jeudi 28 juillet 2011

La guerre froide survit dans l'arène vidéoludique


J'avais déjà relaté ce nouvel engouement pour la période dite de guerre froide qui bipolarisa l'ensemble des acteurs de la planète durant près de cinquante-cinq ans : La guerre froide déjà sur nos écrans. Le sujet semble loin d'être totalement asséché puisque deux jeux sont encore récemment sortis sur ce thème.
L'un très orienté action, ou FPS (First Person Shooter) et l'autre grand stratégique.

Le premier est un rejeton de la lucrative franchise Call of Duty : Black Ops. Proposant de vivre des moments forts d'opérations spéciales Américaines en pleine guerre froide. Grand spectacle hollywoodien garanti en des lieux variés allant de la Russie à Cuba en passant par le Viêt-Nam, le tout parsemé de références cinématographiques que les amateurs reconnaîtront sans peine.
Sans surprise, un jeu nerveux, immersif avec un scénario plongeant le joueur dans les méandres de la géopolitique de l'époque afin de lui faire revivre les grandes dates de cet affrontement à distance. Son aspect scripté du début à la fin des missions en faisant un véritable film interactif.
En revanche son orientation très directive (le chemin est balisé et les évènements pré-programmés) rebutera ceux qui privilégient l'inattendu et la coopération, ces derniers privilégieront d'office la série des ArmA.

Le second est issu d'une autre série, moins connu du grand public puisque destinée aux passionnés de jeux de stratégie et de gestion politique : Supreme Ruler : Cold War.
Profitant de l'expérience acquise avec les autres ludiciels sortis ces dernières années, Cold War se veut surtout un remue-méninges imposant au joueur de jongler entre les décisions économiques, politiques et diplomatiques, voire militaires lorsque plus aucune option alternative n'est disponible.
Profond dans ses mécanismes, Supreme Ruler : Cold War oblige à considérer plusieurs paramètres avant d'intenter toute action qui aura une répercussion à plus ou moins longue échéance. Imposant même à planifier des opérations parallèles pour pallier l'échec de l'une par l'autre.
S'il est toujours possible de choisir l'un des nombreux pays du globe, les deux campagnes disponibles sont axées sur les États-Unis d'Amérique et l'Union Soviétique. L'une des nouveautés étant l'apparition d'étoiles symbolisant les pays sous votre influence. De même qu'une carte redessinée qu'il est bien sûr toujours possible de zoomer afin de suivre l'évolution d'actions militaires.

Enfin, Operation Flasphoint, le simulateur d'infanterie grand public le plus abouti en circulation dans les années 2000 vient d'être renommé ArmA Cold War Assault depuis que Bohemia Software, la société Pragoise a repris ses droits d'auteur à Codemasters. Avec l'avantage pour les nouveaux adeptes de bénéficier du tout dernier correctif logiciel (patch).





Enfin, séquence retour en arrière, un très ancien logiciel sorti sur plusieurs supports phares des années 80 et simulant une percée soviétique en Allemagne par la fameuse trouée de Fulda : Battlefield Germany ou Bataille pour la RFA en version française édité par PSS qui fut un des fleurons de l'industrie de stratégie informatique (à qui nous devons aussi Theatre Europe traitant du même sujet sur un espace plus continentalisé et Annals of Rome faisant la part belle aux luttes acharnées entre la Rome antique et ses voisins). Battlefield Germany n'est d'ailleurs pas sans rappeler le fameux Fulda Gap '85 de chez HPS, bien que ce dernier soit autrement plus complet, et en corollaire pour un public averti.

Et Wikipédia fait décidément bien les choses puisqu'un article sur la trouée de Fulda est désormais disponible et clair, ce qui ne gâte rien. Idéal pour saisir ce que ce représentait ce passage si stratégique pour les stratèges de l'OTAN de cette époque.






Et en bonus, une cinématique digne de Red Dawn ou Aube Rouge :


lundi 25 juillet 2011

De Stolypine à Poutine, permanence de l'homme d'État Russe


Vladimir Poutine ne sera pas le détenteur du prix Quadriga décerné chaque année par une organisation privée Allemande à Berlin, récompensant les hommes d'importance contemporains dans les domaines politiques, sociaux ou culturels.
Or, l'un des bénéficiaires du prix pressenti pour 2011 était précisément l'actuel Premier Ministre Vladimir Poutine pour son action au sein de la Fédération de Russie lors de ses mandats passés et présents. Une perspective qui fit se dresser sur leurs ergots nombre de personnalités du jury (le co-président des Verts allemands Cem Ozdemir, le fondateur de Wikipédia Jimmy Wales et l'historien allemand Edgar Wolfrum quittèrent le conseil d'administration du prix tandis que l'artiste danois Olafur Eliasson rendit son prix, et l'ancien président tchèque Vaclav Havel menaçant de faire de même).
Devant le risque d'une cabale médiatique préjudiciable à la notoriété du prix, et nonobstant toute justification quant audit prix, les responsables préférèrent annuler l'édition 2011. Une décision qui provoqua l'ire du Président Dmitri Medvedev. Ce dernier n'hésitant pas à évoquer la lâcheté et l'incohérence des responsables qui reculèrent devant la pression de quelques individus alors que la décision était déjà acquise quant à l'attribution de la récompense à l'homme d'État Russe [1]. Cette fausse note n'est pas de nature à remettre en cause les bonnes relations économiques entre l'Allemagne et la Russie, ni même à altérer les interactions politiques pragmatiques tissées entre les dirigeants, elle n'en demeure cependant pas moins maladroite et fort peu justifiable.

Qu'à cela ne tienne, début septembre, le récent comité du prix Chinois Confucius [2] l'a inclu dans ses nominations ou il sera confronté entre autres à ...Angela Merkel.

L'Histoire Russe est pourtant une longue démonstration que les individus à la poigne ferme sont ceux qui sont demeurés les plus populaires à travers les siècles, ayant su éviter l'implosion du pays le plus vaste sur la Terre.
C'est à ce titre notamment que Vladimir Poutine encouragea il y a quelques jours et vigoureusement les membres du parlement à soutenir par leurs propres deniers l'érection d'un monument à la mémoire de Piotr Stolypine, un homologue ayant officié sous l'Empire Tsariste entre 1906 et 1911 [3], et considéré comme l'un des plus efficaces commis d'État de Nicolas II. La date anniversaire du centenaire, le 18 septembre, est celle de sa disparition lors d'un attentat au théatre de Kiev.
Ce n'est pas la première fois que le Premier Ministre fait référence à Stolypine, donnant crédit aux amateurs de what if que si cet illustre personnage avait vécu plus longtemps, bien des souffrances auraient été épargnées à la Russie du fait de sa clairvoyance sur le plan intérieur comme extérieur.

NB : Quadriga renvoie au célèbre quadrige de la porte de Brandebourg, effigie à laquelle fait justement référence la statuette remise au lauréat.

Site officiel du prix Die Quadriga

[1] « Не хотел говорить, но скажу про премию "Квадрига", хотя меня не спрашивали. На самом деле, это, конечно, немецкая головная боль, а не российская. Но я считаю, что любая общественная организация, которая присуждает премии, может выбирать тех, кому премии вручать, кому не вручать, кто нравится, а кто не нравится. Но уж если решение принято, то это решение должно исполняться. В противном случае это проявление трусости и непоследовательности »
[2] Né en 2010 de l'initiative d'un prétendu comité privé en liaison avec le ministère de la culture Chinois, le prix Confucius a pour vocation à l'instar du prix Nobel de distinguer une personnalité eu égard à ses efforts pour la paix dans le monde. Le premier prix fut attribué à Lien Chan, un politicien Taïwanais favorable à un rapprochement avec la Chine continentale, avec cependant un couac de départ puisque ce dernier fut absent de la cérémonie et ne vint jamais réclamer son prix.
[3] Article sur Piotr Stolypine

jeudi 21 juillet 2011

Légalité et légitimité : entre appui légal et assise morale

Chers visiteurs,

Un petit flashback d'une courte réflexion postée sur le blog de l'allié EGEA. Je vous invite ce faisant à vous y rendre, et prendre connaissance du billet de l'auteur ainsi que des réactions suscitées, toujours passionnantes à lire même marquées par le sceau de la digression.
Cette question de philosophie politique demeurera toujours brûlante au sein des régimes, quel que soit leur nature, de par l'assise originelle du pouvoir ainsi que son évolution dans le temps. La démocratie n'y échappant guère puisque le système représentatif peut s'opposer à la participation directe au pouvoir, suscitant la problématique de la légitimité des élites gouvernantes.

Lorsque le conflit en arrive à survenir, il y a généralement la faction détentrice de la légalité établie au moment des faits, et la partie détentrice de la justification morale. Cette présentation étant bien entendu un idéal-type : lors de la survenance de tels évènements en temps de crise, la légalité ne permet pas de maintenir l'ensemble des moyens du pouvoir à sa disposition et l'éthique / la morale n'est pas une assurance irréfragable d'emporter l'adhésion à grande échelle.

La crise peut, outre une situation intérieure larvée se déchaînant par trop-plein de ressentiment, être provoquée par intrusion externe. Exemple de la mise en place d'un gouvernement placé par une puissance tierce présente sur le territoire cible ou de façon plus indirecte, une aide diplomatique et/ou financière d'une puissance extérieure visant à favoriser une faction pour qu'elle puisse l'emporter.

Telle est au fond la genèse des schismes...

NB : le 20 juin 1789 est la date du serment du jeu de paume.

Bonjour,

J'ai pris grand intérêt à lire le billet comme les réactions et apports ayant suivi. Sujet contemporain s'il en est, et peu apprécié par tout gouvernant qui se respecte (et peut-être moins encore des étudiants ayant à plancher sur le sujet).

La légalité et la légitimité sont ordinairement liés à un instant ou période donnés. La dissociation devient d'actualité lorsque la question se pose : en effet, la dichotomie n'intervient (du moins en théorie) que lorsqu'il y a une raison de la soulever.
C'est lorsqu'il advient qu'aucune solution ne peut être envisagée pour concilier légalité et légitimité qu'il y a duplication de la légitimité (à la différence près que l'une dispose de l'appui légal, et l'autre non mais peut compenser par l'assise morale).

La légalité peut faire hiatus à la légitimité si elle en devient oppressante, rétrograde ou partiale.

Pour tout vous dire, c'est en revisionnant cette superbe fresque cinématographique qu'est La révolution Française (en ses deux parties) que j'en suis revenu à m'interroger plus en détail sur ledit sujet. Après tout, le 20 juin 1789 n'est-il pas un autre exemple d'illégalité légitime?

Cordialement

jeudi 14 juillet 2011

La Suisse : île souveraine au milieu de l'Europe

Article paru sur World Investigation News le 16 juin 2011

Dans l'imagerie populaire, la Suisse est le plus souvent réduite à celle d'un coffre-fort refuge des plus grandes fortunes mondiales. Malgré tout, cette vision réductrice souvent acceptée comme vérité unique car porteuse d'une certaine réalité ne saurait, et de loin, rendre grâce à cette fascinante entité qu'est cet État. Un État qui sut au fil des siècles gagner puis préserver ses libertés tout en prospérant en dépit du manque de ressources de son sous-sol.

Une naissance aux forceps

L'existence de la Suisse et sa forme actuelle n'est aucunement le fruit d'un hasard historique, il est celui d'une volonté historique. Celle de ses habitants en premier lieu. Sans quoi, à l'heure actuelle ce pays serait très probablement une région Allemande ou Autrichienne.
Pourtant, elle sut affirmer en premier lieu son indépendance face à un pouvoir Autrichien en pleine croissance au sein du monde germanique : une velléité de choisir son destin que les cantons Suisses saisirent par les armes. Le serment de Rütli le 1er août 1291 est souvent pris comme point de référence en tant qu'acte fondateur de la Confédération Helvétique [1]. L'acte est surtout le catalyseur de rancoeurs et de démonstrations de puissance entre l'Empereur Adolphe de Nassau et Albert d'Autriche. La reprise en main Autrichienne échouera face aux cantons naissants et s'achèvera le 13 novembre 1315 de bien funeste manière à Mortgarten pour les trop orgueilleux nobles face à l'infanterie des confédérés. Les cantons prendront dès lors l'initiative et aggloméreront de nouveaux territoires autour d'eux. Avec parfois des tensions internes mais ne rompant pas pour autant l'unité visée.
Par ailleurs, et une fois le territoire initial sécurisé, les soldats Suisses commenceront à s'engager crescendo en tant que mercenaires. Le dauphin et futur roi de France Louis XI les combattra personnellement en 1444, lors de la bataille près de Pratteln (Suisse) [2]. Victorieux mais rusé, Louis XI préfèrera ménager les confédérés lors des négociations de paix après avoir vu à l'oeuvre la qualité des combattants Suisses. Puis il se servira à de nombreuses reprises de leur valeur guerrière contre son grand ennemi, le Duc de Bourgogne. C'est d'ailleurs à Nancy (France) que 10 000 Suisses vaincront définitivement celui qui ambitionnait de redonner vie à la Lotharingie.

La légendaire neutralité Suisse peut être datée de 1515, où le roi François Ier de France infligea à Marignano (Italie) une défaite sévère aux confédérés, mettant fin à leurs expéditions destinées à accroître le territoire de leur confédération. Néanmoins leurs qualités en tant que soldats continueront de s'exercer de par l'Europe avec les célèbres gardes Suisses en France comme au Vatican. Le désir de neutralité perdurera lui à travers les siècles, et ce malgré tous les bouleversements à venir.

Hâvre de stabilité au milieu des maelstroms

Après la défaite de Marignano, les Suisses se mêleront de moins en moins des affaires du continent Européen. Si ce n'est à titre privé, en agissant en tant que mercenaires mais sans engager bien entendu la Confédération Helvétique. Seule interviendra la parenthèse de la Révolution Française qui aboutira à une occupation du pays par l'armée républicaine puis celle du Premier Consul Bonaparte. Premier Consul qui se posera en médiateur en faisant adopter par les autorités helvétiques l'Acte de médiation (synonyme de constitution) en 1803.

Le congrès de Vienne en 1815 reconnaîtra explicitement et solennellement la neutralité perpétuelle de la Suisse sur la scène internationale. Un principe réitéré à chaque grande rencontre internationale afin non seulement d'asseoir la pérennité de la Suisse mais aussi celles de pays désirant suivre son exemple et rester en dehors de tout conflit [3].

Malgré d'énormes difficultés, qu'elles soient économiques, sociales et politiques, la Suisse restera à l'écart des deux grands conflits mondiaux. Ayant cependant prévu de résister à toute invasion de son territoire par le concept de « réduit national» élaboré par le commandant en chef de l'armée Henri Guisan [4]. En dépit de complications internes conséquentes pour cause de difficultés d'approvisionnements, la Suisse cernée par des pays en guerre aura réussi jusqu'au bout à ne pas se mêler du conflit malgré des pressions diplomatiques très fortes des parties belligérantes. Elle n'hésitera pas non plus à accueillir de nombreux réfugiés sans distinction d'origine [5].
Du reste, les citoyens Suisses refuseront à chaque votation populaire de rejoindre l'Union Européenne : manifestant de ce fait leur refus à se laisser absorber par une entité où leur voix serait noyée, préférant conclure des accords bilatéraux.

Une puissance financière gênante

La Suisse dut sa prospérité durant l'époque contemporaine à une politique industrielle poursuivie du XIXème au XXème siècle (26% des secteurs d'activité déjà en 1800 jusqu'à 56% en 1960, date de son apogée) et des services (25% en 1900 à 69% en 2000) [6].
Ne disposant d'aucune ressource d'origine minérale, la Confédération Helvétique tint à assurer par elle même son indépendance économique en trouvant une voie viable. Les efforts menés furent profitables puisque le pays dispose de nos jours d'une balance commerciale excédentaire : un exemple rare parmi les États Européens. Le tout par l'entremise de spécialisations très demandées : produits pharmaceutiques, horlogerie de luxe, appareils chirurgicaux, agroalimentaire etc.
En résumé : une production à haute valeur ajoutée.
En sus de ces réussites dans le domaine industriel, la Confédération est aussi devenue une place bancaire de premier ordre, notamment en matière de private banking.

Mais cette réussite insolente allait de façon croissante attirer bien des suspicions et des ressentiments des deux côtés de l'Atlantique : ainsi les Américains engageront une épreuve de force pour que la Confédération Helvétique règle rapidement aux descendants des victimes du génocide juif la question des comptes en déshérence [7]. Légitime sur le fond, cette demande fut cependant traitée avec brutalité et agressivité sur la forme, et aboutit en 1998 à la remise de 1,25 milliard de dollars par les principales banques Suisses. Provoquant une certaine amertume parmi la population, regrettant l'épée de Damocles brandie au-dessus du cou Suisse pendant les négociations. Une transaction acceptée afin d'éviter une longue procédure judiciaire aux États-Unis mais aussi et surtout faire cesser la pression de plus en plus menaçante de Washington.
Une pression que la Suisse retrouvera avec tout aussi peu de plaisir lors de l'affaire d'évasion fiscale par des résidents Américains en 2008 : la banque UBS cèdera et fournira au fisc Américain la liste et le détail des comptes de citoyens Américains suspectés d'avoir fraudé : sa licence d'exercer aux Etats-Unis ayant été mise en jeu par l'administration de Washington.

Autre souci, plus proche, celui de plusieurs membres de l'Union Européenne ayant menacé à leur tour de suspendre leurs coopérations dans divers domaines avec la Confédération si elle refusait de revenir sur la question du secret bancaire pourtant inscrit dans une loi fédérale de 1934.
France, Allemagne et Italie envisagèrent même pour un temps d'inscrire la Suisse sur la liste noire des paradis fiscaux !
Une menace brandie en 2008 et qui n'a trouvé de solution avec les divers États que par de nouvelles négociations où la Suisse s'efforça d'offrir des gages de bonne volonté en assouplissant le principe du secret bancaire.

Au delà de ces aspects financiers, c'est aussi une question de souveraineté qui se pose pour la Confédération Helvétique. Elle a été soumise ces dernières décennies à des attaques très fortes de la part d'États n'ayant pas hésité à brandir des mesures de rétorsion sévères à son encontre. Son secteur bancaire dynamique attisant les jalousies et ne manquant pas de coaliser contre elle de nombreux pays. Concomitamment à ces évènements récents a été constaté l'essor du parti de l'UDC (Union Démocratique du Centre) [8] qui se positionne comme intransigeant face aux organisations internationales et aux pays peu respectueux du particularisme helvétique.
Trop exposées sur le flanc bancaire, les autorités Suisses vont-elles magnifier d'autres axes de développement économique ? Excédée par de sempiternelles accusations de pays tiers, la population Suisse ne risque-t-elle pas de se raidir politiquement ? Le concept de neutralité défendu avec vigueur n'entraîne-t-il pas la Suisse vers un isolement international préjudiciable lors de grands dossiers la concernant ?
Depuis les années 90, la Suisse est entrée dans une période de troubles qui n'a pas encore pris fin. Et une fois encore, la Confédération se devra de défendre sa souveraineté dans l'adversité.


[1] Il donnera par ailleurs naissance à leur figure nationale, Guillaume Tell en français ou Wilhelm Tell en allemand.
[2] Appelée aussi bataille de Saint Jacques sur la Birse. Si l'historiographie Suisse en a dégagé une commémoration patriotique, il n'est aucunement établi que le dessein du dauphin Louis XI eusse été d'envahir la Suisse mais plutôt de se débarrasser pour un temps des écorcheurs : ces troupes démobilisées en temps de paix et ravageant les campagnes de France. Il n'en demeure pas moins que les pertes occasionnées par la partie Française furent très élevées, et que Louis XI ait aussi préféré rester sur une victoire plutôt que de tenter une campagne en territoire ennemi à la conclusion aléatoire et sans intérêt stratégique pour le royaume de France.
[3] Elle sera fort logiquement désireuse de faire accepter par les grandes puissances les conventions de La Haye de 1907 relatives au droit de neutralité sur terre et sur mer.
[4] Pendant la campagne de France opposant en 1940 les forces armées Allemandes et Françaises, les avions de la Luftwaffe violèrent à plusieurs reprises l'espace aérien de la Confédération Helvétique. La détermination de l'armée de l'air Suisse à ne pas laisser ces incidents se poursuivre faillirent amorcer l'invasion de la Suisse par le chancelier Hitler, furieux de cette résistance. Car les pilotes Suisses prouvèrent leur courage et leur maîtrise de l'aviation en abattant de nombreux aéroplanes Allemands.
[5] Telle est la thèse défendue par Jean-Jacques Langendorf, historien et essayiste, dans son ouvrage « La Suisse dans les tempêtes du XXème siècle ».
[6] Source : office fédéral des statistiques.
[7] Avec la mise en place d'une commission indépendante d'experts, appelée aussi Bergier qui rendit son rapport en 2001.
[8] Depuis 2007, l'UDC est devenu le premier parti au Conseil National (le parlement) avec 31% des sièges au sein de cette assemblée.


SWITZERLAND: SOVEREIGN ISLE IN THE MIDDLE OF EUROPE

Issue of sovereignty has once again become burning for the Swiss Confederacy. During the recent decades country has been savagely attacked by the states that didn't feel shy to threaten it with reciprocal actions. Dynamic banking system of the country causes envy of many countries, which even set up the international coalitions to fight it. Besides that, Switzerland is witnessing an abrupt growth of Swiss People's Party that styles itself as an implacable opponent of entering the international organizations and cooperating with countries that show little respect for Swiss national peculiarities.



Popular public image of Switzerland is often confined with a safe, where the fortunes of the wealthiest people in the world are stored. Despite everything, such narrow-minded concept of Swiss is often interpreted as often taken as a face value, because no particular single trait might have characterized the slightest share of qualities of this wonderful country — the country that has managed to win its freedoms centuries ago and then kept them, despite the absence of natural resources.

Hard birth

Existence of Switzerland in its current form is by no mean an accident but rather a result of the historical will. First of all, this is the will of the nation. Had there been none of it, today, with a great degree of probability this state might have been a part of Germany or Austria.

Switzerland, however, managed firstly to reaffirm its independence towards the Austrian authority during the age of growth of its influence within the German world: an attempt that Swiss cantons have undertaken with the arms in their hands defined the destiny of the country. Rütlischwur oath made on the 1st of August, 1291 is often considered a departing point and the basic act of the Swiss Confederacy [1]. This act has first of all catalyzed the mutual claims saber-rattling between the Emperor Adolf of Nassau and Count Albert of Austria. Yet another attempt of Austrians to seize the power in the newly-emerging cantons failed and became a bitter end for the arrogant nobility at the Battle of Morgarten on the 13th of November, 1315, when an infantry unity of Confederacy crushed the Austrian host. Since then cantons have taken the initiative in their own hands and started to expand their borders on the account of neighboring territories. Internal discords were there, too, yet they've never broken the general unity.

Besides, having secured the borders of primary territory, Swiss soldiers have started to enlist for the military service as hired swords. Dauphin and future King of France Louis the XI personally fought them in 1444 at the battle at Pratteln (Switzerland)[2]. Louis the XI has won that battle, but being an artful ruler, he was merciful to Swiss men during the peace talks, having witnessed their glorified war craft at that battlefield. Afterwards, he has repeatedly used their valuable military service in the battles against his principal enemy — Duke of Burgundy. At Nancy (France) 10 thousand of Swiss have finally defeated the host of Charles the Bold, who hoped to unify Burgundy, Lorraine and Netherlands — parts of the German Empire by the moment — into a strong united state, capable to withstand France as an equal.

Beginning of the legendary Swiss neutrality may be dated by 1515, when the troops of French King Francis I delivered a shattering defeat to the Swiss army at Marignano (Italy), having ended the Swiss military conquests that intended to expand the territory of Confederacy. Nevertheless, famed war skills of the Swiss hired swords have made their service well-demanded all over the Europe (remember the famous Swiss Guard in France and Vatican). Swiss urge to keep the neutrality will remain throughout centuries, despite all the future shocks.

Stable haven among the storms of European continent

After the defeat at Marignano Swiss men have interfered with the affairs of European continent less and less. They only used to do that privately, acting as mercenaries, but, of course, not involving the Swiss Confederacy as a state. The only exception was the French Revolution, when the country was occupied by the republican army and then by the army of the First Consul Bonaparte. The latter one acted as a mediator, having made Swiss government to adopt the «Act of mediation» (synonym for Constitution) in 1803, thus returning its independence.

Congress of Vienna in 1815 officially and unequivocally recognized the permanent neutrality of Swiss at the international arena. This principle has been reaffirmed at each significant international meeting not just for stating the everlasting status of Swiss neutrality, but also for calling the other countries to follow its example and stand aside any conflict [3].

Despite the great economic, social and political difficulties, Switzerland remained neutral during the two world wars. However, any violation of the state borders would have been immediately reflected: so, Commander-in-Chief Henri Guisan has developed a «state defense system in case of the enemy invasion» [4]. Despite the consecutive internal complications, caused by the difficult supply of provision, and the strong diplomatic pressure of belligerents, Switzerland, surrounded by the fighting parties from every side, managed not to get involved into the conflict. It also didn't hesitate to accept the numerous refugees, regardless of their origin [5].

As for the rest, Swiss citizens refuse to join the European Union during every national referendum, thus, expressing their denial to be absorbed by a structure, where its voice won't be heard, and prefer to conclude the bilateral agreements.

Heavy burden of a financial power

Contemporary Switzerland has to thank the industrial policy for its current prosperity. It was conducted in the 19th and the 20th centuries (as far back as in 1800 26% of the economical sectors and up to 56% in 1960) along with the service industries policy (25% in 1900 and 69% in 2006)[6].

Lacking any natural resources, the Swiss Confederacy tried to independently reaffirm its economic sovereignty, coming up with the utmost appropriate means for that. Its efforts have eventually reaped their fruits: nowadays the country has an active trade balance, which is a rare example among the European countries. The reason for that is the demanded specialization: pharmaceutical products, hi-end watches production, surgery instruments, food industry, etc.

As a resume they have commodities with a large added value.

Apart from industrial achievements, Confederacy has also become a first-class banking center, especially when it comes to banking services for the private clients.

Yet, this extraordinary success causes suspicions and hostility astride the Atlantic Ocean more often than not: so, Americans have initiated an international dispute, demanding the Swiss Confederacy to pay indemnifications to the victims of Jewish genocide [7]. Being essentially legal, this claim was distinguished due to the rude and aggressive form of appeal — it was settled in 1998 with the payment of $1.25 billion by the major Swiss banks. All of that has left a bitter aftertaste among Swiss citizens, who were said to see that Damocles sword that global community put to Swiss throat during the talks. Decision to pay the money was made largely to avoid the protracted litigation in the USA and to finally stop all the more threatening pressure, coming from Washington.

Switzerland faced the same kind of dubious pleasure in 2008, having once again faced the pressure of American government, when the lawsuit about the tax evasion by the U.S. residents started. When Washington threatened to withdraw the license for banking activity in the USA, UBS bank has given up and rendered IRS the lists and data about the accounts of American citizens, suspected of the tax frauds.

Yet another worry of Switzerland is the threats of certain EU members to stop their partnership with the Confederacy in various areas if it refuses to reconsider the privacy of investor issue, stipulated in the federal law of 1934.

France, Germany and Italy have even considered an opportunity to temporarily put Switzerland into a blacklist of tax havens!

Threats to undertake these measures are heard from 2008 and many European states consider the only exit out the situation to be the new negotiations, which can make Switzerland to make its mind for some give-and-take, having made the law about the privacy of investor more flexible.

Apart from the aspects of financial activity, issue of sovereignty has once again become burning for the Swiss Confederacy. During the recent decades country has been savagely attacked by the states that didn't feel shy to threaten it with reciprocal actions. Dynamic banking system of the country causes envy of many countries, which even set up the international coalitions to fight it. Besides that, Switzerland is witnessing an abrupt growth of Swiss People's Party (UDC [8] ) that styles itself as an implacable opponent of entering the international organizations and cooperating with countries that show little respect for Swiss national peculiarities.

Is the Swiss government — way too obsessed with banking — going to develop the other fields of economic activity? Isn't there a risk that Swiss population, irritated by the constant accusations of the third parties will massively support the policy of the Swiss People's Party? Will the principle of neutrality — so fiercely protected by Confederacy at the background of lawsuits that involve it — bring Switzerland to the non-lucrative international isolation?

In the 90s Switzerland entered and complicated period for the country, which hasn't ended yet. Confederacy has to defend its sovereignty once again in the tough conditions for the country.


[1] Besides, this event gave birth to the Swiss national hero — Guillaume Tell in French or Wilhelm Tell in German.
[2] This battle is also called the battle of Saint Jacque at the Birs. Swiss historiographers haven’t made a monument of courage and patriotism of it, because it is consedered that the intention of dauphin Louis the XI was not to occupy Switzerland, but rather to get rid of th soldiers of demobilized units for a momemt — during the peace time they’ve been looting French peasants. Nevertheless, French army inflicted great damage upon the Swiss forces and Louis the XI preferred to stop at an already gained victory, rather than continuing the fight at the enemy territory — all the more that it’s resume was dubious and was of no great strategic interest for France.
[3] Switzerland insisted at adoption of Hague Convention of 1907 by all of the great powers — among the rest, it stipulated the right for neutrality, both in the air and on the ground.
[4] During the French campaign of 1940, where German and French armed forces stood up against one another, Luftwaffe planes have repeatedly violated the air space of Swiss Confederacy. Resolution of the Swiss Air Force that didn’t allow repeating such incidents has nearly provoked Hitler — enraged with this resistance — to invade Switzerland.
[5] Historian and essay writer Jean-Jacques Langendorf is defending this thesis in his work «Switzerland in the storms of the 20th century».
[6] According to the data of Federal Statistics Service.
[7] An independent expert board was organized — also known as Bergier commission — that presented its report in 2001.
[8] Since 2007 UDC party has taken the lead due to the number of its representatives in the Swiss National Council (Parliament) — 31% of the MPs.


СУВЕРЕННЫЙ ОСТРОВ В ЦЕНТРЕ ЕВРОПЫ: ШВЕЙЦАРИЯ

Для Швейцарской Конфедерации остро встал вопрос суверенитета. В течение последних десятилетий страна подвергалась сильным атакам со стороны государств, не стеснявшихся угрожать ответными мерами против Швейцарии. Динамичная банковская система страны вызывает зависть многих государств, которые даже организуют международные коалиции против этой системы. Кроме всего прочего, в Швейцарии отмечается стремительный рост популярности Швейцарской народной партии, позиционирующей себя как непримиримого противника вступления в международные организации и сотрудничества со странами, проявляющими мало уважения к национальным особенностям Швейцарии.



Популярный образ Швейцарии чаще всего ограничивается неким сейфом, где надежно хранятся состояния самых богатых людей в мире. Несмотря ни на что, такое ограниченное представление о Швейцарии часто принимается за чистую монету, ведь какая-то одна определенная черта не смогла бы верно охарактеризовать и малую толику качеств этой удивительной страны. Это государство, которое сумело на протяжении веков завоевать, а затем сохранить свои свободы, процветая вопреки отсутствию ископаемых ресурсов.

Тяжелое рождение

Существование Швейцарии в ее современной форме ни в коей мере не является случайностью — это результат исторической воли. В первую очередь, воли народа страны. Не будь её, сейчас это государство с большой вероятностью было бы частью Германии или Австрии.

Однако Швейцария смогла, во-первых, подтвердить свою независимость по отношению к Австрийской власти в эпоху роста ее влияния внутри германского мира: попытка, которую швейцарские кантоны предприняли с помощью оружия, определила судьбу страны. Клятва Грютли 1-го августа 1291 года часто считается точкой отсчета и основополагающим актом Швейцарской Конфедерации [1]. Этот акт послужил, прежде всего, катализатором взаимных притязаний и демонстрации военной силы между императором Адольфом Нассау и герцогом Альбертом Австрийским. Новая попытка австрийцев взять власть в едва зарождающихся кантонах в свои руки потерпела неудачу и закончилась для надменных дворян весьма печальным образом в Моргартене 13 ноября 1315 года, когда пехотный отряд членов конфедерации разгромил австрийское войско. С того времени кантоны возьмут инициативу в свои руки и будут расширять свои границы за счет прилегающих территорий. Не обходилось и без внутренних разногласий, которые, тем не менее, не нарушали общее единство.

К тому же, обезопасивши границы первоначальной территории, швейцарские солдаты стали все чаще поступать на военную службу в качестве наёмников. Дофин и будущий король Франции Людовик XI лично сражались с ними в 1444 году в битве возле Праттельна (Швейцария) [2]. Людовик XI выиграл то сражение, но, будучи хитроумным правителем, в течение мирных переговоров он проявил милость к швейцарцам, на деле увидав их прославленное военное мастерство на поле битвы. Впоследствии он множество раз будет использовать их ценные военные услуги в сражениях против своего главного врага — герцога Бургундского. В Нанси (Франция) 10 тысяч швейцарцев одержали окончательную победу над армией герцога Карла Смелого, который надеялся объединить Бургундию, Лотарингию и Нидерланды, входившие тогда в состав Германской империи, в единое сильное государство, способное на равных противостоять Франции.

Начало легендарного нейтралитета Швейцарии можно датировать 1515 годом, когда войска французского короля Франциска Первого в Мариньяно (Италия) нанесли тяжелое поражение швейцарской армии, положив конец военным походам швейцарцев с целью увеличения территории Конфедерации. Тем не менее, слава о воинских качествах наемных швейцарских солдат сделала их услуги востребованными по всей Европе (вспомним о знаменитой швейцарской гвардии во Франции и в Ватикане). Стремление Швейцарии к соблюдению нейтралитета будет идти через столетия, несмотря на все происходящие в будущем потрясения.

Пристань стабильности посреди бурь на Европейском континенте

После поражения в Мариньяно швейцарцы все меньше и меньше вмешиваются в дела, творящиеся на европейском континенте. Если только они делают это частным образом, действуя в качестве наемных солдат, но, разумеется, не вовлекая при этом Швейцарскую Конфедерацию как государство. Исключение составила только Французская революция, в результате которой страна была оккупирована республиканской армией, а затем армией Первого Консула Бонапарта. Первый Консул выступил в качестве посредника, заставив швейцарское правительство принять «Акт посредничества» (синоним конституции) в 1803 году, тем самым вернув ей независимость.

Венский конгресс 1815 года официально и недвусмысленно признает постоянный нейтралитет Швейцарии на международной арене. Этот принцип повторяется на каждой значимой международной встрече для того, чтобы не только подтвердить непреходящий характер нейтралитета Швейцарии, но также призвать другие страны последовать ее примеру и оставаться вне любого конфликта [3].

Несмотря на большие экономические, социальные и политические затруднения, Швейцария осталась в стороне от двух мировых войн. Впрочем, любому вторжению на территорию страны было бы оказано немедленное сопротивление: так, главнокомандующий армии Анри Гизан разработал «систему обороны страны на случай неприятельского вторжения» [4]. Несмотря на последовавшие внутренние сложности из-за затрудненного снабжения продовольствием, Швейцария, со всех сторон окруженная странами-противницами, сумела до конца не вмешиваться в конфликт, несмотря на очень сильное дипломатическое давление воюющих сторон. Также Швейцария без колебаний принимала многочисленных беженцев без различия их происхождения [5].

Что до прочего, то граждане Швейцарии на каждом всенародном референдуме отказываются от присоединения страны к Европейскому союзу, выражая тем самым отказ от поглощения своей родины такой структурой, где ее голос не будет услышан, и предпочитают заключать двусторонние соглашения.

Тяжелое бремя финансовой державы

Современная Швейцария обязана своим благополучием промышленной политике, которая проводилась в XIX-м и XX-м веках (26% секторов деятельности уже в 1800 году и до 56% в 1960-м — году наивысшего подъема) и сферы услуг (25% в 1900 в 69% в 2000)[6].

Не располагая никакими ископаемыми ресурсами, Швейцарская Конфедерация старалась самостоятельно утвердить свою экономическую независимость, находя наиболее пригодные для этого способы. Прилагаемые усилия принесли свои плоды, так как в наши дни страна обладает активным торговым балансом: редкий пример среди европейских государств. Все это благодаря востребованным специализациям: фармацевтические продукты, производство часов класса люкс, хирургические инструменты, пищевая промышленность и т.д.

Итог: продукция с высокой добавленной стоимостью.

Помимо успехов в области промышленности, Конфедерация стала также первоклассным банковским центром, особенно в сфере банковского обслуживания частных клиентов.

Но этот необычайный успех все чаще и чаще вызывает подозрения и враждебность по обе стороны Атлантики: так, американцы затеяли международный спор с требованием выплаты Швейцарской Конфедерацией компенсаций потомкам жертв еврейского геноцида [7]. Правомерное по существу, это требование отличалось по форме грубостью и агрессией и закончилось в 1998 году передачей 1,25 миллиарда долларов главными швейцарскими банками. Все это оставило горький осадок у населения, с огорчением воспринявшего такой дамоклов меч, приставленный к шее Швейцарии во время переговоров. Соглашение на выплату средств было принято с целью избежать длительного судебного разбирательства в США, а также, главным образом, чтобы прекратить все более и более угрожающее давление со стороны Вашингтона.

Со столь же сомнительным удовольствием Швейцария столкнулась, вновь испытав на себе давление американского правительства в 2008 году, когда начался судебный процесс по делу обхода налогового законодательства американскими резидентами: под угрозой Вашингтона отозвать лицензию на ведение банковской деятельности в США, банк UBS уступил и предоставил американскому налоговому управлению списки и данные о счетах американских граждан, подозреваемых в налоговом мошенничестве.

Другой заботой для Швейцарии стали угрозы некоторых членов Европейского союза прекратить сотрудничество с Конфедерацией в различных областях, если она откажется пересмотреть вопрос тайны банковского вклада, прописанный в федеральном законе 1934 года.

Франция, Германия и Италия даже рассматривали вопрос о том, чтобы на какое-то время внести Швейцарию в черный список налоговых убежищ!

Угрозы принять такие меры раздаются с 2008 года, и выход из этой ситуации различные европейские государства видят только в новых переговорах, в результате которых Швейцария постаралась бы пойти на уступки, сделав закон о тайны вклада более гибким.

Кроме аспектов финансовой деятельности, для Швейцарской Конфедерации также остро встал вопрос суверенитета. В течение последних десятилетий страна подвергалась сильным атакам со стороны государств, не стеснявшихся угрожать ответными мерами против Швейцарии. Динамичная банковская система страны вызывает зависть многих государств, которые даже организуют международные коалиции против этой системы. Кроме всего прочего, в Швейцарии отмечается стремительный рост популярности Швейцарской народной партии (UDC)[8], позиционирующей себя как непримиримого противника вступления в международные организации и сотрудничества со странами, проявляющими мало уважения к национальным особенностям Швейцарии.

Собирается ли правительство Швейцарии, чересчур зацикленное на банковской деятельности, развивать и другие направления экономического развития? Нет ли риска, что население Швейцарии, раздраженное вечными обвинениями третьих стран станет массово поддерживать политику Швейцарской народной партии? Не приведет ли Швейцарию к невыгодной международной изоляции так яростно защищаемый ею принцип нейтралитета на фоне судебных разбирательств, в которые вовлечена Конфедерация?

С девяностых годов Швейцария вошла в сложный для страны период, который не закончился до сих пор. Конфедерация вновь должна отстаивать свой суверенитет в сложных для страны обстоятельствах.


[1] Кроме того, это событие дало жизнь национальному герою Швейцарии — Гийому Теллю по-французски или Вильгельму Теллю по-немецки.
[2] Это сражение также называют битвой Сен-Жак на Бирсе. Швейцарские историографы не сделали из нее памятника храбрости и патриотизма потому что, считается, что намерение дофина Людовика XI состояло не столько в захвате Швейцарии, сколько в том, чтобы хоть на какое-то время отделаться от экошеров — солдатов демобилизованных войск, которые в мирное время занимались грабежом французских крестьян. Тем не менее, французская армия, причинила швейцарскому войску огромные потери, и Людовик XI предпочел остановиться на одной достигнутой победе, чем продолжать военные действия на вражеской территории, тем более, что итог их был сомнителен и не представлял для Французского королевства особого стратегического интереса.
[3] Швейцария настаивала на принятии великими державами Гаагской конвенции 1907 года, в которой оговаривалось, в том числе, право на нейтралитет на земле и в воздухе.
[4] Во время Французской кампании 1940 года, в ходе которой шло противостояние немецких и французских вооруженных сил, самолеты Люфтваффе неоднократно нарушали воздушное пространство Швейцарской Конфедерации. Решимость ВВС Швейцарии не позволять повторяться подобным инцидентам едва не спровоцировала Гитлера, взбешенного таким сопротивлением, на решение о вторжении в Швейцарию.
[5] Этот тезис защищает историк и эссеист Жан — Жак Ланжендорф в своем труде «Швейцария в бурях XX-ого века».
[6] Источник: федеральная служба статистики.
[7] Была организована независимая экспертная комиссия, также известная под названием комиссии Бержье, которая представила свой отчет в 2001 году.
[8] С 2007 года партия UDC стала первой по количеству своих представителей в Национальном совете Швейцарии (парламенте) с 31% депутатов от этой партии в парламенте.

mardi 12 juillet 2011

Le carrefour de tous les dangers à NYC, preuve en vidéo

Qui n'a jamais pesté contre l'attitude souvent désinvolte, confinant à la dangerosité en certaines occasions, des cyclistes? Érigés par certaines localités comme moyen de locomotion du futur, le cycliste bénéficie d'une coupable indulgence aux infractions du Code la Route Français. Se rendant dangereux tant pour lui même que pour les autres usagers de la route. Exemples non exhaustifs des infractions dont sont trop rarement informés les amateurs de cyclisme urbain :
  • phares non fonctionnels avant/arrière à la tombée de la nuit (article R313-4 du Code de la Route)
  • non ralentissement de la vitesse, au pas, à l'approche de piétons (article R431-10 du Code de la Route)
  • circulation à deux de front sur la chaussée (article R431-7 du Code de la Route)
  • absence de réflecteurs/catadioptres (articles R313-18 à R313-20 du Code de la Route)
  • circulation sur les trottoirs (articles R412-34 du Code de la Route)

  • En outre, car la protection de la partie la plus faible s'imposait, depuis le décret 2010-1390, les cyclistes comme les autres conducteurs sont tenus de céder le passage aux piétons. A défaut, une contravention de quatrième classe (!) sera délivrée. Codifié désormais à l'article R415-11.
    La constatation desdites infractions donnant lieu à des amendes de première et seconde classe (exceptée l'infraction ci-dessus).
    En revanche contrairement à une croyance tenace, le port du casque n'est pas obligatoire sur un cycle non motorisé.
    Enfin, certaines infractions lourdes peuvent aboutir à la suspension du permis de conduire quand bien même l'infraction aurait été caractérisée alors que l'individu était à vélo (exemple d'un état d'ébriété constaté au-dessus du taux légal).

    La cohabitation avec les autres usagers n'est pas simple, et si le déplacement en vélo a le vent en poupe, il ne faudrait pour autant pas en oublier le respect élémentaire des règles de circulation, dont la plupart sont malheureusement souvent ignorées moins par défi que par méconnaissance de leur existence. La faute il est vrai à certaines communes passives en matière de pédagogie ou renonçant à faire appliquer la loi.
    Les automobilistes ne sont hélas pas en reste. A ceci près que leurs actions peuvent plus souvent aboutir à des conséquences létales pour les autres utilisateurs de l'espace de circulation. Quant aux piétons eux-mêmes, de la même manière leurs actions sont loin d'être toutes irréprochables.
    C'est d'ailleurs le constat vidéo à l'appui qu'à tenu à délivrer Ron Gabriel à travers son documentaire 3-Way Street, prenant comme théatre d'observation/démonstration un carrefour New-Yorkais. Édifiant!

    vendredi 8 juillet 2011

    Wikileaks se rappelle aux bons souvenirs de tous par une publicité détournée


    Une petite rétrospective sur la bombe Wikileaks qui au final n'aura pas été aussi intense qu'on n'aurait plus le penser puisque seul un nombre extrêmement restreint de cables diplomatiques auront été dévoilés. Et qui plus est, pour des raisons de protection des sources, par le canal de journalistes professionnels.
    Pour se rémémorer quelles furent les principales annonces liées au phénomène, je vous en enjoins vivement à vous reporter à ce syncrétique billet du New York Times.

    Au final, Wikileaks aura fait trembler mais les déboires judiciaires de son fondateur et figure emblématique ont paralysé l'action en plein déroulement malgré un certain nombre de cables mis en circulation. Ces derniers n'ayant pas fondamentalement opéré de grandes révélations pour le gépolitologue averti mais bien confirmé des tendances lourdes ou des faits rapportés par d'autres canaux. D'aucuns prêtent cependant à Wikileaks d'avoir accéléré certains mouvements de révolte dans les pays Arabes en mettant en exergue des points relatifs aux régimes alors en place. Tel est d'ailleurs le constat identique de Foreign Policy :
    The 2011 wave of Arab revolutions has its own tranche of leaked U.S. diplomatic cables, though in the present case, they have come largely as prologue to revolution rather than as epilogue. Their only direct role in the revolutions was to provide further proof of the profligacy and corruption of erstwhile Tunisian President Zine el-Abidine Ben Ali, and perhaps also some measure of reassurance that the United States, too, knew he was a thief and scoundrel. Even the most cynical critics of the United States haven't found much in the WikiLeaks cables to condemn it. The cables are dutiful, intelligent, and maybe a tad officious. They are not prescient, but then again who was? Of the hundreds of cables leaked from Cairo, Tunis, and Tripoli, not one predicts imminent collapse, nor anything beyond a slow, eventual (if not untroubled) transition of power.

    Enfin, une publicité enjoignant les donateurs à ne pas délaisser Wikileaks a fait son apparition sur le net, avec la notoire dérision d'une publicité, priceless, de Mastercard, l'organisme de paiement bancaire qui avait lâché Julian Assange dès les débuts de ses démêlés avec la justice.

    MAJ : Une plainte vient d'être déposée envers Mastercard et Visa (dont on connait l'alacrité de Wikileaks à leur égard pour avoir lâché l'organisation à son pire moment) , Numerama nous apprend que c'est la société Islandaise (décidément l'Islande est très en poupe en matière de défense numérique) DataCell qui a déposé plainte envers les prestataire de services bancaires devant la Commission Européenne. Le cas d'espèce sera particulièrement instructif à suivre car il remet en question la situation de position dominante de ces deux entités sur leur secteur.

    lundi 4 juillet 2011

    Faut-il armer les rebelles Libyens?

    Chers visiteurs,

    J'avais évoqué la possibilité d'une aide aux insurgés Libyens le 31 mars 2011 par l'entremise d'un article paru sur l'Alliance GéoStratégique. Ébauchant les moyens et les conséquences qu'une telle décision provoquerait.

    Une interrogation qui si l'on en croit le site ActuDéfense n'est plus à l'état de spéculations : « Il n’y avait aucune autre façon de procéder », déclarait une source haut placé au Figaro, dans un article publié ce matin. Paris a fourni des armes aux rebelles Libyens. Des équipements « en grande quantité » ont été parachuté dans le sud du pays afin d’apporter de l’aide aux tribus berbères soulevées dans cette région. Ces livraisons secrètes consistent en des fusils d’assaut, des mitrailleuses, des lance-roquettes et des lance-missiles Milan.
    Encore que Londres ne serait pas loin derrière si l'on en croit cet article paru sur Le Vif : Les autorités britanniques avaient annoncé en mai qu'elles fourniraient un "soutien technique et matériel" au Conseil national de transition (CNT), l'instance dirigeante de la rébellion libyenne.

    Le CNT (Conseil National de Transition) organe politique des insurgés, a engrangé ce faisant plusieurs victoires diplomatiques en étant reconnu ou officiellement mis en relation avec de nombreux pays, y compris les pays réticents. Ainsi Chine, Russie, Turquie pour ne citer que ceux-là, semblent prendre acte d'une situation tournant à la faveur d'une perte de légitimité du colonel Kadhafi.
    Il est nécessaire de souligner dans le même temps que le guide de la révolution de la Jamahiriya n'a guère provoqué de soutien très actif en sa faveur : tant du côté Arabe que du côté Africain, deux chevaux de bataille du très fantasque dirigeant.

    Une conséquence directe de cette action de plus en plus appuyée sur le terrain par la coalition est le refus et la menace d'un veto au Conseil de Sécurité, par la Russie et la Chine qui initialement avaient appuyé les résolutions 1970 et 1973 de l'ONU. Les dirigeants de ces États estimant que l'interprétation extensive, si ce n'est la violation, de la résolution les obligent à refuser désormais tout vote similaire à l'égard de la Syrie.

    En outre, le CNT est un amas hétéroclites d'individus, aux vues différentes sur l'avenir post-Kadhafi comme le précisait le fameux rapport du CF2R et CIRET-AVT. Saura-t-il ne pas se déchirer lui même en cas de victoire?


    Article paru sur Alliance GéoStratégique le 31 mars 2011

    Tel est le type de question ouvertement posée par les décideurs politiques ces derniers jours et qui en deviendra lancinante au fur et à mesure de l’enlisement de la situation en Libye.
    Une interrogation aux réponses lourdes de conséquences quant au paysage géopolitique qui en résulterait.

    Barack Obama ne l’exclut pas, Alain Juppé se dit prêt à en parler avec ses partenaires et David Cameron a déclaré ne pas avoir encore pris la décision de le faire : autant dire que l’idée d’une aide aux insurgés n’est plus cantonnée dans le domaine de la pure rhétorique.

    Avant d’évaluer les possibilités offertes, il convient de rappeler au préalable les deux mesures phares de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité votée le 17 mars 2011 : l’instauration d’une zone d’interdiction aérienne, articles 6 et suivant, bien sûr mais surtout la protection des civils, aux articles 4 et suivants [1] par tous les moyens nécessaires. Le texte se veut impartial et axé sur la considération que les populations civiles ne doivent aucunement pâtir des contre-offensives disproportionnées du régime Libyen réduisant les centres de résistance.

    Durant le vote de cette résolution, cinq abstentions notables furent à signaler : celles du Brésil, de l’Allemagne, de la Russie, de l’Inde et de la Chine : les BRIC [2] plus la locomotive économique de l’Union Européenne. Une telle réserve amenant fondamentalement à comprendre pourquoi une extension de l’intervention coalisée demeure très réduite et que toute action en dehors de la résolution 1973 sera clairement condamnée par ces Etats membres (avec il faut le rappeler la possibilité pour la Chine et la Russie d’y apposer leur veto). Ajoutons que la Ligue Arabe, pourtant favorable à la résolution, a exprimé peu après les premières frappes sa désapprobation en dénonçant une interprétation plutôt large de celle-ci par les coalisés.
    Cette réticence induit qu’une résolution ultérieure à teneur plus interventionniste aurait une chance quasiment nulle de passer.

    Pour autant, la coalition centrée autour du groupe de contact constitué des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France ne verrait pas d’un mauvais oeil le départ du truculent chef d’Etat Libyen. Elle reste cependant circonscrite par les textes votés au sein de l’assemblée réunie le 17 mars dernier.

    Deux possibilités alternatives à une aide officielle offertes :
    » l’officieuse qui serait de faire transiter sous couvert de fret (humanitaire par exemple) lesdites armes. Moyen d’autant plus facilité que la coalition contrôle l’espace aérien et ne risque par conséquent que peu d’interception par l’aviation ennemie. D’autant moins que l’aéronef présenterait toutes les caractéristiques d’un avion civil. Plusieurs stratagèmes existent pour masquer pareilles opérations. Les conseillers techniques envoyés sur place pour expliquer l’emploi de ces armes étant plus aisé puisque ces derniers ne constituant pas du personnel combattant stricto sensu, et si une reconnaissance officielle du gouvernement de Benghazi a été opérée par le pays d’envoi, la justification en est d’autant plus aisée.
    » l’externalisation par l’entremise de sociétés militaires privées, avec l’avantage d’une force autrement mieux armée que l’actuel agglomérat des composantes de forces rebelles avec en sus l’avantage pour les gouvernements de la coalition d’être officiellement en retrait de la scène. Présente cependant le risque significatif de dommages collatéraux difficilement maîtrisables à distance. En outre, elle mettrait à mal la résolution 1970 du 28 février 2011 sur l’embargo des armes en ses articles 9 [3] et suivants prévoyant précisément le non-recours à ce type d’emploi (avec cependant un bémol, le texte ne vise que la Jamahiriya et non les rebelles, un élément qui pourrait être employé pour contourner le problème).

    Une possibilité d’intervenir dans le cadre de la résolution 1973 serait d’invoquer l’article 4 en arguant que la protection des populations civiles passerait par l’envoi d’armes aux forces rebelles aux fins de défendre leurs foyers. Une argumentation pas impossible mais très difficile à tenir, même si la zone de conflit est mouvante, et qu’au fond les résistances peuvent très bien se situer sur l’ensemble du territoire.

    Resterait enfin la possibilité d’outre-passer la résolution de l’ONU. Dans un tel cas de figure, il devient évident que ce serait une position clairement partisane pouvant être stigmatisée comme d’essence impérialiste par de nombreux pays déjà soucieux des opérations en cours. Ce serait un risque géopolitique qui impliquerait des raidissements sur la scène internationale (comme les Etats-Unis eurent à le subir lors de la troisième guerre du Golfe en 2003) même si la coalition aurait de fortes chances de rééquilibrer ou d’emporter la décision sur le terrain de cette manière.
    Ensuite, se présenterait la question d’un engagement progressif : après la fourniture d’armes, devra-t-on envoyer des troupes de la coalition si cela demeurait s’avérer insuffisant? C’est l’un des autres risques de tout engagement dans un conflit : se laisser entraîner plus en avant qu’on ne le souhaiterait.

    En conclusion : la fourniture d’armes (encore faudrait-il préciser lesquelles, de nature passives ou défensives voire les deux) serait la décision la plus tranchée du conflit en cours pour les coalisés. Celle où les implications géopolitiques deviendraient plus radicales, y compris au sein de la coalition.
    En corollaire, cette question de mise à disposition d’armes pose très crûment la problématique de l’objectif stratégique des coalisés : protéger les populations locales, amener Kadhafi à négocier avec le conseil national de transition ou renverser son régime [4]?


    [1] 4. Autorise les États Membres qui ont adressé au Secrétaire général une notification à cet effet et agissent à titre national ou dans le cadre d’organismes ou d’accords régionaux et en coopération avec le Secrétaire général, à prendre toutes mesures nécessaires, nonobstant le paragraphe 9 de la résolution 1970 (2011), pour protéger les populations et zones civiles menacées d’attaque en Jamahiriya arabe libyenne, y compris Benghazi, tout en excluant le déploiement d’une force d’occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n’importe quelle partie du territoire libyen, et prie les États Membres concernés d’informer immédiatement le Secrétaire général des mesures qu’ils auront prises en vertu des pouvoirs qu’ils tirent du présent paragraphe et qui seront immédiatement portées à l’attention du Conseil de sécurité.

    [2] Acronyme désignant le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine employé par la banque d’investissements Goldman Sachs, et qui selon elle sera le quatuor de pays amenés à jouer un rôle déterminant d’ici 2050.

    [3] 9. Décide que tous les États Membres doivent prendre immédiatement les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la Jamahiriya arabe libyenne, à partir de leur territoire ou à travers leur territoire ou par leurs nationaux, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, d’armements et de matériel connexe de tous types – armes et munitions, véhicules et matériels militaires, équipements paramilitaires et pièces détachées correspondantes –, ainsi que toute assistance technique ou formation, et toute aide financière ou autre en rapport avec les activités militaires ou la fourniture, l’entretien ou l’utilisation de tous armements et matériel connexe, y compris la mise à disposition de mercenaires armés venant ou non de leur territoire

    [4] Le rassemblement de tous les membres de la coalition ainsi que d’organisations internationales le 29 mars dernier à Londres a acté la perte de légitimité du dirigeant Libyen, ce qui reviendrait à l’adoption par les pays concernés d’une position plus tranchée pour le départ de ce dernier. Soulignons que la résolution 1370 de l’ONU a en son article 4 autorisé la saisine de la Cour Pénale Internationale, dont l’enquête pourrait être à charge envers les autorités Libyennes responsables de frappes contre la population civile.