lundi 30 mai 2011

On n'a toujours pas retrouvé la 9ème légion

Chers visiteurs,

J'ai été récemment surpris de constater que chez les anglo-saxons le sort de la neuvième légion intriguait peut-être autant cinématographiquement que celui de la septième compagnie pour les Français, au point de lui avoir consacré près de trois films ces quatres dernières années :

  • La dernière légion (The Last Legion) en 2007
  • Centurion (Centurion) en 2010
  • L'aigle de la neuvième légion (The Eagle) en 2011

  • La Legio IX Hispana semble en effet tarauder les esprits des cinéastes tant la disparition de celle-ci semble avoir été soudaine et non circonscrite dans une période de fin d'Empire.
    Cet engouement est surtout l'occasion pour les anglo-saxons de se rappeler qu'ils sont aussi le fruit civilisationnel d'un Empire déchu. Ce qui ne doit pas manquer de les ramener à leur propre réalité. Comme à la nôtre ce faisant par le truchement de ce média.
    Un élément particulièrement savoureux lié au premier métrage cité : la volonté de créer une continuité historique (se fondant sur l'oeuvre de l'écrivain Italien Valerio Manfredi) entre le Haut Empire Romain et l'épopée Arthurienne. Si le film en lui même est malheureusement un peu léger qualitativement, la toute dernière scène est extrêmement significative... L'épée de César comme forme originelle d'Excalibur : CAI • IVL • CAES • ENSIS CALIBVRNVS devenant E S CALIBVR. Le procédé est remarquable, bien trouvé scénaristiquement.
    De même qu'il est vrai que la présence de Merlin ne saurait être raillé, puisqu'il est référencé en tant que Merlin Ambrosius par Geoffrey of Monmouth, le premier rédacteur d'une Histoire de l'île de Bretagne.
    Cette filiiation n'est au fond pas étonnante puisque Arthur est considéré selon certaines sources comme un officier Britanno-Romain s'étant dressé contre les Saxons à Mons Badonicus (Badon Hill).
    Outre cet aspect, le métrage a aussi le mérite de relater combien l'Empire d'Orient n'était pas mécontent de fixer les barbares sur les terres occidentales, fût-ce au prix d'une accélération du délitement des institutions Romaines. Il y avait là une realpolitik consistant à dévier les problèmes vers autrui, comme tel fut le cas lors du règne d'Attila.

    Pour approfondir davantage sur ce thème, Roman-Britain.org (en anglais) et Café du Web - Historizo (en français).

    Dans un registre plus fantastique, ou si peu, je puis recommander la lecture éminemment "tripante" d'une lettre de l'écrivain H.P. Lovecraft contant la traversée d'un col des Pyrénées par une patrouille Romaine. A savourer en langue anglaise : The very old folk.




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