mercredi 26 janvier 2011

Internet, courroie des révolutions modernes

Article paru sur Agoravox le 27 janvier 2011

J'avais relayé ici même des points de vue tiers agrémentés de mes propres interrogations sur les récentes émeutes en Tunisie.

Plus le temps passera, plus les gens anciennement au pouvoir auront tôt fait d'étouffer le mouvement populaire pour n'en faire qu'une révolution de palais. De même que l'on devra accorder une attention très importante à l'essor attendu des mouvances radicales religieuses qui pourraient tirer profit de la possibilité désormais offerte de se présenter librement aux élections. Encore faudrait-il qu'elles sachent canaliser et capitaliser sur la durée cette désespérance populaire, surtout des plus jeunes.

L'une des théories avancée concernant ces évènements aurait été que les Etats-Unis pressentaient que le maintien d'un régime corrompu et arbitraire favoriserait inéluctablement l'avènement d'un mouvement social d'obédience religieuse. Dès lors ils auraient préféré laisser déposer l'ancien Président afin d'éviter tout scénario à l'Iranienne. Vrai, faux? Quoiqu'il en soit, les dés ont été jetés et la reprise en main de la situation par un gouvernement provisoire formé d'anciens membres proches du parti au pouvoir laisse plutôt présager une récupération qu'une révolution dans les règles de l'art.

Autre point d'importance que je corrèle avec les récents évènements survenus eux en Egypte : l'impact de plus en plus net des réseaux sociaux et autres outils assimilés transitant par voie numérique. Bref, Twitter et Facebook ont joué un rôle certain dans ces évènements. Dans quelle proportion? Là c'est plus problématique à déterminer. De l'extérieur, et d'après les éléments que je glane ici et là, je dirais que c'est plus l'accompagnement d'un mouvement qu'une initiation. Les outils, mêmes informatiques, restent des outils et ne sauraient se substituer à des individus restant maîtres de leurs actions. Un outil par définition est neutre, il n'est ni bon ni mauvais à l'état initial : c'est son utiilisation qui lui donne sa force de frappe et son utilité (sociale).
De fait, je préfère évoquer le rôle de ces outils numériques en tant que courroie d'un mouvement social.

Enfin, si nos yeux sont tournés vers le monde Arabe et Perse, n'omettons pas non plus de souligner combien les pays occidentaux cherchent eux aussi à "domestiquer" le phénomène Internet. Le plus souvent par des formules très déresponsabilisantes et savoureuses à la 1984 : "Pour votre sécurité... Dans le souci de protéger vos droits... En raison du risque encouru pour vous et vos enfants... etc.".

Il apparait acquis au vu de l'activisme de divers gouvernements de par le monde qu'Internet et le mouvement des idées qui y transite mettra de plus en plus à mal la réalité des régimes. Tout comme l'imprimerie, Internet est un outil qui remodèle le monde connu et entend de fait bouleverser les équilibres de pouvoir. Et ce à une vitesse encore plus impressionnante que du temps de l'imprimerie en raison de la progression technique des transferts d'informations (dorénavant un mobile permet l'accès à une quantité d'informations tout en opérant le contact avec une quantité de personnes que l'on n'aurait jamais pu soupçonner voici à peine 20 ans!).

Lectures complémentaires : celle de Charles Bwele sur Alliance GéoStratégique, celle de JGP sur Mon Blog Défense et enfin Numérama sur la lutte des autorités Egyptiennes envers l'emploi des réseaux sociaux par les Internautes.

EDIT : Je tiens à m'excuser devant mes lecteurs pour le style quelque peu décousu du présent texte et repris par Agoravox tel quel malgré quelques modifications apportées entre temps. Le fait est que j'avais décidé de coucher mes idées en vrac sur le sujet, et escomptais y revenir dessus à terme une fois les évènements apaisés. Malgré tout, et si je regrette la forme qui aurait mérité d'être plus travaillée, le fond de ma réflexion demeure et les perspectives envisagées tout autant. Une affaire à suivre tant sur la quintessence de ces fameuses révolutions et leur devenir comme sur l'emploi de l'outil Internet.


Posté sur EGEABLOG le jeudi 3 février 2011:

Bonjour,

Question pertinente. A minima déjà il semble effectivement s'agir d'un ras-le-bol d'une frange la plus jeune de la population. Mieux éduquée, mieux accoutumée aux nouveaux médias, mieux ouverte sur le monde que les générations précédentes (ce qui est aussi le fruit de la politique éducative des régimes décriés, paradoxalement) mais sans pour autant arriver à trouver sa place attendue au sein du corps social. D'où ces cris et gestes de désespoir. La contestation est définitivement sociale, plus même que politique ou religieuse.

Ensuite, et plusieurs membres de l'Alliance ont planché dessus, le rôle des médias sociaux est attesté, mais moins pourtant que ce que l'on a annoncé un peu trop hâtivement sur les grands médias trop prompts à opérer des raccourcis trompeurs. Les restrictions liées à Internet en Tunisie puis en Egypte paraissent ce faisant prouver l'essor et l'impact de plus en plus prégnant de ceux-ci.

Maintenant le devenir de ces "révolutions" sera à observer dans la durée. D'autres questions demeurent. Ces bouleversement ont-ils été spontanés, semi-dirigés ou carrément orchestrés? Qui sont ceux qui prendront les rênes du pouvoir pour les années suivantes, des proches du pouvoir plus propres sur eux ou une nouvelle génération?

En somme de l'Algérie au Yémen, ces "affaires" ne sont pas encore réglées...

Cordialement

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