mardi 13 août 2013

La Russie ouvre ses portes aux top-managers étrangers


Article d'Andreï Fedyachine paru le 6 août 2013 sur La Voix de la Russie

La Russie entrouvre ses portes aux professionnels étrangers hautement qualifiés. Le gouvernement a approuvé un projet de loi allégeant la procédure de délivrance des visas et des permis de travail aux spécialistes étrangers.

Le quota d’embauche de travailleurs étrangers, défini par le ministère russe du Travail, est de 1 750 000 personnes. Actuellement, 59 professions sont « hors concours ». Les finances, l’énergie, le commerce et les secteurs IT de l’économie sont les plus touchés par le manque de cadres qualifiés.

L’assouplissement du système de délivrance des visas et des permis de travail n’est pas une idée nouvelle. Il s’agit de réguler le marché conformément aux exigences du FMI, auquel la Russie a adhéré en 2012.

« Le FMI est un véritable défi pour la Russie. Le business russe s’ouvre au commerce mondial. Par conséquent, la Russie manque cruellement de spécialistes capables d’entretenir des liens étroits avec le FMI. Ainsi, les personnes maîtrisant les règles et les normes du FMI sont de plus en plus demandées », explique Nikita Maslennikov, analyste de l’Institut du développement contemporain.

Par ailleurs, la formation des spécialistes de ce niveau requiert beaucoup de temps - de cinq à sept ans en Russie. En attendant, le vide sur le marché de travail est censé être comblé par les étrangers.

Un permis de travail hors quota peut être accordé aux top-managers et aux spécialistes des sociétés étrangères dont la rémunération est supérieure à 2 000 000 de roubles par an. Par ailleurs, ils doivent justifier d’une période de travail d’au moins un an dans les compagnies qui les ont envoyés en Russie. Ainsi, cinq personnes au maximum peuvent être engagées dans une même filiale, ce nombre étant réduit à deux dans la sphère bancaire. La durée du permis de travail coïncide avec celle du contrat d’embauche.

Les spécialistes russes de ce niveau n’ont rien à craindre pour leur carrière, car personne n’a l’intention de les licencier, note Vassili Koltachev, analyste de l’Institut de la mondialisation et des mouvements sociaux.

« Il est évident que la Russie éprouve un besoin cruel de professionnels compétents et qualifiés. Différents secteurs en souffrent. C’est une des raisons pour lesquelles le salaire des spécialistes à Moscou et dans d’autres grandes villes russes est souvent plus élevé qu’en Europe. »

Le projet de loi introduit des limitations sur le quota ainsi que sur le nombre de postes occupés par les étrangers détenteurs d’un permis de travail délivré selon une procédure simplifiée. En d’autres termes, les Russes pourront postuler pour des emplois à l’égal des spécialistes étrangers.

Par ailleurs, en vertu de cette loi, la durée du permis de travail sera prolongée d’un an à trois ans. Le projet de loi pourrait être approuvé dès la prochaine rentrée parlementaire.

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