vendredi 14 septembre 2012

Conférences-débats cyber septembre-octobre-novembre 2012

Trois évènements que je souhaite relayer sur ce blogue. Et ayant trait, de près ou de loin, à la cyberstratégie. 


Le plus proche est celui dont le thématique abordée est : Le cyberespace nouvel enjeu stratégique

Conférence-débat organisée le mardi 18 septembre, 18h30-20h00 à l’occasion de la parution du numéro 87 de La Revue internationale et stratégique, dont le dossier central est dirigé par François-Bernard Huyghe.
Avec la participation de : 

  • François-Bernard HUYGHE, chercheur à l’IRIS et directeur de l’Observatoire géostratégique de l’information
  • Olivier KEMPF, maître de conférences à Sciences Po, enseignant à HEC et à l’École de guerre
  • Barbara LOUIS-SIDNEY, juriste spécialisée en droit des nouvelles technologies et consultante - Compagnie économique d’intelligence stratégique (CEIS) - Réservée aux adhérents de l'IRIS
La question de la stratégie dans le cyberespace est souvent évoquée par les responsables politiques, économiques ou médiatiques dans un registre très alarmiste. Les descriptions de ce que pourraient réaliser demain des hackers ingénieux et politiquement motivés ne ménagent pas les images fortes (Pearl Harbour informatique, CyberArmageddon, etc.) et, de ce point de vue, les rapports des think tanks nord-américains n’ont rien à envier aux fictions littéraires ou cinématographiques élaborées autour de la grande attaque numérique mettant à genoux l’hyperpuissance.

Il nous semble préférable de nous interroger sur tout ce qui fait la différence entre une cyberstratégie comme usage de la puissance du numérique au service d’un dessein géopolitique et la simple cybersécurité comme énumération des dangers et des parades possibles dans le cyberespace.

Il importe ainsi de comprendre comment les puissances pensent et agissent dans cette nouvelle dimension d’un cyberespace sans frontières et où s’exercent des pouvoirs politiques et économiques derrière la compétition technique.

Le propos de ce dossier n’est ni de faire écho aux propos anxiogènes ni, à l’inverse, de nier les dangers potentiels : dépendant d’une technique exceptionnellement évolutive, l’enchaînement des faits dans le cyberespace peut modifier radicalement des situations politiques et/ou économiques en quelques heures.

Organisée par l'IRIS qui à travers son observatoire géopolitique de l'information est attentive aux bouleversements dans le cyberespace, et avec lequel je pus collaborer lors de l'édition consacrée aux technologies de libération et au contrôle technologique (format PDF).

Inscription obligatoire.

IRIS
2 bis rue Mercoeur
75011 Paris


Ensuite, j'aimerais vous faire part de la tenue les 7 et 8 novembre 2012 d'un colloque pour un musée informatique en France, et se tenant au CNAM.

Le numérique est omniprésent dans notre vie quotidienne. Plus aucun domaine d’activité n’échappe aux relations avec le numérique. En France, c’est sans doute l’une des sciences, l’une des technologies, l’une des industries qui ont le plus besoin d’être connues.

 Qui plus est, le patrimoine matériel et immatériel issu de ces quelques 60 ans d’évolution de l’Informatique est en danger. En effet les objets témoins de l’invention, des recherches, des tâtonnements et de l’innovation dans ce domaine sont souvent des objets de grande consommation,… et donc jetés ! Dans une culture de l'éphémère ou du court terme, le patrimoine immatériel n’est pas toujours considéré à sa juste valeur et sa conservation s’avère problématique.

 Des établissements consacrés totalement ou partiellement à ce domaine existent déjà de par le monde. Des collections françaises, publiques ou privées, ont pris l’initiative de préserver l’histoire de l’Informatique. Elles présentent le plus souvent l’aspect historique ou technologique, rarement les aspects scientifiques et sociétaux du numérique.

Dans ce contexte, n’est-il pas temps de créer un Musée de l’Informatique et de la Société Numérique en France ? Dans cette perspective, de nombreuses questions restent ouvertes, ce colloque tentera d’y apporter des réponses.

Inscription obligatoire.

Musée des arts et métiers,
292 rue Saint-Martin
75003 PARIS


Je suis en revanche passablement surpris du thème de ce colloque puisque je pensais qu'il existait déjà un musée de l'informatique à Paris, et plus exactement au sein de l'Arche de la Défense. Le site de Wikipédia nous informe que celui-ci aurait été fermé en 2010. Ce qui serait effectivement dommageable tant l'informatique est une nouvelle révolution industrielle méritant un tant soit peu d'égard.
Site officiel : http://www.museeinformatique.fr/
Philippe Nieuwbourg, l'initiateur du projet, m'a bien obligeamment orienté vers une partie de la réponse qui se trouverait ici : http://grandearche.posterous.com/ 
Cela fera bientôt deux ans que la Grande Arche a été fermée au public par le Ministère du Développement Durable. A l'époque Jean-Louis Borloo, puis hier Nathalie Kosciusko-Morizet qui l'a remplacé, aucun politique n'a levé le moindre petit doigt pour épargner les 50 salariés qui ont été mis au chômage, ni les millions d'euros gaspillés par l'Etat dans cette affaire.
Après avoir demandé l'expulsion du musée de l'informatique et de l'ensemble des activités du Toit de la Grande Arche, l'Etat a été débouté en référé. Il a fait appel, pour être de nouveau débouté fin 2011 par la Cour d'Appel de Versailles.
Mais comme vous le savez, l'Etat a des moyens infinis... puisque ce sont ceux du contribuable. Et l'Etat est mauvais perdant. Après avoir été débouté deux fois, il s'entête donc et a formé un pourvoi en cassation contre le jugement en appel qui le condamnait de nouveau. Nous sommes donc partis pour une année de procédure de plus. Le pourvoi en cassation pourrait être examiné dans le courant de l'année 2012, et l'affaire viendrait alors devant un tribunal sur le fond en janvier 2013... vous noterez le conditionnel sur toutes ces dates
.

Et M. Nieuwbourg de me signaler que nos amis québécois disposent pour l'heure à Montréal de leur propre musée : http://www.imusee.net/ 


Pour terminer, évoquons la tenue du 11 au 13 octobre de l'Open World Forum, dédié intégralement au logiciel libre. Dans le sillage des rencontres du logiciel libre comme cela s'était déroulé voici un an à Strasbourg.

Ne pas manquer l'entrevue de Patrice Bertrand, Président de l'Open World Forum par le quotidien La Tribune au sein de l'édition du 17 septembre 2012.
Extraits :  A certains égards, l'open source est un mouvement humaniste. Il considère que le logiciel est, à la manière de la connaissance scientifique, une forme de patrimoine de l'humanité, un bien commun que nous enrichissons collectivement, pour le bien être de tous...
L'open source, disons ici plutôt le logiciel libre, porte aussi un message particulièrement d'actualité: le logiciel nous contrôle, il est vital pour nous de contrôler le logiciel. Des pans de plus en plus grands de notre vie sont sous la maîtrise de logiciels...
L'open source a apporté une rupture dans l'économie du logiciel en abaissant les coûts d'une manière incroyable. Tout ce qui constitue le socle d'une plateforme informatique, d'une plateforme web, est devenu tout simplement gratuit : système d'exploitation, bases de données, logiciels serveurs, outils de développement, outils d'administration. Bien sûr, le coût total de possession n'est jamais nul : il faut du matériel, du support et de l'expertise humaine pour déployer et faire marcher tout cela
...
Dans beaucoup de domaines, l'open source est en pointe, faisant naître les outils de demain. Citons par exemple l'émergence du "Big Data", la manipulation des données à une échelle nouvelle, où les outils de bases de données anciens atteignent leurs limites, et où des technologies nouvelles sont nécessaires. Ces nouvelles bases, dites "NoSql", sont pratiquement toutes des logiciels open source.

Cela n'est évoqué que très furtivement, toutefois les implications du logiciel libre sont primordiales car elles questionnent sur l'abus du droit attaché à la propriété intellectuelle (car un droit peut être détourné à des fins nuisibles) tout comme sur la viabilité économique d'un tel modèle (en réalité ce n'est pas le logiciel libre qui permet une rémunération mais les services connexes, encore qu'il soit possible de développer un logiciel par un financement tiers). Et enfin, sur les bases de données dont la gestion et la sécurisation sont au coeur de notre société numérique.

Le site officiel : http://www.openworldforum.org/ 



Enfin, je souhaite indiquer l'existence de Retroludo (ex-Retromicro), une mini-encyclopédie en ligne de l'informatique relativement sobre et ergonomique. Dont une part conséquente consacrée aux machines et personnages emblématiques des années 1980-1990-2000. Un très sympathique et didactique retour vers un passé pas si lointain... et qui offre la possibilité de mieux appréhender la vitesse d'évolution de ce qui est désormais sans conteste une vraie révolution technologique.

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