jeudi 10 mai 2012

La convergence de deux univers : vidéoludique et cinématographique

L'allié Historicoblog avait évoqué en 2010 la guerre de cinq jours en Alanie du Sud à travers un ludiciel ayant marqué les esprits, L’ombre de Ghost Recon : la guerre de Cinq Jours en Ossétie du Sud-Géorgie (7-12 août 2008). Il y était fait mention notamment d'une certaine prescience quant à l'avènement d'un conflit entre la Géorgie et la Russie sur le territoire des Alains, appelés aussi Ossètes. Comme l'énonçait justement Stéphane Mantoux : Le joueur dirige un peloton de Bérets Verts américains présents en Géorgie (D Company, 1st Battalion, 5th US Special Forces Group, une unité fictive excepté le dernier terme) chargé de contrer l’action des ultranationalistes russes par un certain nombre d’opérations spéciales hautement secrètes en lien avec les opérations militaires conventionnelles. Les premières missions du jeu se déroulent d’ailleurs en Ossétie du Sud où les Ghosts pilotés par le joueur font face aux troupes rebelles puis à l’armée russe qui envahit ensuite la Géorgie. Le jeu a été suivi de trois extensions et a connu plusieurs suites, dont la dernière, Ghost Recon : Future Soldier, doit sortir fin 2010 (la bande-annonce du jeu prend d’ailleurs, encore une fois, pour théâtre… la Russie !).

Oui, décidément et en dépit de la chute du mur de Berlin et de l'Union Soviétique, les Russes demeurent amplement plus vendeurs que les Chinois, Talibans, Français et autres rustres géopolitiques. Ubi Soft, compagnie Française née en 1986 par la volonté des frères Guillemot, et possédant de nombreuses franchises associe désormais des métrages au lancement de ses productions vidéoludiques. Une évolution complémentaires des cinématiques intégrées aux jeux qui tendent de plus en plus par leur réalisme à devenir des oeuvres à part entière.

Tout comme le fut Assassin's Creed Lineage en son temps, la sortie de Ghost Recon Future Soldier est déjà annoncée à grand renfort de moyens, notamment par le truchement d'un film ayant coûté la bagatelle de 10 millions d'euros et qui n'a absolument pas à rougir en matière d'action face à des scènes dites « hollywoodiennes ». Encore plus fort, et qui risque de donner le hoquet à l'intellocratie de Saint-Germain très attachée à ses petites histoires vaudevillesques, c'est l'oeuvre de deux réalisateurs Français : François Alaux et Hervé de Crécy (titulaires d'un Oscar en 2010 avec Logorama du studio H5). Mentionnons un détail symptomatique de nombreuses productions cinématographique des pays de l'Est : l'emploi de langues étrangères (et sous-titrages subséquents) lorsque le jeu des protagonistes le réclame pour plus de réalisme, facilitant d'autant plus l'immersion du spectateur. Autre élément pas si anodin : la vision d'un drone très semblable à celui de la firme Parrot auquel j'avais récemment consacré un article et qui vient de sortir une version améliorée techniquement (présentée aussi comme 2.0 car liée aux outils sociaux) de son ouvrage phare. La présence de celui-ci donne une touche plus futuriste mais pas fondamentalement fantaisiste à l'ensemble. La numérisation du champ de bataille est elle aussi de la partie à travers quelques scènes où l'on observe l'apport projeté des technologies de l'information et de la communication. Enfin, les auteurs ne sont pas ignorants de l'actualité puisqu'il est fait mention du missile RSM-56, plus connu sous la dénomination de Boulava et qui devrait entrer en service en octobre 2012.

Ce sont de telles petites pointes d'attention qui ajoutent en qualité à l'oeuvre générale. L'on notera avec à propos qu'il est fait mention de Tom Clancy, le romancier Américain à succès ayant délivré de nombreux écrits très touffus, souvent plausibles et généralement d'anticipation (exemple: la série NetForce évoquant une brigade oeuvrant à la fois dans l'univers virtuel et réel).



Frédéric Thonet, producteur chez Ubisoft Motion Pictures revient plus en détail sur cette incursion d'Ubi Soft dans le secteur cinématographique, livrant quelques éléments sur le travail effectué et les orientations futures, comme un éventuel long métrage d'Assassin's Creed, tout en insistant sur le côté transmédia.



Comme j'évoquais Assassin's Creed ci-dessus, voici le métrage auquel je faisais référence et qui a le mérite de présenter une Florence de la Renaissance plongée entre les ombres et la lumière. La reconstitution d'époque de la Sérénissime, Venise, étant saisissante de qualité. Quant à la qualité du film, je vous laisse seul juge.



Les professionnels ne sont toutefois pas les seuls à proposer des productions de qualité, ainsi Left for Dead, un jeu surfant sur la vague des zombis très populaires depuis quelques années (certains prétendront depuis le succès du film de George Romero, La nuit des morts vivants (1968)). Une mise en scène solide, un mimétisme avec des personnages du jeu vidéo bluffante et un tempo idéal en font vraiment un petit bijou cinématographique.


2 commentaires:

Stéphane Mantoux. a dit…

Merci pour la citation ! La Russie continue de jouer les méchants, en effet...

Yannick Harrel a dit…

Bonjour Stéphane,

De rien.

Par contre petit souci de lancement : la vidéo a été retirée comme souvent sur Dailymotion qui en plus d'être une plate-forme peu ergonomique et lente supprime le peu de vidéos intéressantes.

En voici néanmoins une nouvelle... Par contre, mettre en grand écran et sur résolution 720HD pour en profiter au mieux.

Cordialement