jeudi 22 décembre 2011

Des deux rives de la Mer Rouge, l'aventure de deux coeurs vaillants


Petite idée cadeau Noël, un livre. Pas n'importe lequel, un ouvrage revigorant, relatant des paysages sauvages et des hommes tout autant mais non dépourvus de vertus et de respect. Le tout servi par une prose de grand vol. Fortune Carrée du nom de la voile de tempête.
Des montagnes Yéménites à la splendeur des plateaux de la corne d'Afrique en passant par la capricieuse Mer Rouge, c'est l'aventure de deux hommes, deux coeurs vaillants qui, chacun ayant ses raisons, vont affronter les éléments et les individus se dressent devant eux. Le pirate Français et l'éternel fugitif Kirghize, dont les traits sont tirés de véritables personnages à savoir l'émissaire Russe Hakimoff et le contrebandier-écrivain Henri de Monfreid.

Un vrai souffle épique irrigue le roman, une leçon de vie y compris au-dessus des morts magnifié par de belles images couchées grâce à la plume alerte de Joseph Kessel dont le roman datant des années 30 a ce charme que la patine du temps offre aux oeuvres méritantes. L'auteur ne juge jamais, il accompagne et ce pour notre plus grand bonheur.

Un ancien article des Échos permet de tracer le cheminement de l'oeuvre : 
Les éditeurs devraient envoyer au Yémen leurs écrivains en panne d'inspiration. Là-bas, Joseph Kessel a eu l'idée de « Fortune carrée ». Qui plus est, il est rentré à Paris regonflé à bloc, à en croire son biographe, Yves Courrière : « Momentanément soulagé grâce à l'écriture, de son désaccord avec lui-même, en 1931 Kessel entreprit la rédaction du grand roman d'aventures. » Les vertus de l'air de la montagne, sans doute. Sanaa est à plus de 2.300 mètres d'altitude, et les sommets voisins dépassent les 3.000 mètres, le Jebel Nabi Shuab arborant un joli 3.760 m. Tel était l'état de nos maigres réflexions, depuis la terrasse de l'« Arabia Felix », un petit hôtel rustique au coeur de la vieille ville...
C'est en observant de l'un de ces toits l'aventurier moscovite Hakimoff caracoler sur l'étalon de l'imam que Kessel composa le portrait du héros du roman : Igricheff, le « bâtard kirghize »... 

Ne pas manquer aussi de consulter cette archive télévisuelle inestimable sur Joseph Kessel et sur les dessous de l'écriture de son roman : http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/I05299169/joseph-kessel-a-propos-de-fortune-carree.fr.html

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