mardi 22 janvier 2013

La Russie enverra des robots sur la Lune


Article de Svetlana Kalmykova paru le 17 janvier 2013 sur La Voix de la Russie

Trois appareils automatiques interplanétaires devraient être envoyés vers le satellite naturel de la Terre avant 2017. Ce projet permettra de démarrer un vaste programme lunaire russe.

La sonde Luna-Glob-1 sera la première à être envoyée vers la Lune. Son lancement est prévu pour 2015 depuis le cosmodrome Vostotchny, dont la construction est actuellement menée dans la région de l’Amour (Extrême-Orient de Russie). Cet engin spatial permettra d’étudier la surface lunaire. Il sera équipé de détecteurs d’eau et d’un appareil qui permet d’étudier la composition des échantillons du sol.

En 2016, le module orbital Luna-Glob-2 devrait être lancé. Il aura pour mission d’étudier l’espace autour de la Lune et choisir des zones qui conviennent le mieux pour les atterrisseurs des missions suivantes.

En 2017, l’atterrisseur lunaire lourd Luna-Ressours, développé en collaboration avec l'Agence spatiale indienne, devrait arriver jusqu’à la surface du satellite naturel de la Terre.

Le projet initial prévoyait en premier lieu le lancement de l’engin Luna-Ressours. Il devait être effectué en 2013. Mais après l’incident avec la sonde automatique Phobos-Grunt, les projets lunaires de l’Agence spatiale russe ont été revus. La direction de l’agence a pris la décision de ne pas se dépêcher. Le professeur Vladislav Chevtchenko, chef de l'Unité de recherche sur la Lune et les planètes de l’Institut d’astronomie russe considère qu’il est beaucoup plus important d’empêcher des avaries à répétition.

« C’est évidemment dommage que nos projets soient reportés. Mais d'un autre côté, tous les problèmes qu’a connus Phobos-Grunt étaient liés à l'équipement. Ces problèmes ne concernent pas nos programmes de recherche scientifique. Si nous nous dotons des technologies plus performantes, et corrigeons certains aspects techniques, laissés de côté pendant la préparation du premier projet, cela ne sera que pour notre mieux. Nous mettrons ainsi au point un appareil idéal avec lequel nous obtiendrons de meilleurs résultats ».

Les experts russes ont déjà choisi les points d’atterrissage pour la sonde lunaire russe. Il y en a six au total : trois se trouvent près du pôle Nord de la Lune, et les trois autres - à proximité du pôle Sud. Selon les chercheurs, il existe une probabilité d’y trouver l’eau et la glace, ce qui est l’un des objectifs principaux de ce programme. Selon l'académicien de l'Académie de l'astronautique russe Alexandre Jelezniakov, l’exploration de la Lune ouvrira la voie à l’exploration des autres planètes, notamment à l’exploration de Mars.

« La Lune est un terrain d'expérimentation exceptionnel qui nous permettra de tester et développer des technologies spatiales. Ensuite, la Lune pourrait devenir une base de recherche très précieuse, notamment pour l’étude de l’espace lointain. Ainsi, le fait de placer à sa surface le matériel astronomique et y construire un observatoire nous permettra d’avoir un regard nouveau sur les processus qui se produisent dans l'univers, et de mieux comprendre comment il a été créé. Enfin, ce n’est un secret pour personne que les ressources de notre planète s’épuiseront un jour. L'humanité devrait réfléchir aux réserves des minéraux qui sont nécessaires à son développement. Je pense que la Lune pourrait devenir une telle base. Ces trois facteurs expliquent pourquoi il faut s’intéresser davantage à la Lune et non pas à Mars ou à d’autres planètes ».

Selon les chercheurs, l’exploration de la Lune passera en phase active vers les années 2030-2040. Toutefois la Russie maintient son objectif stratégique d’effectuer un vol spatial vers Mars. L'Agence spatiale russe estime qu’une mission habitée vers la Planète Rouge pourrait être effectuée vers le milieu du XXIème siècle.

MAJ : en appui de cet article, RIA Novosti nous apprend l'existence d'un accord sur la mission ExoMars.
Le projet ExoMars prévoit le lancement d'une sonde vers Mars en 2016 et d'un véhicule martien vers 2018. Le rover martien sera équipé d'une installation capable de forer des puits de 2 mètres de profondeur.
La réalisation du projet ExoMars a été remise en question après que la NASA, qui devait lancer la sonde au moyen d'un lanceur Atlas V, a renoncé à ce tir en 2011, faute de financement. L'agence spatiale russe Roskosmos s'est déclarée prête à fournir une fusée-porteuse lourde Proton pour la mission ExoMars. En avril 2012, Roskosmos et ESA se sont entendues de réaliser conjointement le projet ExoMars après que la NASA s'est retirée du programme. Les deux agences entendent signer un accord de coopération ad hoc le 15 mars prochain à Paris
.
Tout en ajoutant qu'un test de forage grandeur nature pourrait avoir lieu durant l'une des prochaines missions lunaires russes.


1 commentaire:

femme russe france a dit…

voilà un grand projet !