mercredi 21 septembre 2011

L'autogyre Russe décolle à MAKS 2011


Le salon de l'aéronautique Russe MAKS [1], grande foire biannuelle, s'est déroulée cette année près de Moscou et a été comme il est coutume en ce genre de manifestation l'occasion d'entrevoir les tendances ou d'en obtenir confirmation.
Celui de 2011 aura offert l'opportunité de la démonstration assez remarquée d'un aérodyne particulier : l'autogyre, appelé parfois gyrocoptère. Et plus particulièrement le ГиРос-2 (Gyros-2) de la compagnie Gyros (ça ne s'invente pas, même en Russie), existante sur ce marché embryonnaire depuis 2007.
Rappelons le concept de l'autogyre : fonctionnant sur le même modèle que l'hélicoptère dont il s'en rapproche ne serait-ce que par la voilure tournante, il s'en distingue néanmoins par une hélice postée à l'avant ou l'arrière de la carlingue et de l'autorotation dudit rotor par l'effet du déplacement aérodynamique(ce qui n'empêche pas une activation mécanique du rotor). Seul bémol : l'obligation d'être en mouvement permanent, afin d'alimenter le rotor et un pilotage délicat eu égard à la spécificité de l'appareil.
Rappelons en outre que ce la paternité de l'oeuvre revient à un ingénieur Espagnol, Juan De La Cierva, qui lui donna son nom dans les années 20 : autogiro.

Or le pari de la compagnie Gyros est bel et bien de redonner ses lettres de noblesse à cet engin volant qui avec les technologies contemporaines (ne serait-ce que les matériaux composites ou l'optimisation/miniaturisation de la motorisation) a éliminé les quelques points négatifs à son encontre. Les chiffres sont éloquents : moteur de 200 chevaux de poussée, d'une consommation de 15/16 litres pour 100 kilomètres, un poids à vide de 610 kilos, une vitesse maximale de 130 kilomètres/heure et d'une autonomie située entre 380 et 800 kilomètres, l'autogyre Russe ne manque pas d'atouts pour séduire.
Ses applications restent pour l'heure circonscrites au loisir et à la reconnaissance civile. Toutefois il n'est pas impossible que l'aspect militaire, d'où sa présence à un tel salon, puisse séduire par sa furtivité ; sa nécessité de pistes réduites pour décollage/atterrissage ; son coût de fabrication ; sa consommation en carburant...

La compagnie Moscovite est en train d'ébaucher un Gyros-3 qui sera un biplace, et répondant au doux nom de Егеря (Egeria ou chasseur à pied). Seules informations ayant filtré pour l'heure.

Tout comme les dirigeables, le marché des autogyres est un marché de niche mais qui peut répondre à des problématiques civiles et militaires plus efficacement qu'avec les appareils actuellement à disposition.

Ajoutons que cet autogyre n'est pas le premier du genre en Russie, en effet le célèbre ingénieur en aéronautique Nikolaï Kamov (1902-1973) aura donné naissance en 1929 au КАСКР-1 (Камов-Скржинский-1) en collaboration avec Nikolaï Skrjinski. Celui qui donnera naissance à toute une série d'hélicoptères au double rotor contre-rotatif, dont le plus beau représentant contemporain est le fabuleux KA-52, est au fond l'exemplaire démonstration de l'évidente parenté avec l'hélicoptère.
Fiche Wikipédia : http://ru.wikipedia.org/wiki/Каскр-1

Pour information, en langue Française il est parfois employé l'orthographe suivante, autogire, j'ai décidé cependant et arbitrairement d'employer autogyre puisque le verbe gyrer est communément admis en astronautique.

[1] http://www.aviasalon.com
[2] http://www.gyros.su

Crédit photo : Наука и жизнь

Aucun commentaire: