mercredi 2 mai 2012

Le e-commerce Russe se porte bien, merci pour lui


Le e-commerce, ou commerce électronique est un des relais de croissance actuel pour les pays développés qui ne connait pas la crise. La France ne peut plus en être ignorante depuis le rapport du cabinet McKinsey de 2011 sur les retombées de ce nouveau secteur d'activité, et d'autant moins le ministère de l'économie puisque commanditaire dudit rapport. Les revenus produits par l'emploi d'Internet et de ses outils dérivés auraient généré 60 et 72 milliards d'euros pour les années 2009 et 2010 respectivement.

La Russie bien qu'ayant émergé plus tardivement dans le domaine de l'accès généralisé à Internet s'est rattrapée de fort belle manière si l'on en croit le Journal du Net. 10 milliards de dollars pour 2011 et un taux de croissance de +25% par rapport à l'année dernière. Par ailleurs est relatée le succès insolent d'une société dirigée par une Française, Maëlle Gavet, à la tête d'Ozon.ru, le PriceMinister local qui n'a pas manqué au fil du succès grandissant de l'entreprise d'ouvrir de nouveaux domaines dans son activité de commerce en ligne jusqu'aux voyages avec Ozon.travel. Cette dirigeante eut droit à un focus justifié sur Aujourd'hui la Russie. Passage emblématique quant à la belle adaptation des Français au sein de la vie et du management en Russie où leurs qualités intrinsèques, leur formation et leur ouverture d'esprit sont grandement appréciées : Seule étrangère au sein de l’entreprise, Maelle Gavet dit se sentir en Russie « presque comme à la maison ». La Russie est un pays qui lui a offert des opportunités de travail qu’elle n’aurait jamais trouvées en France. Un patron qui semble en tout cas très apprécié par son personnel. Ekaterina, sa secrétaire, a évoqué une directrice très ouverte et très « démocratique » dans une entreprise où chacun est libre d’exprimer son opinion.
Pour en revenir au e-commerce Russe stricto sensu, l'article énonce que le numéro 1 Ozon.ru... s'est beaucoup développé ces trois dernières années et a annoncé un volume d'affaires de 302 millions de dollars en 2011, en croissance de 84%", précise Ulric Jerome. Le numéro 2 KupiVIP est le Vente Privée russe, créé en 2008, qui a depuis donné naissance à l'usine à clones Fast Lane Ventures où  est né Sapato. L'un comme l'autre ont réalisé des levées de fonds d'un niveau inconnu dans l'e-commerce français. Ozon a levé 100 millions de dollars en septembre 2011, notamment auprès du japonais Rakuten et de Baring Vostok Capital, qui demeure son actionnaire majoritaire. Quant à KupiVIP, le site a levé 20 millions de dollars en janvier 2010 auprès d'Accel Partners et Mangrove Capital Partners, puis 55 millions en avril 2011, investis par Russia Partners, Balderton Capital et Bessemer Ventures Partners.

Ce tableau prometteur est néanmoins limité par deux éléments handicapants : Comme l'explique Ulric Jerome : "Les infrastructures logistiques et de transport russes ne sont absolument pas adaptées à la vente en ligne, les e-commerçants ne peuvent pas confier leur colis à la poste comme en France. En outre, le taux de pénétration de la carte bancaire se limite à 15%, à tel point que 80 à 90% des commandes de ces deux sites sont réglées à la réception du colis. Les e-commerçants doivent donc développer leur propre infrastructure logistique, ce qui nécessite des moyens colossaux.".
Avec 61 millions d'utilisateurs de ce médium en 2011 (source Internetworldstats), l'on devine que la croissance ne peut qu'être au rendez-vous ces prochaines années même si le crédit à la consommation et la logistique demeurent encore lacunaires comme relevé ci-dessus, obligeant les acteurs étrangers à s'adapter à une donne particulière. Mais quel pays ne demande pas un minimum d'effort pour s'acclimater aux us et coutumes, y compris en affaires, locales?

La Russie électronique est une réalité imparfaite certes, mais existante. Et si l'on s'en méfie en raison de sa réputation de vivier de hackeurs, produisant néanmoins ses propres anticorps (mentionnons à ce titre que Kaspersky, l'un des plus gros groupes mondiaux de développement d'antivirus est d'origine Russe, de même qu'à un moindre niveau Dr. Web), elle a aussi nombre d'opportunités à offrir et à saisir. 

Et pour terminer, je porte à votre connaissance un documentaire vidéo de France24 daté d'avril 2012 et consacré à la Russie digitale. Un éclairage suffisamment rare pour être souligné comme salué, d'autant que le reportage s'attarde chez Yandex, le moteur de recherche numéro un en Russie, puis chez Kaspersky Labs que j'évoquais peu auparavant et enfin Skolkovo, le parc technologique majeur de la Fédération porté à bout de bras par Dmitri Medvedev soucieux d'offrir à son pays un incubateur et une vitrine digitaux.

 

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