vendredi 31 août 2012

Le premier Tetris de l'Histoire


En attendant de conclure un long labeur portant sur un sujet dont je ferai mention ultérieurement, un petit aparté sur ce qui allait devenir un phénomène mondial : Tetris.

En effet, le bijou d'Alexeï Pajitnov fut développé initialement sur un ordinateur Soviétique fabriqué localement, l'Electronika 60 (Электроника 60). Sur la vidéo, il s'agit de son successeur, le DVK-2 (ДВК-2).



Pour avoir une idée plus générale du monde assez pittoresque et relativement varié de la micro-informatique d'Union Soviétique qui en dépit des restrictions d'exportation d'électronique occidentale n'en tenta pas moins de se développer sur le marché du COMECON, veuillez effectuer une visite sur ce site tenu par Sergueï Frolov : http://www.leningrad.su/museum/

Au passage, la musique lancinante et entêtante qui fut intégrée sur les versions occidentales postérieurement est Koroboushka (Коробушка) dont voici une version folk interprétée par Nadejda Kadycheva (Надежда Кадышева) :



Enfin, Grospixels nous gratifie d'un dossier relativement complet sur l'embroglio juridique qui a subsisté autour des droits de ce jeu. Une bataille qui aurait été menée jusqu'au plus haut sommet des États! Juste il n'est pas précisé qu'ELORG est un organisme étatique, et non une simple compagnie privée Soviétique. Elektronorgtechnica (Электроноргтехника), a été l'organe pour l'exportation émanant du Ministère du développement électronique (Министерство электронной промышленности) en tant qu'unique gérant des produits Soviétiques, y compris logiciels. Lequel négocia pour le compte d'Alexeï Pajitnov.

Extrait :
Juin 1985
En observant un casse-tête en bois nommé Pentomino (qui consiste à emboîter sans laisser d'espace vide des pièces composées de 5 carrés, la difficulté étant de toutes les faire entrer un espace rectangulaire), Alexey Pazhitnov imagine Tetris et le programme sur un ordinateur Electronica 60 à l'institut des sciences informatiques de Moscou, où il travaille. Le jeu est adapté sur IBM PC par Vadim Gerasimov, et des copies en circulent rapidement dans tout Moscou. Pazhitnov devient une petite célébrité locale. Si pour le Pentomino une formule mathématique permet de calculer des combinaisons gagnantes, Tetris se termine systématiquement par une défaite pour le joueur, l'intérêt se situant alors dans la tenue d'un classement des meilleurs scores.



dimanche 26 août 2012

Un appel contre Apple?


Une victoire retentissante d'Apple dans le match judiciaire qui l'oppose à Samsung, le tout illustré par un chiffre donnant le tournis : 1 milliard de dollars. La somme à débourser pour le géant Coréen en raison de la violation de six brevets (sur sept) reconnus par le tribunal fédéral de San Jose comme ayant fait l'objet d'une violation de copyright. Et le risque d'un retrait à terme des produits soupçonnés d'employer des technologies sans autorisation ou par contrefaçon.

Évidemment, un appel a été formé et l'audience est prévue le 20 septembre 2012. Et l'on se doute que la pression sur les juges sera énorme.

Néanmoins, plusieurs conjectures à ce stade peuvent être envisagées :
  • un affaissement de la concurrence envers Apple ou à défaut le paiement d'un péage (licence d'exploitation) pour l'autorisation d'utiliser des brevets déposés, ce qui in fine reviendrait à faire supporter par le consommateur une hausse des prix et le risque de pratiques commerciales lui étant moins profitables.
  • la remise en selle de Microsoft et de RIM grâce à une propriété intellectuelle logiquement plus solide que celle de Samsung, en théorie seulement mais les laissant malgré tout avec une épée de Damocles judiciaire au-desssus de leurs produits.
  • la peur fédérant les alliances, il n'est pas exclu de voir apparaître une ligue anti-Apple par mutualisation des brevets et des moyens financiers de plusieurs acteurs du secteur, un tel scénario serait hautement périlleux pour Apple qui n'aurait pas la masse critique pour y résister.
  • le danger d'une riposte judiciaire en d'autres pays, y compris en Corée du Sud où le 23 août un verdict a reconnu les torts partagés entre Samsung et Apple. Détournant des fonds précieux vers le service du contentieux au lieu de les placer dans la recherche et le développement. De même qu'en accentuant la captation de brevets, Google commence déjà à se positionner sur une autre stratégie, celle de l'agglomération de brevets. Et une nouvelle plainte vient d'être déposée quelques jours (le 18 août) avant le verdict entre Samsung et Apple sur le fondement de l'utilisation indue des brevets Motorola. L'escalade n'est par conséquent pas terminée, et pourrait se durcir conséquemment. Par ailleurs, la plainte est matoise car elle vise à bannir toute importation de produits Apple aux États-Unis : ces derniers étant en effet fabriqués... en Asie (principalement à Foxconn, Shenzhen, Chine)! Google se servant de Motorola pour défendre l'économie et la technologie Américaines. L'édition de Bloomberg du 18 août est révélatrice : The complaint at the U.S. International Trade Commission claims infringement of seven Motorola Mobility patents on features including location reminders, e-mail notification and phone/video players, Motorola Mobility said yesterday. The case seeks a ban on U.S. imports of devices including the iPhone, iPad and Mac computers. Apple’s products are made in Asia. “We would like to settle these patent matters, but Apple’s unwillingness to work out a license leaves us little choice but to defend ourselves and our engineers’ innovations,” Motorola Mobility said in an e-mailed statement. Motorola Mobility and Apple have been fighting since at least 2010 after licensing talks failed.
  • la perspective trouble quant au montage des appareils Apple utilisant nombre de technologies de Samsung dans les produits commercialisés (DRAM, mémoire Flash, processeurs). Certes ceux-ci bénéficient d'un accord commercial mais qu'adviendra-t-il si Samsung dépose de nouveaux brevets essentiels aux composants devant être intégrés dans un produit Apple (tablette ou ordiphone) et en mesure de rétorsion devait décider d'un embargo technologique ?
En définitive, Apple en ouvrant la boîte de Pandore ne sait pas exactement de quoi sera fait l'avenir des tablettes et des ordiphones puisque nombre de scenarii sont envisageables : les uns ouvrant sur un ciel bleu azur et les autres sur un horizon orageux grondant et menaçant. L'inimitié de géants de l'électronique que la société de Cupertino s'est aliénée pourrait avoir de sérieuses répercussions sur le marché, pas forcément profitables aux consommateurs. De même que se pose la question de la sacralisation à outrance de la propriété intellectuelle (par les brevets) comme frein à l'innovation. Feu Steve Jobs avait déclaré à son biographe vouloir déclencher une « guerre thermonucléaire » envers Android, clôturant de fait l'ère où Apple répondait à la concurrence par l'humour et l'innovation.

MAJ : Ce 31 août 2012, une juridiction de Tokyo (Japon) vient de débouter Apple de ses demandes sur le fondement que la technologie de transfert audio et vidéo n'était pas identique. Ce n'est qu'un modeste exemple de la bataille judiciaire mondiale qui se livre actuellement entre les deux géants. Et la très forte peine infligée à Samsung pourrait avoir l'inverse des retombées qu'escomptaient peut-être Apple avec un suivisme judiciaire. Par ailleurs lors du salon IFA de Berlin, Samsung a présenté son Galaxy Note 2 mais aussi une gamme de produits de type Ativ, fonctionnant sous... Windows 8. Et dont l'avantage est l'insusceptibilité de poursuites en raison d'un accord entre Microsoft et Apple. Samsung mise désormais sur deux tableaux, et sur de nouvelles innovations pour contrecarrer les desseins d'Apple. Malgré tout, qu'adviendra-t-il si Samsung brevette son nouveau design, ses nouvelles fonctionnalités, entravant de concert et à la suite d'Apple la possibilité pour des concurrents d'agréger de bonnes idées au profit de tous ?

mercredi 22 août 2012

Tali-Ihantala 1944 : l'ultime sacrifice de la Finlande

Chers visiteurs, j'avais déjà évoqué Talvisota, un film de guerre sur la Finlande datant de 1989, plongeant le spectateur dans la très inconnue Guerre d'Hiver. Et qui se solda le 12 mars 1940 par un Traité de paix à Moscou entre l'Union Soviétique et la Finlande, avec à la clef une cession plus modeste que prévue de territoires Finlandais en raison de l'opiniâtre résistance rencontrées par les Soviétiques. Ce traité n'allait rien régler au fond du problème mais bien au contraire laisser purulent un abcès pour les Finlandais qui s'estimaient injustement spoliés en raison de leur vaillante résistance.

Au hasard de mes déambulations en Allemagne, je suis arrivé à dénicher le long-métrage Finlandais Tali-Ihantala 1944 (Schlacht um Finnland) qui traite lui de la fin de la Guerre dite de continuation (Советско-финская война ou encore Война-продолжение en Russe) qui s'étala de 1941 à 1944. Une période où Finlandais et Allemands lutteront de concert pour enfoncer les lignes Soviétiques après la Grande Trêve, dénominant ironiquement la période séparant mars 1940 à juin 1941 où les pressions diplomatiques et militaires du grand voisin ne cessèrent d'inquiéter la Finlande (droits sur la concession minière de Petsamo au nord, intervention quant au choix du chef d'État après la démission du Président Kallio, menace d'occupation des îles Åland) au point de radoucir ses relations avec l'Allemagne Nazie.

Si les Finlandais opérèrent en effet une pression sur le front nord de l'Union Soviétique, en revanche ils s'en tinrent à des opérations limitées stratégiquement. Leur but premier étant de reconquérir les territoires arrachés par le Traité de Moscou. Si l'isthme de Carélie mobilisait bien évidemment la plus importante concentration des forces disponibles (comprenant des unités terrestres et aériennes Allemandes), la zone nordique fut aussi concernée par des mouvements de troupes. Ce sera l'opération Silberfuchs (Platinfuchs et Polarfuchs) du 29 juin au 17 novembre 1941. Laquelle tourna à l'avantage des défenseurs Soviétiques en dépit du soutien Allemand, dont le renfort d'une division SS, depuis la Norvège récemment occupée. Alors que la première étape qui avait visé à sécuriser la zone d'extraction de nickel de Petsamo, l'opération Renntier déclenchée le 22 juin 1941, fut victorieuse grâce notamment à l'effet de surprise. Cet échec sur un théâtre d'opération pouvant être jugé mineur fut au contraire lourd de conséquences pour les membres de l'Axe puisque l'un des acheminements du matériel Britanno-Américain transitait par le port de Mourmansk, et demeurera effectif jusqu'à la fin de la guerre. Camions, blindés, avions furent ainsi transférés en nombre, en dépit de l'attaque de convois par les sous-marins (U-Boote) et la marine Allemands. À ce titre, la résistance acharnée de Roman Panin (Роман Иванович Панин) fut primordiale et si l'Union Soviétique put bénéficier de ses fameux Studebaker si appréciés par le commandement militaire pour ses lignes d'approvisionnement, de même que les fameuses jeeps Willys, copiés ultérieurement par les locaux et même modifiées pour y adjoindre un lance-roquettes de type Katyusha, elle le doit outre le corridor Perse à la possibilité d'avoir pu conserver la péninsule de Kola.
L'isthme et l'Est de la Carélie firent l'objet d'opérations de plus grande envergure, drainant la majeure partie du contingent Finlandais. Le succès fut au rendez-vous et l'ancienne frontière fut atteinte le 5 septembre 1941. Le front ne varia guère durant les années suivantes, l'armée Finlandaise ne prenant qu'une part indirecte au blocus de Leningrad (Saint-Pétersbourg de nos jours), se contentant de réduire les saillants de Beloostrov et de Kirjasalo et d'avancer vers la ligne Ohta-Lempaalanjärvi qui menaçaient leur ligne de défense. Vers l'Est de la Carélie le front fut repoussé de manière à se garantir un espace stratégique, sans toutefois réussir à menacer la ligne ferroviaire reliant Mourmansk. Les opérations stoppèrent en décembre, laissant aux mains des Finlandais quelques têtes de pont et des villes comme Rugozero, Olonets et Petrozavodsk.

L'offensive Soviétique Vyborg–Petrozavodsk du 10 juin au 9 août 1944 visa à bousculer et reprendre la main sur le secteur et de mettre à genoux définitivement cet encombrant voisin. Las, le plan ne se déroula qu'imparfaitement. Et si la ville portuaire de Vyborg fut conquise, la solide défense à Tienhaara (nord de Vyborg) démontra que la progression allait être plus qu'acharnée, puisque mise en échec. Particulièrement la bataille de Tali-Ihantala du 25 juin au 9 juillet obéra sérieusement cette ambition trop hâtive et démesurée au regard de la résistance rencontrée. La dernière bataille, d'Ilomantsi, du 26 juillet au 13 août donna conscience aux autorités militaires et politiques Soviétiques que si la Finlande pouvait être vaincue à terme, cela ne le serait qu'au prix de très coûteuses pertes et de l'acheminement de renforts qui étaient nécessaire sur le front principal. L'objectif initial demeurait surtout de briser les forces du IIIème Reich en poussant vers l'Ouest.  
Le maintien de la ligne VKT (Viipuri - Kuparsaari - Taipale) et l'objectif initial remisé, qui avait été de parvenir à la rivière Kymi, favorisa une fenêtre de négociations entre les deux belligérants à des conditions meilleures pour la Finlande qu'en cas de défaite militaire.

Le film s'attèle à cette reconquête du terrain perdu par les Soviétiques entre le 10 juin et le 9 août 1944. Le pendant du front nordique de l'opération Bagration (s'étendant du 22 juin au 19 août 1944) visant à faire refluer les forces de l'Axe d'Union Soviétique. Ce qu'il y a de remarquable en visionnant ce film, encore plus qu'avec Talvisota, c'est que l'on a affaire à un quasi-documentaire avec cartes et indication temporelle de l'évolution de la ligne de front. Pour l'impétrant il faut bien reconnaître toute l'utilité d'un tel procédé. Alors que j'avais quelque peu regretté le manque d'aboutissement dans les combats au corps à corps, force est de constater que pour le coup, Tali-Ihantala 1944 se débrouille admirablement mieux, et ce dans tous les domaines. Avec une image léchée et une sobriété dans les propos qui ne font que renforcer l'immersion. Pas de grandiloquence hollywoodienne, ni de romance parasitant le suivi du film. Non, juste la vision très crue du conflit. Le propos n'est pas travesti, il est au contraire sublimé par cette façon de filmer qui remet le conflit au coeur du propos.

Épilogue :  Après le cessez-le-feu des 4 et 5 septembre 1944 (qui conduira à la très lourde armistice du 19 septembre 1944) l'offensive de Petsamo-Kirkenes (Петсамо-Киркенесская операция) mit fin à la présence Allemande en Finlande du nord par un assaut donné le 7 octobre 1944 jusqu'à la victoire de celui-ci le 29 du même mois. Dans le même temps, et par retournement de situation, une fois l'armistice conclu, les forces Finlandaises luttèrent en Laponie contre les divisions Allemandes restantes (trois fois plus nombreuses), et ce jusqu'en avril 1945.

En dépit de l'armistice du 19 septembre 1944 et de ses très lourdes obligations, tant financières (300 millions de dollars), territoriales (la remise cette fois de toute la région de Petsamo en sus des autres portions déjà obtenues en 1940) que symboliques (le procès  de personnalités jugées coupables de crimes de guerre, comme le Président Risto Ryti, avec la participation d'enquêteurs et de juges de l'Union Soviétique), l'indépendance du pays était sauve, ce qui n'était pas une gageure au vu de la disproportion des forces en présence. La question contemporaine chez les historiens nationaux est de savoir si cette guerre était vraiment nécessaire, jusqu'à quel point la peur d'une offensive préventive de l'Union Soviétique, l'absence d'appui formel des Alliés durant la Guerre d'Hiver ainsi que la surestimation de l'appareil de guerre Nazi auront pesé dans le déclenchement de celle-ci? Quant à l'Union Soviétique n'a-t-elle pas cédé à une volonté trop hâtive de régler la question du front nord, méprisant la qualité et l'abnégation des forces adverses, qu'elle connaissait pourtant pour les avoir affronté lors de la Guerre d'Hiver?

Anecdote : le terme de finlandisation très employé durant l'époque de la Guerre Froide désignera une politique étrangère d'un État dictée par une puissance étrangère.

PS : je ne manquerai pas de vous faire le compte de la série Военная разведка : Северный фронт (sorti en 2012), Front Nordique dès que je l'aurai visionné prochainement. Une manière d'équilibrer la vision cinématographique d'un même évènement.

mercredi 15 août 2012

Et si les Soviets avaient marché sur la Lune?


L'arrivée récente de la sonde de la NASA Curiosity sur Mars a enflammé les passions et relancé l'intérêt pour le secteur spatial au sein du grand public. Pour ceux qui par ailleurs désireraient en savoir un peu plus sur l'évolution du programme, ils peuvent se rendre sur le site officiel de la NASA : Mars Science Laboratory. Et prendre connaissance ainsi du premier panorama à 360° du lieu d'atterrissage (amarsissage?) de l'astromobile blindé d'éléments de mesure pour un poids total de 899 kilos! Depuis son point de départ du cratère Gale, le robot devra durant un périple de près de deux ans se rendre sur l'Aeolis Mons. Les composants électro-informatiques soumis à la dure ont été radiodurcis, c'est à dire protégés par les radiations. Et l'énergie pour lui permettre de se mouvoir provenant d'un générateur thermoélectrique à radioisotope, autrement dit une pile nucléaire pour simplifier à l'extrême. La mission qui devrait durer une année martienne, soit presque deux années terrestres prendra fin si tout se déroule comme prévu en juin 2014.

Cette réussite Américaine n'en marque que d'autant plus l'échec en 2011 de la mission Phobos-Grunt, la sonde Russe qui devait analyser l'un des deux satellites Martiens, Phobos. Couplé au lancement raté d'une sonde Indonésienne par un Proton-M le 7 août 2012, le programme spatial Russe peine à retrouver ses couleurs d'antan. Ce qui valut par ailleurs l'ire du Premier Ministre Dmitri Medvedev lors de ces deux évènements, et qui ne manquera pas de provoquer des changements drastiques les mois à venir. Les projets à venir sont malgré tout ambitieux, et tant le futur lanceur Angara que le futur vaisseau spatial sur lequel planche RKK Energuia sont prometteurs. Car cette fois, la course à l'espace semble doucement se ranimer, à la différence que Russes et Américains ne sont plus les seuls à postuler à ce club prestigieux de la conquête de l'espace, Chinois et Indiens se positionnant comme de sérieux outsiders. Pour en revenir aux Russes, les autorités de Rosskosmos avec l'accord au plus haut sommet de l'État ont lancé le plan de réflexion sur la stratégie de développement spatial jusqu'en 2030 et au-delà (Cтратегия развития космической деятельности России до 2030 года и на дальнейшую перспективу) : http://www.federalspace.ru/main.php?id=402

Je n'ai pas encore eu le temps de m'y plonger dans le détail, mais il fera vraisemblablement l'objet d'une étude à venir sur ce blogue. Toutefois le passage suivant est d'importance puisque fixant l'un des objectifs majeurs de ce plan : « разработку средств для контактных исследований и последующего освоения Луны ; осуществление демонстрационного пилотируемого облета Луны с последующей высадкой космонавтов на ее поверхность и возвращением их на Землю. » 
Ce qui signifierait l'arrivée sur la Lune des Russes à l'horizon 2020-2030 (et de leur retour sur Terre il va de soi). Là où le programme Luna échoua voici près de 50 ans à faire poser le pied d'un homme sur le satellite naturel. Cependant, il convient au vu des derniers échecs de remettre un peu d'ordre dans les services avant de se projeter aussi loin, ainsi le proféra Dmitri Rogozine, vice-Premier Ministre mais surtout superviseur des secteurs de la défense et spatial.

Cette course à l'espace, il est possible de la revivre virtuellement à travers un programme édité par Interplay et sorti en 1993 pour ordinateurs PC, puis décliné en 1994 sur un support CD-Rom permettant un stockage plus élevé de cinématiques que la version disquettes d'origine : Race Into Space (initialement Buzz Aldrin's Race Into Space). Loué pour son réalisme, il resta dans les mémoires de nombreux amateurs de ludiciels traitant de la conquête spatiale. Il est depuis dans le domaine public et a bénéficié d'un portage pour systèmes d'exploitation modernes (Windows, Linux, MacOs, FreeBSD).
Les passionnés qui oeuvrent autour du programme original l'améliorèrent substantiellement sur des points de réalisme et d'optimisation des mécanismes de jeu (ex. il est désormais possible lorsque l'on retire un astronaute du programme d'entraînement intensif de le ré-envoyer ultérieurement, ce qui n'était pas le cas dans le jeu original).

Pourquoi un tel succès presque vingt ans après? Pour la bonne raison qu'il projetait ni moins que de faire revivre la course à l'espace entre les deux superpuissances du moment : l'Union Soviétique et les États Unis d'Amérique. Débutant en 1957, la simulation ne s'arrête qu'à partir du moment où l'un ou l'autre arrive à faire poser le pied d'un spationaute ou cosmonaute sur le sol lunaire. Là où le ludiciel est vraiment performant c'est qu'il n'est possible d'y arriver qu'en suivant des étapes préalables et non en rushant comme un fou. En effet, des missions précipitées (le choix est offert d'avancer la date d'une mission pour coiffer au poteau le concurrent sur une mission particulière) accentuent la probabilité de les voir se conclure de manière catastrophique. Avec à la clef perte de budget et de prestige, ajoutée à la disparition de ressources humaines précieuses en cas de tentative ratée de vol habité.
Car les astronautes sont en effet une donnée essentielle : ils doivent être recrutés, puis formés en deux temps par un programme spécifique. Le jeu laisse ici le choix entre un panel historique (il est possible d'envisager de faire atterrir Gagarine sur la Lune) ou aléatoire. Chaque candidat ayant des attributions diverses, que ce soit pour le pilotage du module lunaire ou de la capsule, la sortie dans l'espace, l'endurance ou encore l'arrimage d'un module.
Souci du détail : une femme envoyée dans l'espace sera considérée comme une nouvelle étape de la conquête spatiale et rapportera aussi des points de prestige.

Les ressources humaines sont un aspect à ne pas négliger, par l'entraînement bien sûr mais aussi la motivation car des candidats écartés trop longtemps pour les missions spatiales demanderont à être libérés du service. D'autres enfin peuvent disparaître du fait d'un trop grand âge, d'un accident pendant ou en dehors d'une mission. On le constate cette partie est très dynamique et requiert une attention soutenue du joueur.

La combinaison des missions possibles est appréciable. Par exemple les sondes en direction d'autres planètes permettent d'une part d'améliorer la connaissance et la fiabilité des différents composants techniques du programme comme de rapporter encore plus de prestige et de fonds. Lesdits composants justement coûtent énormément d'argent tant pour les obtenir que pour les faire progresser à un niveau satisfaisant de sécurité (d'où les dépenses en recherche et développement). C'est tout un équilibre à trouver entre budget alloué, sécurité optimale, gestion des ressources humaines et avancement du projet. Car l'échec se tapit derrière chaque lancement et l'on maugrée en revanche lorsque l'adversaire franchit une nouvelle étape rapportée par un flash d'information.

Difficile de tout évoquer lorsque la simulation est à ce point complexe, car il serait nécessaire de répertorier l'ensemble des lanceurs, des modules, des combinaisons de sortie disponibles, comme la phase d'assemblage des divers éléments (avec prise en compte de leur poids inhérent) ainsi que l'impact des informations transmises, juste ou erronées, par la CIA/KGB etc. 

Alors oui ça a prit un coup de vieux sur le plan des graphismes et de l'ambiance sonore (encore que les musiques sont immersives malgré leur répétitivité), malgré tout l'on se prend rapidement au jeu. Et l'on en vient à suivre fébrilement le lancement d'un nouveau projet par la succession des cinématiques tout en croisant les doigts pour que le succès soit au bout. Précisons pour rajouter encore au plaisir de jeu que les deux camps sont sélectionnables, et chacun a été modélisé différemment pour ajouter encore au réalisme. D'où l'impression d'avoir deux ludiciels en un.

Disponible sur Source Forge (le site officiel semble abandonné mais le téléchargement demeure actif) : http://sourceforge.net/projects/raceintospace/

Enfin, toujours dans la catégorie simulation spatiale sérieuse et gratuite, je tiens à mentionner Mars Simulation Project développé depuis... 1998!

L'ambition de départ et qui a été conservé au fil des mises à jour depuis quatorze ans est de reproduire aussi fidèlement que possible les implications d'une colonisation humaine sur Mars. Il peut difficilement être assimilé à un ludiciel connu et frustrera fondamentalement énormément de joueurs car l'on n'a que peu d'effet sur la vie des colons. Certes il est loisible par exemple d'ordonner à un groupe de se lancer dans une mission d'exploration ou de collecte de minéraux mais sitôt celle-ci terminée ou annulée (pour cause d'avarie/décès), les protagonistes reprennent leur vie en fonction de leur spécialité. En outre, les interactions entre individus ont une influence sur le cours du jeu, provoquant des amitiés/ressentiments et partant de là du stress et du bonheur, rallongeant ou diminuant d'autant la vie de ceux-ci. Car oui, les colons ne sont pas immortels, ils vivent et meurent. Parfois d'accidents comme un dysfonctionnement dans une combinaison mais aussi de maladies.
La gestion de la ou des bases est aussi épineuse puisqu'il faut tenir compte du stock de matériel (pièces détachées) disponible pour la maintenance ou l'édification des installations. Et d'apprendre à ne pas gaspiller certaines ressources comme l'oxygène, l'eau ou même l'énergie en les rationnant. Ou alternativement en activant une procédure de recyclage (si l'infrastructure est disponible/construite dans la base il va de soi).

La simulation est à ce point si bien conçue qu'il est possible d'ouvrir une route commerciale entre deux bases pour échanger du matériel. Bien pratique pour la survie de colonies éloignées. À ce stade de développement néanmoins, cette possibilité apparait trop peu développée bien qu'il est appréciable qu'elle soit disponible.

Toujours en cours d'amélioration, les versions successives n'ont fait que bonifier une idée originale basée principalement sur l'intelligence artificielle et la tentative de simuler les difficultés de la vie martienne. Sous des dehors un peu arides (entre tableaux façon Excel et cartes tirant vers l'orangé), la richesse du programme reste son principal atout et même si l'on n'a que peu d'emprise sur le cours général de la vie, l'intérêt est surtout de comprendre combien une colonisation en bonne et due forme relève de la gageure.
La dernière mise à jour date de juin 2012 et l'on attend déjà avec impatience la suivante.

Disponible sur le site officiel : http://mars-sim.sourceforge.net/

jeudi 9 août 2012

Trader en ligne n'est pas jouer (Knight Capital syntax error)


440 millions de dollars. Une somme rondelette. Lors que c'est relatif à des pertes, toute société serait en mesure de se dire que l'heure serait au pain noir voire à la privation totale de nourriture pour cause de faillite. Ce n'est pas encore le cas pour Knight Capital, société de trading officiant à la Bourse de New York [1], mais le vent du boulet n'est pas passé loin, surtout avec une dépréciation de son titre de près de 62%.

Que s'est-il donc passé pour que cette société de Jersey City soit dans un tel maelström?
Un bogue. Une erreur d'ordre logicielle lors de la mise à jour du logiciel de transactions assistées de la compagnie en courtage le 1er août dernier. Résultat : un début de panique pour quelques 140 titres gérés par la société Américaine avec des ordres de transactions envoyés de façon erronée et à la chaîne.

Fort heureusement, une ligne de crédit sous forme de recapitalisation à hauteur de 400 millions de dollar vient d'être accordée à la malheureuse victime de ce bogue (et de son portefeuille de clients par ricochet). Elle pourra selon ses propres prévisions reprendre son activité dès lundi prochain après avoir accusé le coup d'une suspension de son mandat de teneur de marché au NYSE Euronext au profit de la firme GETCO.

L'évènement aura au moins eu le mérite de populariser la notion de High Frequency Trading (HFT), ou plus concrètement en langue française, Transactions à Haute Fréquence. La définition qu'en donne Wikipédia étant la suivante :
Les transactions à haute fréquence ... réfèrent à l'exécution à grande vitesse de transactions financières faites par des algorithmes informatiques. Ces opérateurs de marché virtuels peuvent ainsi exécuter des opérations sur les marchés en un temps calculé en microsecondes.

Depuis l'avènement de l'informatique et de son évolution tentaculaire sur l'ensemble des activités humaines, le secteur financier se place de plus en plus sous l'épée de Damoclès de failles et d'attaques cyber aux conséquences dramatiquement exponentielles. Les exemples de ratés informatiques de la Bourse de New York en 2010 et de la Bourse de Hong Kong en 2011 sont là pour rappeler que ce n'est pas une première et encore moins d'une dernière itération d'un tel type de risque. Cette tendance n'est d'ailleurs pas sans nous interpeler sur d'autres aspects tels que la volatilité des cours et de l'absence d'investissement net à terme.

Pour rappel, voici un très court extrait de ce que j'évoquais dans l'ouvrage Stratégies dans le cyberespace consacrée à la cyberstratégie financière au sein de l'article : Vers un 11 septembre cyberfinancier?

Rien ne peut s’imaginer de nos jours sans le passage par les échanges à travers les réseaux informatiques. Méditez par exemple sur une journée ordinaire sans moyen de télécommunications modernes. À l’heure où l’on peut disposer avec nos mobiles d’appareils multifonctions permettant tout aussi bien de téléphoner que de visualiser des vidéos ou encore de naviguer sur le réseau internet, on saisit sans peine quel serait le risque d’une coupure généralisée. Pour la finance, qui a toujours un besoin accru de rapidité tendant vers l’instantanéité, ce serait une catastrophe : un retard dans le traitement des ordres au sein des bourses de valeurs et ce sont des sommes astronomiques qui seront perdues, des contrats qui seront rompus et des investissements irrémédiablement retardés.
...
cette automatisation est inhérente à notre société : plus de facilités et de modalités disponibles pour plus de dépendance, et ce faisant nous plaçant irrémédiablement sous le couperet d’une défaillance dramatique.

[1] Et plus particulièrement dans les services de transactions électroniques. Comme il est rapporté sur la fiche publique du groupe : Electronic Execution Services consists of electronic trading products that provide clients with market access, speed and trading efficiencies. The offering includes Knight Direct, Hotspot FX and Knight BondPoint.

MAJ : Il suffisait que je dresse un focus sur les transactions financières assistées électroniquement pour que l'on évoque un virus, du nom de Gauss, s'attaquant directement à celles-ci ! Une fois encore c'est la société d'antivirus Russe Kaspersky qui a découvert le pot aux roses. Sur le site, la nouvelle est annoncée ainsi :
Kaspersky Lab annonce la découverte de « Gauss », une nouvelle cybermenace ciblant des utilisateurs au Moyen-Orient. Gauss est un kit complexe d’outils de cyberespionnage, commandité par un Etat et conçu pour voler des données sensibles, plus particulièrement des mots de passe saisis dans les navigateurs, des identifiants de comptes bancaires en ligne, des cookies ou encore des configurations spécifiques sur les machines infectées.
Ce nouveau malware a été découvert par les experts de Kaspersky Lab en juin 2012. Son module principal a reçu (de ses mystérieux créateurs) le nom du mathématicien allemand Johann Carl Friedrich Gauss. D’autres composants portent également les noms de savants illustres, tels Joseph-Louis Lagrange et Kurt Gödel. L’enquête a révélé que les premiers incidents impliquant Gauss remontent à septembre 2011. En juillet 2012, ses serveurs C&C ont cessé de fonctionner.
Les multiples modules de Gauss ont pour but de collecter des informations auprès des navigateurs Internet, en particulier l’historique des sites Web fréquentés et les mots de passe. Des données détaillées sur la machine infectée sont également transmises aux auteurs de l’attaque, notamment les spécificités des interfaces réseau, les périphériques de stockage et le BIOS. En outre, le module Gauss est en mesure de voler des données aux clients de plusieurs banques libanaises, à savoir Bank of Beirut, EBLF, BlomBank, ByblosBank, FransaBank et le Crédit Libanais. Il cible par ailleurs les utilisateurs de Citibank et PayPal
.
Alexander Gostev, expert en chef de la sécurité chez Kaspersky Lab, commente : « Gauss présente des ressemblances frappantes avec Flame, telles que sa conception et son code source, ce qui nous a permis de découvrir ce programme malveillant. Tout comme Flame et Duqu, Gauss est un kit complexe d’outils de cyberespionnage, développé avec soin et dans le plus grand secret. Cependant, son objectif est différent de celui de ses deux prédécesseurs. Il cible une multitude d’utilisateurs dans certains pays afin de leur dérober de grandes quantités de données, plus particulièrement des informations bancaires et financières. »
Merci à Étienne B. pour le relai de l'information ;-)


Cours de l'action Knight Capital sur un mois (juillet - août)

lundi 6 août 2012

L'Anonymous tu ne déposeras point


Les Anonymous sont devenus les hacktivistes les plus célèbres du net. Au coeur de plusieurs affaires, ils n'ont cessé de défrayer la chronique depuis le projet Chanology dirigé envers l'Église de scientologie. Avec des résultats plus ou moins probants, et des méthodes plus ou moins appréciées. Ils demeurent pourtant un de ces phénomène nés d'Internet, existant virtuellement et défendant une vision de leur milieu fût-ce par des actions « coup de poing ». Se retranchant derrière le masque du héros de V for Vendetta (issu du long métrage des frères Wachowski, les mêmes ayant réalisé la trilogie Matrix et de la bande-dessinée du talentueux Alan Moore) lors de chacune de leurs interventions filmées (par leurs soins ou lors de participations sur des plateaux télé) ou même dans la rue lors de rassemblements divers.

Décentralisés, les Anonymous sont un groupe dont on aurait peine à compter les forces en présence. Ce qui ne les empêche pas de clamer qu'ils sont légion, qu'ils n'oublient pas et qu'ils ne pardonnent pas (We are Anonymous, we are legion, we do not forget, we do not forgive en langue originale). Tout un slogan qui fait mouche. Et qui n'a pas échappé à un petit malin dont les intentions ne sont pas claires à ce jour. Le dirigeant de la société Early Flicker (une EURL sise dans le XVIème arrondissement de Paris) entreprit en effet de déposer le logo et le slogan à son compte auprès de l'organisme de propriété intellectuelle en France, l'INPI. 

Évidemment une telle appropriation demeurant à l'opposé des idéaux originaux des Anonymous ne pouvait que susciter leur colère. Remarquons ce faisant la latence de réaction, puisque tout est parti d'un tweet six mois après le dépôt initial (février 2012) relatif à l'inscription par l'organisme national des classes visées (18, 21, 25) au bulletin officiel de la propriété industrielle (BOPI). Soit pêle-mêle de la maroquinerie, des produits ménagers et de l'habillement. Difficile d'entrevoir la visée réelle du gérant. Toutes les conjectures étant possibles : bourdonnement commercial (buzz), utilisation mercantile à terme ou comme il l'affirme volonté de protéger le logo et le slogan d'autrui de sa propre initiative ? Ou peut-être tout simplement naïveté confondante, trouvant l'ensemble très seyant pour son agence web et les produits dérivés possibles ?

Toujours est-il que les réactions n'ont pas manqué de survenir et le responsable de s'en expliquer, comme l'exprime son message posté sur la page du site Pickapop.fr
La société Early Flicker est une petite entreprise qui propose à chacun de personnaliser des objets divers, à l'effigie de pays, de personnages ou d'idées qu'ils défendent. Ses profits sont minimes, nous ne vendons que 2 ou 3 objets par jour mais l'idée était sympathique, ludique et m'a enthousiasmé...
Il semblerait que l'information ait été relayée il y a quelques jours seulement, mon action était jusque là passée inaperçue, pour la simple et bonne raison que je n'ai pas cherché à revendiquer quoi que ce soit, ni à "faire le buzz". Le dépôt a été fait dans la discrétion absolue en février et n'avait alors fait aucune vague. Je suis toujours sous le coup de l'étonnement face à la folie qui en resulte aujourd'hui, mais qui a au moins le mérite de prouver notre réactivité devant une menace contre notre liberté d'expression...
Soyons clairs, il n'est absolument pas question de créer une "marque" Anonymous. Je ne produis pas de séries, mais à l'unité et à la demande, je n'ai jamais vendu en gros de t-shirts à l'effigie du mouvement, je ne fabrique aucune étiquette ni aucun signe de reconnaissance de mes produits. Je ne fais que poser une image sur un objet, au choix du client, comme le font des centaines d'autres sites comme le mien...
Je confirme donc publiquement me porter garant de leur utilisation gratuite et légale en France par tous ceux qui se reconnaîtrons dans les idéaux d'Anonymous, et ceci aussi longtemps qu'il me le sera permis par les sympathisants du mouvement. Je répète que jusqu'à présent je ne me suis jamais éloigné de cette voie, ce qu'il est facile de vérifier. De plus, sans le buzz créé par des sites d'information, et non par ma société, rien n'aurait changé concernant l'utilisation de ces logos et credo, et le dépôt aurait même pu rester silencieux encore des mois ou des années durant...

Alors suffisant pour rasséréner les Anonymous sur le sujet? Des contacts auraient lieu en ce moment même car comme il est précisé à la fin du message : 
J'échange actuellement avec l'un des comités de soutien France des Anonymes, à leur demande, je ferai ce qui leur semblera dans l'intérêt du mouvement.

Question : pourquoi ne pas avoir tenté de prendre contact préalablement avec ce comité avant de s'attirer les foudres de la communauté dont il explique pourtant supporter les points de vue ? Et pourquoi ne pas avoir joué sur le parodique, ce qui aurait calmé bien des esprits ? Il est vrai qu'il y a quelque chose de risible à déposer une marque et un logo d'un mouvement qui a toujours férocement lutté contre les tentatives de musèlement de l'Internet par la propriété intellectuelle. Notamment l'ACTA pour ne citer que le plus récent (et qui mériterait un dossier à lui tout seul pour l'opposition véhémente que cet accord suscite depuis des années, d'autant que son existence avait été nié dans un premier temps).

Il pose aussi juridiquement la question de savoir si une phrase devenue célèbre et bénéficiant de l'antériorité sur un support numérique peut se voir protéger de facto et non de jure ? Dans la vidéo jointe ci-dessous, il est indiqué qu'une idée n'est pas à vendre. En vérité, les idées sont insusceptibles de dépôt, or le slogan des Anonymous fut déposé en tant que marque mais pourrait être battu en brèche sur ce plan.

Le dépôt peut être consultable ICI.

MAJ du 06/08/2012 : le gérant de la société Early Flicker a renoncé au dépôt de marque et de dessin à l'INPI en contrepartie de la possibilité de les utiliser commercialement par l'entremise de produits dérivés. Une solution équitable somme toute.