lundi 1 octobre 2012

Les jeunes prodiges du business Russe


Article d'Olga Sobolevskaïa du 30 septembre 2012 publié avec l'aimable autorisation de La Voix de la Russie.

Il est plus facile pour les jeunes entrepreneurs de lancer leur propre affaire en Russie que dans les pays occidentaux. Telle est la conviction des organisateurs de la partie russe du concours des jeunes entrepreneurs GSEA. Ce concours qui regroupe des participants originaires de 30 pays, encourage les jeunes gens de moins de 30 ans à créer leur propre entreprise. La finale de la compétition mettant en lice les vainqueurs des épreuves régionales aura lieu en novembre à New York. Le jury désignera le finaliste du concours en octobre.

« Conférez une dimension internationale à votre affaire » - tel est le slogan de ce concours, dont les finalistes attirent l'attention des investisseurs privés, et notamment étrangers. C’est d’ailleurs devenu une vraie tendance : les investisseurs occidentaux investissent de plus en plus activement dans des projets qui remportent des prix dans des concours internationaux. Car les projets repérés par ces concours sont une sorte de « garantie » d’investissement : les jeunes entrepreneurs sont encadrés par leurs aînés et assistés par des consultants internationaux. Le mentorat en affaires – c’est le Grand Prix du concours, explique l'organisateur de la partie russe de la compétition et homme d’affaires Sergueï Vykhdotsev.

« Pour les enfants, le plus important, c’est cette fenêtre vers le monde, par le biais de laquelle ils recevront des solutions techniques concrètes. Deux des vainqueurs de l’année dernière ont ouvert de nouveaux domaines dans le cadre de deux projets. Quant à la finaliste du concours Maria Lobova, qui a créé une filière de fabrication de produits alimentaires à partir de fruits du palmier wassaï, la rentabilité de son entreprise a décuplée ».

Un autre exemple d'une ascension fulgurante du concours de l’année dernière, c’est le gagnant Iouri Deviatkov, âgé de 24 ans. Deviatkov a développé un projet d’entreprise spécialisée dans le tourisme écologique sur le lac Baïkal. Il est devenu ministre du Tourisme de la région de Severbaïkalsk, dans la république de Bouriatie. D’autres finalistes russes de l’année dernière se sont spécialisés dans les technologies de l'information, le travail du bois, et le développement de l’alpinisme industriel. Le prix GSEA pourrait aider les jeunes à réaliser ces projets qui coûtent plusieurs millions de roubles, selon Sergueï Vykhdotsev.

« Les différents incubateurs d'entreprises  sont une grande invention de l'humanité », affirme le président de l’Association russe de formation des entreprises Sergueï Miassoïedov. «Grâce au travail avec des entrepreneurs de talent, leur sélection et leur soutien, vous éduquez une nouvelle génération d’entrepreneurs qui, je l’espère, effectuera un énorme progrès en matière de développement de notre économie».

Les jeunes gens qui ont lancé leur affaire alors qu"ils étaient étudiants de cycle supérieur représentent à peine 0,5% de la totalité des participants. Mais ils sont plus nombreux à envisager d’ouvrir leur propre entreprise, note le directeur exécutif de l’Association nationale de formation des entrepreneurs Denis Matvienko.

« Nous avons effectué l’année dernière un monitoring du sens de l’entreprenariat auprès des étudiants. On peut dire que le nombre de personnes qui voudraient devenir entrepreneurs en Russie est élevé, surtout chez les étudiants. Ce taux n’est pas plus bas que dans les autres pays ».

L’intérêt pour des projets de startups, entreprises créées par des entrepreneurs débutants, ne fait que croître. Récemment, un des plus grands sites d’aide à l’emploi russe a annoncé son intention d'acheter des projets des startups prometteuses. L’enseignement et des formations dans le domaine économique et commercial ont également la côte. Les principaux programmes des écoles de commerce sont conçus pour les jeunes gens âgés entre 28 et 35 ans. Ce sont des personnes qui ont travaillé en moyenne 3 à 5 ans, et principalement dans le secteur privé. Les étudiants des écoles de commerce veulent acquérir des connaissances exhaustives dans le domaine de la gestion, et possèdent des qualités précieuses pour devenir chefs d’entreprise: la motivation, le leadership et des outils de communication. Ils sont intéressés par des questions techniques de la gestion, liées notamment à la comptabilité ou de la logistique.

Très souvent, les jeunes entrepreneurs n'ont pas suivi le parcours commercial classique. Ils sont aidés par le sens des affaires, l’intuition et la persévérance. Ces mêmes qualités que possède le jeune milliardaire le plus célèbre du monde, le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg. Il s’agit de la manière combinatoire de penser, de la patience et de la capacité de gérer le stress, explique le professeur Mikhaïl Tchernych de l’Institut de sociologie de l’Académie russe des sciences.

« de nombreuses personnes possèdent ces qualités en Russie. elles travaillent notamment dans le domaine des nouvelles technologies, où la plupart des employés sont assez jeunes. Par exemple, Evgeny Kaspersky, qui a créé l’antivirus le plus populaire du monde, a commencé son affaire dans sa jeunesse ».

Le budget de Moscou prévoit des subventions allant jusqu’à 500.000 roubles (environ 12 450 euros) pour ceux qui désirent créer des start-ups. Des programmes de financement similaires pour soutenir les jeunes entrepreneurs existent également dans les régions russes. Quant à la capitale, elle vient de mettre en place le programme « Moscow Coworking 2.0 », qui permet à un jeune entrepreneur avec un petit budget de louer un bureau pour une période donnée.

« La Russie est ouverte à l’entreprenariat. La demande suscite l’offre. Mais les barrières administratives et les incohérences dans les lois subsistent toujours. La participation de la Russie au concours de GSEA est bien la preuve que notre pays reste un marché prometteur pour le lancement des jeunes entreprises », conclut Mikhaïl Tchernych.

Aucun commentaire: