mercredi 5 janvier 2011

It's not Time for Julian Assange


Alors que bon nombre de lecteurs du magazine Time et d'observateurs s'attendaient à ce que Julian Assange devienne la personnalité de l'année 2010, la rédaction prenant le contre-pied des Internautes désigna au contraire le plus consensuel Mark Zuckerberg. Une success-story à l'Américaine avec ses zones d'ombre pour ménager un peu de mystère (cf le film The Social Network de David Fincher) loin de l'image plus sulfureuse et politiquement dérangeante du responsable de Wikileaks.

En 2006 le Time avait désigné les Internautes comme personnalité de l'année, en 2010 le Time bafoue ouvertement leur vote. L'on pourrait conjecturer que cette décision serait surtout motivée par la volonté d'écarter tout risque de fraude informatique survotant Assange mais l'on peut tout autant s'interroger sur une éventuelle frilosité vis à vis d'un personnage qui aura mobilisé autant de hautes personnalités à son encontre. Un choix d'autant plus difficile à justifier que Mark Zuckerberg n'arriva qu'en 10ème position pour les Internautes votants : ce qui aurait été encore justifiable par une 2ème ou 3ème place l'est autrement plus difficilement avec un écart aussi conséquent.

Ce déni de choix participatif exprime la frilosité du journalisme traditionnel, engoncé dans son style formaté et sa dépendance de plus en plus marquée à l'égard des puissants vis à vis d'une génération née de la révolution informatique, plus libre de sa pensée et tout autant productrice de contenu informationnel (avec cependant le pendant négatif de son enthousiasme qui est de manquer parfois de rigueur). Le passé censurant le présent et craignant le futur en somme... Que Julian Assange ne soit pas un ange (Mark Zuckerberg l'est-il tout autant? Difficile de le croire) c'est un fait et l'homme laisse ouvertement place à la critique, cependant nul ne peut contester que la formidable levée mondiale de boucliers à son encontre est symptomatique de plusieurs éléments propres à notre époque liés à l'évolution de nos régimes occidentaux ainsi que de leur perception par les Etats tiers. C'est cela et moins l'homme qu'il aurait été bien avisé de saluer par une désignation de personnalité de l'année.

A bon entendeur...

Crédit photo : Reuters

1 commentaire:

Anonyme a dit…

pourquoi pas:)