vendredi 16 décembre 2011

Real Warfare 2 : les croisades du Nord


Lors de deux précédents billets consacré à XIII Century : Death or Glory/Blood of Europe puis Real Warfare 1242, j'avais attiré votre attention sur un ludiciel Russe particulièrement méritant quant à la reproduction des combats du XIIIème siècle. Le module tactique, s'il n'égalait pas techniquement celui du très remarqué Medieval Total War 2, reposait sur un socle de qualité : celui de la précision des combats et de la prise en compte de plusieurs facteurs pouvant décider du sort d'une bataille, ainsi que d'un tempo autrement plus réaliste. Le développeur Russe, Unicorn Games, ayant compris qu'il fallait jouer sur un autre terrain que son plus proche concurrent : celui du détail historique et de l'aspect tactique réaliste, loin de son rival donnant dans le grand spectacle. L'un des aspects les plus importants pris en compte demeurant le degré d'initiative des troupes, celles-ci pouvant s'enhardir ou s'encouarder durant la bataille, opérant le cas échéant un basculement décisif lors du conflit. Cet aspect non scripté donnant un réel gage de sérieux à la simulation rejoignant certains exemples historiques de batailles moyen-âgeuses perdues ou renversées par l'action inopinée de troupes.

Qu'apporte ce volume qui était relativement attendu?
Pour la première fois une campagne, une vraie qui vous place en tant que Komtur de l'Ordre Teutonique (les précédents épisodes n'offraient qu'une succession d'opérations immuables à accomplir pour avancer). Et à la grande différence de Medieval Total War 2, non en tour par tour mais en temps réel!

Responsable d'une entité administrative de l'Ordre, vous évoluez de fait dans un univers en constant bouleversement, et êtes obligé de composer avec la diplomatie de votre Ordre (bien que vous puissiez aussi l'altérer par vos propres actons diplomatiques). Votre personnage est par conséquent un rouage de l'ensemble de l'organisation, vos actions étant susceptibles d'être déterminantes en fonction de votre masse militaro-économique, dans le cas contraire vous vous contenterez de gérer au mieux votre propre province (ce qui n'est déjà pas une sinécure). Il ne faut pas négliger, loin de là, les échanges commerciaux et savoir entretenir des voies de passage sûres entre les différentes cités. De même que vous pouvez perturber les liaisons de l'ennemi en rançonnant ses caravanes marchandes. Au total ce sont près de 45 produits qui peuvent être échangés sur les marchés, le cours de chacun variant selon la localité.
L'aspect militaire bien évidemment recquiert la levée de troupes locales ou l'enrôlement de mercenaires, et tout cela coûte cher. Outre le commerce, il faut lever régulièrement les taxes pour ce faire. Ensuite, les troupes doivent être entrenues, et le cas échéant, entraînées pour qu'elles puissent obtenir une expérience supérieure avec des capacités de combat accrues. Pour se débarrasser de maraudeurs ennemis ou les brigands, des unités basiques suffisent mais dès lors qu'il s'agit d'une force armée ennemie expérimentée, il est préférable de mobiliser des ressources autrement plus conséquentes. Sans compter qu'une armée en campagne a grande nécessité en chevaux comme en provisions de bouche. L'on ne peut de ce point de vue pester contre une vérité historique bien retranscrite : les forces Teutoniques misaient prioritairement sur leur discipline et des points d'appui solides que sur leur capacité à mobiliser d'imposantes armées. Et il y a fort à faire entre les différentes factions en présence dès le début de la partie : Prussiens, Lituaniens, Rus', Polonais, Scandinaves et même entités du Saint Empire Romain Germanique. L'on devine à ce titre combien est étendue la carte des opérations et la portée du défi à relever.

Élément perturbateur lors du déroulement de la partie : l'immixtion des hordes Mongoles par l'Est. Elles sont une puissance avec laquelle il faut composer, et dans la mesure du possible repousser partiellement si un détachement d'une force réduite est éloigné de ses bases d'approvisionnement. Selon le déroulement de leurs propres opérations, leur apparition pourra soit faciliter l'expansion de l'Ordre soit sa contraction, voire sa disparition.

Pour le reste, le module tactique ne change quasiment pas si ce n'est quelques modestes améliorations sur le plan technique (vol de corbeaux sur le champ de bataille, brume etc.) assorties de retouches graphiques cosmétiques pour les unités. En revanche, absent des précédents opus, les sièges sont relativement impressionnants et immersifs. Avec le bon goût de ne pas afficher de forteresses génériques, chacune laissant transparaître sa culture et sa localisation géographique : un souci du détail qui charme l'oeil. Peut-être une nouveauté concernant les batailles : la possibilité outre la formation en ligne et en flèche d'adopter celle en cercle dont je n'ai pas souvenir dans les anciennes productions.

Mention spéciale à cette immense carte animée qui retrace magnifiquement les terres brumeuses, frigorifiées et engoncées en de sombres forêts du pourtour Balte. Et appréciable aussi le fait d'avoir conservé l'outil de création de batailles, permettant le cas échéant de simuler des affrontements entre Guelfes et partisans du Saint Empire Romain Germanique ou entre les troupes de Charles d'Anjou et celles de Manfred de Sicile, parmi tant d'autres exemples...

Parce que l'on ne saurait jamais être satisfait, l'on déplorera quelques bogues encore présents dans la version 2.2.5, l'absence de tout autre choix que l'Ordre Teutonique en matière de campagne et enfin, des menus un peu spartiates, symptomatiques des productions des pays de l'Est.


Puisque nous sommes en plein XIIIème siècle, je me permets de relayer une bonne nouvelle pour les habitants de la cité de Pskov. L'épée légendaire de Dovmont, personnage illustre de l'époque médiévale Rus' dont j'ai brossé le portrait il y a quelque temps, repose depuis quelques mois en lieu et place auprès de son maître à l'église de la Trinité

Петербуржцы вернули жителям Пскова важную реликвию 13 века - меч князя Довмонта. Такой подарок один из древнейших городов России получил в свой день рождения. Оружие будет храниться в Троицком соборе, рядом с гробницей самого князя.
Довмонт правил в купеческой столице рекордный для того времени срок - 33 года - и стал настоящим героем псковской истории, как и его легендарный меч. Оружие было освящено по всем правилам средневековых обрядов. Специально для этого его возили в Иерусалим в храм Гроба Господня. А затем ещё раз освятили в самом Пскове - именно в День города
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Source : Vesti.ru

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