mardi 13 septembre 2011

La présence du gaz Russe en Europe en image

Pour avoir un meilleur aperçu de l'image, veuillez cliquer dessus.


L'on peut remercier RIA Novosti d'avoir délivré une infographie claire et didactique quant à l'influence des réseaux gaziers Russes en Europe.

Le 6 septembre dernier a été officialisé le premier tronçon actif du projet Nord Stream permettant de relier directement la Russie à l'Allemagne d'un bout à l'autre de la mer Baltique et partant de là, les autres clients occidentaux de la mégastructure gazière Gazprom [1]. Une seconde conduite devrait entrer en fonction fin 2012 selon les dernières prévisions. Ce premier succès des travaux lancés en 2005 et impliquant le Français GDF-Suez à hauteur de 9% des parts dans la société, amène obligatoirement à reposer la grande question du jeu géopolitique énergétique.

Un sujet récurrent en matière de politique internationale, par le truchement de pays autrefois partie intégrante de l'Empire Russe puis de l'Union Soviétique qui bénéficiaient de tarifs préférentiels et devant désormais s'acquitter d'une facture énergétique conséquente. De menues tractations de longue haleine pouvant perturber l'approvisionnement des clients Européens occidentaux.

De plus, la concurrence entre le réseau Nabucco et South Stream furent au centre de négociations géoéconomiques d'importance (que l'on songe à la Bulgarie ou la Turquie qui jouèrent de la rivalité entre acteurs concernés). Reprécisons par ailleurs qu'EDF entrera, une fois le pacte d'actionnaires signé, à hauteur de 15% des parts du second projet en dépit des velléités Françaises de départ de favoriser Nabucco via Gaz de France. Projet Nabucco qui semble peiner à attirer les investisseurs, tant il est vrai que le jeu quelque peu trouble de l'Azerbaïdjan comme de la Turquie et que les volumes annoncés non garantis ne sont pas en mesure de rasséréner les acteurs potentiels : Pour que l'Azerbaïdjan puisse livrer Nabucco, d'une capacité de 31 milliards de m3 par an, "il faudrait déjà que le champ gazier Shah Deniz 2 produise et cela a été reporté à 2017", relève, sceptique, Thierry Bros, analyste à la Société Générale.

Pour l'heure, la Russie mène le bal et malgré la volonté initiale de la Commission Européenne, il n'est guère possible de mettre au crédit de cette institution une avancée significative de son réseau gazier alternatif connue sous la dénomination de Corridor Sud (auquel se greffe l'Interconnecteur Turquie-Grèce-Italie (ITGI) et le Trans-Adriatique Pipeline (TAP) ). Seule récente tentative initiée lundi 12 septembre 2011 : les prémices d'une mise en place d'un réseau transcaspien reliant le Turkménistan à l'Azerbaïdjan, susceptible de pourvoir aux besoins de Nabucco et de prendre une option sur les ressources fossiles contenues au sein de la mer Caspienne. Des négociations qui ne sont pas sans provoquer à Moscou une irritation palpable. Pis, lesdits pourparlers pourraient électriciser à nouveau les tensions au sujet de la délimitation des zones territoriales qui par refus des deux États riverains, le Turkménistan et l'Iran, ont fait avorté les efforts en 2007 au sommet de Téhéran en se posant comme indéfectiblement favorables à une répartition en parts égales, refusant l'offre des partisans d'un partage selon la longueurs des côtes.

Et pour corser le tout, l'Ukraine s'apprête comme d'ordinaire à l'approche de la fin d'année à contester ses contrats gaziers mais en menaçant désormais l'affaire devant les tribunaux internationaux [2], tout en opérant une manoeuvre juridique afin de liquider le conglomérat public Naftogaz. Ce qui aurait pour conséquence de résilier les contrats avec la Russie et obliger à une renégociation avec un ou des nouveaux acteurs du secteur.
Du reste, et faisant coup double, l'ex-première ministre et pasionaria de la révolution orange de 2005, Ioulia Timochenko, a été accusée par un tribunal de Kiev de malversations liées au contrat gazier de 2009 conclu avec Moscou. Ce qui en cas de condamnation de l'intéressée aboutirait à se débarrasser d'une icone de l'opposition et fournirait une occasion de remettre en cause l'accord lui même.
Relation compliquée en outre par la réitération de l'exécutif Ukrainien à se poser comme candidate à l'entrée dans l'Union Européenne, refusant de facto l'ouverture proposée par Moscou de rejoindre l'accord douanier tripartite Russie-Bélarus-Kazakhstan. La liquidation de Naftogaz servant aussi , accessoirement à la remise en cause des liens contractuels avec Moscou, de gage quant à une libéralisation de l'économie par le démantèlement de monopoles publics imposée par Bruxelles aux États-membres.
Nul doute que l'échange entre le Président Yanoukovitch et son homologue Russe Medvedev prévue le 24 septembre risque d'être passionné.

[1] Nord Stream est une coentreprise détenue à 51% par le Russe Gazprom. Site officiel : http://www.nord-stream.com
[2] D'où est exclue l'organe de règlement des différends de l'OMC puisque la Russie n'en est toujours pas membre à ce jour.

Aucun commentaire: