jeudi 10 février 2011

Les chemins de la liberté

Il est de ces films que l'on n'attend pas et qui vous procurent un plaisir décuplé à leur projection. C'est le cas du dernier métrage de Peter Weir, le talentueux réalisateur Australien de Gallipoli (film sur le corps expéditionnaire Australien dans les Balkans durant la première guerre mondiale, trop peu connu hélas), du Cercle des poètes disparus (un véritable monument porté à bout de bras par un incroyable Robin Williams au sommet de son art), Green Card (comédie romantique plus intimiste mettant en scène un Depardieu très volontaire pour obtenir son titre de séjour aux Etats-Unis) ou encore du très viril Master and Commander (dévoyant quelque peu de la réalité puisque l'ennemi est ici Français alors que dans la réalité il était... Américain (USS Norfolk)!).

Le présent film est tiré de l'histoire romancée (mais basée sur des faits rapportés comme réels) et couchée par écrit du Polono-Biélorusse (il est né à Pinsk) Sławomir Rawicz, un officier de cavalerie arrêté par le NKVD et interné dans un goulag avant d'être libéré pour rejoindre ce qui deviendra la première armée Polonaise de libération de l'Ouest sous le commandement de Władysław Anders. Son oeuvre unique, The long walk, donnera l'inspiration au présent métrage en contant l'épopée de fugitifs d'un goulag en pleine Sibérie accomplissant un trajet de plusieurs milliers de kilomètres à travers une nature impitoyable. Car comme l'énonce si bien le responsable du camp, la véritable prison n'est pas tant le camp en lui même que ce qui l'environne. Une nature implacable et désorientante.

Une aventure humaine particulièrement bien tournée, même si l'on peut reprocher des longueurs sur certains passages et déplorer en revanche le raccourci trop abrupt d'autres scènes.
Apprécions l'opportunité de revoir Ed Harris campant l'un de ces milliers d'Américains ruinés par la crise de 1929 venus chercher fortune en Union Soviétique! Quant à Jim Sturgess, il se positionne comme l'un des acteurs les plus prometteurs du cinéma Britannique en endossant avec crédibilité le rôle de Janusz, le meneur malgré lui d'hommes prêts à mourir libres plutôt qu'en détention.

En complément du présent billet, vous pouvez vous rendre sur la critique de Guillaume Payre parue sur son propre espace de publication.


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