dimanche 27 mars 2011

Lorsque la simulation s'invitait dans le ciel Libyen dans les années 90

C'est l'allié Electrosphère qui tint récemment à me remémorer un ancien ludiciel qui avait intégré dans l'une de ses campagnes la possibilité de frappes aériennes sur la Libye et répondant au nom de F19 Stealth Fighter. Tout un programme!

L'on ne peut cependant parler de prescience pour la simple et bonne raison que ledit ludiciel était sorti dans sa première version en 1987 (sous Commodore 64), soit un an après les frappes Américaines sur ce même pays. Son originalité en revanche était de tenter de reproduire des missions axées sur la furtivité en territoire ennemi (outre la Libye figuraient par exemple les zones du Cap Nord ou du Proche Orient). Le grand intérêt de la simulation était sa complexité de même que la richesse de ses missions (choisies aléatoirement). Nanti d'un manuel conséquent (qui avait fait dire à Patrick Baudry le temps d'une émission qu'il se demandait encore où était le ludique d'apprendre un pavé de près de deux cents pages) , le joueur devait impérativement surveiller son exposition aux systèmes de détection terrestres et aériens, appelée aussi signature radar. De plus, le degré du conflit (allant de la guerre froide à une guerre conventionnelle en passant par guerre limitée) influait sur les objectifs : en cas de guerre froide, seuls des repérages photographiques étaient requis et les éléments de surveillance n'étaient pas aussi efficaces qu'en état officiel de belligérance.
Seule critique négative à son encontre : le fait de disposer d'un appareil fictif, le F19, avec une avionique obligatoirement plus imaginée que calquée.

A titre personnel je ne pus maîtriser que la version Atari ST mais celle-ci malgré un processeur d'origine relativement modeste (8 Mhz) permettait d'offrir une animation assez honorable (qui ferait cependant frémir les utilisateurs de PC de nos jours habitués à des cadences d'au moins 30 ips). En 1991, une suite apparut sur PC, plus aboutie techniquement (utilisant notamment l'affichage VGA en lieu et place du rudimentaire EGA) et axée sur le F117 Nighthawk, un véritable avion furtif celui-ci. Petite précision : cet opus intégrait l'opération Desert Storm dans les deux nouvelles campagnes (l'autre permettant de sillonner le ciel Cubain). Il était cependant toujours possible virtuellement de narguer les MIGs Libyens... Tant F19 Stealth Fighter que son successeur F-117A Stealth Fighter eurent droit aux éloges du public comme de la presse spécialisée pour tout le sérieux contenu dans la simulation d'un éditeur aujourd'hui disparu, Microprose [1].

Précisons toutefois que pour des raisons budgétaires et d'entrée en lice de nouveaux appareils, le F117 a déjà été retiré du service pour être remplacé par le F22 Raptor et les drones tels que le RQ-4 Global Hawk.

[1] Bill Stealey, l'un des cofondateurs de la société avec Sid Meier, était pilote de chasse (au grade de lieutenant colonel) et ambitionna lors de la création de Microprose de pourvoir au manque de simulations pointues sur le marché des ordinateurs.




3 commentaires:

Frédéric a dit…

''frappes anglo-américaines sur ce même pays'' en 1986 ? Si les F-111 ont décoller effectivement de Grande-Bretagne, il n'y avait d'appareils britanniques.

Frédéric a dit…

Notons également que le F-117 est à la retraite depuis avril 2008.

Yannick Harrel a dit…

Bonjour,

Merci pour vos interventions.

Effectivement, les bases du Royaume-Uni furent mis à la disposition des Etats-Unis par Margaret Thatcher mais aucun aéronef portant la cocarde de la RAF ne participa à l'opération. Je viens de rectifier.

Quant au F117, effectivement il a déjà été retiré dès 2008 comme vous le précisez. J'en étais resté au programme initial qui lui octroyait encore quelques années de service.
http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2008/04/le-f117-dj-reti.html

Cordialement