samedi 27 mars 2010

L’ours Russe ne lâche rien à l’Obamania

Chers visiteurs,

Il avait été écrit peu après la visite d'Obama à Moscou et sur la lancée de son succès populaire surtout perceptible à l'étranger, qu'une nouvelle ère des relations américano-russes était ouverte. Une déclamation très grandiloquente qui en dépit de certains rapprochements de vue (tels que les sanctions à l'encontre de l'Iran), ne doivent pas faire illusion. Ne serait-ce que parce que le rollback reste toujours une actualité, bien que plus feutrée, en matière de politique étrangère Américaine, atténué par les difficultés économiques actuelles mais néanmoins activé. D'autant que le bouclier anti-missile n'a pas été entièrement abandonné, pourtant un sérieux grief entre les deux Etats, mais uniquement démembré pour peut-être renaître... en Roumanie!

Le tandem Medvedev - Poutine garde le cap, ne baisse pas la garde et commence à récolter les dividendes de sa stratégie à l'égard des révolutions de couleur en les laissant s'essoufler et s'épuiser dans les querelles intestines. L'Ukraine en ayant fait l'expérience très récemment avec le désaveu de Iouchtchenko et la défaite de Timoshenko. Obama et son équipe savent déjà que bousculer l'aigle bicéphale ne sera pas chose aisée, d'autant que l'administration Américaine sait pertinemment qu'elle reste enchaînée à sa vis-à-vis Chinoise au sein de la tourmente financière, et ne peut de ce fait se permettre de grandes libertés dans le jeu géopolitique actuel, à peine de renforcer et consolider l'OCS comme contrepoids de sa propre influence mondiale.


Article paru sur Agoravox le 20 juillet 2009

Alors qu’Obama continue de subjuguer les foules et les élites Européennes, le Président de la Fédération de Russie vient d’apporter un souffle tout sibérien sur les ondes internationales en refusant de céder sur les dossiers considérés comme stratégiques pour l’avenir des relations Américano-Russes. Preuve qu’en dépit du marketing opéré par la Maison Blanche, le Kremlin n’entend pas se laisser aveugler par la poussière des apparences et le langage sirupeux de son hôte.
 
L’Obamania n’a pas cours sur la Moskova

L’énorme contraste régnant entre l’immunité médiatique des pays occidentaux à l’égard du chef de l’exécutif Américain et l’accueil plutôt mitigé, voire de défiance à son encontre en Russie donnerait à penser que la fracture est belle et bien plus sévère entre l’Amérique et certains pays qu’elle ne l’est avec d’autres places forte occidentales.

Preuve de ce froid y compris au sein de la population, nulle foule compacte et en transe pour accueillir le Président Américain à son arrivée, et les réactions de la population quant à sa venue laissèrent bon nombre de journalistes étrangers pantois quant à son indifférence manifeste. Quant à la suite du programme, il se déroula sous les auspices d’une cordialité toute empreinte d’une parfaite neutralité de ton dans les échanges avec ses interlocuteurs. Comme ne le cachait aucunement le quotidien d’affaires Vedomosti par la voix de Dmitri Trenine (directeur du Centre Carnegie de Moscou) dans son édition du 2 juillet dernier, l’essentiel ne pouvait tenir qu’à un nouveau traité START tant les lignes de front diplomatiques semblaient figées de part et d’autre.

Si ce nouveau traité fut effectivement annoncé [1], avec en complément un accord particulier concernant le transport de troupes Américaines en Afghanistan transitant par le territoire de la Fédération Russe (par voie terrestre/aérienne) et complétant de jure un précédent arrangement qui se limitait aux déplacements humanitaires, l’on ne peut en revanche évoquer de spectaculaire avancée.

Et pourtant, cette visite avait été préparée de longue date, avec force renfort de moyens médiatiques pour infléchir ou ramollir l’attitude des autorités Russes en prétextant que la venue d’Obama fournirait l’occasion d’une remise à plat totale des relations entre les deux pays. Dans les faits, il n’en fut rien.

Diviser l’aigle bicéphale

A moins de faire preuve de mauvaise foi patentée, le Président Américain doit être reconnu comme un remarquable stratège sachant employer les nouveaux médias de télécommunications aux fins de donner une image optimale de sa personne et par projection de son pays [2]. Opérant en cela ce que Niccolo Macchiavelli préconisait dans son ouvrage Le Prince : car les hommes, en général, jugent plus par leurs yeux que par leurs mains, tous étant à portée de voir, et peu de toucher.

Et de tenter lors de son discours à la Nouvelle École d’Économie de Moscou de préciser sa volonté de désarmement : L’avenir n’appartient pas à ceux qui massent des armées sur un champ de bataille ou qui enterrent des missiles ; l’avenir appartient aux jeunes qui seront armés d’une éducation et d’une imagination créatrice. On appréciera à sa juste valeur toute la saveur d’une telle sentence lorsque l’on sait combien la main militaire de l’Oncle Sam peut être lourde en certains pays, continuant d’influencer directement ou indirectement la politique intérieure de certains États. Comment s’en étonnerait-on lorsque l’on prend connaissance de la superpuissance Américaine dans le domaine des armements : pour rappel 547 milliards de dollars en 2007 employés à cette fin, là où la France n’en dépensa que 53,6 et la Russie 35,4 à titre de comparaison. Le propos paradoxalement plaça plutôt les Etats-Unis en porte-à-faux sur le sujet.

Sa tentative la plus aboutie d’ébranler l’exécutif Russe fut son utilisation de la flatterie dont le penseur Italien précité entendait prémunir les princes de la Renaissance soucieux d’une juste gouvernance. Louant la modernité de Dmitri Medvedev, il fustigea de manière feutrée les méthodes d’un autre temps de Vladimir Poutine : enjôler le Président pour décrédibiliser le Premier Ministre, une tactique politicienne qui en certaines circonstances fonctionna à merveille en intensifiant les rivalités de cour en d’autres temps et d’autres lieux.
 
L’essai ne fut guère probant, bien que jusqu’au bout Obama ait tenté le forcing par ce biais mais se heurta en définitive à la dénonciation commune par les deux têtes de l’exécutif de la poursuite du bouclier antimissile (ABM) et en corollaire de l’installation du dispositif sur le continent Européen. De guerre lasse, l’ancien avocat de Chicago tenta un plaidoyer s’opposant à la volonté du Kremlin de lier la réduction des armements stratégiques à la problématique du bouclier antimissile tout en assurant que ce dernier ne pourrait en aucun cas viser la Russie puisque les Etats-Unis ne saurait être protégés d’une attaque Russe y compris avec ce système [3].

La tournée des popotes qui fâche

Certains commentateurs objecteront non sans raison que les Etats-Unis comme tout Etat souverain sont libres d’entretenir les relations diplomatiques avec qui ils souhaitent (ce faisant signalons que la réciprocité n’est pas toujours de mise [4]) et qu’à ce titre ils peuvent promouvoir la défense active de leurs affidés régionaux. Toutefois, les scories du dernier conflit dans le Caucase demeurent le témoignage assez sévère qu’il n’est désormais plus possible de marcher sur la zone d’influence propre de la Russie sans encourir une violente réplique de cette dernière. Cette réaction ayant été amplifiée par l’émergence quelques années auparavant de révolutions de couleur dans sa périphérie territoriale, lui faisant dès lors prendre conscience qu’elle ne pouvait plus se permettre de laisser germer dans son proche étranger des régimes contraires à sa politique de sécurité, fut-ce en jouant sur les velléités interethniques des pays cibles.

Ce faisant, et reprenant dans la droite ligne la politique de George W. Bush, Barack Obama rappela d’office qu’il n’entendait aucunement accepter l’actuelle indépendance des deux entités considérées comme parties intégrantes de l’Etat Géorgien [5], à savoir l’Abkhazie et l’Alanie du Sud. Message de soutien très clair au régime de Saakachvili qui tout en brimant toute opposition politique continue cependant de bénéficier de l’appui occidental en dépit de violations manifestes des règles démocratiques [6].

Et pour mieux rassurer les partenaires Américains de la région, Mikheil Saakachvili et Viktor Iouchtchenko, respectivement Présidents de la Géorgie et de l’Ukraine, le vice-Président Joe Biden s’entretiendra prochainement courant du mois de juillet avec eux pour leur confirmer la position défendue par les Etats-Unis. Celle-ci ayant été clairement établie par Obama lui-même : Refuser aux Etats le droit d’avoir leurs propres frontières risque de conduire à l’anarchie… il s’agit de pays tels que la Géorgie et l’Ukraine. Or il n’est de concept plus flou que les frontières propres (ou naturelles) d’un Etat, ce dernier tel un organisme vivant étant amené à croître ou décroître entre sa naissance et son extinction (et en fonction de certaines circonstances, à renaître). Sachons apprécier aussi la rhétorique du Président Américain : L’Amérique ne cherchera jamais à imposer un quelconque système de sécurité à un autre Etat. Evidemment non, puisqu’elle semblerait plutôt se contenter de répondre à l’appel pressant de pions formés puis propulsés dans les hautes sphères du pouvoir de pays « amis ». La géopolitique n’est pas qu’une question de hard power mais aussi de soft power où interviennent l’éducation, les médias, les programmes d’aides, les ONG etc. Toute une panoplie de moyens dont certains ont été employés avec un réel succès par les Américains ces dernières décennies.

Néanmoins au jeu du poker menteur, le Président Américain malgré de réelles qualités ès manipulations semble avoir épuisé ses meilleures cartes sur la Moskova sans infléchir d’une verste la position de ses hôtes, y compris en attisant la division interne. Cela augurerait-t-il d’un changement de stratégie à terme ?


[1] Intitulé Compréhension commune des réductions et limitations ultérieures des armements stratégiques offensifs.
[2] Pour une analyse plus circonstanciée, veuillez vous rendre sur l’article de Charles Bwele intitulé Obamamarketing.
[3] De notre point de vue il n’existe pas de scénario nous protégeant contre le puissant potentiel russe et nous n’avons jamais estimé raisonnable d’établir un lien entre le débat sur les systèmes balistiques et le débat qui porte sur une menace d’une tout autre nature.
[4] L’exemple le plus fameux étant la fameuse loi Helms-Burton du 12 mars1996 du nom des deux élus républicains ayant proposé les modalités de cette mesure législative à portée internationale visant à interdire tout commerce avec Cuba et le monde extérieur. L’on évoque de fait un caractère d’extraterritorialité pour une loi qui s’étend à des acteurs privés/publics de pays tiers. Il serait aussi possible de se référer à la loi d’Amato-Kennedy promulguée la même année qu’Helms-Burton, et généralement plus connue sous l’acronyme ILSA (Iran and Libya Sanctions Act) devenu désormais simplement Iran Sanctions Act depuis septembre 2006 (les relations s’étant « normalisées » avec la Libye).
[5] Nous avons discuté de la Géorgie. J’ai réaffirmé la nécessité de respecter l’intégrité territoriale de la Géorgie. Nous n’acceptons pas non plus les actuelles frontières de la Géorgie.
[6] Sur cette situation particulièrement typique du cynisme Américain dans le domaine diplomatique, je vous recommande la série d’articles de Morice publiée sur Agoravox : Saakachvili, le mauvais cheval 

lundi 22 mars 2010

Réouverture des horizons


Chers visiteurs,

Un focus comme je me plais à l'opérer de temps à autre pour saluer la reprise d'un excellent blogue dynamique et prospectif.
L'auteur, se faisant appeler Malakine, ébauche et développe plusieurs analyses d'un fort beau gabarit. Economiques (en opérant une vulgarisation du protectionnisme, en braquant les projecteurs sur les économistes Frédéric Lordon et Jacques Sapir); Politiques (en exprimant une vision iconoclaste que l'on peut qualifier de souverainiste social); Culturelles (ouverture sur les affaires du monde, Européennes bien évidemment mais pas uniquement).  Le tout sans concession aucune et avec un souci réel de mise en perspective globale.

Je ne puis que vous inviter à vous y rendre, voire même à participer aux échanges le plus souvent de haute volée intellectuelle.

Son site

vendredi 19 mars 2010

Le premier Président électronique Russe


Dmitri Medvedev très souvent présenté à ses débuts et dans les magazines occidentaux comme une simple et falotte marionnette de l'ancien Président Vladimir Poutine assure de plus en plus sa présence et sa singularité à son poste actuel. De ses discours très léchés comme Россия, вперед! à ses admonestations aux gouverneurs en place, le ton Medvedev pour différent qu'il soit de son prédécesseur n'en constitue pas moins une certaine continuité dans la volonté de perpétuer le redressement Russe et de modernisation socio-économique.

L'une des facettes les plus intéressantes du personnage est son attachement au vecteur communicationnel, et prioritairement par le réseau Internet.
Le quotidien Le Figaro ne s'y étant pas trompé puisqu'il lui a consacré un article très révélateur, morceaux choisis :
Dmitri Medvedev a été pris dans la toile en octobre 2008, quand le site du Kremlin accueillit son vidéo-blog, où les visiteurs avaient la possibilité de laisser des commentaires sur les vidéos qu’il postait. Peu après, le chef d’État s’inscrivait sur livejournal.com [Live Journal, la plus importante plateforme de Russie, avec plus d’un million d’utilisateurs, NDLR]...
Medvedev lui-même consacre beaucoup de temps à la lecture des blogs, dans lesquels il découvre ce qu’on ne montrera jamais à la télévision. Il ne manque pas d’affirmer qu’il utilise son journal en ligne comme source d’information sur ce qui se passe vraiment sur place...
Medvedev voudrait que les fonctionnaires utilisent eux aussi LJ comme une source d’information. Lors d’une réunion du Conseil d’État, en décembre dernier, le président avait même menacé de licenciement les récalcitrants à la connexion...

mardi 16 mars 2010

Le coq Gaulois, mauvais produit d’exportation touristique ?

Chers visiteurs,

Je dois admettre que ce billet Agoravoxien ne fait pas partie du meilleur cru. Rédigé très rapidement, il avait pour principale ambition de relativiser une étude concernant la place exécrable des Français dans le domaine touristique. Et surtout pointer du doigt un détail véritablement fâcheux : il ne fut aucunement possible de disposer des données brutes de l'enquête. Dommageable car médiatiser une enquête sans pour autant la publiciser apparait pour le moins paradoxal.

De fait, je vous enjoins surtout à vous rendre sur cet article de Krokodilo qui a le grand mérite de pousser plus loin la réflexion en reprenant les axes majeurs initialement ébauchés.


Article paru sur Agoravox le 13 juillet 2009

Les résultats d’une enquête effectuée par TNS-Infratest pour le compte du voyagiste Expedia ont rapidement fait le tour du net en provoquant des réactions aussi diverses que commentées à leur tour. Il en ressort une appréciation critique méritant effectivement quelques précisions.
Sur la base d’un questionnaire envoyé à de nombreux établissements hôteliers, le groupe d’études marketing s’est fait fort de classer les touristes, des meilleurs aux pires sur les retours de 4 500 professionnels du secteur, le tout en fonction de neuf critères notés. En queue de peloton se trouvant les hexagonaux sur les vingt-sept nationalités répertoriées.

Ca se discute…


Et ceci en plusieurs points énoncés :

• Les Français sont mauvais en langues : à force de le répéter, on va finir par y croire, c’est la méthode dite Coué. Renversons l’analyse : dans les villes hexagonales à valeur touristique avérée, les touristes étrangers font-ils forcément toujours l’effort de s’exprimer dans une langue tierce voire celle de Molière dans le meilleur des cas ? A vérifier tant il semble que l’expérience en ce domaine à travers les commentaires de plusieurs sites d’informations et de forums apparaît contrastée. En outre, et par un singulier retournement de situation, n’est-ce pas au professionnel du tourisme de faire un effort pour comprendre les desiderata de ses clients ? Faire reporter la charge de la langue sur le touriste étranger est un procédé quelque peu cavalier qui, s’il ne doit pas absoudre l’intérêt de l’apprentissage de langues étrangères par tout individu, ne peut lénifier l’objectif de satisfaction du visiteur dans un établissement digne de ce nom.

• L’effet de masse : pour qui a déjà observé de l’intérieur ou même subi de l’extérieur l’invasion de hordes touristiques en formations compactes, il est difficile de prétendre que l’on soit enclin de composer favorablement avec un amas informe d’êtres vociférants. S’il est une généralité à opérer c’est bien celle-là au-delà de la question de la nationalité : le tourisme de masse est impropre à la découverte et à la communication tout en renforçant les travers les plus détestables. Ainsi lorsqu’il est reproché le manque de courtoisie et de politesse aux Français, il apparaît difficile d’accabler plus ces derniers que d’autres nationalités tant l’aménité est rarement une vertu décelée au sein de groupes en transhumance.

• Les Français sont pingres : et si l’on corrélait le pouvoir d’achat à cette pingrerie ? Un Japonais ou un Allemand disposant d’un pouvoir d’achat supérieur à celui d’un Français ne doivent-ils être appréciés que sur cette capacité à délivrer pourboires et à s’enticher de divers services surfacturés ? En somme n’est-ce pas avouer concrètement qu’il y a une prime au plus dépensier ? Dans cette optique, le touriste le plus sympathique n’est bien évidemment plus celui qui le plus attentif et ouvert à son environnement mais bel et bien celui qui serait le moins regardant quant à son débit de devises.

• Les Français sont râleurs : alors que les Japonais sont si polis et tranquilles… Oui mais si les grognards hexagonaux ne se privent pas pour éructer leurs reproches, sont-ils pour autant toujours coupables de se manifester en cas d’insatisfaction notoire ? Le touriste idéal serait-il celui que l’on puisse arnaquer en toute sérénité avec la vaseline en option payante ?

• Pourquoi n’est-il pas possible de trouver la version originale de l’enquête si abondamment citée, ni sur le site d’Expedia ni sur le site de TNS-Infratest ? D’où les différences de chiffres et de dates notables entre les différents articles ainsi que bien évidemment des informations lacunaires. Si celle-ci a été effectivement rendue publique comme l’assènent divers journaux en ligne, alors où est-elle disponible, en quelque langue que cela soit ? Et pourquoi les différents sites en traitant ne donnent-ils pas un tableau synthétique de ces résultats ou un récapitulatif des questions dans leur formulation originelle ? Si une bonne âme serait en mesure de nous transmettre le document en question alors qu’il ne s’en prive aucunement à travers le fil de commentaires de telle sorte que chacun puisse parfaire son idée sur la question. Pour l’heure nous sommes en présence de sources indirectes affichant une étrange impression d’à peu près.

Les Français comme tout peuple sont porteurs à la fois de qualités et de défauts, plus ou moins visibles et subjectifs en fonction de la culture de référence de l’observateur. Il n’en demeure pas moins que l’on est autorisé à relativiser sérieusement cette étude (ou tout du moins les extraits fournis) car d’une part elle ne concerne que les établissements hôteliers (impliquant une perception parcellaire et commerçante du tourisme), et ensuite elle ne semble privilégier que des spécificités propres à certains peuples (d’obédience anglo-saxonne), tel l’exemple du pourboire dont la perception et la modalité diffèrent entre les contrées [1].
 

Au moins en commentant abondamment celle-ci, les Français ne gagneront pas le titre de pires crédules au monde…

[1] Article sur Wikipédia où l’on perçoit bien mieux les différences de traitement sur un sujet identique. 

lundi 15 mars 2010

Mikhalkov et l'Europe : une vision décapante


A l'occasion de la sortie du film 12 en France (version modernisée et localisée de 12 hommes en colère), le cinéaste Russe s'est fendu d'un entretien à Télérama aux réponses pour le moins directes.

L'entretien de Télérama dans son intégralité

Florilège :
Bien des peuples se demandent : « Comment vivre ? » et c'est logique. Mais la seule question qui a toujours intéressé les Russes, c'est : « Pour quoi vivre ? » Et ça explique toutes les incompréhensions et les malentendus qui peuvent exister entre nous et l'Occident...
L'Europe aurait dû accueillir cette Russie déboussolée, empêtrée dans les excès d'un capitalisme sauvage. Lui sourire, l'aider. Mais vous avez choisi de rester fidèles à d'autres amitiés. Pas sûr que vous ayez eu raison : vous allez voir comment Obama va traiter l'Europe, d'ici quelque temps...
Mes propos vont me rendre très impopulaire, je sais, mais enfin, vous autres, les Européens, vous êtes des peuples de vieux, assis sur vos gros culs dans des fauteuils tout mous et vous donnez des leçons aux autres...
Qu'est-ce qu'il vous reste, en France ? Votre gastronomie, géniale. Votre culture, magnifique : Orsay, le Louvre... L'Europe est un musée. Qu'elle le reste. L'énergie, aujourd'hui, vient de l'Inde, de la Chine, demain de l'Afrique... C'est avec eux désormais que la Russie va traiter...


Pour information, Nikita Mikhalkov est une personnalité de premier plan en Russie en tant qu'acteur majeur du secteur culturel. Après avoir exercé divers rôles dont certains toujours très appréciés tels Свой среди чужих, чужой среди своих (dont il fut aussi le réalisateur) ou encore Жестокий романс. Puis comme réalisateur avec des métrages tels que Утомлённые солнцем (Soleil Trompeur, primé à Cannes et récompensé par un Oscar) ou Сибирский цирюльник (Le Barbier de Sibérie).

jeudi 11 mars 2010

Si tu veux la paix numérique, prépare la guerre numérique


Les questions cyberstratégiques sont devenues de plus en plus prégnantes au fur et à mesure que les moins initiés à la réalité du cyberespace en sont venus à percevoir toutes les opportunités comme menaces afférentes.

Entreprises, particuliers et pouvoirs publics arrivent à grand peine, hormis quelques structures ad hoc, à percevoir et ébaucher la riposte à des menaces grandissantes et surtout dorénavant persistantes. C'est tout le mérite de Nicolas Arpagian, chargé de cours à l'université Paris X Nanterre et à l'IRIS, de vulgariser les cybermenaces au sein de son ouvrage : La cyberguerre : la guerre numérique a déjà commencé.
Pour alarmiste que soit le titre, il n'est cependant aucunement usurpé de par la gravité des armes virtuelles transitant sur les réseaux mondiaux comme par leur évolution continue. 
L'auteur a le bon goût de citer de nombreux exemples à l'appui de son argumentation à dessein d'asseoir son propos, quitte à pointer les défaillances et les limites des acteurs du cyberespace. De même qu'il n'hésite pas à égratigner l'Union Européenne pour sa coupable inertie devant la nouvelle donne stratégique des réseaux numériques.

Toute évolution technologique est sertie du masque de Janus, et quiconque en viendrait à l'oublier serait amené à faire face à de cruelles déconvenues. A l'heure du 2.0, l'antédiluvien proverbe latin si vis pacem, para bellum demeure toujours d'actualité...

Petite phrase pour terminer et que l'on ne saurait réfuter : Internet est le produit d'une combinaison unique de stratégie militaire, de coopération scientifique et d'innovation contestataire, Manuel Castells.

lundi 8 mars 2010

С 8 Марта!


En ce jour est célébré la journée internationale de la femme.

Il est singulier de constater que la signification est perçue radicalement différente selon que l'on se trouve dans un pays occidental ou un pays d'ex-obédience socialiste, et en particulier Russie, Biélorussie et Ukraine. En ces contrées, loin des revendications plus ou moins véhémentes de leurs conseurs occidentales, les femmes de l'Est apprécient au contraire que l'on fasse grand étalage de respect et galanterie à leur égard (bien que cela ne dispense pas non plus de telles attentions le reste de l'année, entendons-nous bien!).

Les mots les plus charmants comme les petits cadeaux ou gestes d'affection sont bien entendu les bienvenus en fonction de la situation et de la relation entretenue avec la personne bénéficiant d'un tel intérêt.

Ainsi dans le cas où vous seriez en relation d'affaires ou pour toute autre raison avec une représentante d'un pays de l'ex-Union Soviétique, n'omettez pas de considérer cette tradition comme de prime importance. Vous n'en paraîtrez que plus civilisé et respectable.

vendredi 5 mars 2010

Altermonde à Ekaterinbourg

Chers visiteurs,

Je vous enjoins à lire cet article car bien que datant de presque un an, il conserve toute son actualité.

Dans la foulée je vous recommande l'intervention de Karine Hirn, directrice générale d'East Capital, s'étonnant au sein du quotidien Les Echos que l'on puisse refuser d'inclure la Russie au sein des pays à forte croissance (cf Nouriel Roubini dans son intervention au sein de la même gazette le 11 novembre) : les marchés ne sont pas d'accord avec le prétendu effacement de la Russie : le marché d'actions (indice RTS) a progressé de 120 % en euros depuis le début de l'année 2009, le chiffre le plus élevé parmi les économies BRIC... La suite ICI.

En vous souhaitant une bonne lecture.


Article paru sur Agoravox le 24 juin 2009

Ekaterinbourg (orthographiée aussi Iékaterinbourg) est une localité Russe sise au pied de la chaîne de l’Oural, fondée en 1723 et appelée de la sorte en hommage à la femme de Pierre le Grand, et future Tsarine, Catherine Ière. Elle fut notoirement connue pour avoir été le dernier lieu de détention de la famille Impériale jusqu’à son exécution au sein de la maison Ipatiev. Dorénavant, par volonté expresse des autorités Russes, elle vient de devenir le foyer d’échanges internationaux ayant accaparé l’attention de l’Occident du fait de déclarations et projets lors d’une double réunion historique.

Le 15 et 16 juin derniers ont été l’occasion pour les membres de l’Organisation de Coopération de Shangaï comme pour les quatre pays désignés par l’acronyme BRIC [1] de se rencontrer, d’échanger et de proposer. Si certains tels Eric Le Boucher au sein du quotidien Les Echos [2] se sont rapidement gaussés de l’inanité d’une telle initiative, il n’en demeure pas moins que la portée est symbolique et ouvre des perspectives de réflexion et d’action alternatives que ne veut se permettre l’Europe.

Une première BRIC de posée

Si la première mention de ce quatuor composé du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine fut publiquement énoncée par la banque d’investissement Goldman Sachs en 2003, aucune réunion véritablement officielle n’eut lieu pour donner un minimum de corps à ce qui n’était qu’une dénomination économique de pays susceptibles à eux quatre de dominer les échanges mondiaux d’ici 2050 [3].

Or, avec cette rencontre historique à Ekaterinbourg, c’est un message assez clair à l’intention des dirigeants occidentaux qu’ils ne sont pas avec leur G8 l’unique instance décisionnelle mondiale.

M. Singh, Premier Ministre Indien releva tout d’abord que les BRIC étaient la locomotive économique de la croissance mondiale, propos conforté il est vrai par la bonne résistance de l’Inde au sein du maelström financier et économique actuel [4]. La Russie fit entendre en outre qu’elle souhaiterait diversifier ses réserves en investissant de façon plus accrue dans les instruments financiers des autres membres du BRIC et vice-versa suivant des modalités à définir pour garantir la sécurité et la facilité de ces opérations.

En outre fut réaffirmé la nécessité de gérer les problèmes mondiaux par une approche multilatérale, critique à peine masquée envers la politique internationale des Etats-Unis avec qui les BRIC ont eu souvent maille à partir.

Si effectivement des idées furent échangées, des problématiques débattues et une bonne entente affichée, le sommet fut surtout l’occasion de démontrer que tous ensemble, Brésil - Russie - Inde - Chine avaient les moyens de se faire entendre et d’amorcer une autre vision du monde sur le plan diplomatique comme financier. Néanmoins le plus gros morceau restait à venir…

L’OCS fait vaciller les cours mondiaux

Au contraire des BRIC, l’OCS est, elle, une organisation réelle existante depuis 2001 et regroupant six Etats-membres et quatre observateurs (dont l’Inde). Axé primitivement sur la coopération en matière militaire, l’OCS s’orienta majores pennas nido vers d’autres sphères dont l’économie.

Et c’est précisément sur ce point que la rencontre d’Ekaterinbourg donna lieu à de réels soubresauts à Wall Street, pourtant à plus de 8 000 kilomètres de là.

L’auteur de cette agitation fut le Président Russe qui déclara sans guère d’ambages que les devises nationales se devaient d’être plus largement employées dans les relations économiques entre membres de l’OCS. Comprenez : délaissons le dollar et réglons nos échanges commerciaux avec un panier de devises nationales propres à l’OCS, voire envisageons la création d’une monnaie supranationale [5].

Déjà malmené du fait de la crise mondiale et de la confiance s’érodant par les nombreux utilisateurs du billet vert, le cours du dollar marqua sérieusement le pas une fois communiquée cette velléité de s’affranchir de ce dernier.

Voulant éviter une crise dans la crise, le Ministre Russe des finances Alexeï Koudrine rassura rapidement le monde de la finance internationale en alléguant que pour l’heure il n’y avait eu encore aucune décision de prise : l’alerte fut chaude mais l’avertissement aura été net et le sujet ressurgira tôt ou tard lors des prochaines réunions multilatérales impliquant les membres de l’OCS.

Et pour finir les discussions sur une bonne note, la Chine par la voix de Hu Jintao annonça accorder 10 milliards de dollars à l’OCS afin de permettre à l’ensemble des pays membres d’affronter la crise avec des moyens plus conséquents.

Un autre monde pour demain ?

Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine sont bien entendu traversés par des heurts politiques au sein de zones d’influence disputées ou entraînés dans des conflits commerciaux. Pour autant, il se dégage au fil des années de leur part une volonté de plus en plus manifeste de peser sur le cours de l’Histoire, de s’affranchir du statut de spectateur, d’observateur voire de supplétif le cas échéant pour devenir acteur à part entière. Prenant conscience qu’individuellement ils ne peuvent s’imposer, les efforts récents consentis et médiatisés attestent d’une prise de conscience que la crise peut leur offrir un strapontin au moment où le dollar n’inspire qu’une confiance de plus en plus résiduelle et que l’euro plombe la compétitivité des entreprises Européennes minées par la crise.
Pas identiques mais complémentaires : tel fut le message délivré au sortir de cette grande première du 16 mai.


[1] Article sur Wikipédia
[2] Article paru le 19/06/2009
[3] Une rencontre informelle eut toutefois lieu en marge du sommet du G8 à Toyako, Japon, en juillet 2008.
[4] La Banque Mondiale ayant précisé dans son rapport Global Development Finance 2009 : Charting a Global Recovery que si l’on enlevait la Chine et l’Inde des statistiques des pays en développement pour les prévisions de fin d’année, les chiffres de leur PIB reculerait de 1,6% !
[5] Signalons en outre qu’en mai la Russie comme la Chine avaient auparavant signifié au responsable du FMI, Dominique Strauss-Kahn, leur volonté d’investir leurs avoirs dans le DTS (droits de tirage spéciaux). 

lundi 1 mars 2010

Medvedev célèbre à Paris l'année franco-russe 2010

Dmitri Medvedev, Président de la Fédération de Russie, s'est déplacé ce jour à Paris pour y rencontrer son homologue Français et lancer officiellement l'année croisée franco-russe. Sa venue coïncidera comme l'on peut raisonnablement s'y attendre avec la signature ou la négociation de plusieurs contrats d'importance, comme la vente de 4 Mistral, l'entrée de GDF Suez au sein du projet Nord Stream ou le partenariat Alstom / TMH (Transmashholding).
Au même moment apprend-on que Renault va doubler les capacités de production de son usine Avtoframos de Moscou (soit une capacité de 160 000 véhicules/an).

L'occasion idéale m'est offerte de publier ici même cet article originellement paru le site de l'Alliance Géostratégique (dont on fête aujourd'hui le premier anniversaire) en décembre dernier, relatant comment l'actuel Président entend réorienter l'approche Russe des grandes questions stratégiques de son temps, notamment par le prisme de la communication.

En complément, lire l'entretien d'Arnaud Dubien de l'IRIS paru sur Challenges.fr : un constat que je partage quant à l'évolution relativement récente des échanges franco-russes au plus haut sommet.

Russie : la nouvelle approche stratégique et communicationnelle 


Article paru sur Alliance Géostratégique le 28 décembre 2009

La volonté d’œuvrer pour la paix en Europe est une constante qui remonte bien avant les affres des deux guerres mondiales qui, tout bien considéré, furent surtout une tragédie en deux actes d’une guerre civile continentale. L’irénologie considère a contrario de la polémologie que la guerre n’est qu’une exception dans la normalité qu’est la paix entre les peuples. Au gré des tensions et des épreuves douloureuses, le sujet refait toujours surface et souvent du surplace. L’on pourrait considérer le dernier discours du président russe Dmitri Medvedev comme la perpétuation de cette antienne, si ce n’est une subtilité supplémentaire.

Un canevas pour la paix en Europe ou un cadenas pour le dessein des Etats-Unis ?

L’homme d’Etat se singularise généralement et préférentiellement par une gestion avisée du pays dont il a reçu mandat par les électeurs (si l’on prend le cas commun des démocraties occidentales) avec la notable fonction de représentation à l’étranger. C’est alors qu’intervient le thymos cher au penseur Américain Francis Fukuyama : la volonté de reconnaissance et de marque dans l’Histoire dont le plus haut degré demeure la scène internationale. Une arène tumultueuse où les acteurs confrontent leurs ambitions et visions, au prix parfois de désillusions sévères comme de succès retentissants. Un lieu où s’ébauchent les projets les plus fous comme les visées plus machiavéliennes.

Dmitri Medvedev, homme libéral très attaché à conserver des liens favorables avec ses partenaires européens, s’est fendu le 29 novembre 2009 d’un projet de traité portant sur la sécurité européenne. Le tout sous la forme de 14 articles précédés d’une note d’intention. Précisons utilement que Medvedev a suivi une formation de juriste, exerçant même comme professeur de Droit à l’université d’Etat de Saint-Pétersbourg avant de débuter dans les affaires.

Le document fut adressé à plusieurs organisations : OTAN, CEI, OSCE, OTSC et UE, de sorte à produire un effet massif en imbriquant institutions alliées comme tierces.

Synthétiquement, qu’est-il énoncé en dehors du laïus habituel de paix dans le monde ?

Principalement un rappel des textes déjà en vigueur, notamment celui de la Charte des Nations Unies. Nulle novation dans les mécanismes ou les principes mis en avant (conférence des parties pour résorber un conflit en germe, assistance mutuelle en cas d’agression comme présence à la table des négociations d’organismes tiers sont par exemple des procédures déjà existantes dans le cadre d’organisations internationales).

Malgré tout un point mérite d’être relevé. L’article 10 où il est précisé expressément deux zones géographiques, et c’est là où le géopolitologue y accordera un œil des plus attentifs : la zone euro-atlantique et la zone eurasienne. De Vladivostok à Vancouver est-il même précisé. La mention de ces deux zones est toute sauf fortuite puisqu’elle introduit la reconnaissance que deux blocs (géographiques) se font désormais face. Il traduit aussi un schème de pensée où la Russie se place dans une logique eurasienne, puisque la logique euro-atlantique est barrée par des états hostiles au sein de l’Union Européenne comme de l’OTAN.

Ne nous y trompons pas : cette insistance quant au respect du droit international et ces rappels à l’ONU ne sont aucunément gratuits et trouvent leur source dans le déclenchement des opérations américaines en Irak de 2003 passant outre l’aval de cette organisation internationale et de son Conseil de Sécurité. La Russie tiendrait par conséquent à lier les Etats-Unis dans une nouvelle structure où ils ne pourraient aucunement engager de conflit postérieur à la ratification dudit traité sans encourir des représailles légales de plusieurs des autres membres signataires. Un containment juridique prenant la forme d’un véritable écheveau à travers les articles successifs plaçant les Etats-Unis dans une position où leurs propres alliés auraient un droit de regard, d’inertie et même de réplique armée à leur égard [2].

Une réorientation de la stratégie de communication du Kremlin

Hormis les points évoqués précédemment, il est un élément plus conséquent à relever quant à cette initiative médiatique de la part de l’exécutif russe : sa volonté de lisser l’image du pays à l’intention des occidentaux.

Lors du conflit caucasien en août 2008 mettant aux prises les forces russes et les troupes géorgiennes pour le contrôle de la région d’Alanie du Sud, il a été démontré (s’il en était encore besoin) que le rôle de la Russie avait été fort mal perçu et relayé à travers les médias occidentaux. Ce déficit médiatique - une donne dont la gestion est, en certaines circonstances et a fortiori dans le cas notable d’opérations tendant à se prolonger, un facteur lénifiant ou annihilant un succès militaire - a manifestement été pris en compte par le président actuel qui oeuvre à « normaliser » la position de la Russie sur l’échiquier mondial.

Employant les services de la firme américaine Ketchum, le Kremlin souhaite se repositionner et prendre l’offensive sur le front médiatique en se posant comme un acteur pacifique soucieux des règlements à l’amiable des problématiques internationales. La proposition du Traité Européen de Sécurité étant une ébauche de ce plan.

Il est bien trop tôt pour tirer les conclusions de cette stratégie d’influence médiatique portée directement dans le camp occidental, néanmoins elle est symptomatique du facteur couverture médias qui vient de prendre place en première ligne dans les couloirs du pouvoir russe [3].


En complément :
Version originale en langue russe du traité
Version anglaise du traité


[1] Vision idyllique s’il en est, tant dorénavant certains chefs d’Etat évoluent mutatis mutandis vers une fonction de VRP, attestée par la récurrence de l’évocation par les médias de masse des contrats et sommes afférentes liés aux accords commerciaux signés lors de la venue de hauts représentants.
[2] Article 7 – 2 : Without prejudice to the provisions of Article8 of the Treaty, every Party shall be entitled to consider an armed attack against any other Party an armed attack against itself / Без ущерба для положений статьи 8 настоящего Договора Участник вправе рассматривать вооруженное нападение на другого Участника как вооруженное нападение на него самого.
[3] Le Président Dmitri Medvedev attache une importance de premier plan aux nouveaux moyens d’information et de communication, de même qu’il n’hésite pas à rappeler que l’investissement et l’avancement dans des projets liés aux nouvelles technologies est une nécessité pour l’avenir de la Russie. La tenue d’une réunion le 25 décembre dernier au sein de la Commission pour la modernisation et le développement de l’économie Russe à laquelle il assista personnellement aux échanges et aux conclusions en est un parfait exemple.