vendredi 29 avril 2011

Plan de guerre contre Wikileaks ou la contre-guérilla numérique


Chers visiteurs,

Il m'arrive souvent d'accumuler nombre d'informations que je ne peux traiter à brève échéance (et l'on sait que toute information sans traitement n'est dès lors qu'une donnée inutile) et de les reprendre parfois plusieurs semaines après (quand ce n'est pas plusieurs mois).

De fait j'ai exhumé cet article de Numérama qui relatait comment un ensemble de sociétés de conseil avaient élaboré un moyen de contrer la menace Wikileaks qui avait tant défrayé la chronique voici quelques mois. La fuite provient des Anonymous qui ont révélé la teneur des échanges avec la Bank of America qui craignait gros du fait de révélations gênantes à venir. La société Palantir par ailleurs prit un certain recul par rapport au dit document non sans avoir confirmé sa participation à son élaboration.
A ce titre, le grand déballage promis par Wikileaks n'eut pas véritablement lieu, et seule une très infime partie a filtré par la presse classique. Ce qui par ailleurs n'empêche aucunement certaines fuites de transiter par les « tuyaux »...

Ce qui est instructif c'est la façon dont est envisagé la lutte (sans toutefois avancer un seul élément de technique) :
  • paralysie des centres de traitement de données (les serveurs) par cyberattaques ciblées.
  • campagne médiatique pour influencer la majorité de la population qui est le plus souvent indécise et facilement impressionnable, notamment en caricaturant Wikileaks de façon extrême.
  • mettre en doute la fiabilité du réseau, à dessein de tarir les sources d'informations en amont peu rassurées sur leur anonymat et sécurité.
  • désinformation y compris par le truchement de faux documents afin d'attiser le discrédit tout en accentuant les dissensions internes.
  • employer les réseaux sociaux pour établir un profil des employés (de la société commanditaire) afin de dresser la liste des éléments les moins fiables et les plus susceptibles de délivrer des éléments confidentiels.

  • Fondamentalement rien de transcendant ou de novateur, pourtant et en fonction des moyens qui auraient été attribués, ce faisceau de mesures de contre-offensive était clairement destiné à torpiller Wikileaks et avait des chances très raisonnables de fonctionner. Las, les procédures judiciaires à l'encontre de la tête pensante de l'association ont eu raison de la témérité de ce dernier.

    L'on peut conjecturer néanmoins qu'il arrivera à Wikileaks ce qui est arrivé à feu Napster dans un autre registre : au lieu d'un ensemble structuré et centralisé, il apparaîtra une forme de diffusion de fuites démultipliées et anonymisées.

    Je l'avais déjà évoqué il y a quelques mois et le sujet reste d'actualité : Wikileaks est un baromètre de ce que les démocraties occidentales sont prêtes à accepter pour respecter les valeurs qu'elles entendent faire rayonner à l'étranger (y compris sous une forme coercitive).

    WikiLeaks_Response_v6


    Aucun commentaire: