dimanche 24 octobre 2010

De ce lieu et de ce jour date une nouvelle époque de l'histoire du monde, et vous pourrez dire: j'y étais : Goethe


En ces temps où la France gronde pour exprimer un réel malaise social avec une réforme des retraites venant encore envenimer un climat général malsain et pour ne pas passer totalement à côté de la compréhension du phénomène, je vous recommande de lire à ce sujet Folklore identitaire ou vraie révolte sociale ? de Malakine comme cette fiche de lecture d'un Que sais-je de Bruno Palier par Stéphane Mantoux (Historicoblog). Tout comme il est utile de jeter un oeil en arrière pour se plonger dans les expériences du passé quant à ces troubles populaires qui émaillèrent l'Histoire de France.

C'est ainsi l'occasion qui est offerte de revisiter l'un de ces incroyables évènements qui bouleversa la face du monde : la Révolution Française à travers les 2 DVDs, fruit d'une superproduction internationale (France, Allemagne, Canada, Italie, Espagne, Grande-Bretagne) .
Divisé en deux parties, les Années Lumières suivi des Années Terribles, pour un total de 5 heures et 24 minutes de séance.
Difficile de rester insensible au souffle épique irrigant tout le métrage, servi il est vrai par des acteurs au ton toujours très juste (comment par la suite ne pas se souvenir du mémorable Klaus Maria Brandauer dans le rôle du truculent Danton ou encore du talent de Jean-François Balmer campant un monarque borné et déconnecté des réalités sociales malgré ses velléités d'être apprécié de son peuple ? ), sans omettre cet accompagnement musical rendant très bien tout l'élan et l'espoir animant les personnages de cette époque.
Film qui a le mérite de relater grands et petits évènements, tel ce fameux retour de chasse en date du 14 juillet 1789 où Louis XVI consignera dans son journal personnel ce mot qui restera fameux pour illustrer tout le décalage entre Versailles et Paris : rien.

Toute une galerie de portraits défilant de manière kaléidoscopique jusqu'à l'échafaud pour une grande partie d'entre eux. Le tout au sein d'une reconstitution historique très poussée, tant pour les lieux (que ce soit le Temple ou la Bastille) que pour les costumes d'époque contribuant à renforcer l'immersion générale. Du grand art que l'on doit aux réalisateurs Robert Enrico et Richard Heffron ainsi qu'aux moyens déployés (nécessitant le concours actif des forces armées).
Au final, l'on ne peut s'empêcher de réfléchir comment d'une crise financière et d'émeutes de la faim l'enchaînement des évènements aboutit à cette fameuse révolution trouvant son substrat dans les écrits des penseurs du XVIIIème siècle et l'exemple encore chaud de la révolution Américaine (le rôle de Lafayette sera à ce titre déterminant sur les deux continents).

Un regret sur la forme et non le fond : il aurait été souhaitable de disposer de véritables bonus sur les DVDs et non d'un livret, certes fort instructif, avec chiffres et explications sur la genèse d'une telle production. Une différence d'approche et d'emploi du support entre Français et Anglo-Saxons, ces derniers mettant un point d'honneur à offrir de nombreux éléments sur ceux-ci en sus du métrage lui même.


4 commentaires:

Anonyme a dit…

Préférable à cette série assez médiocre :

* Le Danton de Wajda

* Napoléon et la Révolution, chef d'oeuvre d'Abel Gance

Pour une approche historiographique sérieuse : Michelet plutôt que le voyou Furet.

Yannick Harrel a dit…

Bonjour,

Je n'ai pas eu le plaisir de visionner le métrage de Wajda consacré à Danton mais en revanche le Napoléon d'Abel Gance oui. Et en ai conservé un souvenir mémorable par sa puissance évocatrice. Indémodable en dépit des années qui passent.

Cordialement

Anonyme a dit…

Ce qu'il y a de plus terrible concernant le Gance, c'est que les droits du film sont détenus par la société de production de Coppola. Ce qui prive le public français d'une réédition en dvd digne de ce chef d'oeuvre d'évocation. Je ne comprendrai jamais la politique du CNC qui préfère financer des navets comme Indigènes et Hors-la-loi (jugement purement cinéphile, nonobstant la manipulation patente que représentent ces productions vis-à-vis du bon sens historique) et qui dédaigne de s'intéresser à des oeuvres aussi fondatrices du cinéma français, qui participent justement de l'édification du roman national, si nécessaire en ces temps de déni de l'identité française.

Très cordialement,

Stéphane Mantoux. a dit…

Merci pour la citation, même si cette fiche de lecture est sommaire, je ne suis pas entré dans le détail faute de temps -mais il y a les vidéos de l'auteur qui expliquent bien l'essentiel des arguments.

En revanche je n'ai pas encore vu cet ensemble consacré à la Révolution, et c'est une lacune qu'il va falloir combler...

A bientôt.