vendredi 11 octobre 2013

Nouveau film russe sur la bataille de Stalingrad

La bataille de Stalingrad (ex-Tsaritsyn et depuis 1961 Volgograd sous l'effet de la déstalinisation) a inspiré nombre de chercheurs en stratégie et histoire militaire. À juste titre puisque l'affrontement est considéré comme l'un des tournants de la seconde guerre mondiale (au côté de la seconde bataille d'El Alamein et de Guadalcanal)
En vérité il serait plus juste de parler d'une campagne puisque la ville sera le théâtre d'affrontements sur plusieurs mois, d'août 1942 à février 1943. L'opération Uranus qui clôturera le rude affrontement pour les ruines de la ville aura la particularité de masquer par sa victoire retentissante les échecs sur les autres secteurs visés (avec en particulier le saillant de Rjev qui aura été dispendieux en hommes et matériel soviétiques pour un gain territorial nul). Stalingrad est dans le collectif russe le point de non-retour, celui de l'ordre n°227 que la plupart des non spécialistes connaissent pourtant en raison de son slogan devenu célèbre : « plus un pas en arrière ».

Pour vous enquérir de ces évènements dans le détails je vous renvoie aux magazines habituels (2ème Guerre Mondiale, Guerres & Histoire), aux auteurs reconnus (Jean Lopez, Anthony Beevor) et vers l'allié Stéphane Mantoux qui traite très souvent de cette période : http://historicoblog3.blogspot.fr/

De la même manière, l'évènement n'a guère laissé indifférent les cinéastes qui se sont emparés du sujet. Côté soviétique, mentionnons le Bataille de Stalingrad (Сталинградская битва)  de Vladimir Petrov et sorti en 1949, tout entier dévoué à culte de l'empereur rouge. Côté occidental, il y eut le très efficace Stalingrad de Joseph Vilsmaier distribué en 1992. Lequel place le spectateur du côté allemand, sans occulter le moins du monde les brimades opérées par certains officiers envers les prisonniers soviétiques comme le désespoir, l'abandon et le froid qui enserraient les soldats du Reich. Des scènes d'action réalistes, un jeu d'acteur inspiré et une composition musicale entêtante en ont fait un classique du genre. Plus récent puisque sorti en 2001, le Stalingrad : Enemy at the gates de Jean-Jacques Annaud prend appui sur l'ouvrage éponyme de William Craig qui lui même se fonde sur l'histoire vraie du tireur d'élite Vassili Zaïtsev. Long métrage puissant, léché dans sa composition graphique et sonore, il évite la dérive manichéenne puisque les dix premières minutes démontrent très rapidement que la cité sise sur les bords de la Volga est une arène de gladiateurs qui ne peuvent ne la quitter que victorieux ou morts. De plus, la bataille à deux niveaux dans le film accentue sa profondeur. Pour terminer, la composition irréprochable d'Ed Harris en maître sniper allemand a beaucoup joué dans le succès de celui-ci.

Dorénavant, c'est au réalisateur russe Féodor Bondartchouk de s'y coller. Celui-ci n'en est pas à son premier essai en matière de film de guerre puisque Le neuvième escadron (9 Рота), marqua profondément les esprits en 2005 en délivrant une vision implacable de la guerre d'Afghanistan alors sous la férule soviétique. Les vétérans ne manquèrent pas de saluer une oeuvre cinématographique qui était audacieuse à la fois dans le budget et les moyens consacrés comme pour le réalisme de la situation tant pour la partie préparation des troupes que les opérations de terrain. Très en vue à la fois à Hollywood et en Russie, le cinéaste s'est piqué de délivrer sa propre vision du conflit. Première curiosité : l'on y retrouvera l'acteur allemand Thomas Kretschmann qui jouait déjà dans le Stalingrad de Vilsmaier! Seconde curiosité : Bondartchouk lui-même joua dans un autre film russe consacré à Stalingrad et projeté dans les salles en 1989.
Côté technique, le film a été tourné en IMAX 3D et REALD 3D pour une immersion accrue.

Aucune date de sortie annoncée en France, reste la première bande-annonce officielle d'un film qui promet beaucoup.


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