dimanche 21 octobre 2012

Rosneft ou les ambitions Russes sur le marché pétrolier mondial

Le numéro un du pétrole Russe a récemment fait parler de lui pour sa volonté de récupérer  la moitié des parts de TNK-BP,  Ainsi comme il est précisé dans les Échos du 18 octobre : 
« Les grandes manoeuvres autour de la compagnie pétrolière russe TNK-BP sont sur le point de connaître leur épilogue. Détenu à parité par le britannique BP et quatre milliardaires russes réunis au sein du consortium AAR (Alfa Access Renova), le groupe pourrait passer sous le contrôle du premier pétrolier russe, Rosneft. Les quatre hommes d'affaires, Mikhaïl Fridman, German Khan, Viktor Vekselberg et Len Blavatnik, ont accepté de céder leurs 50 % de TNK-BP à Rosneft pour 28 milliards de dollars, selon plusieurs sources de presse. L'accord aurait été conclu mardi soir. »
Si la nouvelle venait à être confirmée ces prochains jours, voire semaines, alors Rosneft apparaîtrait comme un nouveau géant énergétique incontesté en Russie au côté de Gazprom. Mais plus encore, il signifierait une reprise en main par l'État d'un puissant fleuron de l'industrie pétrolière (troisième place nationale dans ce secteur) qui était détenu jusqu'alors par un quatuor d'oligarques. En somme, il est possible d'ébaucher l'hypothèse selon laquelle le Président Poutine continuerait de consolider la souveraineté énergétique de son pays par une stratégie d'acquisition/contrition des structures échappant à l'orbite étatique.
Quoiqu'il en soit, et selon les chiffres les plus communément avancés, l'entité unique pourrait se placer à la seconde place mondiale en terme de capacité d'extraction avec 4 millions de barils/jour. En revanche, en matière de valeur boursière le groupe resterait loin derrière les cadors habituels que sont ExxonMobil, Petrochina et Royal Dutch Shell.
Quant aux 50% d'actionnariat restants de TNK-BP appartenant justement à BP, il n'est pas exclu que des négociations soient déjà en cours sur les scenarii envisageables, d'autant que la compagnie Britannique avait déjà manifesté son souhait de se rapprocher de Rosneft par le passé. Dans l'hypothèse d'une conservation des parts par BP, cette compagnie trouverait un intérêt prononcé à bénéficier du support pas toujours facile mais rassurant pour ses propres actionnaires de l'État Russe à ses côtés. En outre, l'on devine aisément que certains contrats seront plus facilement obtenus avec l'appui du partenaire Rosneft que sans lui. Une synergie est fortement plausible.
Pour l'heure, l'un des responsables administratifs de TNK-BP serait actuellement sous le coup d'une inculpation pour fraude fiscale à hauteur de 6 millions de dollars. Simple coïncidence pour des faits extérieurs à l'activité de l'entreprise (l'intéressé aurait été ministre économique de la région de Sibérie Orientale et n'aurait rejoint le groupe il n'y a que trois mois) ou « petit coup de pouce » pour accélérer la décision des indécis?

En outre, et comme l'article suivant le relate, Rosneft n'hésite plus à proposer ses services et à poser pied en de nouveaux continents.


Article d'Oleg Nekhaï paru sur la Voix de la Russie le 13 octobre 2012

La compagnie pétrolière russe Rosneft participera à la construction d’un oléoduc reliant le Mozambique au Zimbabwe. La conduite servira à approvisionner en produits pétroliers ces deux pays africains mais aussi la Zambie, le Malawi et le Botswana.

Le tuyau partira du port de Beira au Mozambique pour relier le Zimbabwe. Par ailleurs, un grand réservoir sera construit à proximité de Harare. La consommation de produits pétroliers atteint près de 5 millions de tonnes et l’oléoduc existant est utilisée à cent pour cent de sa capacité alors que la demande d'’essence est en constante hausse. Le nouvel oléoduc ne restera pas donc inutilisé, d’autant plus que les avantages commerciaux sont évidents, dit Konstantin Simonov, directeur général du Fonds de sécurité énergétique nationale.

« Rosneft pourra accéder au marché des produits pétroliers en Afrique du Sud-Est. Au premier abord ce projet laisse perplexe parce qu'en Russie l'Afrique est perçue comme quelque chose de très lointain. mais en réalité ce projet a du sens. Parce qu’en Afrique aussi on roule en voiture et que le carburant est assez cher, même s’il les prix ne sont pas aussi élevés que dans l'Union européenne. Mais ils sont plus élevés qu’en Russie, par exemple. Un litre d’essence coûte deux dollars, le prix d’un litre de diesel vaut plus d’un dollar et demi. Rosneft pourra donc avoir un marché assez prometteur ».

Le marché n’est peut-être pas très vaste,  mais il offre des prix attractifs aux producteurs. Cependant, une autre question surgit : où prendre les produits pétroliers pour le nouvel oléoduc ? Rosneft n’a pas de raffineries en Afrique. Mais une solution existe, fait remarquer l’analyste indépendant Dmitri Adamidov :
« On peut acheter les produits pétroliers en cas de besoin. Les quantités ne sont pas si importantes que cela. Cinq millions de tonnes ce n’est pas rien, mais je ne pense pas que ces cinq millions vont être importés de Russie. Ils seront achetés dans la région même grâce à des échanges avec d’autres producteurs ».

La première étape de la construction de l’oléoduc requerra 700 millions de dollars. Rosneft est déjà une compagnie internationale avec une influence considérable sur le marché mondial. Elle vend ses produits en Europe, en Asie, en Amérique. Un nouveau projet en Afrique ne pourra que renforcer ses positions.

Crédit photo : http://www.tnk-bp.ru

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