mardi 8 février 2011

Messages à caractère informatif : le détournement des années 80 par les années 2000

Les années 80 sous l'impulsion des dirigeants anglo-saxons entamèrent plusieurs réformes libéralisant les échanges et abattant les protections sociales afin de laisser libre cours aux forces du marché, années qui auront été l'aboutissement d'efforts débutés dans les années 70. Cette déferlante néo-libérale, sous l'égide de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan, aboutirent à encourager l'entrepreunariat et les métiers liés à la finance : c'est la grande ère des yuppies, ou jeunes urbains professionnels symbolisant le culte d'un nouveau veau d'or promotionné publiquement et médiatiquement.
C'est de cette période que datent les messages à caractère informatif, des films d'entreprise promouvant une vision positive et dynamique du monde du travail. En France, la figure montante de Bernard Tapie joua ce rôle d'entrepreneur conquérant à travers les médias : soulignons à ce titre que l'ascension véritable de l'ancien Ministre de la Ville le fut par l'achat et le découpage en tranches d'entreprises en difficulté financière pour se séparer des unités de production non rentables et revendre le tout avec plus-value à la clef.
Nicolas Charlet et Bruno Lavaine reprendront à leur profit ces messages pour en détourner le sens ou en grossir le trait pour les ridiculiser au sein d'une société fictive, la COGIP. Le tout durant l'émission phare de Canal+ jusqu'en 2001, Nulle part ailleurs.

Il y a peine à penser que de tels messages arriveraient à trouver leur place à notre époque, tant les excès des années passées ont décridibilisé (à tort) l'image de l'entrepreneur en le faisant passer pour un être cupide et antisocial par assimilation à ces grands patrons peu scrupuleux et surtout peu attachés à l'entreprise qu'ils ont été amenés par l'extérieur à gérer. C'est aussi lui faire endosser les tares d'un système qui est dû pour une grande part à l'omniprésence des obligations draconiennes de retour sur investissement imposés par les actionnaires.
Le véritable homme d'affaires est un aventurier, et la responsabilité qu'il acquiert au fil du temps est souvent le fruit d'une longue et éreintante lutte contre les éléments humains et administratifs. Il est souvent un apport essentiel à la vie sociale en l'irriguant de ses produits/services, ainsi qu'en faciliant le transfert des novations techniques et intellectuelles.
De même que l'appât du gain ne saurait expliquer leur cheminement, qui n'est pas obligatoirement d'essence matérialiste. Les gains pécuniaires ne sauraient tout expliquer, à tout le moins dans sa totalité, quant à cet acharnement quotidien le plus souvent au prix de réels sacrifices (temps, énergie, santé, famille).
Alors sauvons les vrais entrepreneurs! (ceci est un message à caractère informatif)




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