mardi 21 février 2012

Revivre l'histoire (inachevée) de l'industrie vidéoludique par une simulation de management


L'industrie du jeu vidéo est devenue complètement mature au sortir des années 90 au point de dépasser, est-il souvent relaté, les revenus issus de l'industrie du cinéma. Pour rappel : 52 milliards € : chiffre d'affaires du jeu vidéo dans le monde (matériel et logiciel, prévisions 2011) ; 2,7 milliards € : chiffre d'affaires en France (prévisions 2011) ; 5,2 milliards € : chiffre d'affaires des jeux sur téléphones mobiles dans le monde (prévisions 2011) ; 20 milliards € : chiffre d'affaires des jeux sur consoles de salon et portables dans le monde (prévisions 2011) ; 13,3 milliards € : chiffre d'affaires du jeu en ligne dans le monde (prévisions 2011).

Ce secteur d'activité marchant main dans la main avec le monde de l'informatique, et notamment de l'équipement matériel. Et de nos jours, le marché des mobiles et des set-top box (boîtiers-décodeurs) prend le relais des consoles de salon, avec entre autre l'émergence de jeux spécifiques pour ces plate-formes en sus de ceux issus de portages.
Le marché des boîtiers-décodeurs est par ailleurs en plein essor, d'une façon somme toute logique puisque le couple boîtier/écrans a tout pour devenir incontournable dans les foyers et bénéficie d'une évolution technique désormais satisfaisante pour non seulement des services à la demande mais aussi offrir des ludiciels disposant d'une jouabilité suffisante mais surtout d'un rendu agréable (le HD n'y étant pas pour peu). À ce titre, la société Française Gameloft s'est insérée sur ce marché concomitamment avec le lancement de la Freebox Revolution, la dernière née des boîtiers Internet/TV de la société Free accompagnée d'une télécommande aux commandes proches d'une manette de jeu. Un bel exemple de convergence des technologies de l'information et de la communication.

Ajoutons aussi l'émergence d'une activité économique soutenue par les jeux en ligne via les réseaux sociaux, les casual games ou jeux occasionnels. Un marché dont Zynga est l'un des meilleurs emblèmes sur Facebook avec ses titres phares comme Cityville ou Farmville, ayant généré près de 600 millions de dollars en 2010. Peu étonnant que le fonds Russe Digital Sky Technologies, le Japonais SoftBank et même l'Américain Google aient investi plusieurs millions d'euros au sein de cette société en pleine expansion.

Pour plus d'informations, le site de l'AFJV


C'est tout cet univers que se propose de vous faire revisiter un développeur indépendant Danois, Velocigames, à travers une série de jeux de management que sont les Gamebiz. Ces derniers étant uniquement disponibles sous forme dématérialisée, c'est à dire en téléchargeables en ligne. Enfin le dernier opus pour être exact car les deux premiers sont désormais des gratuiciels par la volonté du développeur. 
Une série qui a mûri au fil du temps au point d'être en sa troisième itération, un petit monument du genre (et malheureusement bien esseulé sur le marché). Ainsi vous serez amené à voir évoluer votre (très) petite société du tout début des années 1980 jusqu'aux années 2030 en se positionnant comme un acteur majeur spécialisé dans le domaine matériel (ordinateurs, consoles, ordiphones etc.) ou logiciel (développeur ou éditeur), voire si les moyens vous sont permis, sur les deux plans comme ce fut le cas pour la société nippone Sega. Le tout en jonglant avec vos menues économies et le dilemme d'emprunter des sommes rondelettes pour de lourdes réalisations à venir qu'il faudra rembourser à terme avec intérets, et si vous vous y sentez plus à l'aise, le boursicotage avisé sur les valeurs technologiques à la bourse.

Qui dit management dit ressources financières mais aussi humaines, et là tout se corse particulièrement car il vous faudra embaucher des spécialistes en matériel informatique, en graphisme, en design, en programmation et en édition. Sans omettre l'obligation de les tenir à jour des connaissances du secteur, ce qui nécessitera de dégager du temps libre pour les remettre à niveau ou à investir dans un programme pédagogique dédié. De même que la qualité de professionnels dans le domaine de l'édition vous amènera des développeurs plus renommés désireux de se faire éditer chez vous et augmentera votre capacité de production (pour peu que vous ayez investi dans des lignes de production préalablement). De plus, il sera nécessaire de confier une équipe à un membre disposant d'un niveau conséquent en commandement et organisation.
Enfin, un grand show annuel (l'E3, Electronic Entertainment Expo) désignera les produits les plus en vue en distribuant des prix et en fonction du stand que vous aurez loué durant ce grand-messe, offrira un meilleur éclairage à vos produits futurs encore en développement.

Il serait bien trop long de tout relater, toutefois quelques détails complémentaires pour attester du sérieux de la simulation : ainsi l'obligation de gérer l'agencement des éléments situés sur une carte mère tout en évitant la surchauffe et le manque de place ;  les prévisions du secteur obligeant parfois à retarder la sortie d'un matériel ou d'un logiciel ; le développement en interne de suites bureautiques professionnelles ; la possibilité en plein développement de prendre en considération les sorties de concurrents et par conséquent d'améliorer la qualité du produit en cours ; l'ouverture des marchés d'Europe de l'Est à partir de 1992 ; l'achat de kits de développement pour machines spécifiques et d'outils anti-piratage etc.

Quatre dates de lancement sont disponibles : 1980, 1985, 1990 et 1995. Chacune se situant dans un contexte particulier qui nécessitera une prise en compte sérieuse (exemple, commencer en 1980 vous exposera très rapidement au terrible krach du jeu vidéo de 1983). De même que l'implantation dans une zone donnée de votre société vous obligera à vous soumettre à des taxes différenciées (la France étant la moins accueillante à ce titre dans le jeu!).

Une simulation très professionnelle qui devrait à terme selon certaines indications parues sur le forum du développeur, aboutir à une quatrième occurrence.

Site officiel de Velocigames

Et puisque nous demeurons dans la sphère des jeux indépendants, annonçons déjà la tenue des EUROPEAN INDIE GAME DAYS à Marseille les 2 et 3 juillet 2012, avec remise de prix et tables rondes sur ce secteur qui affiche une belle santé économique.

MAJ : Challenges.fr annonce que l'État Français a pris en compte la déficience du secteur du jeu vidéo en France notamment à l'export et entend mettre tous ses moyens actuels (OSEO, COFACE, UBIFRANCE) appuyés par de grands groupes nationaux avec un label fédérateur Le game. Explication par le Secrétaire d'État chargé du commerce extérieur.

Les jeux vidéos français vont-il conquérir le... par Challenges

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