samedi 31 mars 2012

Les DDoS par téléphonie mobile ça existe

L'on parle énormément d'ordinateurs zombies, mais quid des autres outils de communication? Mobiles et tablettes sont pourtant encore plus faillibles que des ordinateurs personnels pour une raison très simple : les utilisateurs sont encore moins sensibilisés aux risques de piratage de leurs accessoires alors que ces derniers sont justement de plus en plus la proie d'intentions malveillantes du fait de leur puissance de calcul comme connectivité croissantes et de leur faible protection en mode natif. Des botnets de mobiles et/ou tablettes n'est absolument plus du domaine de la fiction.

Un exemple récent relevé par le site Datasecuritybreach évoquant le cas d'un DDoS (Distributed Denial of Service attack =  attaque par déni de service) : une PME dont le numéro de téléphone a été assailli par un nombre conséquent d'appels simultanés a vu son standard occupé par ceux-ci et être dans l'impossibilité de prendre les appels de clients. Deuxième effet kiss-cool : les personnes dont le service de téléphonie a été détourné vont bien évidemment devoir s'acquitter d'une facture conséquente au vu du nombre d'appels passés à leur insu.

Ce type d'attaque devrait exploser les années à venir pour les raisons précitées en début de billet. Dans le cas présent une seule entité était visée, mais imaginons des organisations plus imposantes et stratégiquement encore plus sensibles... Car des botnets mobilisant non pas uniquements des mobiles mais des tablettes et des ordinateurs disposeraient d'une force de frappe difficilement résistible! 

Les anciens possesseurs de modems se souviennent de la hantise des numéros surtaxés du fait de leur connexion Internet parasitées par des logiciels tiers. La même hantise pourrait ressurgir avec nos mobiles pour les mobinautes. Sans compter que les opérateurs de téléphonie risqueraient d'avoir bien des soucis à faire bénéficier à leurs abonnés d'un réseau stable en évitant des noeuds d'engorgement du trafic bien problématiques car soudains et répétés.

Une inquiétude partagée par Infotech
From a security standpoint, mobile network data growth is a game changer. Hackers look for opportunity and they see plenty in mobile networks – from the infrastructure itself, to the ubiquity of connected devices, to users who load them with personal and sensitive information. Mobile operators are struggling with the availability of limitless botnets with ever increasing bandwidth, the vulnerability of the infrastructure itself and with few network control points.

Enfin, toute aussi prévisible est l'apparition de ce type de cyberattaque sur les réseaux IPV6. Ce qui fut inauguré fin février 2012... Comme le rappelle si bien l'article de ZDnet, l'un des arguments secondaires de l'IPV6 face à l'IPV4 (l'argument premier étant l'extinction de la disponibilité des adresses sous ce protocole) était la présence de l'IPsec. Las, il a bien fallu se rendre à l'évidence que l'IPV6 n'allait pas mettre à l'abri d'un coup de baguette magique l'ensemble des utilisateurs connectés à Internet. Bien évidemment le problème va bénéficier d'une contre-mesure mais il n'en demeure pas moins que l'attaque DDoS a le vent en poupe et ne devrait pas dans l'immédiat baisser en intensité, bien au contraire. Même si certaines actions peuvent brider sérieusement leur efficacité, du moins temporairement comme avec le démantelement du botnet Zeus voici quelques jours par Microsoft : le nombre évalué d'ordinateurs sous contrôle du botnet fait d'ailleurs frissonner puisque l'on parle de plusieurs millions de serveurs zombies! À méditer...

mardi 27 mars 2012

L'araignée noire : Lev Yachine

À l'approche de l'Euro 2012 se déroulant conjointement en Pologne et Ukraine, il est parfois bon de regarder dans le rétro et de se souvenir de ces grandes figures qui donnèrent au football ses lettres de noblesse par leur talent et leur charisme.

Le Soviétique Lev Yachine (Лев Яшин) est de ceux-ci. Surnommé l'araignée noire, celui qui ne connut que le Dynamo Moscou en tant que club (à comparer avec les incessants mouvements des footballeurs actuels allant et venant tous les trois ans en moyenne) fut une des plus grandes gloires du football des années 50 et 60. Né en 1929, il mourut en 1990 peu de temps avant la chute de cet État dont il avait porté les couleurs durant 78 rencontres internationales. 
Les Français ne peuvent l'oublier puisqu'avec l'Union Soviétique il remporta l'Euro 1960 dont la France était l'hôte, soit quatre années après avoir remporté la médaille d'or aux Jeux Olympiques de Melbourne. Il accrocha une fois encore une médaille, d'argent cette fois-ci, lors de l'Euro 1964 face à une Espagne de grand talent emmenée par Luis Suárez et Jesús María Pereda. Il effectuera une belle campagne durant la Coupe du Monde 1966, son équipe n'échouant qu'en demie-finale de la compétition. Il sera même convoqué pour la Coupe du Monde 1970 mais à un poste de troisième gardien, principalement en tant qu'icône du football Soviétique, ce qui porta bonheur à l'équipe qui effectua une plus qu'honorable performance en se hissant en quart de finale de l'épreuve.
Il est facilement relevable que les années footballistiques les plus fastes de l'Union Soviétique furent précisément celles où Lev Yachine officia.

Avant les innovations réglementaires des années 90, Lev Yachine donna au gardien de but un rôle de plus grande envergure mariant à la fois arrêts spectaculaires, sorties de zone et surtout emprise tactique sur sa ligne de défense. Des éléments jugés communs de nos jours qui doivent cependant une certaine légitimité à ce grand sportif venu du froid.

Il est à ce jour le seul gardien à avoir obtenu un Ballon d'Or  (dorénavant appelé FIFA Ballon d'Or après fusion avec le prix concurrent FIFA), la distinction annuelle récompensant le meilleur joueur par ses pairs et les journalistes du milieu.

samedi 24 mars 2012

Sanctionner les lecteurs de sites fichés : pas si simple

Une fois l'épilogue connu du drame de Toulouse et désireux de juguler tout prosélytisme extrémiste par voie numérique, le Président Français Nicolas Sarkozy n'a pas hésiter à tonner : « Désormais, toute personne qui consultera de manière habituelle des sites internet qui font l'apologie du terrorisme ou qui appellent à la haine et à la violence sera punie pénalement ». Le Premier Ministre se permettant d'ajouter qu'une telle loi serait votée avant la Présidentielle (soit avant le 22 avril 2012) en cas de consensus avec les partis représentés à l'Assemblée Nationale.

Si les intentions sont louables, cette annonce amène à réfléchir : 
  • A-t-on déjà effectué le recensement des mesures existantes au sein du Code Pénal avant de déposer tout nouveau projet de loi alourdissant encore ce dernier?
  • Cache-sexe du manque de moyens offerts à la justice comme à la police, l'inflation législative sera-t-elle accompagnée d'une enveloppe budgétaire conséquente? Si le but est de contrôler à grande échelle Internet à dessein de faire respecter la volonté du chef de l'État, il va sans dire que les moyens techniques devront être à l'aune de cette ambition. Or le traçage des individus n'est pas une mince affaire, encore plus lorsqu'il s'agit de déployer un large filet. Il requiert en outre l'assentiment des fournisseurs d'accès qui facturent très cher leurs prestations. Et certains d'entre eux n'ont pas récemment hésité à réclamer les sommes conséquentes dûes pour la conservation puis communication de listes d'adresses IP soupçonnées d'infraction à la propriété intellectuelle sur injonction de l'HADOPI. Ainsi si un Deep Packet Inspection est tout à fait envisageable, il serait très lourd et très onéreux à mettre en place.
  • Qu'adviendra-t-il des journalistes d'investigation, des thésards sur le thème du terrorisme religieux, des fouineurs et des agents des services de renseignement qui oseraient s'aventurer sur de tels sites pour des raisons propres à leur activité ou par curiosité? Leur inculpation zélée ne risquerait-t-elle pas de jeter le discrédit sur une telle mesure?
  • Rendre plus méfiants les apprentis-terroristes n'est-ce pas malgré tout compliquer la tâche des services chargés de les pister et d'opérer une veille des cellules sur le territoire national? En effet, un terroriste averti en vaut deux : au lieu de baisser la garde tôt ou tard, celui-ci va au contraire redoubler d'efforts et de subterfuges pour masquer son cheminement et son activité. Pas certain que cela soit le but recherché originellement.
Peut-être dérangeante est cette impression que  selon certaines personnalités l'outil conditionnerait un caractère criminogène. Une fois encore, l'émotion ne doit en aucune façon occulter la réflexion : une loi n'est pas un hochet électoral, se devant d'être pondérée et viser un intérêt général.

mardi 20 mars 2012

Combat Mission Afghanistan, une simulation Russe de combats tactique très aboutie


La série des Combat Mission est déjà bien ancrée dans le paysage des simulations tactiques. Et ce depuis 2000 avec le premier opus consacré au débarquement.
Le succès n'était pas évident : de la 3D pixellisée, des sons minimalistes, un tempo de jeu très lent. Pourtant la sauce prit car malgré ces lacunes, le jeu bénéficiait d'une profondeur réelle, et la 3D dans un jeu tactique servait utilement par la prise en compte de nombreux facteurs (la ligne de vue et la distance étaient véritablement gérées par le moteur de jeu entre autres exemples). 

Sorti en 2010, Combat Mission Afghanistan est un stand-alone, ce qui signifie que le ludiciel n'a pas besoin d'un autre programme pour fonctionner. Il n'est par conséquent pas une extension comme le furent les modules additionnels de Combat Mission Shock Force (qui a pour théatre d'opération contemporain... la Syrie!).
D'origine Russe [1] et basé sur la dernière version du moteur de la série, le titre original est Линия фронта : Афганистан 1982. 
Ce conflit qui mobilisa d'importantes ressources de l'Union Soviétique dura près de 10 ans, de 1979 à 1989. Parfois appelé le Viêt-nam des Soviétiques, l'Afghanistan fut une litanie d'escarmouches plus ou moins sanglantes. Si les Soviétiques tinrent les axes stratégiques, ce le fut au prix du sang : 14 453 morts et près de 53 754 blessés. Une fois le retrait des Soviétiques effectué, le régime de Nadjibullah tiendra malgré tout trois ans sans appui extérieur sous la pression constante des moudjahidine, non sans avoir obtenu une victoire probante durant la bataille de Jalalabad entre mars et mai 1989.
Le jeu se propose de vous faire revisiter ces longues années de tiraillements en milieu hostile avec le moteur de jeu habituel des Combat Mission : les vétérans ne seront ainsi pas déboussolés et les autres bénéficieront d'un produit stable et complet.
Au menu : 2 campagnes, l'une démarrant en 1980 lors de l'entrée en masse des Soviétiques dans le pays et l'autre en 1985 [2] lors de violentes embuscades orchestrées par les moudjahidine et 14 scenarii historiques indépendants disponibles. L'éditeur de scénario et de campagne est comme il se doit intégré, ainsi qu'un module de scénario rapide et promet de fait une rejouabilité infinie, ou peu s'en faut. Les conditions géographiques et climatiques sont de la partie, de même que le facteur humain comme dans les itérations précédentes. L'armement est comme il se doit fidèle à la réalité historique, de même que la composition des forces en présence. L'intelligence artificielle est réactive selon l'expérience de l'unité, et les troupes sont capables d'une certaine initiative. Ainsi une unité sous le feu ennemi alors que l'on est occupé à gérer une autre unité ailleurs n'attendra pas un ordre de se replier, de se mettre à couvert ou encore de riposter, elle le fera en revanche plus ou moins rapidement et efficacement en fonction du degré d'expérience de ses gradés, de même qu'elle pourra prendre la fuite faute d'un moral et soutien suffisants. Quatre camps sont disponibles : la République démocratique d'Afghanistan, l'Union Soviétique, les moudjahidine et les forces tribales. Le tout dans une période s'étalant de 1979 à 1992, incluant donc une partie de la guerre civile. L'armement est pléthorique et réaliste puisque sont même introduits les engins explosifs improvisés (à l'efficacité fluctuante) et des armes occidentales comme le FN FAL tout comme l'antédiluvien SMLE (Lee-Enfield) Mk. III disponible en grand nombre en Afghanistan durant le conflit. En outre, l'appui d'artillerie et aérien est de la partie (dont les hélicoptères qui furent à l'honneur dans le très criticable historiquement mais divertissant cinématographiquement Rambo III).
Le choix de la partie au tour par tour ou en temps réel, y compris en multijoueur, achève d'en faire une simulation très pointue. Et que l'on peut même qualifier de hautement complexe. Il serait trop long et difficile d'être exhaustif quant à toutes les possibilités offertes et les facteurs intéragissant dans ce ludiciel, et il est bien difficile de se demander ce que les développeurs auraient pu ajouter à l'ensemble. En outre, loin de la réalisation grossière des premiers épisodes de la série, celui-ci est agrémenté de détails assez remarquables sur le plan graphique et l'environnement sonore s'il demeure moyen n'est pas à vilipender.

Pour tout passionné de la question du conflit, Combat Mission Afghanistan est une vraie perle dépassant le titre d'HPS Soviet Afghan War qui est lui autrement plus classique, uniquement en tour par tour, en 2D, et de fait moins ludique avec même quelques lacunes dans les mécanismes de jeu.

Si le sujet vous intéresse, je vous recommande vivement le numéro thématique de novembre 2008 du Centre de Doctrine d’Emploi des Forces et coordonné par Mériadec Raffray : Les Soviétiques en Afghanistan 1979-1989, l'Armée Rouge boulversée.
Au passage, l'auteur évoque l'impact du Stinger Américain,le FIM-92, sur le champ de bataille, d'autant qu'il est souvent cité comme ayant eu une importance cruciale dans le retour en force des moudjahidine.
On a beaucoup écrit que l’arrivée des Stinger sur le théâtre à partir du dernier trimestre de l’année 1986 marque la fin du règne des hélicoptères dans le ciel afghan et le début du retournement du conflit en faveur des Moudjahidin. « Ce missile était efficace », corrigent aujourd’hui les experts occidentaux, « mais l’examen des pertes en hélicoptères soviétiques ne révèle pas une augmentation significative après son introduction. Le Stinger ne détruisit pas tant d’avions que cela. En revanche, il entraîna une révision complète de la doctrine aérienne soviétique (…). Il se montra efficace non pas en nombre d’appareils abattus mais par le changement de tactique qu’il engendra ».
La menace de ces missiles rend les pilotes plus prudents et la pression sur les Moudjahidin diminue. Cette nouvelle arme antiaérienne réduit la menace exercée par le couple hélicoptères-forces spéciales sur les routes d’approvisionnement de la résistance. Jusqu’en 1981, les appareils évoluent très bas. Progressivement, les pilotes grimpent entre 500 et 700 m puis à 1 500 m d’altitude. Pour échapper aux Stinger, ils volent au-delà de 2 000 m, tandis que les techniciens équipent les aéronefs de nouveaux systèmes de contre-mesures électroniques et de leurres.
A partir de 1987, les appareils s’aventurent moins du côté ennemi. « L’arrivée des Stinger provoque une révision de la tactique aérienne et freine la mobilité des troupes. Mais les conséquences ne furent pas aussi dramatiques qu’on a bien voulu le dire, car les Soviétiques n’ont jamais été adeptes du tout aérien comme les Américains au Vietnam. En réalité les Stinger permirent aux Moudjahidin de sécuriser leur logistique mais n’ont pas accru la vulnérabilité des Soviétiques pour autant ». En réaction, les Soviétiques multiplient les convois terrestres pour ravitailler leurs troupes.
En dix ans, la 40e armée a perdu quelques 334 hélicoptères. Les États-Unis ont estimé qu’à la fin de l’année 1987, les Soviétiques perdent en moyenne un aéronef (avion ou hélico) par jour. Cette statistique est sans doute exagérée bien qu’elle donne une idée précise de l’effet que l’introduction de ce missile a pu produire sur les pilotes soviétiques.

En complément, une analyse sur l'emploi du jeu de stratégie (même non informatique) au sein de l'armée de terre par Michel Goya : À propos du wargame dans l'armée de terre.

Le site officiel de Battlefront.com
Le site officiel du développeur Russe Snowball (avec le regret de ne pas disposer de version anglophone pour les visiteurs étrangers car le site est très riche en informations)


[1] Les Russes depuis quelques années redécouvrent ce conflit par l'entremise de métrages et reportages. Les jeux vidéo ne sont pas en reste comme l'illustre l'existence de 9 рота ou encore Правда о девятой роте. Seul le premier a bénéficié d'une commercialisation dans les pays occidentaux sous l'appellation 9th Company : Roots of Terror.
Enfin, une curiosité de 1989 traitant du sujet sur le plan cinématographique : Груз 300. Le film est d'autant plus étonnant qu'il évoque une guerre se clôturant au moment même du tournage. Cargo 300 signifiant argotiquement en russe un soldat blessé. Symptomatiquement l'histoire fait référence à des instructeurs étrangers aux côtés des Afghans, ce qui n'est pas incongru dans le cadre de l'Operation Cyclone élaboré par la CIA dès 1979.
[2] Basées sur des opérations réelles comme la protection de la banlieue de Kaboul en septembre 1982, l'éradication d'individus hostiles en pleine zone habitée dans la province de Wardak en février 1985 ou encore l'attaque de nuit dans la vallée d'Andarab de la province de Baghlân en février 1988.



La première partie de Груз 300 :



samedi 10 mars 2012

AGS sur le front des publications en 2012


Alliance GéoStratégique ce sont surtout des analyses aux petits oignons publiées en ligne sur le site officiel.

Mais ce n'est pas que cela. Ce sont aussi des colloques, des publications papier, des cahiers... Cette force intellectuelle, cette multiplicité d'angles d'analyse et de couverture thématique offrent en certaines occasions de louables éclairages quant à certains de ses membres. 
Ainsi Florent de Saint-Victor de Mars Attaque et Stéphane Mantoux d'Historicoblog ont bénéficié d'un encart bienvenu dans le bimensuel (autrefois trimestriel) Guerres et Histoire en les numéros 4 et 5. Une publicité appréciable car d'une part au sein d'une revue dont la notoriété monte en flèche et c'est tout mérité car délivrant des analyses fort passionnantes et aucunement franco-centrées (au contraire de revues similaires) et d'autre part illustrant les passerelles entre publications papier et publications numériques au lieu de s'ignorer mutuellement.


Ensuite, signalons le numéro spécial La Corne de l'Afrique de Sécurité Globale coordonné par Sonia Le Gouriellec du blogue Good Morning Afrika, et traitant elle même d'un article consacré aux Trois trajectoires de sécession dans la Corne de l’Afrique : le Somaliland, l’Érythrée, le Soudan du Sud. Édité par l'Institut Choiseul.


Dans la foulée, rappelons la publication des actes du colloque  d'Espace et Défense aux éditions L'Harmattan organisé en novembre 2010 à l'Assemblée Générale sous la co-direction de Pierre Pascallon et Stéphane Dossé, Lignes Stratégiques. Militarisation de l’espace, arsenalisation de l’espace et sécurité et de la surveillance internationales de l’espace sont les lignes directrices de cet ouvrage de qualité.


Enfin, un reportage sur France 24 impliquant deux alliés : Michel Goya, La voie de l'épée, et Olivier Kempf, EGEA, lors du Journal de l'Intelligence Économique et revenant sur les guerres low cost faisant référence au premier cahier de l'Alliance GéoStratégique. L'intégralité du reportage sur le site officiel.





mercredi 7 mars 2012

Café stratégique numéro quatorze : Le journalisme de Défense, enjeux et défis


Avec Philippe Chapleau, journaliste et blogueur. Le jeudi 8 mars 2012 de 19h à 21h (entrée libre), Café Le Concorde, métro Assemblée nationale, 239, boulevard Saint-Germain 75007 Paris.

dimanche 4 mars 2012

Quelle sera la voie de l'ours Russe après 2012?


Article paru sur Alliance GéoStratégique le 4 mars 2012

À quelques heures du résultat définitif des élections présidentielles de 2012, il ne fait guère de doute que le Premier Ministre Vladimir Vladimirovitch Poutine sera élu au poste de Président de la Fédération de Russie. Seules inconnues réelles : la poussée électorale des opposants et le taux d'abstention.
Les récentes élections législatives se sont déroulées début décembre 2011 et ont vu l'érosion du parti présidentiel, Russie Unie (Единая Россия), perdant près de 77 sièges au profit notamment des communistes et du jeune parti Russie Juste (Справедливая Россия) créé en 2006. Il n'est pas improbable que cette usure du pouvoir affecte aussi le candidat de Russie Unie pour des raisons tenant d'une part à une constante électorale que plus on reste dans les hautes sphères du pouvoir plus on prend le risque d'une désaffection, même relative, et ensuite tenant à l'absence d'idée force ou d'évènement conséquent roborant la candidature de Vladimir Poutine. À près de soixante ans, ce dernier demeure néanmoins populaire au sein de la majorité de la population. En revanche, il l'est clairement moins dans les instances internationales où l'on préférait le « libéral » Dmitri Medvedev réputé plus souple lors de négociations. Ce qui au passage n'était qu'un trompe-l'oeil puisque le conflit de 2008 avec la Géorgie et les remontrances au sujet du bouclier antimissile l'ont été de son propre chef.

Ce faisant, la reconduction de Vladimir Poutine pour six ans au poste de Président [1] laisse ouverte de bien légitimes questions.

Coopération militaire avec les occidentaux : stop ou encore?

La vente de BPC Mistral par la France dont deux seront construits par les chantiers navals Russes, la construction de blindés Italiens à Voronej et la création d'un centre d'entraînement militaire Allemand près de Nijni Novgorod sembleraient faire accroire que l'entente serait bonne avec les partenaires occidentaux de la Russie. De même que la convergence de vues avec Obama et Medvedev apparaissait toute acquise tant les deux hommes étaient réputés pour être enclins aux concessions mutuelles ce qui permit des avancées notables telles que l'introduction avec la bénédiction des États-Unis de la Fédération de Russie au sein de l'Organisation Mondiale du Commerce en décembre 2011 ou encore la signature à Prague en avril 2010 du traité START-3, appelé aussi New Start pour bien démontrer l'avancée de ce dernier [2].

Et pourtant... Des écueils sont survenus qui tendent à confirmer un raidissement des deux parties en présence. Le premier, et certainement pas le moindre étant le fameux bouclier antimissile, ou ABM pour anti-ballistic missile. L'insistance Américaine, et les décisions des gouvernements Polonais, Roumain comme Tchèque à accepter sur leur sol des éléments de cet ensemble a durablement dressé leurs homologues Russes sur leurs ergots. Le sommet de l'OTAN prévu à Chicago les 20 et 21 mai ne sera pas de tout repos puisque l'objectif d'obtenir un accord global avec ce partenaire oriental a toutes les chances de se heurter d'ores et déjà au niet ferme du sucesseur de Dmitri Medvedev. Ce qui ne serait guère une surprise stratégique puisque Poutine réitéra une position identique durant toute la durée de son mandat de Premier Ministre. Medvedev ayant même confirmé en décembre 2011 qu'il entendait désormais mettre en place un radar opérationnel dans la région de Kaliningrad  en 2014 et élaborer un système national de défense balistique à base de missiles Iskander (SS-26 Stone dans la terminologie de l'OTAN). Pourtant, en 2007 avait été avancée par Vladimir Poutine une offre Russe d'employer conjointement le radar de Gabala en Azerbaïdjan à des fins de surveillance du Moyen-Orient, et ce dans un pays réputé proche des intérêts Américains bien qu'issu de l'ancienne Union Soviétique.

Bluff des Américains à l'encontre de leurs rivaux ou réelle intention de bénéficier d'une protection balistique contre l'Iran? Le programme d'Initiative de défense stratégique (Strategic Defense Initiative) plus connu sous l'appellation de Guerre des étoiles lancé par Reagan fut, on le sait de nos jours, une course délibérée pour accélérer la perdition économique de l'Union Soviétique qui n'en put mais. Il n'est pas interdit de penser que cette insistance de mailler le territoire Européen de mesures antimissiles soit peu ou prou dans une optique similaire afin d'affaiblir l'ours. Là où toutefois la logique ne suit plus, sauf à considérer une fuite en avant, c'est la santé chancelante des États-Unis : une dette publique en hausse constante [3]  qui n'autorise plus budgétairement des chantiers gargantuesques.

Enfin, un discours de Vladimir Poutine en date du 27 février 2012 donne clairement le ton en fustigeant directement les États-Unis et l'OTAN, insistant sur la confiance trompée (allusion à la résolution 1973 de l'ONU concernant la Lybie dont l'interprétation extensive de celle-ci par les occidentaux aboutit à un soutien aux insurgés puis à la chute du régime de Kadhafi) et sur la couverture du fait humanitaire employé par les occidentaux pour s'ingérer dans les affaires intérieures d'États déstabilisés. Ce discours est utile car il campe bien les idées maîtresses du futur maître du Kremlin : souveraineté nationale, ONU contre OTAN et la relativisation du succès des révolutions Arabes ainsi que du rôle flou de certaines organisations non gouvernementales [4]. Le tout en réitérant son souhait d'établir une union économique du Pacifique à l'Atlantique, et ce faisant d'abroger le système de visas, une vieille antienne...

Tensions avec les voisins orientaux

Les tensions avec la Pologne se sont considérablement apaisées depuis la disparition du Président Lech Kaczyński à Smolensk en avril 2010, un état corroboré par les élections présidentielles ayant vu Bronisław Komorowski arriver au pouvoir, réputé plus consensuel avec ses voisins de l'Est. Un seulement terni par l'arrivée de militaires Américains, et l'acceptation d'accueillir des missiles de type SM-3 sur son sol. De ce point de vue, les relations devraient en rester à du statu quo.

Le bouclier antimissile a en revanche plus durement cristallisé les lignes de fracture avec nombre d'anciens membres du Pacte de Varsovie. Ainsi République Tchèque, Roumanie et Bulgarie ont répondu présents à la présence d'éléments matériels et humains à ce projet. Ce qui n'a pas manqué d'irriter durablement Moscou qui a rappelé combien elle estimait avoir été dupée par l'intégration au sein de l'OTAN d'anciens membres du Pacte et même de l'Union Soviétique (les Pays Baltes), en 2004 [5].
Avec la probable victoire de Vladimir Poutine, nul doute que le ton sera plus ouvertement comminatoire à leur égard. Et ce dernier n'hésitera à peser de tout son poids, notamment énergétique, pour neutraliser les velléités de ces pays à pratiquer une politique anti-russe. Du reste, le contournement du transport gazier déjà effectif par Nord Stream (le deuxième pipeline sera opérationnel avant fin 2012) via la mer Baltique est une volonté nette de ne plus dépendre des circuits traditionnels de transit mais aussi de pouvoir couper le gaz plus facilement aux Européens de l'Est sans mettre en difficulté ses clients de l'Ouest. Et South Stream devrait encore plus accentuer ce risque à leur égard. Il est aisé de souligner que lors des négociations au sein de l'Union Européenne, les États-membres occidentaux furent généralement les soutiens les plus actifs en faveur de la Russie contrairement à leurs homologues orientaux, comme ce fut le cas en septembre 2008 où fut décidé un compromis bancal pour geler le renouvellement de l'APC (Accords de partenariat et de coopération) à la suite du conflit russo-géorgien.

Pacification du Caucase et neutralisation de la Géorgie

Tout comme l'Ukraine, l'ours Russe ces dernières années a montrée crocs et griffes pour que la Géorgie meurtrie par le conflit d'août 2008 n'entre pas dans le Plan d'action pour l'adhesion (Membership Action Plan, MAP), c'est à dire un pays considéré comme candidat sous réserve de répondre à des objectifs d'adhésion à terme. Le sommet de Bucarest en avril 2008 complété par une rencontre en décembre 2008 aboutit à ne pas statuer favorablement à cette demande, laissant la Géorgie dans une situation périlleuse puisqu'ayant perdu une partie conséquente de son matériel militaire moderne, subi un choc psychologique consécutif à cette défaite sans appel et saignée conséquemment du fait du détachement de 20% de ce qui constituait son territoire jusqu'au déclenchement des hostilités. Dans ces conditions, la Russie ne verrait aucun intérêt à modifier sa pression sur ce pays Caucasien tout en continuant à apporter son soutien financier et militaire aux régions détachées. En novembre 2011, Dmitri Medvedev lors d'un allocution énonça qu'outre le fait d'avoir protégé des citoyens Russes (les Ossètes du Sud bénéficiaient de passeports Russes), la résolution du conflit permit aussi de stopper la logique invasive de l'OTAN et de ses partenaires zélés [6].

D'autant qu'elle doit faire face à des mouvements de déstabilisation sporadiques en Tchétchénie comme au Daghestan voisin. Mouvements qui nécessitent de temps à autre des opérations de police souvent sanglantes [7]. S'il est loin le temps où la Tchétchénie était en phase avancée de sécession, la zone reste sous contrôle serré de la part de Moscou. Ce faisant, les services Russes continuent de soupçonner Tbilissi de favoriser l'agitation en cette partie du Caucase Russe en laissant transiter des groupes armés et n'hésitent pas, comme lors de l'attentat dans le métro Moscovite de mars 2010, à pointer du doigt les gorges Géorgiennes de Pankissi comme nid à terroristes.

En outre, en 2014 se dérouleront les Jeux d'Hiver de Sotchi [8], et la Russie aura à coeur de démontrer que même proches de cette zone géographique sensible, résidents et visiteurs peuvent s'y sentir en parfaite sécurité.

Les amis géopolitiques : BRICS, OCS et Turquie

C'est à Ekatérinbourg qu'a été formalisé ce qui n'était qu'une projection théorique des forces économiques en 2050 émanant de la banque Goldman Sachs : en juin 2009 les BRICS, acronyme de Brésil - Russie - Inde - Chine - Afrique du Sud, ont ajouté à leur calendrier une rencontre annuelle. Une prise de conscience de leur force émergente au détriment d'un monde occidental qui peine à conserver ses positions d'antan. Bien que n'ayant pas une portée politique de premier ordre, ces rencontres sont toutefois la possibilité pour la Russie d'approfondir des liens avec des pays qualifiés d'amis. Et dont certaines positions ont été communes, notoirement lors de décisions au sein de l'ONU. Des dissensions existent entre certains partenaires, politiques entre Inde et Chine et économiques entre Brésil et Chine mais une volonté existe de donner une meilleure consistance à ceux qui se considèrent comme une nouvelle avant-garde économique...
Après une année 2009 catastrophique sur le plan économique, la Russie a renoué avec la croissance positive, 4% du PIB, dès 2010. Subissant il est vrai assez conséquemment la méforme de son premier partenaire commercial : l'Union Européenne.

La Chine justement est désormais son premier fournisseur et son troisième client (après les Pays Bas et l'Italie). Un partenariat qui se matérialise aussi dans le cadre de l'Organisation de Coopération de Shangaï (OCS). Le réglement en 2004 du différend, qui doit beaucoup justement à Vladimir Poutine, de l’île Damansky/Zhenbao sur le fleuve Ousourri a permis de vider un vieil abscès territorial qui provoqua même un conflit d'ampleur limité en 1969. Des contentieux existent, notamment sur la contrefaçon d'appareils Chinois largement inspirés de modèles Russes [9] ou l'approvisionnement de matières premières en provenance d'Asie Centrale, à commencer par le Kazakhstan.
Malgré tout, l'unité qui se dégage lors des réunions au sein du Conseil de Sécurité de l'ONU atteste d'un positionnement commun qui se retrouve aussi dans le cadre de l'OCS. OCS qui devrait prochainement statuer sur l'entrée de l'Inde qui était jusqu'alors simple membre observateur au même titre que son rival Pakistanais. Une amitié russo-indienne de longue date et qui ne semble aucunement être assombrie par de quelconques nuages, que renforce d'autant le succès du projet d'avion furtif de cinquième génération PAK FA/T-50. Et puisqu'il est question de l'OCS, la Turquie a demandé à son tour de devenir membre à part entière. La Turquie à cheval à la fois en Europe et en Asie partage avec la Russie ce fait géographique particulier ainsi qu'une défiance accrue de pays Européens à son encontre. En sus de partenariats politiques, les coopérations énergétiques se poursuivent entre les deux États [10], le dernier en date étant l'accord sur le nucléaire civil signé en mai 2011 prolongeant à plus grande échelle la construction de la première centrale nucléaire Turque à Akkuyu. Seul hic : comment gérer l'appartenance de la Turquie à l'OTAN et sa future adhésion à l'OCS? Une problématique que devront résoudre les gouvernements en place ces prochaines années mais la demande Turque illustre déjà une évolution sensible du positionnement des autorités d'Ankara à cet égard.

À Strelna, Russie, s'est tenue en novembre 2011 une réunion des membres de l'OCS où a été évoqué un club énergétique des membres de plein droit. Ce qui signifierait que l'Asie Centrale cesserait de devenir en grande partie un champ de bataille pour les ressources au moins entre la Chine et la Russie. Ceci dans un cadre idéal étant encore à déterminer mais l'idée est en l'air et serait à même d'éviter quelques tensions sur le sujet en rationalisant des actions en ce sens. Rappelons que l'OCS ne se caractérise pas uniquement par son volet militaire mais aussi économique, et à ce titre a initié une plate-forme de financement des pays en difficulté qui fut mis à profit lors de la crise financière mondiale pour soutenir principalement les membres d'Asie Centrale en pleine turbulence.

Poutine III : pas de rupture

Le principal avantage de Vladimir Poutine aura été de ne pas s'être mis en retrait des affaires internationales en étant resté Premier Ministre, bien que surtout porté sur les affaires intérieures du pays pour le suivi des projets de développement nationaux. Cette continuité lui aura permis de garder un oeil sur l'ensemble des dossiers d'importance qui lui seront remis une fois sa victoire électorale effective.

Il n'est pas certain que le troisième mandat de Poutine soit foncièrement « musclé », il sera en revanche soutenu sur certains axes intérieurs et extérieurs. Car les forces et les ressources de la Russie devront être en priorité destinées à consolider l'existant et les programmes lancés pour achever de combler le gap des années 90.

Des inconnus demeurent toutefois : l'usure du pouvoir et la lassitude d'une partie de la population à l'égard des élections ; le renouvellement des projets nationaux d'envergure ; l'accentuation de la lutte contre la corruption ; le ratio entre subsides destinés aux projets civils et ceux destinés aux militaires ; la diversification des subsides de l'État autre que la manne de l'extraction/exploitation des ressources fossiles...
D'aucuns annonçant même une « brejnevisation » de la vie politique Russe à venir.

Poutine aura l'avantage d'arriver dans un pays apaisé, qui ne risque pas à court terme de basculer dans une période de troubles civils. Cependant tout en maintenant des positions fermes à l'extérieur dont on connait d'ores et déjà les grandes lignes, c'est surtout à l'intérieur que le futur Président devra avancer sur plusieurs chantiers. Sans quoi il prendra le risque de perdre cette classe moyenne, issue de la fin des années 90 qu'il aura contribué à faire émerger et qui tout en étant soucieuse de la souveraineté de son pays, car volontiers patriote, aura à coeur de bénéficier d'avancées sociales et d'infrastructures remises à neuf. Poutine en grand admirateur du réformateur Piotr Stolypine devra l'imiter à peine de renforcer une opposition intérieure s'enhardissant.

Enfin, un clip de campagne imaginant ce que serait l'avenir de la Russie sans Poutine par le cinéaste Stanislav Govoroukhine...



[1] En novembre 2008 et sur proposition de Dmitri Medvedev, le mandat présidentiel est passé de quatre à six ans, toujours limité cependant à deux mandats successifs.
[2] Les analystes Américains évoquèrent même le reset des relations Américano-Russes.
[3] Selon les données de la Banque Mondiale, 67,4% du PIB en 2009 et le Fonds Monétaire International l'estime pour 2011 à déjà 107%! 
[4] Discours traduit sur RIA Novosti : http://fr.rian.ru/discussion/20120227/193517992.html
[5] En mai 2008, le dernier Président du Soviet Suprême, Mikhaïl Gorbatchev, s'entretint avec le quotidien Britannique The Daily Telegraph arguant que le Traité de Moscou de 1990 (appelé aussi Traité quatre plus deux réglant le sort de l'Allemagne post-mur de Berlin) avait été enfreint car il était convenu qu'aucune troupe de l'OTAN ne stationnerait dans un pays de l'Est une fois le retrait des forces Soviétiques effectif : « The Americans promised that Nato wouldn't move beyond the boundaries of Germany after the Cold War but now half of central and eastern Europe are members, so what happened to their promises? It shows they cannot be trusted. ».
[6] « Если бы в 2008 году мы дрогнули, была бы уже другая геополитическая раскладка, и целый ряд стран, которые пытались искусственно затащить в Североатлантический альянс, скорее всего, были бы там » : discours du Président Medvedev lors d'une visite au commandement militaire de Vladikavkaz en novembre 2011.
[7] Ainsi en février 2012, et selon le Ministère de l'Intérieur, une opération d'envergure aurait causé la perte de 17 policiers et 24 blessés contre 7 combattants adverses mis hors d'état de combattre.
[8] La cité Sotchi n'est distante que d'à peine plus de cinq kilomètres de la frontière Abkhaze.
[9] Ce qui fit reculer le gouvernement Russe quant à la vente du chasseur Su-33 à la Chine en 2009. De lourds soupçons pèsent par ailleurs sur le chasseur furtif J-20 qui aurait bénéficié de l'espionnage économique opéré par les services Chinois pour percer les secrets du F-22 Américain et du Sukhoi T-50 russo-indien.
[10] Poignées de mains par-dessus la mer noire, publié le 9 juin 2010

MAJ : Vladimir Poutine remporterait l'élection présidentielle avec près de 64% des voix, et un taux de participation de 65%.