dimanche 13 février 2011

Nokia scelle le pacte avec Microsoft


Dans le monde du numérique, les géants d'hier peuvent en moins d'une décennie devenir les hommes malades d'aujourd'hui. Il est certes un peu trop tôt pour se prononcer de la sorte envers Nokia, le géant des télécommunications Finlandais, mais sa récente main tendue vers Microsoft n'a pas manqué de susciter d'âpres réactions.

Pourquoi Nokia, encore meilleur vendeur mondial de mobiles en 2010 [1] s'est-il senti obligé par la voix de son Président Stephen Elop d'opérer pareil rapprochement?
Un rapprochement qui d'ailleurs n'eut pas l'heur de plaîre aux marchés, l'action ayant chuté de 9,93% juste après l'annonce.

Un choix pourtant loin d'être mal pensé : bien qu'en perte de vitesse, Nokia demeure une valeur sûre dans son secteur et sa réputation liée à la qualité de ses produits reste intacte auprès des consommateurs ; Microsoft avec son système Windows Mobile 7 ne démérite pas sur le plan technique, et a reçu des critiques relativement positives de la part de la presse spécialisée.
Cependant les deux compagnies doivent faire face à un bouleversement de tendance, et Android progresse inexorablement vers les sommets, poussant ses partenaires (dont Samsung) dans le sillage de sa réussite. Symbian, le système d'exploitation de Nokia, reste largement en tête des OS pour mobiles mis en circulation pour 2010 (111,6 millions) cependant le protégé de Google gagne à grandes enjambées du terrain, se positionnant désormais comme son challenger incontestable (67,2 millions d'OS pour 2010).
En réalité, le souci de Nokia est d'avoir manqué un saut technologique, celui des smartphones. Quant à Microsoft, lui autrefois si conquérant sur ses plate-formes PC, il peine plus que difficilement à émerger sur les nouveaux supports de télécommunications, dont la téléphonie mobile qui pourtant se rapproche crescendo d'un ordinateur lambda par la multiplicité des applications dorénavant disponibles.
En somme, les deux géants sont obligés de nouer un accord stratégique pour ne pas être marginalisés sur un secteur très porteur mais impitoyable pour les retardataires. Les défections (Sony Ericsson pour Symbian) et retours déçus (LG pour Windows Mobile) n'incitent guère il est vrai à retarder pareille alliance qui traînait dans l'air depuis un moment comme le rappelle Business-mobiles.fr.

Enfin, un élément à prendre en compte pour Nokia comme pour tous les fabricants occidentaux : la concurrence irresistible sur le bas de gamme par leurs homologues Chinois. Ce fut notoirement le cas du Nokia N8 rapidement concurrencé par son clone à peine proposé sur le marché!


[1] 461,3 millions d'unités écoulées selon le Figaro du 11/02/2011. Loin devant Samsung et ses 281 millions.

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