mardi 9 juillet 2013

Les livraisons de pétrole russe en Europe au plus bas depuis 10 ans


Article de Tatiana Golovanova paru sur La Voix de la Russie le 5 juillet 2013

L’Europe éprouve un manque de pétrole russe. En juillet, la Russie ne pourra livrer aux raffineries européennes que 2 milliards de barils de brut par jour. Cette réduction s’explique par la réorientation des exportations vers la Chine et le développement des capacités de raffinage en Russie même.

L’introduction de L’embargo sur le pétrole iranien et la chute de la production en mer du Nord, à quoi s’ajoute désormais la réduction des livraisons russes, a frappé de plein fouet l’industrie du raffinage, se lamentent les Européens. De nombreuses raffineries tournent au ralenti et les Européens n’ont aucune garantie de pouvoir acheter prochainement de grandes quantités de brut. C’est que, à la différence du marché gazier, le marché du pétrole ne marche pas à coups de contrats à long terme.

Le directeur de la bourse de matières premières de Saint-Pétersbourg Pavel Strokov explique le manque d’or noir en Europe par l’acquisition de TNK-BP par Rosneft :
« C’est assez simple. La compagnie TNK-BP exportait traditionnellement de grandes quantités de pétrole vers l’ouest. Elle a fusionné avec Rosneft qui avait d’autres projets en ce qui concerne ces quantités. »

C’est ainsi qu’en juin Rosneft et la Compagnie nationale pétrogazière chinoise ont signé un contrat à long terme de livraison du brut à la Chine évalué à 270 milliards de dollars. En 25 ans, la Russie livrera à la Chine 800 millions de tonnes de pétrole. Mieux encore, d’ici cinq ans, la Chine deviendra le plus gros acheteur du brut russe en évinçant l’Allemagne qui occupe actuellement la première place. Après la mise en service en 2009 de l’oléoduc Sibérie orientale – Pacifique, les exportations russes vers l’Asie ont atteint 500 barils/jour, note le directeur de l’Institut de l’énergie Sergueï Pravossoudov :
« Les livraisons se poursuivent depuis plusieurs années et vont grandissant. Elles restent encore au-dessous des quantités expédiées en Europe mais la tendance est à l’augmentation et même à une très forte augmentation si on en croit le contrat signé. Et puisque la production de pétrole n’augmentera pas à la même cadence, les quantités nécessaires seront prélevées sur les exportations vers l’Europe. »

L’Europe sera obligée d’acheter le pétrole au prix fort pour attirer les compagnies russes ou chercher d’autres sources d’approvisionnement, ce qui se répercutera encore plus sur la rentabilité de ses raffineries. Une autre possibilité consiste à acheter des entreprises de raffinage russes, signale Sergueï Pravossoudov :
« Les compagnies de pétrole européennes pourraient acheter des usines de raffinage. Ce processus est en cours mais les Européens s’y opposent activement. En effet, si une compagnie achète une raffinerie, elle deviendra propriétaire du pétrole, fera marcher les capacités de production et vendra ensuite les produits pétroliers à des tarifs élevés. »

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