe


Article paru sur Alliance GéoStratégique le 13 janvier 2013

Il a souvent été question de la Russie ces derniers jours par l'entremise de célébrités désireuses d'acquérir la citoyenneté du pays. Gérard Depardieu et Brigitte Bardot pour ceux qui auraient réussi à passer entre les mailles de la grosse bertha médiatique. Et de déclencher l'hilarité mauvaise de nombreux journalistes Français qui ne manquèrent pas de railler de tels choix. Passionnée, ce qui est devenue l'affaire Depardieu mérite véritablement que l'on s'y attarde pour des raisons qui tiennent moins au personnage en lui même qu'à une situation plus globale dont il est un élément emblématique mais ne saurait n'y être réduit. Le présent billet ne prétend aucunement donner toutes les clefs ni pénétrer jusqu'au plus profond des arcanes de cet événement, il se veut principalement une approche dépassionnée du sujet non sans finir par ébaucher des pistes de réflexion.

La goutte de taux qui n'a pas fait déborder le coffre du Trésor Public

Celui que les français appellent leur Gégé national est fustigé pour fuir un devoir citoyen : l'impôt. Celui sur la fortune (dit ISF) et la nouvelle tranche à 75% qui a été instaurée par les assemblées répondant à une proposition de campagne du Président actuel. Cette mesure portée comme un symbole par une nouvelle majorité politique parvenue au pouvoir aurait suscité l'ire de l'acteur Français ayant décidé dans un premier temps de demander la nationalité belge, à l'instar du chanteur Johnny Hallyday il y a de cela quelques années avant que ce ne dernier ne découvre la douceur de vivre de Gstaad en Suisse, et son très accueillant forfait fiscal (lequel a été relevé en septembre 2012 par votation populaire après avoir été menacé de suppression pure et simple).

Coïncidence quelque peu cocasse de l'histoire, le Conseil Constitutionnel en sa décision 2012-662 du 29 décembre dernier a censuré cette disposition [1]. Cela suffira-t-il à infléchir la décision de Gérard Depardieu et de tant d'autres ? Pas sûr puisque le gouvernement Français actuel a de suite réitéré sa volonté de réintroduire cette mesure pour l'année 2013. En outre, l'acteur était déjà en tournée de séduction dans sa nouvelle patrie d'adoption.

Ce qui amène à la question suivante.

La Russie paradis fiscal ? Pas si sûr...

C'est un point qui n'a que trop rarement été évoqué frontalement. La Russie peut-elle être considérée comme un paradis fiscal ?

Si l'on consulte les listes grises et noires d'un site comme l'OCDE [2] , l'on observe que la Russie n'y figure aucunement.
Le GAFI qui répertorie les États peu coopératifs en matière de transmissions d'informations financières ne cible pas plus la Russie [3].

Alors ?

La vérité est tout simplement que cet État Fédéral qui bien que laissant une certaine autonomie aux sujets composant la Fédération ne procure pas une grande opportunité pour les riches étrangers. Les oligarques nationaux les plus riches préfèrent à ce titre lorgner et déplacer une partie de leur fortune vers l'Angleterre et ses possessions ou plus traditionnellement, une fois encore, la Suisse.

Faisons un rapide état des lieux :
La TVA ? 18% avec pour certains produits principalement alimentaires un taux réduit à 10%.
L'impôt sur les sociétés, 20% au total, même si certaines entités territoriales peuvent avoir une marge d'imposition mais limitées néanmoins de quelques pourcents. Les plus-values des sociétés sont taxées à hauteur de 20% de la même manière. Dans certaines régions, une taxe sur la propriété mobilière et immobilière est en place, plafonnée à 2,2% de la valeur des biens répertoriés.
Reste l'impôt sur le revenu pour les personnes physiques qui est de... 13%. Taux unique  [4]! Mais attention, pour qu'un étranger puisse s'en prévaloir, il lui faut être résident permanent (comptabilisant 183 jours par an) sans quoi il doit s'acquitter d'un taux de 30%. Cela ne refroidirait pas de façon sibérienne toute velléité pour un étranger à s'installer dans le pays, mais ne suffirait pas non plus à lui tout seul à emporter clairement la décision [5].

Éclaircie fiscale malgré tout : l'impôt sur la fortune n'existe pas en Russie ! Bémol : c'est loin d'être une exception dans le monde où le choix est plutôt étendu en ce domaine.

Précisons malgré tout qu'il existe depuis 1996 une convention fiscale franco-russe en vue d'éviter autant que faire se peut la double imposition.

Gérard courant en Russie pour s'y réfugier fiscalement ? Soit son avocat fiscaliste était en vacances au moment de son choix soit il y a bien une autre raison.

La double nationalité, pas si simple non plus

Obélix... pardon, Depardieu étreignant avec chaleur et vigueur son ami Vladimir Poutine présenta radieusement son passeport devant les caméras au sortir de l'entretien. Et pour une partie de la presse française de rapidement signifier qu'il était coupable de haute trahison. D'autant que l'impétrant n'avait pas manqué de formuler quelques amabilités à l'égard de son nouveau pays d'adoption et de ses autorités.

Sauf que... les russes disposent de deux types de passeports. Un intérieur, comparable à la carte nationale d'identité française, et un extérieur, comparable au passeport usuellement en vigueur pour les États membres de l'Union Européenne.
Alors d'une part l'on ne sait pas lequel dispose l'acteur. Ce qui n'est pas sans conséquence sur la suite des évènements.

En effet, si la France est généreuse dans son attribution de la double nationalité, la Russie a adopté une position limpide et tranchante : il faut choisir ! Ou l'on adopte la citoyenneté russe [6] ou l'on conserve celle d'origine mais en aucun cas les deux.
Du coup il est clair que Depardieu serait bien avisé d'y réfléchir à deux fois s'il devait s'agir d'un passeport intérieur.

Cependant il ne faut pas ergoter : ce passeport est moins un document juridique qu'un symbole. Une délicieuse opportunité médiatique saisie par Vladimir Poutine comme une manière d'exsuder la rage de Gérard Depardieu envers des propos peu amènes du Premier ministre français à son égard. Et à voir les images de ce personnage apprécié en Russie, se rendant en Mordovie pour y enfiler le costume folklorique local et danser avec entrain sur scène, formant un couple hilare avec le maire de Saransk, Vladimir Volkov, l'on ne peut s'empêcher de penser qu'il y a fondamentalement quelque chose de bien russe dans le caractère de ce Gégé national, dans ses écarts de langage/comportement comme ses élans...
A fortiori, il est difficile ne pas penser que les Russes n'ont pas vibré au message énoncé le 7 janvier 2013 par le castelroussin :
« Il y a beaucoup de coeur. On sent un esprit dans cette terre, qui est très fort. »

Et le maître du Kremlin de sourire, trop satisfait d'avoir réalisé là un beau coup médiatique au nez et à la barbe de donneurs de leçons patentés professionnels. Car il est en définitive moins question d'espèces sonnantes et trébuchantes dans le départ de Depardieu que d'un déficit symbolique dont hérite la France et ses autorités.

Les lettres persanes en guise de grille de décryptage

Il faut en revenir aux réactions quelques peu exacerbées de certaines plumes de la presse nationale française pour comprendre, ou tenter, pourquoi cette émotivité n'est pas fortuite. Et peut-être bien moins ad hominem qu'elle n'y paraît en réalité.

Un tel déchaînement de celle-ci par les canaux traditionnels (entre les journaux télévisés ou la presse quotidienne) doit moins finalement au geste d'humeur de l'acteur et à un patriotisme courroucé que les louanges adressées au régime russe.
Reprenons les termes employés par l'intéressé rapportés par la chaîne russe Pervij Kanal : « Oui j'ai fait cette demande de passeport et j'ai le plaisir qu'elle ait été acceptée. J'adore votre pays la Russie, ses hommes, son histoire, ses écrivains. J'aime y faire des films où j'aime tourner avec vos acteurs comme Vladimir Mashkov. J'adore votre culture, votre intelligence... J'en ai même parlé à mon président, François Hollande. Je lui ai dit tout cela. Il sait que j'aime beaucoup votre président Vladimir Poutine et que c'est réciproque. Et je lui ai dit que la Russie était une grande démocratie, et que ce n'était pas un pays où un Premier ministre traitait un citoyen de minable. J'aime bien la presse, mais c'est aussi très ennuyeux, car il y a trop souvent une pensée unique. ».

Une grande démocratie. Là fut le point de non-retour pour nombre de comtempteurs de l'artiste. Ces vestales du temple démocratique que Serge Halimi, reprenant lui même le terme de Paul Nizan, désignait comme étant les nouveaux chiens de garde [7], s'offusquèrent que le titre fut ainsi conféré à un pays qui devait faire montre encore et surtout toujours de garanties en la matière. Pointant du doigt des irrégularités de scrutin endémiques (l'élection présidentielle américaine de 2000 et son cafouillage en Floride semblant être sortie des esprits) et un score d'approbation populaire jugé digne des temps soviétiques avec 63% des voix (loin malgré tout du plébiscite remporté par Jacques Chirac en 2002 avec 82%).
Une suffisance comme une condescendance à peine masquées envers d'autres pays jaugés et jugés sur des critères objectifs aux variables cependant fluctuantes. Une approche qui s'est cependant étiolée depuis près d'une décennie concomitamment aux interventions armées pour exporter ce produit de l'esprit occidental. Il aurait été bien avisé de relire la déclaration de Robespierre à ce sujet [8].

Et l'affaire encore fumante des Pussy Riot (littéralement « révolte de la foufoune ») d'être ravivée, sans toutefois préciser que les condamnées (dont une avec sursis) auraient encouru des peines similaires en divers pays Européens dont la France [9]. Ni même rappelé que les indélicates avaient déjà été à l'origine de plusieurs dégradations et « manifestations » publiques peu subtiles sans pour autant encourir les foudres de l'administration judiciaire. Du moins jusqu'à leur dernier « élan créatif » en date au sein de la cathédrale du Christ-Sauveur, lequel déchaîna l'indignation populaire et le dépôt de plainte des autorités ecclésiastiques.

Mais en prenant du recul par rapport à ces réactions, l'on peut aussi émettre l'hypothèse suivante : la Russie servirait de catharsis pour dénoncer les propres tares nationales.
C'est l'effet Lettres persanes : dénoncer le système intérieur en critiquant un système tiers. Car ce prurit de réactions véhémentes pourrait être aussi le stigmate d'une parole bridée vers l'intérieur mais décomplexée vers l'extérieur. La Russie dès lors serait un bien commode exutoire sans grand risque de la part des juridictions pénales. Ainsi les carences en démocratie, en liberté d'expression ou en volontarisme politique pourraient bien être les thèmes de prédilection dont la cible serait moins la Russie à proprement parler que le système national lui même. Conjugué à une crise d'identité aggravée par une autre crise, économico-financière celle-ci.
Cette explication n'est, bien entendu, pas exclusive de la mauvaise foi, de la méconnaissance chauvine [10] comme de la russophobie de certains rédacteurs peu avisés et généralement outranciers. La Russie a aussi ceci de particulier qu'elle déchaîne les passions, dans un sens comme dans l'autre.
Maintenant l'on peut aussi s'amuser à imaginer toutes les remarques particulièrement désobligeantes qui auraient pu sourdre en remplaçant Russie par Inde, Brésil, Chine ou Mexique...

Des fuites dans la canalisation des forces vives

L'affaire Depardieu devrait cependant permettre positivement de s'atteler à traiter d'une question quelque peu taboue : l'exil des forces vives (terme plus juste et moins connoté qu'élites) de la France. Soit pour des raisons fiscales, soit pour des raisons entreprenariales, soit pour des raisons éducatives, soit pour des raisons sportives ou encore pour des raisons culturelles.

Un exemple peu médiatisé mais symptomatique. Neil Ibata, celui que l'on a surnommé le petit Einstein français, et qui à seulement 15 ans introduisit une petite révolution dans le monde de l'astrophysique relatif à la formation de galaxies naines autour d'Andromède, repris par la revue scientifique Nature (excusez du peu!) bien qu'étant encore élève de première à Strasbourg. Ce garçon a déclaré récemment qu'il ne s'interdisait pas d'étudier prochainement à l'étranger une fois sa scolarité achevée. Raison invoquée ? Le système des classes préparatoires ne recuillerait pas son plein enthousiasme. Un choix peu disserté par les médias prompts pourtant à saluer dans un premier temps l'intelligence du garçon mais frappés par la suite d'un silence gêné [11].

Tabou en effet car nous ne savons pas réellement combien de sportifs, d'artistes, de chercheurs, d'écrivains etc. quittent l'hexagone pour trouver refuge, travail, considération et avantages divers à l'étranger. Peut-on ainsi blâmer le thésard qui une fois son grand oeuvre finalisé découvre que rien ne l'attend au sortir de celui-ci si ce n'est l'incertitude et pire pour certains l'amertume, et ce faisant en vient à postuler en Allemagne, Angleterre ou États-Unis pour les pays les plus demandeurs de têtes françaises bien faites et bien pleines ? Peut-on blâmer de la même manière le sportif qui cherche à percer dans sa spécialité et qui envisage de partir pour des raisons sportives, où se trouvent compétitions et installations de niveau supérieur ? Peut-on blâmer l'inventeur-entrepreneur qui se heurte à des murs administratifs et financiers pour lancer son projet alors qu'ailleurs il bénéficierait de tels appuis ?
L'institut Montaigne dans une étude en 2010 a démontré une accélération très nette de la part des chercheurs français au sein des expatriés aux États-Unis (près de 27% du total sur la période 1996-2006). Plus inquiétant encore, près de 70% des chercheurs français envisagent de rester aux États-Unis après l'obtention de leur doctorat (Philosophiæ doctor) [12].
C'est là véritablement un point que l'on se doit d'évoquer frontalement car comme le précisait si bien le juriste et philosophe Jean Bodin, « il n’y a richesse, ni force que d’hommes ».
Il ne faut décourager ni l'inventivité, ni l'ambition, ni la recherche, ni la création de richesses de toute nature de sorte à ce que les fruits en fassent profiter le corps social. La force d'un pays réside dans une alchimie complexe et à l'équilibre instable, dont la formule reste à réinventer à chaque crise ou de préférence, prémices de crise. Où l'on ne peut que reparler du partenariat public-privé, comprendre que l'un n'est pas le spoliateur des richesses de l'autre, et que l'autre n'est pas l'égoïste profiteur des services de l'un. Que des individus ont besoin d'être aidés, que d'autres ont besoin de ne pas être freinés. Que les dysfonctionnements amenant à faire partir en désespoir de cause des forces vives ne sont pas conjoncturelles mais structurelles.
Le tout étant qu'un pays profite de ce que chacun est en mesure de lui apporter : que ça soit sa force de travail, ses médailles, ses recherches, ses réalisations, ses bénéfices voire son sang.

Réfléchir et agir sur ce plan ne fera peut-être pas revenir demain Gérard mais il permettra en fonction de solutions ad hoc à des jeunes et moins jeunes, riches et moins riches, sportifs ou intellectuels, de faire bénéficier à leur patrie de leur(s) apport(s). Si l'affaire Depardieu doit servir à quelque chose et non se perdre en polémique stérile, que cela serve au moins à cela.




[1] 68. Considérant que, selon les députés et les sénateurs requérants, cette contribution exceptionnelle, ajoutée au taux marginal maximal d'impôt sur le revenu prévu à l'article 3 de la loi de finances pour 2013, ainsi qu'à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et aux prélèvements sociaux, aboutira à une taxation globale au taux de 75 % et présente donc un caractère confiscatoire ; que cette contribution exceptionnelle porterait aussi atteinte au principe d'égalité devant l'impôt découlant de l'article 13 de la Déclaration de 1789, en retenant comme unité d'imposition les personnes physiques et non pas le foyer fiscal, en ne prévoyant pas de mécanisme de plafonnement ou de dégrèvement et en ne prenant pas en compte les charges de famille ; que le principe d'égalité entre contribuables selon la nature des revenus qu'ils perçoivent serait encore méconnu en particulier en ce que seuls les revenus d'activité professionnelle, et non les revenus du capital, sont soumis à la contribution exceptionnelle ; que, selon les députés requérants, la rupture d'égalité serait aggravée s'agissant de l'application de cette taxe aux gains issus de la levée d'options d'achat ou de souscription d'actions ou de l'attribution gratuite d'actions selon que les gains sont associés à des plans attribués avant ou après le 16 octobre 2007 ; que les députés requérants soutiennent également que cette contribution, qui ne peut être séparée de l'impôt sur le revenu lui-même, priverait ainsi le contribuable de sa propriété ; que l'institution d'une telle contribution contreviendrait au principe d'annualité de l'impôt et méconnaîtrait les exigences de clarté et de sincérité du débat parlementaire ;
73. Considérant que le législateur a retenu le principe d'une imposition sur le revenu par personne physique sans prendre en considération l'existence du foyer fiscal ; que, par l'effet de cette contribution exceptionnelle assise sur les revenus d'activité professionnelle des personnes physiques excédant un million d'euros, deux foyers fiscaux bénéficiant du même niveau de revenu issu de l'activité professionnelle pourraient se voir assujettis à cette contribution ou au contraire en être exonérés, selon la répartition des revenus entre les contribuables composant ce foyer ; qu'ainsi, en soumettant à cette contribution exceptionnelle les revenus des personnes physiques, sans tenir compte, comme pour l'imposition de l'ensemble du revenu à l'impôt sur le revenu et la contribution exceptionnelle prévue par l'article 223 sexies du code général des impôts, de l'existence du foyer fiscal, le législateur a méconnu l'exigence de prise en compte des facultés contributives ; qu'ainsi, il a méconnu le principe d'égalité devant les charges publiques ;
Source : Conseil Constitutionnel

[2] Cf Tax Transparency 2012 :

[3] Site officiel :

[4] Ce taux stable dans le temps a été instauré voici quelques années pour obliger les contribuables à s'acquitter de leur dû envers l'État tout en évitant une ponction trop importante.

[5] Pour de plus amples informations sur le sujet, se rendre sur le site officiel du site des impôts russes : http://nalog.ru

[6] Le terme de citoyenneté et de nationalité diffère quelque peu en Russie. La Russie étant un territoire composé de plus d'une centaine de nationalité, celle-ci est indiquée sur le passeport : kalmouk, ukrainien ou... russe.

[7] Cf le livre éponyme sorti en 1997 aux éditions Liber puis le documentaire télévisé distribué par Libération Films en 2011 : http://www.lesnouveauxchiensdegarde.com/

[8] « La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n’aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c’est de les repousser comme ennemis. » Robespierre. Premier discours sur la guerre au Club des Jacobins, le 2 janvier 1792.

[9] Article 322-3-1 du Code Pénal Français :
La destruction, la dégradation ou la détérioration est punie de sept ans d'emprisonnement et de 100 000 € d'amende lorsqu'elle porte sur :
1° Un immeuble ou objet mobilier classé ou inscrit en application des dispositions du code du patrimoine ou un document d'archives privées classé en application des dispositions du même code ;
2° Une découverte archéologique faite au cours de fouilles ou fortuitement, un terrain sur lequel se déroulent des opérations archéologiques ou un édifice affecté au culte ;
3° Un bien culturel qui relève du domaine public mobilier ou qui est exposé, conservé ou déposé, même de façon temporaire, soit dans un musée de France, une bibliothèque, une médiathèque ou un service d'archives, soit dans un lieu dépendant d'une personne publique ou d'une personne privée assurant une mission d'intérêt général, soit dans un édifice affecté au culte.
Les peines sont portées à dix ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende lorsque l'infraction prévue au présent article est commise avec la circonstance prévue au 1° de l'article 322-3.
Les peines d'amende mentionnées au présent article peuvent être élevées jusqu'à la moitié de la valeur du bien détruit, dégradé ou détérioré.

[10] Lire à ce sujet l'ouvrage Tchao la France de Corinne Maier qui sous des dehors parfois grinçants voire humoristique n'en dénonce pas moins des tares réelles du psyché français. Et l'une d'entre elles est le chauvinisme outrancier qui irrigue une partie de ceux qui, paradoxalement, « parlent du monde ». Chauvinisme qui est à ne pas confondre avec patriotisme, car si le deuxième terme est l'amour de sa patrie compatible avec la connaissance et l'appréciation d'autrui, le premier est un sentiment de flagellation mâtiné d'obséquieux dédain envers autrui.

[11] Source : Le Monde Éducation du 5 janvier 2013

[12] Source : Institut Montaigne


Crédit photos : RIA Novosti

Pour la lettre publique de Gérard Depardieu adressée aux russes en son intégralité :

L'oukaze présidentiel ayant permis l'obtention du passeport russe :





mardi 8 janvier 2013

Cafés Stratégiques numéro vingt-et-un : La politique spatiale États-Unis / Europe


Pour cette reprise des Cafés en cette année 2013, un sujet toujours aussi stratégique qui ne saurait manquer de vous passionner : La politique spatiale vue des États-Unis et de l'Europe. À l'heure où les contractions budgétaires obligent à des choix éminemment drastiques et où les succès scientifiques comme la mission Curiosity sur Mars emplissent les médias généralistes, la conquête spatiale ne saurait manquer de constituer un enjeu majeur pour ces prochaines décennies.

Pour y voir plus clair, l'Alliance GéoStratégique a le plaisir d'inviter ce jeudi 10 janvier Xavier Pasco, coordinateur du pôle Espace, haute technologies et sécurité au sein de la FRS (Fondation pour la Recherche Stratégique).

Comme de coutume, le rendez-vous aura lieu au Café le Concorde, 239 boulevard Saint-Germain, métro Assemblée Nationale. Prenez une consommation au bar en guise de soutien aux cafés et venez nous rejoindre au premier étage.

mardi 1 janvier 2013

Meilleurs voeux pour cette année 2013!

Bonne Année 2013!


Glückliches neues Jahr 2013!


С новым годом 2013!


Feliz Año Nuevo 2013!


Happy New Year 2013!


Felice anno nuovo 2013!