vendredi 14 octobre 2011

La déification présomptueuse de Steve Jobs


Steve Jobs a été un entrepreneur extrêmement lucide, doublé d'une intuition ayant souvent fait mouche. Il a contribué à l'essor de l'informatique domestique. Il a aussi érigé le système de management et de marketing Apple : une machinerie rodée, efficace et rentable. Qui par ailleurs incite nombre de jeunes cadres à lorgner vers cette société.

Cependant, et en dépit du concert de louanges adressés pendant et après la disparition de l'un des fondateurs (n'oublions pas l'autre Steve, Wozniak) de la firme à la pomme, peut-on pour autant laisser passer certains raccourcis si ce n'est affirmations fallacieuses?

La première d'entre elles serait que tout ce que tout touche Steve Jobs se serait commutée en or. Oui... en partie, mais n'excluant pas des flops réels.
Ainsi qui se souvient du four que fut l'Apple Lisa en 1983? Ou du NeXT Computer en 1987? Du Power Mac G4 Cube en 2000? Ou encore du Motorola ROKR E1 en 2005?
Cela ne saurait relativiser les succès réels de l'iPod, l'iPhone ou de l'iPad en leurs différentes versions, mais modère à tout le moins l'impression d'invicible prescience de l'ancien responsable d'Apple.

En outre, comme le rappelle Le Post, Steve Jobs n'a pas été ce génial innovateur mais plutôt un vulgarisateur d'idées innovantes d'autrui. Sévère? Peut-être mais réaliste, car il faut rendre à César ce qui est à César. Ainsi a-t-il été entendu et lu que l'ancien patron d'Apple aurait été l'inventeur de la souris! Ah... pauvre Douglas Engelbart qui se retrouve dépouillé de son invention. De même qu'il aurait été le père de la première tablette graphique : ce qui n'aura pas manqué de provoquer une déglutition difficile chez les Français d'Archos!

Il ne s'agit pas de dénigrer l'excellence des produits Apple mais de remettre un peu de bon sens dans les larmoyantes cérémonies d'adieu. La vérité ne mérite pas qu'on la sacrifie même au nom d'un génie du marketing...

Méthodes marketing qui par ailleurs agacent le secteur de la presse en France, mécontent de payer une « dîme » de 30% pour être diffusé sur les tablettes iPad. Ce qui a amené nombre de journaux de premier plan, généralistes ou spécialistes, à s'organiser en un GIE (groupement d'intérêt économique) appelé ePresse ayant pour vocation à peser pour préserver le fruit de leur contenu éditorial. Ce n'est ni la première ni ne sera la dernière fois que les médias traditionnels seront confrontés à la révolution technologique qu'est Internet, cependant le fléau du rapport de force semble irrésistiblement pencher vers les forces numériques.

MAJ : En prévision de la sortie prochaine d'une biographie consacrée à ce dirigeant, l'on apprend à travers le site BusinessMobile.fr que ce dernier serait à l'origine de la guerre en propriété intellectuelle faisant rage entre Apple et HTC/Samsung.
A son biographe, Jobs confie : "Je me battrais jusqu'à mon dernier souffle, je dépenserai tout l'argent d'Apple si besoin est, pour corriger cela, pour détruire Android, parce que c'est du vol à haut niveau. Je vais leur faire une guerre thermonucléaire".

Pour finir, un documentaire sur le sujet par Bloomberg TV et relayé en France par le Nouvel Observateur :



Documentaire : la face cachée de Steve Jobs par Nouvelobs

Un peu d'humour façon Guignols de l'Info :

1 commentaire:

F. de St V. a dit…

Et pendant ce temps là à Saint-Pétersbourg...

"100 kg de pommes distribuées en mémoire de Steve Jobs"

http://fr.rian.ru/society/20111013/191490210.html