dimanche 19 décembre 2010

Les Vikings de Novgorod de Marina Dédéyan


Chers visiteurs,

Dans la liste de vos cadeaux de Noël, n'hésitez pas à y insérer un récit historique d'une romancière dotée d'une plume fort alerte : les Vikings de Novgorod.

Un roman centré sur Rurik (Rourik ou encore Hrœrekr en norrois) et son arrivée sur les terres des Ilmens, peuple du lac éponyme et dont la localité principale deviendra une république à part entière au fil des siècles : Novgorod.
J'eus le plaisir d'avoir un bref échange avec cet écrivain qui a très honnêtement avoué que faute de sources historiques fiables et prolixes, elle avait dû laisser une grande part à l'imagination. L'on ne saurait le lui reprocher au vu de l'entraînant récit dont elle nous gratifie, et qui saura séduire bien au-delà du simple cercle des amateurs russophiles.
Ce faisant, le lecteur apprendra quelques notions et mots historiquement avérés, l'on remarquera aussi une parenté avec l'oeuvre de Michael Crichton, Eaters of the Dead traduit en français par Le 13ème guerrier, ce qui n'est guère étonnant puisque l'une des sources s'avère être identique : celui du voyageur et diplomate Arabe Ibn Fadlân [1].

Le roman est plaisant à lire du fait d'un style agréable servie par une histoire rondement menée ne laissant guère le lecteur sur le bas-côté de l'ennui. On sent une recherche documentaire réelle quant aux termes employés (non seulement historiques mais aussi techniques) , facilitant par conséquent l'immersion dans l'oeuvre et le plaisir d'apprendre. Au passage, l'on appréciera le focus très important sur la religion originelle des scandinaves et des slaves orientaux, et constater les similitudes de leur panthéon respectif, ce qui a très certainement contribué à faciliter l'assimilation des varègues s'établissant sur ces territoires.
En outre puisque l'on est en ce 19 décembre en pleines élections au Bélarus, l'on découvrira la tribu des Krivitches, un des peuples slaves ayant occupé l'actuel pays (avec les Radimitches et les Drégovitches) dont la réputation de férocité était bien établie. Je n'ai pas manqué de m'interroger au sein de mon courrier quant au fait que Pskov (Plsekov) soit définie à l'époque comme forteresse principale des Krivitches alors que Polotsk m'aurait semblé plus indiqué de par son importance relatée dès le IXème siècle. Toutefois il est vrai que pour des raisons géographiques liées à la narration, Pskov se justifiait bien plus m'a-t-elle précisé, ce que je conçois tout à fait.

Une manière de terminer en lecture et agréablement cette année croisée France-Russie.

Le site officiel

En complément, n'hésitez pas à relire mon article sur les 1150 ans de Novgorod.

Pour les russophones, je leur recommande cet épisode animé d'История государства Российского tiré des travaux de Nikolaï Karamzine :



[1] A signaler qu'un autre voyageur, Perse, Ibn Rustah donnera lui aussi une fort appréciable description des moeurs de cette partie du monde puisqu'il se rendra, au contraire d'Ibn Fadlân, jusqu'à Novgorod même.

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