jeudi 24 mai 2012

Le géant Nokia décroche, Microsoft s'accroche...


Il y a un peu plus d'un an, Nokia avait décidé de prendre une décision stratégique lourde de sens en s'alliant avec Microsoft tout en laissant choir son système d'exploitation Symbian. Corroborant les dires arguant que l'ancien géant Finlandais peinait à percer dans les ordiphones et tablettes graphiques.

Un an plus tard qu'en est-il et quels sont les résultats?

Premier constat : Samsung est passé numéro un en ce qui concerne son coeur de métier, les mobiles. Ainsi comme le relate Boursier.com : Sur le marché global du mobile, Samsung, avec 86,6 millions d'appareils écoulés sur le premier trimestre, passe devant Nokia (pourtant leader depuis 1998 !). La part de marché de Samsung passe ainsi de 16,1% à 20,7%, alors que celle de Nokia baisse de 25,1% à 19,8%.
Le coup est rude, d'autant que l'écart ne s'affiche pas en quelques dixièmes mais de quelques points! Certes l'on s'y attendait, malgré tout le constat est très abrupt pour celui qui régnait sans partage depuis de nombreuses années en ce secteur. 

Toujours selon la même source, et rayon système d'exploitation l'on prend connaissance que l'interface logicielle supportée par Google, Android, occupe désormais un confortable 56,1% du marché, iOS d'Apple 22,9% et Symbian... 8,6% seulement. Dans le domaine des applications, c'est néanmoins Apple qui continue de dominer outrageusement le marché Français, même si sa position est grignotée mois après mois par l'essor d'Android, tout en demeurant très largement dominante.

Autre signe des temps, le Nokia World, cette grand-messe vantant les produits maison et ses dérivés, se fera désormais plus modeste. La version 2012 à Helsinki sera plus « intimiste » comme il est précisé dans le communiqué officiel.

Windows Phone, ex-Windows Mobile, engagé dans ce partenariat pâtit lui aussi de cette désaffection (d'aucuns pourraient prétendre qu'il en serait la cause). Si l'on se fit aux informations recueillies par le site Silicon.fr, il n'est même pas question de difficulté de transition pour les produits Nokia ayant tourné le dos à Symbian mais clairement de manque de percussion du système d'exploitation de Microsoft chez les utilisateurs. Celui-ci équipant moins de 4% des appareils mobiles actuels sur le marché Américain. HTC et Samsung, avec Apple, étant les seuls constructeurs à profiter d'une pénétration positive : ces derniers ayant adopté soit Android soit iOs, confortant ainsi l'avance de ces deux plate-formes dynamiques. 
Du reste, le même vent mauvais souffle du côté de Microsoft qui essuie de virulentes critiques relatives à son absence très nette parmi les leaders du secteur sur les appareils nomades (mobiles et tablettes). Ainsi est-il reproché au dirigeant Steve Balmer, qui très honnêtement reconnaissait en septembre 2011 que son produit peinait à monter en puissance malgré le partenariat scellé avec Nokia, de ne pas avoir su prévoir la croissance rapide et fructueuse des ordiphones couplée à l'Internet mobile. Ayant même été désigné comme le pire CEO (Chief Executive Officer) de l'année par le magazine Forbes! L'une des critiques récurrentes les plus virulentes étant la non prise en compte de l'essor des interfaces logicielles sur les nouveaux moyens de communication, Microsoft s'étant trop reposé sur sa position dominante liée à Windows sur les ordinateurs personnels. Il est d'ores et déjà évident que Windows 8 [1] sera un coup de poker de la part de la compagnie de Redmond si Windows Phone ne donne pas signe de décollage rapide et pérenne.

Seul rayon de soleil : Steve Wozniak, co-fondateur historique d'Apple, déclarant préférer Windows Phone aux autres systèmes pour sa praticité inégalée. De quoi renverser la vapeur chez les mobinautes et redonner espoir à la firme nord-européenne ? Bilan en fin d'année 2012...

L'essentiel demeure de retenir et comprendre qu'une situation acquise en un moment donné est, encore plus dans l'informatique et les télécommunications qu'en d'autres secteurs, très éphémère. La longévité de Nokia comme numéro un est de la sorte exceptionnelle et mérite le respect. Seulement l'émergence de la fusion des technologies de l'information et de la communication a accéléré sa désorientation et sa perte de vitesse. L'agressivité, l'évolutivité comme l'inventivité de concurrents tels qu'Apple, Samsung, RIM ou encore HTC ont considérablement entamé l'avance des Finlandais qui en ont été à devoir quasiment se saborder en abandonnant Symbian et Meego sur lesquels ils plaçaient de grands espoirs pour leur nouvelle génération de mobiles. Au final et en dépit d'une guerre chaude envers Apple sur la question de nombreuses violations de brevets, Samsung s'impose désormais comme la référence des appareils nomades de dernière génération, laissant Nokia s'époumoner derrière lui.

[1] Windows 8 doit faire oublier le semi-échec de Windows Vista auquel l'on a reproché de n'avoir été qu'une plate-forme d'essai pour le lancement de Windows 7, peu d'utilisateurs ayant apprécié de posséder un produit semi-fini.  L'interface Metro donnant beaucoup d'espoir puisque basée sur une utilisation intuitive par un usage des « tuiles » héritée justement de Windows Phone. L'une des applications maîtresses du prochain système d'exploitation reposera justement sur la prise en compte de la mobilité avec le near field communication ou communication en champ proche, autorisant le paiement sans contact ou facilitant encore plus l'interaction entre appareils nomades.


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