dimanche 10 novembre 2013

Un fonds d'investissement franco-russe pour doper les échanges bilatéraux


C'est sur le site de la Caisse des Dépôts et des Consignations que l'on trouve le lancement officiel de ce fonds qui a été annoncé le 1er novembre dernier :

Le Fonds d’investissement franco-russe (RFIF), doté d’un 1 Md€, a été lancé le 1er novembre à Moscou par CDC International et le Fonds russe d'investissements directs (RDIF) en présence du Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, et du Premier ministre russe, Dmitri Medvedev. 

Le RFIF sera mis en place conjointement par CDC International, filiale du groupe Caisse des Dépôts, et RDIF. La création du fonds s'inscrit dans le prolongement du protocole d'accord signé par les deux parties en février 2013*. Il permettra de renforcer les opportunités de coopération économique entre les deux pays en drainant des investissements attractifs dans des secteurs et des classes d'actifs très diversifiés, contribuant ainsi à la croissance et à la prospérité des économies françaises et russes.

RDIF = Российский Фонд Прямых Инвестиций (РФПИ), c'est à dire Fonds russe d'investissement direct, pilotée par la banque publique Vneshekonombank (VEB) détenant 100% des parts sociales. Ce fonds disposerait théoriquement d'une réserve de 10 milliards de dollars (7,4 milliards d'euros).

 Si l'on peut légitimement saluer l'émergence de ce pot commun (qui n'est pas le seul puisque la Chine par exemple a bénéficié de ce même partenariat financier), l'on est en demeure légitime de se demander quels seront les secteurs visés, le mode d'attribution des subsides et le suivi réel des dépenses et des réalisations concrètes, et ce dans l'intérêt des deux parties contractantes.

Rappelons que les échanges franco-russes ont toujours du mal à décoller : en 2012 la France s'est placée à la 17ème place en tant que client de la Russie tandis que la Russie est pour la France son 7ème fournisseur. Reste le contrat des quatre BPC Mistral à la haute portée symbolique.
De façon connexe, la Chine a confirmé son emprise sur le marché russe en devenant, de loin et devançant largement l'Allemagne, son premier fournisseur. Si l'on y ajoute la Corée du Sud, le Japon, le Kazakhstan, l'on constate que les pays asiatiques représentent 22,2% des produits et services en Russie. Si l'Europe reste son approvisionneur majoritaire (encore que si l'on regroupe les quatre  premiers pays européens exportateurs vers la Russie, à savoir l'Allemagne, l'Italie, la France et la Pologne, nous n'arrivons qu'à 19%), le balancement économique vers l'Asie se fait ostensiblement sentir année après année. Un regain cependant est à atteindre une fois que les accords tarifaires en droite ligne de l'OMC seront votés par les chambres russes et validés par l'exécutif (une période qui s'échelonnera jusqu'en 2020).

Je vous invite à cet effet à consulter le document mis à disposition par le Ministère de l'Économie pour prendre connaissance des conséquences de l'entrée de la Russie au sein de l'OMC voici un an.

MAJ : Un fonds similaire a été formé et officialisé le 13 novembre dernier avec la Corée du Sud, dont le montant est fixé prévisionnellement à 500 millions de $ (soit 370 millions d'euros). Une fois encore, c'est le fonds RDIF qui est sollicité.

Crédit illustration : RIA Novosti

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