samedi 13 août 2011

Quand la légion Romaine s'établissait à Strasbourg


Je l'avais déjà mentionné à deux reprises, la première fois lors de la venue de l'OTAN en 2009, et la seconde en relatant les hauts faits de Julien le Philosophe : Strasbourg, ou plutôt Argentorate la Celte puis Argentoratum la Romaine, fut une plate-forme militaire pour les opérations d'au-delà du Rhin.
L'Alsace fut en effet une place hautement stratégique quant aux actions militaires envers les tribus germaniques : Jules César lui même dut en découdre personnellement en ces lieux envers la redoutable tribu des Suèves menée par Arioviste, ce qui se solda par la bataille dite d'Ochsenfeld en 58 avant J.C. De même que le redoutable triumvir initiera l'exploit de franchir le Rhin par l'édification inédite d'un ouvrage permettant sa traversée : épisode relaté dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, en son livre IV. Le reste de son séjour en Germanie s'apparentera plus à un raid qu'à une campagne en bonne et due forme toutefois, ce qui devait vraisemblablement cadrer avec son objectif de rassurer la tribu alliée des Ubiens tout en maintenant à distance les autres peuplades ennemies, dont une fois encore les Suèves. Peut-être aussi ne tenait-il pas à s'enfoncer davantage en territoire ennemi du fait d'un manque d'informations fiables? Quoiqu'il en soit, l'Alsace fut au premier rang de ces opérations.

Cela se confirma par la suite sous l'Empereur Auguste, et plus particulièrement par l'apport du général Drusus qui fortifiera densément la rive droite du Rhin. Strasbourg sera un de ces points d'appui attestant de la présence Romaine, et ce en dépit de l'insalubrité des lieux. En -12 avant J.C., Argentoratum est une réalité... militaire. Plus tard, la VIIIe légion Auguste originaire d'Aquilée y prendra ses quartiers alors qu'Argentoratum est devenue une colonie militaire au fil du temps. Une présence Romaine qui demeurera attestée jusqu'en 406 après J.C. où à la suite des invasions barbares les Alamans deviendront les seuls maîtres de la plaine d'Alsace. Eux-mêmes chassés plus tard par les Francs de Clovis victorieux à Tolbiac (496 après J.C.).

C'est toute cette période Romaine que se propose de vous faire découvrir le musée archéologique de la ville de Strasbourg. Exposition durant jusqu'au 31 décembre 2011 : Strasbourg-Argentorate, un camp légionnaire sur le Rhin.

En complément, le site Argentoratum.com

Et puisque nous en sommes dans l'Histoire de l'Alsace, je ne peux manquer de vous recommander chaleureusement cette série sous forme de bande-dessinée aux éditions du Signe : Cette histoire qui a fait l'Alsace (tomes 8 à 12 à paraître ces prochains mois). Un dessin qui s'est amélioré crescendo, des faits racontés de manière accessible sans rien céder à la simplification et un récapitulatif de fin d'ouvrage très appréciable méritent amplement que l'on s'y attarde pour découvrir la richesse de la plus petite région de France. Une initiative qui serait par ailleurs plaisante de se voir reproduite pour d'autres entités territoriales, telle la Lorraine.

2 commentaires:

Spurinna a dit…

C'est une bonne chose que le dessin de la BD "Cette histoire qui a fait l'Alsace" s'améliore. Faut dire que dans les premiers tomes, il démarrait pas au sommet pour le moins, avec des cases que l'on retrouvaient à l'identique à intervals réguliers.

Mais je suis moins convaincu que vous pour les autres aspects. Par volonté pédagogique, on tombe dans d'horribles simplismes (du genre les seigneurs sont méchants et destructeurs pour le plaisir). Et j'ai pas été époustouflé par la scénarisation, même si bien sûr, il doit coller au récit historique.

Arrivera-t-on à du mieux dans la fin de la série c'est souhaitable. Mais je considère que l'on n'a pas dépasse pour le moment "Haut-Koenigsbourg : le siège de 1633" de Seiter et Carmona ou "La Guerre des Rustauds - Alsace 1525" des mêmes, en ce qui concerne les alsatiques, qui étaient déjà pas hallucinants pour des thèmes exploitables.

Yannick Harrel a dit…

Bonjour,

Effectivement je n'ai pas été foncièrement impressionné par les deux premiers tomes. Cependant le troisième expose un saut qualitatif réel, conforté par les numéros suivants. Ce dont on ne saurait se plaindre.

Je crains que l'Histoire laissait effectivement fort peu de place à un quelconque scénario original mais les auteurs ont eu le bon goût de remettre en exergue quelques passages peu connus de l'Histoire (notamment pour les Français de l'intérieur).
Ensuite, comme souvent l'Histoire est aussi une question d'interprétation selon le moment et la personne où elle est relatée. Et le cas échéant, la pagination limitée a aussi dû jouer particulièrement quant à des raccourcis plus ou moins discutables.

Cordialement