jeudi 26 septembre 2013

Communauté Économique Eurasiatique et éloignement ukrainien

Au sein du présent blogue comme en d'autres publications numériques et même papiers, j'ai évoqué à plusieurs reprises le rôle croissant et l'intérêt géoéconomique que la CEEA (Communauté Économique Eurasiatique) suscite. Une entité où la géopolitique n'est pas absente non plus, en atteste la friction récurrente entre l'Ukraine, conviée depuis l'amorce du projet à entrer au sein du groupe composé de la Russie, du Bélarus et du Kazakhstan, mais qui tend ostensiblement vers un autre ensemble géoéconomique, l'Union Européenne. Au grand dam de Moscou qui y voit là une défiance si ce n'est une rebuffade. Du reste, et bien que cela soit moins visible, l'Arménie est placée dans un dilemme identique car si une majorité de la population incline vers la CEEA, la sphère dirigeante se pose la question de répondre favorablement au partenariat oriental lancé par l'UE.

Peu satisfaite de ces atermoiements, la Russie souffle le chaud et le froid : le chaud pour les avantages dont bénéficieront les nouveaux membres, le froid avec les mesures prévisibles de rétorsion en cas de refus (fourniture de pétrole et de gaz en direction de l'Ukraine et de support militaire pour l'Arménie toujours en conflit larvé avec son voisin azerbaïdjanais). Pour l'heure, l'Ukraine a progressé significativement par le vote de son parlement le 21 septembre 2013 visant à accepter l'accord de libre-échange avancé par l'UE.

Derrière le camouflet de l'Ukraine, ce n'est pas fondamentalement la viabilité de la CEEA à terme qui est en cause, en revanche c'est risquer de perdre l'apaisement, précaire, des liens russo-ukrainiens depuis l'arrivée de Viktor Ianoukovitch à la présidence ukrainienne en 2010. Et plus problématique, de briser la dynamique des efforts entrepris par Vladimir Poutine pour rallier les hésitants, dont l'Ouzbékistan qui après avoir adopté une position favorable en janvier 2006 annonça un retrait tendant vers une neutralité absolue en octobre 2008. Toutefois, il semble depuis juin 2013 et la visite du chef de l'État russe, que les autorités ouzbeks souhaitent revenir à de meilleurs sentiments à l'égard du projet tripartite. La décision ukrainienne fera-t-elle des petits et ne risque-t-elle pas de faire pencher irrémédiablement la CEEA vers l'Asie en déséquilibrant le versant ouest de la structure? C'est en tout cas ce que souhaite éviter à tout prix l'exécutif russe.

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