dimanche 30 mai 2010

Géopolitique de l'Eurovision


C'est désormais officiel, le vainqueur 2010 de la chanson Européenne est... une Allemande venant tout juste d'avoir 19 ans, Lena Meyer-Landrut. Avec 246 points, ce qui est une performance tout à fait honorable mais bien loin des 387 d'Alexandre Rybak, record absolu datant de l'année dernière.

Au delà de la victoire Allemande et de toutes les moqueries liées à la position de l'Allemagne comme créancière des pays votants à la gestion budgétaire douteuse, c'est aussi comme chaque année l'occasion de se pencher quelque peu sur ce grand jeu géopolitique qu'est l'Eurovision. Favorisé il est vrai par le vote par SMS du public comptant pour moitié du total des points du pays (l'autre moitié comptabilisée l'étant par un jury professionnel). Ce vote du public introduit très nettement un élément à prendre en compte : la projection de soi même et des autres à travers les médias. Et de ce fait une meilleure compréhension du pourquoi de notes sur-élevées ou sous-évaluées. A prendre aussi en compte, la forte proporton de minorités actives et par voie de fait motivées de voter pour leur pays d'origine (le fait de ne pas pouvoir voter pour le pays d'accueil résolvant tout dilemme de sentiment d'appartenance) : cet aspect pouvant intervenir dans une proportion très sensible en certains pays.

Car il est désormais une constance très claire depuis la chute de l'Union Soviétique et l'explosion du nombre de candidats dans les années 90 : la notation géopolitique.

Cas pratique 2010 (mais il est tout à fait possible de reprendre les résultats des années précédentes avec des analyses peu ou prou similaires) : la Grèce qui reçoit un grand nombre de points de l'Albanie (conciliation) et de Chypre (partition de l'île entre Turcs et Grecs) ; la Turquie de l'Azerbaïdjan (pays turcophone et allié stratégique), de la France et de l'Allemagne (fortes communautés dans ces pays) ; l'Allemagne, et c'est particulièrement symptomatique, des pays Scandinaves et Baltes qui ont voté massivement pour elle ; la Russie de l'Arménie (allié stratégique), de l'Estonie (conciliation après les troubles et les accusations de russophobie de ces dernières années), du Belarus (pays russophone et proche stratégiquement) ; l'Arménie de la Russie (allié stratégique comme déjà énoncé) et de la Géorgie (voisinage géographique et passé commun au sein de l'URSS) et enfin pour terminer car ce serait trop long de tout passer au peigne fin, de la Moldavie et de la Roumanie réciproquement (peuples roumanophones) avec une légère différence puisque la Moldavie se devant concilier la présence d'une importante minorité russophone en son territoire attribuera un nombre de points conséquents à la Russie.

Vivement l'édition 2011 à Berlin [MAJ : en réalité le choix fut porté sur Düsseldorf]... Ce qui n'est pas forcément une bonne nouvelle pour le pays en question qui devra débourser une rondelette somme pour l'organisation d'un tel évènement aux coûts exponentiels (24 millions d'euros pour cette année selon la compagnie publique Norvégienne de diffusion NRK).

Une contribution enrichissante sur le sujet (in english only) de la part d'Ivanna Pinyak une journaliste Ukrainienne spécialiste des médias contemporains "So Eurovision" que je vous invite à lire quant à la perception de la chanson Européenne à travers ce grand messe musical annuel.



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1 commentaire:

Anonyme a dit…

Merci pour cette information interessante