samedi 19 février 2011

Cyberménage en Ukraine


En faisant sur le point sur des archives, je suis tombé sur cette (ancienne) nouvelle du Kyiv Post, journal Ukrainien, qui relatait la mise hors service d'un réseau d'escrocs basés dans le pays par le SSU (Security Service of Ukraine ou Служба безпеки України) avec l'aide du FBI (Federal Bureau of Investigation). L'annonce était importante sur plusieurs plans :

  • le succès d'une coopération de police internationale avec une implication plus accentuée de l'Ukraine souvent présentée comme trop laxiste dans le domaine
  • les sommes en jeu, près de 70 millions de dollars de subtilisés en Europe et Etats-Unis
  • la démonstration que le vivier des virtuoses du clavier dans les pays de l'Est est toujours une réalité

  • Le système bien rôdé n'est pas pour les initiés au monde de la cyberstratégie d'une grande novation mais il a l'ample mérite, si bien réglé, d'être fort rémunérateur et difficile à démanteler de par sa structure.
    Les responsabilités sont en effet diluées, et ceux qui gèrent les bénéfices d'une telle activité, ne sont pas ceux qui manipulent directement l'argent, laissant cette besogne à des mules. C'est à dire des passeurs de fonds assurant le transfert des sommes moyennant un pourcentage sur les opérations bancaires illicites effectuées.

    Le Kyiv Post offre justement un schéma (en anglais) permettant de mieux comprendre le fonctionnement d'une telle organisation s'étendant d'un continent à l'autre.

    Si l'on en croit l'article, les têtes pensantes de l'opération bien que dotées de solides connaissances en informatique ne seraient pas pour autant les concepteurs du logiciel incriminé mais des utilisateurs avertis. L'on assiste de fait à l'emploi d'un outil "clef en main" par des groupes malintentionnés, évitant de fait le développement d'un produit en interne si l'on peut se permettre cette analogie d'entreprise. De tels logiciels kleptomanes (dans le cas présent les données bancaires) sont généralement suffisamment efficaces envers des entreprises ou institutions peu à jour dans leur système de défense.

    Toutefois comme le mentionne avec à propos l'article, l'Ukraine reste une plate-forme de choix pour des cybercriminels assurés d'être en relative sécurité dans le pays et d'opérer à leur guise, protégés par les frontières et parfois par des complicités en haut-lieu comme le subodore les services occidentaux.

    Aucun commentaire: