samedi 12 mai 2012

Crowdsourcing, crowdsolving, et human computation : le dossier d'OWNI


Sous ces vocables quelque peu barbarisants, c'est d'intelligence collaborative dont il est question. Un sujet qui m'est cher puisqu'il avait été voici quelques semaines le thème d'un billet faisant lui même suite à une intervention lors d'un colloque. Le magazine en ligne OWNI a développé tout un dossier sur le sujet. Prenant pour point de départ le Harnessing Collective Intelligence with Games qui se déroulera à Brême (Bremen) en Allemagne du 26 au 29 septembre 2012. L'un des axes de recherche de la conférence portera sur l'apport des jeux aux processus de décision et de management au sein des entreprises. Précisons que l'évènement sera couplé à l'International Conference on Entertainment Computing se déroulant lui aussi à Brême. 

Anaïs Richardin n'hésite pas à le relever avec justesse : Dans cette même veine de jeux scientifiques, l’université McGill au Canada a crée un jeu, Phylo, qui fait appel aux capacités humaines pour arranger les séquences ADN et ainsi participer à la recherche génétique. Les séquences ADN, transformées en formes géométriques colorées doivent être alignées et les formes similaires doivent être associées les unes aux autres tout en évitant les trous qui symbolisent les mutations. Pour les concepteurs du projet, la combinaison humains/ordinateur permet d’obtenir de meilleurs résultats. Dans ces jeux où l’on fait appel à l’intelligence collective, les leviers de l’engagement sont nombreux. La reconnaissance sociale par les pairs, la réputation et l’interaction humain-ordinateur jouent un rôle important dans les jeux qui participent d’une avancée scientifique. Cependant la gratification ou les mécaniques du jeu telles que la géolocalisation, la collaboration ou encore les missions sont des ressorts de bien d’autres jeux qui font appel au crowdsourcing. Le projet Noah par exemple est une application qui permet à ses utilisateurs de contribuer à l’élaboration d’une documentation sur la vie sauvage de leur lieu de vie. Des missions incitent une communauté de citoyens à photographier, taguer, identifier et en apprendre plus sur la faune et la flore locale. Toutes ces données agrégées sont une précieuse aide apportée aux chercheurs et permettent d’établir une base de données qui peut être mise à jour en temps réel et qui est accessible par tous

Le thème passionne, et l'avènement d'outils nomades toujours plus performants et ergonomiques (songeons à la puissance d'une tablette graphique actuelle comme la Samsung Galaxy Tab qui emporte un processeur graphique, GPU, double coeur cadencé à 1 Ghz [1] ) qui communiquent entre eux (via WiFi, Bluetooth ou 3G/3G+ [2] ) tout en permettant le recueil d'information par voie vidéo, audio ou textuelle ouvrent encore plus grandes les fenêtres de l'intelligence collaborative. La convergence des divers appareils (ordinateurs portables, mobiles, tablettes) s'accentuant encore...

Le sujet n'en est qu'à ses balbutiements, mais il apparait déjà très sollicité par la communauté scientifique. Les résultats de leurs travaux seront à analyser de près... 

 [1] L'avenir semble désormais appartenir aux GPGPU réunissant à la fois la carte graphique (GPU) et le processeur central (CPU). Les processeurs graphiques dont la puissance est telle qu'ils peuvent moyennant une programmation ad hoc (en parallèle) servir à optimiser certains programmes en se servant de leur force de calcul. Pour les anglophones, un site relativement complet afin d'approfondir le sujet : GPGPU.org
[2] Évolution à suivre ces prochaines années : l'EAP SIM (Extensible Authentication Protocol Method for GSM Subscriber Identity Module) permettant de permuter de la connectivité en 3G au WiFi dès lors qu'une borne est accessible dans les environs. D'où un gain de bande passante pour l'opérateur comme pour l'utilisateur, désengorgeant le réseau mobile en employant les potentialités des accès WiFi.

Aucun commentaire: