mardi 10 mai 2011

Wikileaks, échange Rufin - Jennar


Chers visiteurs,

Récemment, je vous avais fait part d'une stratégie ébauchée par certaines sociétés de conseil visant à provoquer la chute de Wikileaks.
Ce faisant, je concluais mon article sur le fait que le phénomène Wikileaks étant fort instructif puisqu'il mettait à l'épreuve les sociétés occidentales face à leur discours délivré au reste du monde quant à la liberté d'expression.

Je vous livre ici la réponse de Raoul-Marc Jennar à Jean-Christophe Rufin (un immortel) traitant très vigoureusement du sujet.

Extrait :
Mais il [Jean-Christophe Rufin] renonce à s'interroger sur les raisons pour lesquelles « l'initiative citoyenne s'est constituée en cinquième pouvoir dans les démocraties » et préfère accuser « la dernière génération de mouvements citoyens que symbolise Wikileaks de présenter de ce cinquième pouvoir un visage extrême et inquiétant qui interroge sur ses limites. »

Le texte intégral

Et pour parfaire votre opinion et réflexion sur ce débat très contemporain, voici le texte de M. Rufin, WikiLeaks ou la troisième révolte, avec en prime ce passage emblématique au coeur du sujet :
Ce nouvel âge de l'action citoyenne est fortement marqué par l'influence croissante des réseaux virtuels. Ce n'est peut-être pas l'une des moindres causes de cette tendance à la transgression que sa dématérialisation dans l'espace cybernétique. Un vol réel par effraction, la destruction effective d'un bien appartenant à autrui sont des actes lourds et qui supposent une part difficile à assumer de violence physique. Au contraire, les aventuriers du Net se présentent volontiers comme des "doux".
Leur violence se déploie dans un espace proche de celui des jeux vidéo, espace où rien n'est vraiment grave, où le joueur dispose de plusieurs vies, où le désir de gagner écarte toute préoccupation morale.

Si je dois admettre que je suis loin de suivre M. Rufin sur ses observations, démontrant malheureusement une connaissance par trop sommaire du milieu qu'il évoque, en revanche il cible très justement la problématique : Par-delà l'intérêt de ses révélations, le mérite de WikiLeaks est de rendre ce débat nécessaire. Jusqu'où le citoyen est-il fondé à aller contre l'Etat dans un régime démocratique ? A partir de quel seuil passe-t-on de la mobilisation utile à la menace contre le contrat social ?

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